Oeuvre commentée (2)
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Détail
Liste
1
p. 54-[56]
LE SOLEIL. CANTATE ALLEGORIQUE Sur le Rétablissement de la Santé du Roy. Mise en Musique par M. Clerambaut, Organiste de saint Sulpice & de saint Cyr. Les Paroles sont de M. D. B. l. d. g. d. l. p.
Début :
LES Persans rassemblez dans leurs vastes campagnes, [...]
Mots clefs :
Soleil, Jour, Terre
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LE SOLEIL. CANTATE ALLEGORIQUE Sur le Rétablissement de la Santé du Roy. Mise en Musique par M. Clerambaut, Organiste de saint Sulpice & de saint Cyr. Les Paroles sont de M. D. B. l. d. g. d. l. p.
LE SOLEIL.
CANTATE ALLEGORIQUE
Sur le Rétabliffement de la Santé
du Roy .
Mife en Mufique par M. Clerambaut
, Organifte de faint Sulpice & de
Saint Cyr.
Les Paroles font de M. D. B. l . d. g. d. l . p.
L
ES Perfans raffemblez dans leurs vaftes cam
pagnes ,
Au lever du Soleil qui doroit les montagnes ,
Se promettoient le plus beau jour ,
Leurs yeux goûtoient déja les fruits de fa prefence,
Saps
DE
SEPTEMBRE,
33
Sans ceffe ils beniffoient l'inftant de fa naiffance
Et leurs coeurs par les chants exprimoient 1.ur
amour.
Pourfuis ta brillante carriere ,
Regne divin Soleil , regne fur les mortels ,
Les biens que répand ta lumiere
Dans tous les coeurs t'élevent des Autels.
C'eft peu que d'éclairer le monde ,
Ton cours utile & glorieux
Dément une fource feconde
De mille tréfors précieux.
Pourfuis , & c.
Mais le jour s'obfcurcit ; Dieux , quels nuages
fombres
Dérobent tout à coup la fplendeur qui nous luit?
Le plus noir Aquilon que la terre ait produit
Répand par - tout d'épaiffes ombres ,
Et fait ceder le jour aux horreurs de la nuit.
Arrête, Deftin redoutable ,
Sufpends la rigueur de tes coups ,
Rends nous cet objet adorable
Qui feul fait nos biens les plus doux .
Veux-tu nous punir de nos crimes ?
Que ces monts renverfez fur nous
De la terre ouvrent les abymes ,
Frape , nous t'offrons tes victimes ,
E iiij Epuife
LE MERCURE
•
(
Epuife fur nous ton courroux.
Arrête , &c.
Nos voeux font exaucez , goutons en les préfages
Par l'éclat lumineux qui brille dans les airs ,
•
Des traits de feu diffipent les nuages ,
Et fes rayons par tout s'ouvrant , mille paffages
Vont le rendre plus pur aux yeux de l'Univers ,
*
Préparons d'éclatantes Fêtes ,
Formons les plus aimables jeux ,
De feftons couronnons nos têtes ,
Chantons , chantons ce jour heureux,.
11 rend le Soleil à nos voeux .
Il fait le deftin de la terre ,
De lui dépendent nos beaux jours ,
Que rien ne trouble plus fon cours ,
Qu'aux monftres déclarant la guerre ,,
Il regne , il triomphe toujours.
Préparons , &c..
Cette Cantate a été chantée à la Cour
par Melle Antier , Penfionnaire de la Mufique
de la Chambre du Roy , & premiere
Actrice de l'Academie Royale de Mufique,,
elle a eu un aplaudiffement univerfel.
CANTATE ALLEGORIQUE
Sur le Rétabliffement de la Santé
du Roy .
Mife en Mufique par M. Clerambaut
, Organifte de faint Sulpice & de
Saint Cyr.
Les Paroles font de M. D. B. l . d. g. d. l . p.
L
ES Perfans raffemblez dans leurs vaftes cam
pagnes ,
Au lever du Soleil qui doroit les montagnes ,
Se promettoient le plus beau jour ,
Leurs yeux goûtoient déja les fruits de fa prefence,
Saps
DE
SEPTEMBRE,
33
Sans ceffe ils beniffoient l'inftant de fa naiffance
Et leurs coeurs par les chants exprimoient 1.ur
amour.
Pourfuis ta brillante carriere ,
Regne divin Soleil , regne fur les mortels ,
Les biens que répand ta lumiere
Dans tous les coeurs t'élevent des Autels.
C'eft peu que d'éclairer le monde ,
Ton cours utile & glorieux
Dément une fource feconde
De mille tréfors précieux.
Pourfuis , & c.
