Provenance du texte (2)
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Liste
Résultats : 2 texte(s)
1
p. 214-218
A Alexandrette le 13. Septembre 1714.
Début :
MONSEIGNEUR, je n'ay pas manqué de vous écrire de [...]
Mots clefs :
Payas, Marchandises, Consul
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texteReconnaissance textuelle : A Alexandrette le 13. Septembre 1714.
A Alexandrette le 13. Septembre
1714.
MONSEIGNEUR ,
Je n'ay pas manqué de vous
HISTORIQUE. 218
4
écrire de Chypre le 24. du mois
paffé , au moment quej'allois en
partir pour me rendre au plûtôt
àPayas , où je fuis arrivé le 27 .
fur lefoir. Fay mis pied à terre
pour nous faire reconnoître pour
François , mais bien mal m'en a
pris ; carj'ay été obligé d'y dormir
par la malice du Doüanier , qui
m'a dit que puiſque nous n'avions
point de Marchandises ày décharger
, il avoit peur que nous
ne fuſſions Corfaires . Ila ajoûté
que jamais les Bâtimens n'alloient
à Payas , mais bien à Alexandrette
; je luy ay répondu que ce
n'avoit pas été mon intention d'y
216 JOURNAL
venir, que je m'étois égaré ,
que j'avois pris Payas pourAlexandrette.
Enfin quelque chose
que je lluuyypuffe dire,malgré la
perruque , &le chapeau que j'avois,&
le titre de Capitaineque
je portois,il m'afait mettreàla
Tour. Le lendemain au matin il
m'a demandési j'avois un commandement
, puiſque je venois de
Constantinople , je luy ay fair
roir celuy que vous m'aviez
donné ; alors il n'a eu plus rien à
dire. Cependant il a voulu voir
fi nous n'étions pas chargé de
quelques Marchandises deffenduës
,àquoy je ne mesuis point
opposé
-
HISTORIQUE. 117
ficela
opposé , parce qu'il me retenoit
toûjours à terre : auffi-toft avec
deux Valets du Vaïvode il s'est
fait menerà bord;j'avois heureu-
Sementrecommandéla veillequ'on
lesfit bien boire,fi cela arrivoit,
( ce qu'on afait ; ) parce que les
Armeniens qui estoient dans
le Bâtiment , & pour lesquels
jay payé douze piastres , m'embarraffoient
plus que je ne peux
vousledire.
Sur ces entrefaites j'ay appris
que les Pelerins viendroient bientoft,
&fur le champj'ayfait appareiller,
aprés avoir feulement
acheté 300. citrons, des péches ,
Février 1715 . T
218 JOURNAL
>
&d'autres fruits ;jefuis arrivé
icy le 18 f'ay d'abord été chez le
Conful àquij'ay rendu la Lettre
que vous m'aviez donné pour
luy ,&celle que vous écrivez à
M. Pellerin , Conful d'Alep ,à
qui il l'a auffi-cost envoyéeparun
Expres
C'eſticy le meilleur endroit du
monae ; mais ce maudit Payas est
an vray coupe-gorge
qui
mete
ceux
vous ont proposé cet endroit ,
mele connoissaient assurémentpas.
AR
1714.
MONSEIGNEUR ,
Je n'ay pas manqué de vous
HISTORIQUE. 218
4
écrire de Chypre le 24. du mois
paffé , au moment quej'allois en
partir pour me rendre au plûtôt
àPayas , où je fuis arrivé le 27 .
fur lefoir. Fay mis pied à terre
pour nous faire reconnoître pour
François , mais bien mal m'en a
pris ; carj'ay été obligé d'y dormir
par la malice du Doüanier , qui
m'a dit que puiſque nous n'avions
point de Marchandises ày décharger
, il avoit peur que nous
ne fuſſions Corfaires . Ila ajoûté
que jamais les Bâtimens n'alloient
à Payas , mais bien à Alexandrette
; je luy ay répondu que ce
n'avoit pas été mon intention d'y
216 JOURNAL
venir, que je m'étois égaré ,
que j'avois pris Payas pourAlexandrette.
