PEUR DE CUPIDON,
·Fable Anacreontique
A MADEMOISELLE QUINA UT.
L
Par M. Fufelier.
Ajeune Iris, qui par ſon enjouëment
Et fes attraits , broüille mainte
cervelle ,
Par fois, s'amufe à parler Allemand.
Un jour, je vis Amour en fentinelle ,
Tachant d'ouir ce que difoit la Belle ;
Tous ces mots durs l'effrayoient grandement
:
Si que, peureux, n'ofant approcher d'elle,
Le petit Dieu fe cachoit doucement ,
Comme un Moineau fe couvrant de fon
Giiij
aile :
80 LE MERCURE
bien
>
Lors je lui crie , Amour , je le voy
Tel idiome eft pour toy trop fauvage ;
Jamais Vénus n'en fit fon entretien
Iris auffi , n'en fait pas grand uſage ,
Sinon quand vent facherfon petit chien.
Ace Difcours Cupidon moins timide
Se raffurant , vole de mon côté.
Ecoute encor , dis -je , à l'Enfant perfide,
Ceffe de craindre une jeune Beauté.
J'écoute en vain,& c'eft langue êtrangére,
Me répond-il , quel eft donc ce mystére ?
Sans mon bandeau , j'éclaircirois cecy ; *
Je n'entens rien à ce langage- cy ,
Lefon de voix eft pourtant de Githere.