Mais le jour s'obfcurcit ; Dieux , quels nuages
fombres
Dérobent tout à coup la fplendeur qui nous luit?
Le plus noir Aquilon que la terre ait produit
Répand par - tout d'épaiffes ombres ,
Et fait ceder le jour aux horreurs de la nuit.
Arrête, Deftin redoutable ,
Sufpends la rigueur de tes coups ,
Rends nous cet objet adorable
Qui feul fait nos biens les plus doux .
Veux-tu nous punir de nos crimes ?
Que ces monts renverfez fur nous
De la terre ouvrent les abymes ,
Frape , nous t'offrons tes victimes ,
E iiij Epuife
LE MERCURE
•
(
Epuife fur nous ton courroux.
Arrête , &c.
Nos voeux font exaucez , goutons en les préfages
Par l'éclat lumineux qui brille dans les airs ,
•
Des traits de feu diffipent les nuages ,
Et fes rayons par tout s'ouvrant , mille paffages
Vont le rendre plus pur aux yeux de l'Univers ,
*
Préparons d'éclatantes Fêtes ,
Formons les plus aimables jeux ,
De feftons couronnons nos têtes ,
Chantons , chantons ce jour heureux,.
11 rend le Soleil à nos voeux .
Il fait le deftin de la terre ,
De lui dépendent nos beaux jours ,
Que rien ne trouble plus fon cours ,
Qu'aux monftres déclarant la guerre ,,
Il regne , il triomphe toujours.
Préparons , &c..
Cette Cantate a été chantée à la Cour
par Melle Antier , Penfionnaire de la Mufique
de la Chambre du Roy , & premiere
Actrice de l'Academie Royale de Mufique,,
elle a eu un aplaudiffement univerfel.
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2
p. 124-126
L'OPERA.
Début :
LE Jeudy deuxiéme Octobre. La Troupe de l'Opera Comique de [...]
Mots clefs :
Soleil, Roi, Opéra, Divertissement, Sacrifices, Perse, Santé
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : L'OPERA.
L'OPERA.
E feudy deuxième Oftobre . La
Troupe de l'Opera Comique de
la Foire faint Laurent , reprefenta
fur le Theâtre du Palais Royal ,
devant MADAME , les trois petites Pieces
Des Funerailles de la Foire , de fon Rapel
à la vie , & & du Regiment de la Calotte .
Nous avons parlé de ces Pieces dans le
dernier Mercure .
Le Dimanche 12 Octobre. L'Academie
Royale de Mufique reprefenta pour la premiere
fois , Le Soleil vainqueur des nuages
, divertiffement allegorique fur le rétabliffement
de la fanté du Roy. Les paroles
font de Mr D. B. & la Mufique de
Mr Clerambault..
Le fujet de ce petit Poëme eft tiré de la
devile du Roy , qui eft un Soleil naiffant
avec ces mots : Jubet ſperare , Il fait eſperer.
Les facrifices que les anciens peuples
de Perfe faifoient au foleil , & les differens
tranfports de joie & de trifteffe qu'ils
y faifoient éclater au lever de cet aftre ,
felon qu'il leur paroiffoit plus ou moins
ferein , peignent allegoriquement les divers
mouvemens de trifteffe & de joye ,
qui
D'OCTOBRE. 125
qui dans ces derniers jours ont agité les
coeurs des François fur la maladie & la
fanté du Roy.
*
Herodote & Diogene Laërce , qui ont
décrit les facrifices des Perfes , ont été
fuivis litteralement . Les Perfes , dit le
premier , n'ont ni Autels ni Statuës . Ils
montent fur les plus hautes montagnes
& facrifient au Soleil. Celui qui facrifie
a fa thiare couronnée de myrte ; il ne doit
pas prier pour lui en particulier , fon objet
doit être le bien de toute la Nation & du
Roy. Le Mage chante la Theogonie , qu'ils
appellent an chant myfterieux. Les Mages,
ajoute Diogène Laerce , font dévouez au
culte Divin , & font les facrifices. Ils font
vêtus de blane , ayant une baguette à la
main , & fur la tête une haute thiare qui
defcend jufques fur les joues , & c.
Les peuples de Perfe forment les Choeurs,
& les Balets des divertiffemens ; le Mage
& la Grande Prêtreffe font les deux feuls
interlocuteurs reprefentez par la Die
Antier & le Sr le Mire. Le Theâtre
ye.
prefente les campagnes de Perfe , envi-
Fonnées de montagnes , qui ne paroiffent
d'abord éclairées que d'une foible clarté ,
qui s'augmente à mesure que le foleil s'éleve
fur l'horifon . , i
Comme ce Divertiffement n'a pas eu
beaucoup de fuccès , mous n'en dirons,
Liij rien
-126 LE MERCURE
rien davantage. D'ailleurs on peut voir
la meilleure partie des Vers dont il eft
compofé dans la Cantate intitulée le Soleil
, que nous avons donnée dans notre
dernier Mercure. Il n'y a ici qne le facrifice
de plus. A propos de cette Cantate ;
nous prions le Lecteur de corriger une
faute qui s'eft gliffée page 55. lig . 9. où
l'on a mis Dement pour Devient.
