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Détail
Liste
1
p. 256-264
LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
Début :
Monsieur, Nous sommes partis de Rome en même tems ; vous êtes à [...]
Mots clefs :
Maladies, Chirurgie, Découvertes, Nouvelles méthodes, Guérison, Maladies des yeux
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
LETTRE
Qui renferme plufieurs faits finguliers de M.
Anel Docteu en Chirurgie , Chirurgien de
Madame Roya e de Saye , & Occulifte de
France par Brevet du Roy.
A fon ancien Ami M. George Policola Docteur
en Medecine de l'Univerfité de Rome ,
Comte Palatin Chevalier de l'Epron d or,
premier Medecin du Sultan Achmet V.
Empereur des Tures.
M
Nous fommes partis de Rome en même
tems ; vous êtes à Conftantinople , & je
fuis à Paris Il vous fuffit de plaire à un
feul homme & arx Dames du Sérail , pour
être au gré de tous les autres ; mon diftric
n'eft pas fi borné. J'ai affaire avec la Cour,
jaVille, les Provinces & les Païs Etrangers,
avec des perfonnes de toute forte d'état
de condition. Quelques nouvelles découverMERCURE.
257
tes queje me fuis avifé de mettre au jour ,
m'ont mis dans cet engagement Vous fçavés
qu'àRome de votre tems , je me donnois
bien de l'occupation fans y penfer , pour
avoir fait avec fuccès l'Operation de la
Neuriſme à un Ecclefiaftique de l'Ordre de
S. François. Je m'en fuis donné bien plus
encore , pour avoir inventé du tems que
j'habitois encore à Gennes , une nouvelle
Méthode de guerir les Fiftules Lacrimales
fans le fer , le feu , lecauftique , ni aucune
operation violente Dés que Mde , Royale
de Savoye en fut informée , Elle me fit appeller
pour lui en guerir une ; ce qui me
réüffit le mieux du monde , & i'ea füs genereufement
recompenfé ; cet heureux fuc.
cès accompagné de plufieurs autres m'engagea
à donner differents Ouvrages au Public
touchant ma nouvelle découverte
laquelle fit bien: ôt du bruit à Paris aufli
bien qu'ailleurs ; ce qui détermina une
grande Dame qui creyeit en être attaquée
à me faire appeller en cette Ville , où il a
fallu rendre bon compte à chacun du fuccès
de mes novelles découvertes ; le Pu
blic en a été bientôt convaincu par expérience
; ce qui a déterminé le Roy , &
Monſeigneur le Duc d'Orleans , Régent du
258 LE NOUVEAU
Royaume à m'accorder un Privilége pourla
guerilon des maladies des Yeux dans toute
la France. J'ai fait il y a une année la nouvelle
découverte d'une maladie que je nom
me Hydropifie du conduit lacrimale , avec
la maniere de donner à boite par l'Oel. Je
vient depuis peu de trouver une Méthode ,
pour découvrir ce qui fe paffe de plus caché
dans dans le fonds du globe de 1 Ocil , au
moyen de plufieurs Veres ; ce qui me procure
une connoiffance très étendue des maladies
de cet organne : J'ai auffi inventé à
même tems une autre nouvelle Méthode ,
pour introduire différens Remedes dans les
Yeux , directement fur l'endroit ma'ade ,
fans irriter les parties faines au moyen
des petits poinçeaux dont la matiere , n'eft
ni plume , ni poil , ni foye , ni fi'aſſe , ni
lain , ni coton. Ces pinceaux font pourtaut
plus dorx que le velours , plu blancs
& plus luftrés que le fatin blanc. L'idée de
ces pinceaux m'eft venuë en voyant faire
le portrait d'une perfonne que j'eftime ,
& que j'aime beaucoup ; délicateffe avec
laquelle le Peintre manioit le painçeau
pour imiter la vivacité de fes yeux , me
donna l'envie de manier auffi le pinceau
à mon tour pour en faire un ufage bien
MERCURE. 259
different du fien ; mais dautant plus utile ;
queles avantages queje tirede ces Pinçcaux,
font des plus confiderables par leur moyen
j'épargne des grandes douleurs aux malades
, plufieurs Operations violentes , & tous
les fâchenx accidents qui pourroit les accompagner.
Je fuis le plus fouvent environné
des gens qui ne parviennent à me
voir que par les miracles de l'Art , toujours
occupé du foin de travailler à faire
des bons & beaux yeux de ceux là qui font
les plus mauvais & les plus contrefaits .
