Oeuvre commentée (1)
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1
p. 108-112
Almanach Littéraire, [titre d'après la table]
Début :
Almanach Littéraire ou Étrennes d'Apollon, contenant des anecdotes intéressantes ; [...]
Mots clefs :
Almanach, Anecdotes, Littéraire, Année, Poète, Notice, Ouvrages, Bernard le Bouyer de Fontenelle
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texteReconnaissance textuelle : Almanach Littéraire, [titre d'après la table]
Alinanach Littéraire ou Étrennes d'Apol
lon , contenant des anecdotes intéreffantes
; les faillies de MM: de:
Montefquieu , Duclos , Roi , Poëte.
lyrique , Rouffeau de Genève , Saint-
Foix , &c. diverfes poëfies nouvelles ;
plufieurs jolies chanfons ; un frag
AVRIL. 1778. 1091
ment de la Fontaine , trouvé depuis
peu ; un morceau d'Homère , traduit
en vers françois par M. de Voltaire ;
quelques lettres de ce grand Poëte à
M. Helvétius ; un difcours d'Adam à
Éve , tiré d'une nouvelle traduction
de Milton , qui paroîtra bientôt ; une
notice des principaux Ouvrages mis
au jour en 1777 ; des diverfités curieufes
; une fable de M. Feutry , &
autres pièces amufantes. Vol . in- 12
petit format. Prix 1 liv . 4 fols . A
Paris , chez la veuve Duchefne , rue
Saint- Jacques ; Valleyce l'aîné , rue
vieille Bouclerie ; Prault , fils aîné ,:
quai des Auguftins ; Berton , rue
Saint-Victor ; Bastien , rue du Petit-
Lion ; Ruault , rue de la Harpe ;
Efprit , au Palais Royal.
Cet Almanach Littéraire ' fait fuite à
celui du même format , publié l'année
dernière . Le Public a très bien accueilli
ce premier volume , ce qui a engagé
l'Editeur à faire de nouvelles recherches
pour rendre le fecond encore plus inté
reffant ; & fes foins n'ont point été infructueux.
Nous pouvons même ajouter
que le nouvel Almanach Littéraire préMERCURE
DE FRANCE.
rompues ,
fente plus de variété que celui de l'année
dernière ; ce qui doit être agréable à
ceux qui veulent faire des lectures inter-
& qu'ils puiffent quitter
ou reprendre fans fatigue . Ils liront avec
plaifir dans ce recueil , plufieurs marceaux
de Poéfie & de Littérature , & ils
aimeront à fe rappeler différentes anecdotes
plus ou moins connues .
Dans une Société où l'on frondoit cette
foule de remèdes qui guériffent par
hazard , & qui le plus fouvent occafionnent
des maladies ou les rendent plus
rébelles , un homme connu die en plaifantant
Le Médecin le plus digne
» d'être confulté , eft celui qui croit le
» moins à la Médecine » .
Un Chef de Cabale fe déchaîne au
café contre un jeune Poëte dont on alloit
jouer la Pièce. L'un de ceux qui l'écoutoient
, lui demanda s'il connoiffoit cet
Auteur ? Affurément , dit- il , je le
» connois , & je m'intérefferois à lui ;
» mais fa préfomption opiniâtre me l'a
» fait abandonner. La Pièce qu'il donne
aujourd'hui il me l'a lue , je lui en ai
montré les défauts ; mais il eft fi plein-
» de lui - même , qu'il n'a rien voulu
>> corriger. J'ai tort , lui répondit le
و ر
"
AVRIL. : 778.
jeune homme ; mais , Monfieur , ce
» n'eft pas affez de connoître les gens ,
il faut les reconnoître ». 24
Rigaud faifoit le , portrait d'une jolie,
femme; il s'apperçut que, dès qu'il travailloir
à la bouche , la Dame s'efforçoit de
la rendre plus petite , & mettoit fes.
lèvres dans la plus violente contraction .
L'Artifte impatienté de ce manège lui.
dit « Mais ne vous génez pas , Ma-
» dame , ceffez de tant fermer la bouche ;
» pour peu que vous le defiriez , je n'en
» mettrai pas du tout »
- Un Particulier demandoit à M. Chardin
un tableau ; il vouloit fur- tour que
les couleurs en fuffent très -vives & trèsbrillantes.
Eh ! qui vous a dit , s'écria
» l'Artifte avec vivacité , qu'on fait des
» Tableaux avec des couleurs ? »>
و د
Un Journaliste de Trévoux ayant occafion
de voir M. de Fontenelle , lui dit
qu'il avoit compofé quelques obſervations
critiques fur un de fes Ouvrages ,
mais qu'il ne les imprimeroit pas fans fon
confentement. « J'y confens de grand
coeur , reprit M. de Fontenelle , cela
» fera toujours fon effet » . Cette collec- {
tion préfente fur M. de Fontenelle plufieurs
autres anecdotes que Pon pourra
30
墜
FI2 MERCURE DE FRANCE.
joindre à celles inférées dans le volume de
' année dernière .