On a reprefenté à la fuite de ce Divertiffement
trois Entrées du Balet des Fêtes
Venitiennes.
On doit donner quelques Reprefentations
de l'Opera d'Iffé , où l'on affure
que la Dlle Lagarde , qui n'a paru depuis
près de deux ans , jouera le principal rôle.
Cette circonftance redouble l'impatience
du Public , pour revoir cette Paftorale .
On efpere auffi lui voir remplir le rôle
de Lybie dans Phaeton , qu'on jouera
cet hyver.
E feudy deuxième Oftobre . La
Troupe de l'Opera Comique de
la Foire faint Laurent , reprefenta
fur le Theâtre du Palais Royal ,
devant MADAME , les trois petites Pieces
Des Funerailles de la Foire , de fon Rapel
à la vie , & & du Regiment de la Calotte .
Nous avons parlé de ces Pieces dans le
dernier Mercure .
Le Dimanche 12 Octobre. L'Academie
Royale de Mufique reprefenta pour la premiere
fois , Le Soleil vainqueur des nuages
, divertiffement allegorique fur le rétabliffement
de la fanté du Roy. Les paroles
font de Mr D. B. & la Mufique de
Mr Clerambault..
Le fujet de ce petit Poëme eft tiré de la
devile du Roy , qui eft un Soleil naiffant
avec ces mots : Jubet ſperare , Il fait eſperer.
Les facrifices que les anciens peuples
de Perfe faifoient au foleil , & les differens
tranfports de joie & de trifteffe qu'ils
y faifoient éclater au lever de cet aftre ,
felon qu'il leur paroiffoit plus ou moins
ferein , peignent allegoriquement les divers
mouvemens de trifteffe & de joye ,
qui
D'OCTOBRE. 125
qui dans ces derniers jours ont agité les
coeurs des François fur la maladie & la
fanté du Roy.
*
Herodote & Diogene Laërce , qui ont
décrit les facrifices des Perfes , ont été
fuivis litteralement . Les Perfes , dit le
premier , n'ont ni Autels ni Statuës . Ils
montent fur les plus hautes montagnes
& facrifient au Soleil. Celui qui facrifie
a fa thiare couronnée de myrte ; il ne doit
pas prier pour lui en particulier , fon objet
doit être le bien de toute la Nation & du
Roy. Le Mage chante la Theogonie , qu'ils
appellent an chant myfterieux. Les Mages,
ajoute Diogène Laerce , font dévouez au
culte Divin , & font les facrifices. Ils font
vêtus de blane , ayant une baguette à la
main , & fur la tête une haute thiare qui
defcend jufques fur les joues , & c.
Les peuples de Perfe forment les Choeurs,
& les Balets des divertiffemens ; le Mage
& la Grande Prêtreffe font les deux feuls
interlocuteurs reprefentez par la Die
Antier & le Sr le Mire. Le Theâtre
ye.
prefente les campagnes de Perfe , envi-
Fonnées de montagnes , qui ne paroiffent
d'abord éclairées que d'une foible clarté ,
qui s'augmente à mesure que le foleil s'éleve
fur l'horifon . , i
Comme ce Divertiffement n'a pas eu
beaucoup de fuccès , mous n'en dirons,
Liij rien
-126 LE MERCURE
rien davantage. D'ailleurs on peut voir
la meilleure partie des Vers dont il eft
compofé dans la Cantate intitulée le Soleil
, que nous avons donnée dans notre
dernier Mercure. Il n'y a ici qne le facrifice
de plus. A propos de cette Cantate ;
nous prions le Lecteur de corriger une
faute qui s'eft gliffée page 55. lig . 9. où
l'on a mis Dement pour Devient.
On a reprefenté à la fuite de ce Divertiffement
trois Entrées du Balet des Fêtes
Venitiennes.
On doit donner quelques Reprefentations
de l'Opera d'Iffé , où l'on affure
que la Dlle Lagarde , qui n'a paru depuis
près de deux ans , jouera le principal rôle.
Cette circonftance redouble l'impatience
du Public , pour revoir cette Paftorale .
On efpere auffi lui voir remplir le rôle
de Lybie dans Phaeton , qu'on jouera
cet hyver.
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