Ne vous imaginez pas pour cela, Monfieur,
que je fois encore arrivé au point de rendre
défert l'Hôpital des Quinze- Vingts ; j'en
ai propolé un projet imprimé , je ne (çai
fas fi Pon y fera attention ; mais il me
paroît que l'Art de guerir les maladies
des Yeux , eft encore fort éloigné de ſa
derniere perfection . Vous n'avés pas tant
affaire dans votre Cour les malades du
grand Serail vous occupent fans doute beaucoup
moins dans cette infirmerie il n'y a
que de beaux Yeux ; vous n'avés à craindre
que le mal qu'ils pourroient vous faire ;
mais vous êtes trop bon chrêtiea , & trop
bon Philofophe pour ne pas vous en garentir
; vous étiés le bon exemple de Rome ,
260
LENOUVEAU
vous en avés évité tous les écueils ; per
fonne ne s'y eft mieux diftingué que vous ,
& vous y avez fait un très bon employ
de votre tems . Voici la diftribution du
mien. Je me couche à minuit , je me léve
à cinq heures du matin pour travailler
dans mon Cabinet jufqu'à fepts depuis
huit jufqu'à une heure Je vifite mes malades
de la Ville , & j'employe l'aprés midy
jufqu'à cinq heures à donner audience
à ceux qui viennent chez moi Les pauvres
& les riches y font égallement bien reçus
. Je refors enfuite pour recormencer
ina tournée du foir , & je rentre a logis
, quand il plaît à Dieu. Les heures de
mes repas font toujours incertaines . Voilà
la vie qu'il faut mener à Paris dans notre
profeffion , lorfque l'on fe livre une fois au
Public. La reputation & le peu de bien
que nous gagnons , nous coutent bien cher,
puifqu'il faut l'acheter à un fi haut prix .
Tous ceux qui font employés à Paris,
n'en ont pas meilleur marché ; au refte
la Medecine & la Chirurgie devenant
ici tous les jours les plus célébres ; nos
Ecoles & nos Académies , triomphent de
plus en plus ily meurt pourtant bien du
monde ; mais certainement ce n'eft pas
MERCURE. 261
la faute des Medecins ni des Chirurgiens ;
ee font les maladies qui deviennent tous
les jours plus opinîatres & plus rebelles ,
leur malignité faiſant d'aulfi grands progrès
de fon côté , que la Medecine en peut
faire du fen ; fi cela n'eftoit pas ainfi ,
aprés les nouvelles connoiffances que l'on
a acquifes , & que l'on acquiert
les jours il ne mourroit plus per-
Ionnes
tous
que de vieilleffe ; cette penfée
n'ft point de moi , je la tiens de мr
Marquety de Padouë , Docteur de Medecine
& de Chirurgie dans cette célébre Univerfité
, il eft dans ce fiftême à l'égard
des maladies Venericanes ; & je crois qu'il
faut penfer de méme à l'égard de toutes les
autres
Il s'eft fait ici une opération qui a fait
grand bruit ; l'on a amputé un bras
dans l'articulation de l'épaule fuivant la
Methole que Mr de Remonjeau a inventée
il y a long tems ,
le malade en eft parfaitement
gueri Quelques mois aprés il
a été attaqué d'une autre maladie ,
il eft mott en Province .
dont
L'oa illuftre tous les jours la Médecine
& la Chirurgie ; les modes fe multiplient
à notre ordinaire , & les Arts s'enrichif
262 LE NOUVEAU
fent bien plus , que les artifans . Te ne
crois pas que je lois le feul qui faffe de
nouvelles découvertes en ce Pays . L'on
en a fait dans l'artillerie ; l'on en 2
fait encore pour la commodité de ceux
qui écrivent , même pour les preneurs de
tabac. Il a été prefenté au Roy ure coupe
plume , ou canif d'une nouvelle invention.
L'on a auffi trouvé une machine , pour
faire rouller les voitures tant de la ville
que de la campagne fervant à foulager
les Chevaux : L'on a inventé de plus , la
maniere de faire aller les chariots à la
voile. Un autre a imaginé le fecret de
faire venir les enfans au monde dans les
accouchemens laborieux , fans couteaux
fans crochets & fans tire tefte , par le
moyen d'une fronde. Cette derniete découverte
appartient à un maiftre Chirurgien
accoucheur. Toutes ces nouveautez
ne font pas les plus fingulieres que j'ay
à vous mander. La nature le dispute avec
l'art , elle entreprend de faire des enfans
fans femelie ; & l'ea pretend qu'elle y
réuffit à merveille . Un Boucher de la
rue des Boucheries , Fauxbourg S. Germain
, a trouvé dans un mouton qu'il avoit
egorgé en le vuidant , un fetus conteau
MERCURE. 263
dans une poche membraneufe , reffemblante
à la vellie Monfieur Tartanfon , celebre
maiftre Chirurgien de Paris , y fat
appellé , & s'empara d'abord de cette furprenante
production . Il confervc avec
grand foin ce fetus monstrueux dans un
vaifeau de verre plein d'eau - de vie . Les
cu ricux de Paris le vont voir tous les jours
ce fatus n'a que fix pouces de hauteur ,
fa groffeur eft proportionnée à la grandeur
; les quatre extremitez refemblent å
celles d'un finge, excepté que fes pattes font
affez femblables à celles d'un animal vorace
, étant armé de grifes : fes yeux font
bien formés fa langue reffemble à celle d'un
enfant humain . & toute fa figure du premier
coup d'oeil en a l'air. Il a deplus
une petite queue approchante de celle d'un
lapin .
