Vous voyez par là , Madame
, que le Roy s'attache
toûjours avec un extréme
foin , à ce qui regarde la Religion.
Elle caufe quelques
diférens dans le Bearn , &
auffi- toft ce zelé Monarque
"
GALANT. 159
donne fes ordres pour les terminer.
Si les Calviniftes ne
trouvent pas que fes Or
donnances leur foient favorables,
il ne fait rien contre la
foy des Traitez. Il veut feulement
les voir rentrer en
eux- mefmes , & les obliger,
s'il peut, à connoiftre leurs erreurs
. Le grand nombre
d'Abjurations dont on entend
tous les jours parler ,
fait affez voir que Dieu benit
fes deffeins. Il luy refervoit
la gloire de détruire
l'Herefie ; & c'est là- deffus
qu'a efté fait le Sonnet qui
160 MERCURE
fuit. Le Tonnerre tombé à
Chauny fur la Maiſon d'un
Miniftre, en a fourny la penfée.
L
SONNET.
E Cielfoufcritaux Loix duplus
grand des Monarques,
Et s'accorde avec luy pour détruire
Calvin;
Le confeil en eftpris , c'est un Arreft
divin,
Dont le Foudre à nos yeux vient de
donner des marques .
Sa
Tout meurt, tout eftfujet à l'Empire
des Parques;
Herétique, il est temps, tu vas trouver
tafin;
Mais n'en murmure pas, cette fatale
Main
GALANT. 161
Renverfe également les Trônes &
les Barques
.
Sa
LOVIS a commencé de te jetter à
bas ;
Le Ciel, pour t'achever, favoriſeſon
Bras,
Ce Bras victorieuxfur la terre &
fur l'onde.
Se
Dy-moy, qu'attendois tu que des coups
inoüis,
Quand mon Prince entreprend ce que
le Cielfeconde,
le Cicl combat fecondé de
Ou
que
LOVIS
?
L'Hermite de Sinceny
fur Chauny.