A MADAME
LA MARQUISE
D'ALIGRE
.
Depuis
longtemps
la
Re-nommée
M'avoit tracé voftre Portrait.
5. Mais fi bien , que de chaque
trait
Mon amefut toute charmée.
S
Les plus rares vertus dont la no-
bleſplendeur
Vous
rend
du
Ciel
la digne
fa-vorite,
GALANT
.
209
Y
faifoient
briller le
merite
Dont
elles
parent
voſtre
cœur
.
S
Voftre
efprit
rempli de lumieres
Y
répandoit
mille
clartez
,
Et
vos
vertus
hereditaires
Méloient à
tant
d'éclat leurs bril
lantes
beautez
.
2
Tout ce qu'on voit dans lana-
ture
De
plus
charmant
&
de plus
précieux
,
L'eftoit beaucoup moins à mes
жих
Aouft 1698
. S
210
MERCURE
Que cette admirable peinture.
S
D'abord
que
j'apperçus
ce
Portrait
Jans
égal
,
Mon
efprit
réveilla
fon
ardeur
affoupie
Et
voulutfaire
une
copie
Qui
furpaffaft
l'original
.
SDans
le
deffein qu'il
envisage
,
D'un
fuccés glorieux
il ofe
fe
flater
,
Mais à
peine avoit
-
il
commencé
Jon ouvrage
,
·
Qu'ilfut
contraint de
le
quite
ter
.
GALANT
.
211
65
La
fage
Scudery
que
la
Francerevere
,
Et que Louis comble d'honneur,
En meparlant de vous me fit for.
tir d'erreur.
Par
elle
je
connus que
l'on
pouvoit
mieux
faire
.
S
De d'Aligre , dis elle , admire
les
appas
.
I fe
.
Elle a
le
cœur
d'une Prince-
Les Vertus conduisent fes
pas
.
Je croi
me ne que
fa
fageffe
Si
212
MERCURE
Egale
celle
de
Pallas
.
2
A
vous
dépeindre
accoutumée
,
Sapho par
un
coup de
pinceau
,
Nous
fit
de
vos
vertus
un
plusriche
tableau
,
Que
n'en
a
fait la
Renommée
.
S
Rien
ne
le
fçauroit égaler
,
A
peine
paroift.il
que l'Universl'admire
.
Aprés Sapho que
puis je dire
?
Ce
n'est
plus
à moy de
parler