Oeuvre commentée (1)
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Détail
Liste
1
p. 45-49
LES ROIS, ODE.
Début :
TOI qui vis tomber les colonnes [...]
Mots clefs :
Rois, Trône, Dieu, Terre, Amour
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texteReconnaissance textuelle : LES ROIS, ODE.
LES ROIS ,
:
ODE.
Oi qui vis tomber les colonnes
Des Etats les plus floriſſans ;
Toi qui vis brifer les Couronnes
Des Souverains les plus puiſſants ;
OTerre ! ô féconde Cybelle !
Tu caches dans ton ſein fidelle
Les faſtes des ſiècles divers :
Ouvre à ma Muſe , qui t'appelle ,
Les Archives de l'Univers .
: 1.
Montre- moi fous leurs Pyramides
Ces Rois dans la tombe ignorés ,
Ces Rois faſtueux & timides ,
Jadis ſur le Trône adorés :
Leur nom n'a duré qu'une Aurore ;
Envain le Marbre couvre encore
Les vains debris de leur cercueil :
LeTems à chaque inſtant dévore
Les Monumens de leur Orgueil.
1
**
Tu vis fortir de tes entrailles.
Cv
46 MERCURE DE FRANCE.
CesHéros , Tyrans des Humains ,
Dont le Dieu fanglant des batailles
Armoit les facrileges mains :
Que les Emules d'Alexandre
Bravent fur des Palais en cendre
Et la Fortune & ſes revers ;
Bien- tôt tu les verras deſcendre :
Dans les Tombeaux qu'ils ont ouverts..
Je' fçais qu'Achille , que Therſite
Etoient ſoumis au même ſort ;
Qu'un même bras nous précipite
Dans les ténebres de la mort ;.
Mais l'Iſſe infâme de Caprée
Vit tomber l'Idole abhorrée
Du cruel Maître de Séjan ,
Et la Terre , encore éplorée ,
Encenſe l'Urne de Trajan.
Princes dont la cendre repoſe
Au pied des plus riches Autels ,
Souvent malgré l'Apothéoſe ,
Vous êtes l'horreur des Mortels;
Envain dans vos Palais nourrie ,
La folle & baſſe Flaterie
Chante vos Hyinnes en tout licu:
NOVEMBRE.. 1744. 47
Le tems détruit l'Idolatrie ,
Et briſe l'Autel & le Dieu..
Rois , laiffez aux Peuples fauvages
Le droit injuſte du plus fort ;
La crainte arrache nos hommages ,
L'amour les obtient fans effort:
Serrez moins le noeud qui nous lie ;
Notre orgueil à regret ſe plie
'Au joug rigoureux du pouvoir :
L'amour, plus noble, multiplie
Nos foins que borne le Devoir.
Dans vos Serrails impénétrables ,
Sultans , eſclaves couronnés ,
Vous traînez des jours déplorables ,
Des jours de trouble environnés :
Pour rendre la Terre féconde ,
Le Soleil fort du ſein de l'Onde ,
Et s'ouvre un chemin vers les Cieux:
O Rois , rendez heureux le Monde,.
En vous offrant à tous les yeux .
Voyez ſur les bords de la Seine
Ce Prince , l'amour des Français";
La Victoire qui le ramene ,
Annonce à grands cris nos ſuccès :
Cvjs
48 MERCURE DE FRANCE.
Son Peuple l'entoure & le preffe ;
Le zéle ſe change en yvreffe ;
On aime , on adore ſes loix :
Excès d'une juſte tendreſſe ,
Qui fait le bonheur des grands Rois !
Ne craignons pas que la mémoire
Se perde dans l'ombre du Tems ,
Ni que le grand jour de l'Hiſtoire
Terniſſe ſes faits éclatans :
Minerve le ſuit à la guerre ,
Thémis gouverne ſon tonnerre ;
Il n'eſt armé que pour la paix ,
Et ne veut enchaîner la Terre
Que par le lien des bienfaits.
On dira : Quel Dieu favorable
Accorda Louis aux Humains ?
Son amitié ferme & durable
Soutint le Trône des Romains ;
Dans ſon Tribunal deſporique ,
Jamais la Liberté publique
N'expira ſous l'autorité ;
Les refforts de ſa politique
Furent les loix de l'équité.
楽
Né ſur le Trone , il fut ſenſible ;
NOVEMBRE. 1744 . 49
Juge , il reffentit la pitié ;
Souverain , il fut acceſſible ;
Monarque , il connut l'amitié :
Que ſa justice & fon courage ,
Que ſon nom , beni d'âge en âge,
Des fiécles percent le cahos :
Qu'il foit le modéle du Sage :
Qu'il foit l'exemple des Héros.
Sans avoir le pinceau d'Appelle ,
Diſciple de la vérité ,
J'ébauche le Portrait fidelle
Que peindra la Poſtérité.
Grand Roi , que la France applaudiſſe
Aux Vers de ma Muſe novice ,
Il eſt pour eux un prix plus doux ;
Vous pouvez d'un regard propice
Les rendre immortels comme vous.
Par M. L. D. B. de l'Académie Françoife.
:
ODE.
Oi qui vis tomber les colonnes
Des Etats les plus floriſſans ;
Toi qui vis brifer les Couronnes
Des Souverains les plus puiſſants ;
OTerre ! ô féconde Cybelle !
Tu caches dans ton ſein fidelle
Les faſtes des ſiècles divers :
Ouvre à ma Muſe , qui t'appelle ,
Les Archives de l'Univers .