Enfin quelque chose
que je lluuyypuffe dire,malgré la
perruque , &le chapeau que j'avois,&
le titre de Capitaineque
je portois,il m'afait mettreàla
Tour. Le lendemain au matin il
m'a demandési j'avois un commandement
, puiſque je venois de
Constantinople , je luy ay fair
roir celuy que vous m'aviez
donné ; alors il n'a eu plus rien à
dire. Cependant il a voulu voir
fi nous n'étions pas chargé de
quelques Marchandises deffenduës
,àquoy je ne mesuis point
opposé
-
HISTORIQUE. 117
ficela
opposé , parce qu'il me retenoit
toûjours à terre : auffi-toft avec
deux Valets du Vaïvode il s'est
fait menerà bord;j'avois heureu-
Sementrecommandéla veillequ'on
lesfit bien boire,fi cela arrivoit,
( ce qu'on afait ; ) parce que les
Armeniens qui estoient dans
le Bâtiment , & pour lesquels
jay payé douze piastres , m'embarraffoient
plus que je ne peux
vousledire.
Sur ces entrefaites j'ay appris
que les Pelerins viendroient bientoft,
&fur le champj'ayfait appareiller,
aprés avoir feulement
acheté 300. citrons, des péches ,
Février 1715 . T
218 JOURNAL
>
&d'autres fruits ;jefuis arrivé
icy le 18 f'ay d'abord été chez le
Conful àquij'ay rendu la Lettre
que vous m'aviez donné pour
luy ,&celle que vous écrivez à
M. Pellerin , Conful d'Alep ,à
qui il l'a auffi-cost envoyéeparun
Expres
C'eſticy le meilleur endroit du
monae ; mais ce maudit Payas est
an vray coupe-gorge
qui
mete
ceux
vous ont proposé cet endroit ,
mele connoissaient assurémentpas.
AR
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2
p. 219-221
A Alexandrette, le 29. Septembre 1714.
Début :
MONSEIGNEUR, Aprés avoir resté longtemps icy à attendre des nouvelles [...]
Mots clefs :
Dieu, Alexandrette, Ambassadeur
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : A Alexandrette, le 29. Septembre 1714.
AAlexandrette , le 29. Sep
tembre 1714.
MONSEIGNEUR,
Aprés avoir refté longtemps
icy à attendre des nouvelles , à la
fis nostre Meſſager est arrivé : il
m'a affeure que M. l'Ambaſſadeur
étoit tout à fait en liberté ,
ce que j'ay été ravy d'apprendre.
Hier à midy il me vint un
homme extraordinaire de ſa part
pour sçavoir ce qu'ily avoit à
faire ; je luy ay donné sur le
champ toutes les instructions ne-
Tij
120 JOURNAL
ceßaires , je luy ay fait voirl'endroit
de l'embarquement , qui est
àdemie lieuë d' Alexandrette; enfin
je l'ay renvoyé pour aller luy
dire que tout étoit preft , que je
l'attendois cette même nuit , &
que je lepriois deſe hater de partir
; ce qu'il afait heureusement ,
Dieu mercy , puiſque je viens de
le recevoir à bord avec tout fon
monde ;je mets à la voileàl'heure
mêmeſelon vos ordres que je ne
manqueraypas d'executer depoint
en point ; non ſeulement jusqu'à
que Dieu m'ait fait lagrace
d'arriver au lieu destiné
ce
mais
encore dans toutes les occafions où
HISTORIQUE. 221
je pourray vous marquer leprofond
reſpect avec lequel je ſuis
3
c.
tembre 1714.
MONSEIGNEUR,
Aprés avoir refté longtemps
icy à attendre des nouvelles , à la
fis nostre Meſſager est arrivé : il
m'a affeure que M. l'Ambaſſadeur
étoit tout à fait en liberté ,
ce que j'ay été ravy d'apprendre.
Hier à midy il me vint un
homme extraordinaire de ſa part
pour sçavoir ce qu'ily avoit à
faire ; je luy ay donné sur le
champ toutes les instructions ne-
Tij
120 JOURNAL
ceßaires , je luy ay fait voirl'endroit
de l'embarquement , qui est
àdemie lieuë d' Alexandrette; enfin
je l'ay renvoyé pour aller luy
dire que tout étoit preft , que je
l'attendois cette même nuit , &
que je lepriois deſe hater de partir
; ce qu'il afait heureusement ,
Dieu mercy , puiſque je viens de
le recevoir à bord avec tout fon
monde ;je mets à la voileàl'heure
mêmeſelon vos ordres que je ne
manqueraypas d'executer depoint
en point ; non ſeulement jusqu'à
que Dieu m'ait fait lagrace
d'arriver au lieu destiné
ce
mais
encore dans toutes les occafions où
HISTORIQUE. 221
je pourray vous marquer leprofond
reſpect avec lequel je ſuis
3
c.
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