Cet Almanach littéraire eft terminé ,
comme le premier , par une notice des
principaux Ouvrages publiés pendant
l'année ; & cette notice n'eft pas la partie
la moins intéreffante du recueil ; parce
que l'Éditeur s'eft principalement appliqué
à préfenter à fon Lecteur quelques
traits faillants de l'écrit qu'il lui rappelle
à la mémoire.
lon , contenant des anecdotes intéreffantes
; les faillies de MM: de:
Montefquieu , Duclos , Roi , Poëte.
lyrique , Rouffeau de Genève , Saint-
Foix , &c. diverfes poëfies nouvelles ;
plufieurs jolies chanfons ; un frag
AVRIL. 1778. 1091
ment de la Fontaine , trouvé depuis
peu ; un morceau d'Homère , traduit
en vers françois par M. de Voltaire ;
quelques lettres de ce grand Poëte à
M. Helvétius ; un difcours d'Adam à
Éve , tiré d'une nouvelle traduction
de Milton , qui paroîtra bientôt ; une
notice des principaux Ouvrages mis
au jour en 1777 ; des diverfités curieufes
; une fable de M. Feutry , &
autres pièces amufantes. Vol . in- 12
petit format. Prix 1 liv . 4 fols . A
Paris , chez la veuve Duchefne , rue
Saint- Jacques ; Valleyce l'aîné , rue
vieille Bouclerie ; Prault , fils aîné ,:
quai des Auguftins ; Berton , rue
Saint-Victor ; Bastien , rue du Petit-
Lion ; Ruault , rue de la Harpe ;
Efprit , au Palais Royal.
Cet Almanach Littéraire ' fait fuite à
celui du même format , publié l'année
dernière . Le Public a très bien accueilli
ce premier volume , ce qui a engagé
l'Editeur à faire de nouvelles recherches
pour rendre le fecond encore plus inté
reffant ; & fes foins n'ont point été infructueux.
Nous pouvons même ajouter
que le nouvel Almanach Littéraire préMERCURE
DE FRANCE.
rompues ,
fente plus de variété que celui de l'année
dernière ; ce qui doit être agréable à
ceux qui veulent faire des lectures inter-
& qu'ils puiffent quitter
ou reprendre fans fatigue . Ils liront avec
plaifir dans ce recueil , plufieurs marceaux
de Poéfie & de Littérature , & ils
aimeront à fe rappeler différentes anecdotes
plus ou moins connues .
Dans une Société où l'on frondoit cette
foule de remèdes qui guériffent par
hazard , & qui le plus fouvent occafionnent
des maladies ou les rendent plus
rébelles , un homme connu die en plaifantant
Le Médecin le plus digne
» d'être confulté , eft celui qui croit le
» moins à la Médecine » .
Un Chef de Cabale fe déchaîne au
café contre un jeune Poëte dont on alloit
jouer la Pièce. L'un de ceux qui l'écoutoient
, lui demanda s'il connoiffoit cet
Auteur ? Affurément , dit- il , je le
» connois , & je m'intérefferois à lui ;
» mais fa préfomption opiniâtre me l'a
» fait abandonner. La Pièce qu'il donne
aujourd'hui il me l'a lue , je lui en ai
montré les défauts ; mais il eft fi plein-
» de lui - même , qu'il n'a rien voulu
>> corriger. J'ai tort , lui répondit le
و ر
"
AVRIL. : 778.
jeune homme ; mais , Monfieur , ce
» n'eft pas affez de connoître les gens ,
il faut les reconnoître ». 24
Rigaud faifoit le , portrait d'une jolie,
femme; il s'apperçut que, dès qu'il travailloir
à la bouche , la Dame s'efforçoit de
la rendre plus petite , & mettoit fes.
lèvres dans la plus violente contraction .
L'Artifte impatienté de ce manège lui.
dit « Mais ne vous génez pas , Ma-
» dame , ceffez de tant fermer la bouche ;
» pour peu que vous le defiriez , je n'en
» mettrai pas du tout »
- Un Particulier demandoit à M. Chardin
un tableau ; il vouloit fur- tour que
les couleurs en fuffent très -vives & trèsbrillantes.
Eh ! qui vous a dit , s'écria
» l'Artifte avec vivacité , qu'on fait des
» Tableaux avec des couleurs ? »>
و د
Un Journaliste de Trévoux ayant occafion
de voir M. de Fontenelle , lui dit
qu'il avoit compofé quelques obſervations
critiques fur un de fes Ouvrages ,
mais qu'il ne les imprimeroit pas fans fon
confentement. « J'y confens de grand
coeur , reprit M. de Fontenelle , cela
» fera toujours fon effet » . Cette collec- {
tion préfente fur M. de Fontenelle plufieurs
autres anecdotes que Pon pourra
30
墜
FI2 MERCURE DE FRANCE.
joindre à celles inférées dans le volume de
' année dernière .
Cet Almanach littéraire eft terminé ,
comme le premier , par une notice des
principaux Ouvrages publiés pendant
l'année ; & cette notice n'eft pas la partie
la moins intéreffante du recueil ; parce
que l'Éditeur s'eft principalement appliqué
à préfenter à fon Lecteur quelques
traits faillants de l'écrit qu'il lui rappelle
à la mémoire.
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