MERCURE
M. de la Motte vient de
mettre au jour la ſecondepartie
de ſa réponſe à Madame
Dacier : dans cette partie il
fatisfait à tous les reproches
que ſon illuſtre adverfaire
avoit faits contre ſa Differtation
ſur Homere. La controverſemeparoît
épuisée. C'eſt
au Public judicieux à juger à
preſent ſi M. de la Motte dans
ſa Diflertation a traité Homere
avec trop de rigueur , ou
s'il a fait uſage à ſon égard
d'une charité trop indulgente.
Il ne dement point dans cette
ſeconde partie la galante poGALANT
. SS
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liteſſe qui faifoit la principale
grace de la premiere. Le ton
modeſte , le ſtile poli font infiniment
plus fertils en agrements
, que le ton imperieux ,
que le ſtile ruſtique & pedanteſque.
Il eſt vray que le dernier
accommodedavantage la
malice humaine ,que les injures
les plus groffieres plaiſent
davantage à certaines gens
que les menagements les plus
delicats ? mais ce n'eſt point à
ces groffiers Lecteurs que les
gens de Lettres ont affaire ; ils
doivent ſe propoſer d'éclairer
les gens ſenſez ,& d'édifier en
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même tems les gens de bien ,
c'eſt pourquoy ils doivent étudier
l'art de ſe combattre les
uns les autres fans bleſſer la
charité , ſans manquer aux devoirs
de la ſocieté.
M. le Chancelier veut fauver
aux Sçavants de France le
reproche de rufticité ; il a declaré
recemment que s'il paroiſſoit
à l'avenir aucun Livre
où il ſe trouva quelque trait
injurieux , il en feroit fubir la
peine à l'Approbateur. Depuis
quelques jours il a paruun Livre
ſous le titred'Homere van.
gé, ce Livre eſt un tiſſu grofGALANT.
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fier d'injures directement addrreefſfſééeess
ààMM.. de la Motte.Ce
Livre a eſté denoncé à M. le
Chancelier par M. l'Abbé de
Pons. Il a ſigné ſonMemoire
dedenonciation avec élection
de domicile ; il en court même
des copies dans Paris , ainſi je
crois que cet ouvrage eſt devolu'auMercure,&
je luy donne
place icy.