Ce fait demande un examen rigoureux &
uneconfirmation très bien circonftantiée, en
attendant que je fois mieux isformé , jc
fufpends mon jugement & mon taifonnemert
, me bornant à rapporter ce que je
fçais de certain , aprés avoir vû & examiać
par deux divers fois cet enfant chez M.
Tartanfon où on le peut voir tel que je le
dépeins . Ce cas eft auffi fingulier que celui
264 LE NOUVEAU
de cet enfant , que l'on dit avoir été trouvé
ily a déja long temps dans la cuiffe d'un
Ecclefiaftique en lui ouvrant un abcés.
S'il s'eft jamais paffé quelque chofe
d'auffi fingulierdans l'Empire Otoman ; je
vons prie de me le co nmuniquer avec vos
nouvelles découvertes , quoique le plus
fouvent celles que l'on fait dans ce pays- là
ne roulent que far la vertu des remedes , je
ne les en eftimerai pas moins utilles , ni
moins importantes . Je fuis avec une trésparfaite
confideration .
MONSIEUR ,
Vêtre , &c, Anel.
A Paris ce 1. Janvier 1717 .
on adreffe rue du Four S. Euftache vis àvis
l'Hôtel de So fons,
Qui renferme plufieurs faits finguliers de M.
Anel Docteu en Chirurgie , Chirurgien de
Madame Roya e de Saye , & Occulifte de
France par Brevet du Roy.
A fon ancien Ami M. George Policola Docteur
en Medecine de l'Univerfité de Rome ,
Comte Palatin Chevalier de l'Epron d or,
premier Medecin du Sultan Achmet V.
Empereur des Tures.
M
Nous fommes partis de Rome en même
tems ; vous êtes à Conftantinople , & je
fuis à Paris Il vous fuffit de plaire à un
feul homme & arx Dames du Sérail , pour
être au gré de tous les autres ; mon diftric
n'eft pas fi borné. J'ai affaire avec la Cour,
jaVille, les Provinces & les Païs Etrangers,
avec des perfonnes de toute forte d'état
de condition. Quelques nouvelles découverMERCURE.
257
tes queje me fuis avifé de mettre au jour ,
m'ont mis dans cet engagement Vous fçavés
qu'àRome de votre tems , je me donnois
bien de l'occupation fans y penfer , pour
avoir fait avec fuccès l'Operation de la
Neuriſme à un Ecclefiaftique de l'Ordre de
S. François. Je m'en fuis donné bien plus
encore , pour avoir inventé du tems que
j'habitois encore à Gennes , une nouvelle
Méthode de guerir les Fiftules Lacrimales
fans le fer , le feu , lecauftique , ni aucune
operation violente Dés que Mde , Royale
de Savoye en fut informée , Elle me fit appeller
pour lui en guerir une ; ce qui me
réüffit le mieux du monde , & i'ea füs genereufement
recompenfé ; cet heureux fuc.
cès accompagné de plufieurs autres m'engagea
à donner differents Ouvrages au Public
touchant ma nouvelle découverte
laquelle fit bien: ôt du bruit à Paris aufli
bien qu'ailleurs ; ce qui détermina une
grande Dame qui creyeit en être attaquée
à me faire appeller en cette Ville , où il a
fallu rendre bon compte à chacun du fuccès
de mes novelles découvertes ; le Pu
blic en a été bientôt convaincu par expérience
; ce qui a déterminé le Roy , &
Monſeigneur le Duc d'Orleans , Régent du
258 LE NOUVEAU
Royaume à m'accorder un Privilége pourla
guerilon des maladies des Yeux dans toute
la France. J'ai fait il y a une année la nouvelle
découverte d'une maladie que je nom
me Hydropifie du conduit lacrimale , avec
la maniere de donner à boite par l'Oel. Je
vient depuis peu de trouver une Méthode ,
pour découvrir ce qui fe paffe de plus caché
dans dans le fonds du globe de 1 Ocil , au
moyen de plufieurs Veres ; ce qui me procure
une connoiffance très étendue des maladies
de cet organne : J'ai auffi inventé à
même tems une autre nouvelle Méthode ,
pour introduire différens Remedes dans les
Yeux , directement fur l'endroit ma'ade ,
fans irriter les parties faines au moyen
des petits poinçeaux dont la matiere , n'eft
ni plume , ni poil , ni foye , ni fi'aſſe , ni
lain , ni coton. Ces pinceaux font pourtaut
plus dorx que le velours , plu blancs
& plus luftrés que le fatin blanc. L'idée de
ces pinceaux m'eft venuë en voyant faire
le portrait d'une perfonne que j'eftime ,
& que j'aime beaucoup ; délicateffe avec
laquelle le Peintre manioit le painçeau
pour imiter la vivacité de fes yeux , me
donna l'envie de manier auffi le pinceau
à mon tour pour en faire un ufage bien
MERCURE. 259
different du fien ; mais dautant plus utile ;
queles avantages queje tirede ces Pinçcaux,
font des plus confiderables par leur moyen
j'épargne des grandes douleurs aux malades
, plufieurs Operations violentes , & tous
les fâchenx accidents qui pourroit les accompagner.
