Oeuvre commentée (1)
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1
p. 3-10
Litterature. [titre d'après la table]
Début :
Il paroist depuis peu une belle Traduction de l'Illiade [...]
Mots clefs :
Rabelais, Homère
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texteReconnaissance textuelle : Litterature. [titre d'après la table]
LITTERATURE.
L paroist depuis peu
une belle Traduction
de l'Illiade d'Homere,
par Madame Dacier; on
ne peuttrop donner de
louanges à une Dame
qui fait tant d'honneur
à son sexe.
On a achevéd'imprimer
à Amsterdam le
nouveau Rabelais, avec
des Remarques historiques
& critiques.
Ces deux Livres dont
j'ay à parler en mesmestemps
, mefont naistre
l'idée den prometre pour
Je mois prochain mue
espece de paralelle ; je
dis, une espece: car sije
disois,un paralellevéritable
,&serieux, jem'attirerois
d'abord quelques
zélezSectateurs du divin
Homere, je serois, selon
eux., heretique en litrerature
, sij'osois penser
que Rabelais fust digne
d'entrer en paralelle avec
le Prince des Poëtes.
Commençons donc par
abjurer tous les Ridicules
qu'on pourroit me
donner là-dessus
, je declare
premierement que jeméprise une moitié du
livre de Rabelais, &
que je déteste mesme
dans l'autre le libertinage
&. les obscenitez
qui rendent cet Auteur
odieux ; je declare de
plus, que je respecte Homere,
& les vrais Sçavans
; mais ce respect
n'est point un respect de
culte & d'adoration: je
crois pouvoir sansprofanation
comparer le sublime
du Poëte Grec,
avec l'excellent Comique
de Maistre François;
plus ces deux genres so n
opposez,&plus ce paralelle
tiendra du badinage
: ce sera, si l'on
veut ,
l'Article Burlesque
de mon Mercure ,
les gens graves pourront
se dispenser de le lire, &
ceuxqui le plaignent
que depuis plusieurs
mois je deviens trop serieux
, y trouveront à
coup sur leur compte: carsije ne suis pas en
humeur d'écrire gayement
,
ils auront au
moins du Rabelais, qui
porte toûjours avec luy
un caractere de gayeté
inimitable.
J'adresse donc ici par
avance ce paralelle d'Homere
&: de Rabelais, à
ceux qui ne veulent que
du badinage, je tâcheray
de contenter pas
quelqu'autres Articles
ceux qui ne veulent que
du serieux ; mais à l'egard
de ceux qui ne fca.
vent ce qu'ils veulent
aussi ne sçay-je que leur
donner: on commence
pourtant à me fournir
d'assezbons Memoires ,
mon Mercure est une
espece d'ambigu
,
je tâche
d'y servir un peu
detout;mais rien n'attire,
rien ne rappelle ces
convives indolents , ils
sont, toûjours rassasiez
avant de se mettre à
table, les viandes solides
les dégoûtent, ils ne
touchent aux ragoûts,
que du bout du doigt,
& les repoussent aussitostavec
dédain
,
ils les
trouvent à coup sur, ou
insipides., ou trop salez,
en un mot,ils font naturellement
dégoûtez:
je souhaite pour leur (atisfaction
que le goût
leur vienne.
L paroist depuis peu
une belle Traduction
de l'Illiade d'Homere,
par Madame Dacier; on
ne peuttrop donner de
louanges à une Dame
qui fait tant d'honneur
à son sexe.
On a achevéd'imprimer
à Amsterdam le
nouveau Rabelais, avec
des Remarques historiques
& critiques.
Ces deux Livres dont
j'ay à parler en mesmestemps
, mefont naistre
l'idée den prometre pour
Je mois prochain mue
espece de paralelle ; je
dis, une espece: car sije
disois,un paralellevéritable
,&serieux, jem'attirerois
d'abord quelques
zélezSectateurs du divin
Homere, je serois, selon
eux., heretique en litrerature
, sij'osois penser
que Rabelais fust digne
d'entrer en paralelle avec
le Prince des Poëtes.
Commençons donc par
abjurer tous les Ridicules
qu'on pourroit me
donner là-dessus
, je declare
premierement que jeméprise une moitié du
livre de Rabelais, &
que je déteste mesme
dans l'autre le libertinage
&. les obscenitez
qui rendent cet Auteur
odieux ; je declare de
plus, que je respecte Homere,
& les vrais Sçavans
; mais ce respect
n'est point un respect de
culte & d'adoration: je
crois pouvoir sansprofanation
comparer le sublime
du Poëte Grec,
avec l'excellent Comique
de Maistre François;
plus ces deux genres so n
opposez,&plus ce paralelle
tiendra du badinage
: ce sera, si l'on
veut ,
l'Article Burlesque
de mon Mercure ,
les gens graves pourront
se dispenser de le lire, &
ceuxqui le plaignent
que depuis plusieurs
mois je deviens trop serieux
, y trouveront à
coup sur leur compte: carsije ne suis pas en
humeur d'écrire gayement
,
ils auront au
moins du Rabelais, qui
porte toûjours avec luy
un caractere de gayeté
inimitable.
J'adresse donc ici par
avance ce paralelle d'Homere
&: de Rabelais, à
ceux qui ne veulent que
du badinage, je tâcheray
de contenter pas
quelqu'autres Articles
ceux qui ne veulent que
du serieux ; mais à l'egard
de ceux qui ne fca.
vent ce qu'ils veulent
aussi ne sçay-je que leur
donner: on commence
pourtant à me fournir
d'assezbons Memoires ,
mon Mercure est une
espece d'ambigu
,
je tâche
d'y servir un peu
detout;mais rien n'attire,
rien ne rappelle ces
convives indolents , ils
sont, toûjours rassasiez
avant de se mettre à
table, les viandes solides
les dégoûtent, ils ne
touchent aux ragoûts,
que du bout du doigt,
& les repoussent aussitostavec
dédain
,
ils les
trouvent à coup sur, ou
insipides., ou trop salez,
en un mot,ils font naturellement
dégoûtez:
je souhaite pour leur (atisfaction
que le goût
leur vienne.
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Résumé : Litterature. [titre d'après la table]
Le texte évoque deux publications récentes : une traduction de l'Iliade d'Homère par Madame Dacier, saluée pour sa qualité, et une nouvelle édition des œuvres de Rabelais, imprimée à Amsterdam, accompagnée de remarques historiques et critiques. L'auteur prévoit de comparer ces deux œuvres dans un prochain numéro, en précisant qu'il s'agira d'un parallèle burlesque plutôt qu'une comparaison sérieuse. Il exprime son mépris pour certains passages de Rabelais et son respect pour Homère, tout en soulignant que la comparaison sera légère et amusante. L'auteur s'adresse à différents types de lecteurs : ceux qui recherchent le badinage trouveront leur compte dans le parallèle, tandis que ceux qui préfèrent le sérieux seront servis par d'autres articles. Il déplore l'indifférence de certains lecteurs, comparant son Mercure à un repas où les convives sont toujours rassasiés avant de se mettre à table et trouvent les plats soit insipides, soit trop salés. Il espère que ces lecteurs développeront un goût pour la littérature.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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