: 1.
Montre- moi fous leurs Pyramides
Ces Rois dans la tombe ignorés ,
Ces Rois faſtueux & timides ,
Jadis ſur le Trône adorés :
Leur nom n'a duré qu'une Aurore ;
Envain le Marbre couvre encore
Les vains debris de leur cercueil :
LeTems à chaque inſtant dévore
Les Monumens de leur Orgueil.
1
**
Tu vis fortir de tes entrailles.
Cv
46 MERCURE DE FRANCE.
CesHéros , Tyrans des Humains ,
Dont le Dieu fanglant des batailles
Armoit les facrileges mains :
Que les Emules d'Alexandre
Bravent fur des Palais en cendre
Et la Fortune & ſes revers ;
Bien- tôt tu les verras deſcendre :
Dans les Tombeaux qu'ils ont ouverts..
Je' fçais qu'Achille , que Therſite
Etoient ſoumis au même ſort ;
Qu'un même bras nous précipite
Dans les ténebres de la mort ;.
Mais l'Iſſe infâme de Caprée
Vit tomber l'Idole abhorrée
Du cruel Maître de Séjan ,
Et la Terre , encore éplorée ,
Encenſe l'Urne de Trajan.
Princes dont la cendre repoſe
Au pied des plus riches Autels ,
Souvent malgré l'Apothéoſe ,
Vous êtes l'horreur des Mortels;
Envain dans vos Palais nourrie ,
La folle & baſſe Flaterie
Chante vos Hyinnes en tout licu:
NOVEMBRE.. 1744. 47
Le tems détruit l'Idolatrie ,
Et briſe l'Autel & le Dieu..
Rois , laiffez aux Peuples fauvages
Le droit injuſte du plus fort ;
La crainte arrache nos hommages ,
L'amour les obtient fans effort:
Serrez moins le noeud qui nous lie ;
Notre orgueil à regret ſe plie
'Au joug rigoureux du pouvoir :
L'amour, plus noble, multiplie
Nos foins que borne le Devoir.
Dans vos Serrails impénétrables ,
Sultans , eſclaves couronnés ,
Vous traînez des jours déplorables ,
Des jours de trouble environnés :
Pour rendre la Terre féconde ,
Le Soleil fort du ſein de l'Onde ,
Et s'ouvre un chemin vers les Cieux:
O Rois , rendez heureux le Monde,.
En vous offrant à tous les yeux .
Voyez ſur les bords de la Seine
Ce Prince , l'amour des Français";
La Victoire qui le ramene ,
Annonce à grands cris nos ſuccès :
Cvjs
48 MERCURE DE FRANCE.
Son Peuple l'entoure & le preffe ;
Le zéle ſe change en yvreffe ;
On aime , on adore ſes loix :
Excès d'une juſte tendreſſe ,
Qui fait le bonheur des grands Rois !
Ne craignons pas que la mémoire
Se perde dans l'ombre du Tems ,
Ni que le grand jour de l'Hiſtoire
Terniſſe ſes faits éclatans :
Minerve le ſuit à la guerre ,
Thémis gouverne ſon tonnerre ;
Il n'eſt armé que pour la paix ,
Et ne veut enchaîner la Terre
Que par le lien des bienfaits.
On dira : Quel Dieu favorable
Accorda Louis aux Humains ?
Son amitié ferme & durable
Soutint le Trône des Romains ;
Dans ſon Tribunal deſporique ,
Jamais la Liberté publique
N'expira ſous l'autorité ;
Les refforts de ſa politique
Furent les loix de l'équité.
楽
Né ſur le Trone , il fut ſenſible ;
NOVEMBRE. 1744 . 49
Juge , il reffentit la pitié ;
Souverain , il fut acceſſible ;
Monarque , il connut l'amitié :
Que ſa justice & fon courage ,
Que ſon nom , beni d'âge en âge,
Des fiécles percent le cahos :
Qu'il foit le modéle du Sage :
Qu'il foit l'exemple des Héros.
Sans avoir le pinceau d'Appelle ,
Diſciple de la vérité ,
J'ébauche le Portrait fidelle
Que peindra la Poſtérité.
Grand Roi , que la France applaudiſſe
Aux Vers de ma Muſe novice ,
Il eſt pour eux un prix plus doux ;
Vous pouvez d'un regard propice
Les rendre immortels comme vous.
Par M. L. D. B. de l'Académie Françoife.
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Résumé : LES ROIS, ODE.
Le texte est une ode aux rois et à l'histoire des souverains. Il commence par une invocation à la Terre, gardienne des fastes des siècles et des destins des rois oubliés. Les pyramides et les monuments royaux sont destinés à être détruits par le temps. Le poème évoque les héros et tyrans, soulignant que tous, même les plus puissants, finissent par tomber. Des figures historiques comme Alexandre et Trajan sont mentionnées. Le texte critique les princes dont l'apothéose est souvent suivie d'horreurs. Il appelle les rois à abandonner le droit du plus fort et à régner par l'amour plutôt que par la crainte. Il dénonce les jours déplorables des sultans, esclaves couronnés, et exalte un prince aimé de son peuple, probablement Louis XV. Ce prince est décrit comme un souverain juste et bienveillant, loué pour ses qualités de juge, de souverain accessible et amiable, et pour sa politique équitable. Le poète espère que ce roi servira de modèle aux sages et aux héros, et exprime le souhait que la postérité le reconnaisse comme tel.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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