Je fuis le plus fouvent environné
des gens qui ne parviennent à me
voir que par les miracles de l'Art , toujours
occupé du foin de travailler à faire
des bons & beaux yeux de ceux là qui font
les plus mauvais & les plus contrefaits .
Ne vous imaginez pas pour cela, Monfieur,
que je fois encore arrivé au point de rendre
défert l'Hôpital des Quinze- Vingts ; j'en
ai propolé un projet imprimé , je ne (çai
fas fi Pon y fera attention ; mais il me
paroît que l'Art de guerir les maladies
des Yeux , eft encore fort éloigné de ſa
derniere perfection . Vous n'avés pas tant
affaire dans votre Cour les malades du
grand Serail vous occupent fans doute beaucoup
moins dans cette infirmerie il n'y a
que de beaux Yeux ; vous n'avés à craindre
que le mal qu'ils pourroient vous faire ;
mais vous êtes trop bon chrêtiea , & trop
bon Philofophe pour ne pas vous en garentir
; vous étiés le bon exemple de Rome ,
260
LENOUVEAU
vous en avés évité tous les écueils ; per
fonne ne s'y eft mieux diftingué que vous ,
& vous y avez fait un très bon employ
de votre tems . Voici la diftribution du
mien. Je me couche à minuit , je me léve
à cinq heures du matin pour travailler
dans mon Cabinet jufqu'à fepts depuis
huit jufqu'à une heure Je vifite mes malades
de la Ville , & j'employe l'aprés midy
jufqu'à cinq heures à donner audience
à ceux qui viennent chez moi Les pauvres
& les riches y font égallement bien reçus
. Je refors enfuite pour recormencer
ina tournée du foir , & je rentre a logis
, quand il plaît à Dieu. Les heures de
mes repas font toujours incertaines . Voilà
la vie qu'il faut mener à Paris dans notre
profeffion , lorfque l'on fe livre une fois au
Public. La reputation & le peu de bien
que nous gagnons , nous coutent bien cher,
puifqu'il faut l'acheter à un fi haut prix .
Tous ceux qui font employés à Paris,
n'en ont pas meilleur marché ; au refte
la Medecine & la Chirurgie devenant
ici tous les jours les plus célébres ; nos
Ecoles & nos Académies , triomphent de
plus en plus ily meurt pourtant bien du
monde ; mais certainement ce n'eft pas
MERCURE. 261
la faute des Medecins ni des Chirurgiens ;
ee font les maladies qui deviennent tous
les jours plus opinîatres & plus rebelles ,
leur malignité faiſant d'aulfi grands progrès
de fon côté , que la Medecine en peut
faire du fen ; fi cela n'eftoit pas ainfi ,
aprés les nouvelles connoiffances que l'on
a acquifes , & que l'on acquiert
les jours il ne mourroit plus per-
Ionnes
tous
que de vieilleffe ; cette penfée
n'ft point de moi , je la tiens de мr
Marquety de Padouë , Docteur de Medecine
& de Chirurgie dans cette célébre Univerfité
, il eft dans ce fiftême à l'égard
des maladies Venericanes ; & je crois qu'il
faut penfer de méme à l'égard de toutes les
autres
Il s'eft fait ici une opération qui a fait
grand bruit ; l'on a amputé un bras
dans l'articulation de l'épaule fuivant la
Methole que Mr de Remonjeau a inventée
il y a long tems ,
le malade en eft parfaitement
gueri Quelques mois aprés il
a été attaqué d'une autre maladie ,
il eft mott en Province .
dont
L'oa illuftre tous les jours la Médecine
& la Chirurgie ; les modes fe multiplient
à notre ordinaire , & les Arts s'enrichif
262 LE NOUVEAU
fent bien plus , que les artifans . Te ne
crois pas que je lois le feul qui faffe de
nouvelles découvertes en ce Pays . L'on
en a fait dans l'artillerie ; l'on en 2
fait encore pour la commodité de ceux
qui écrivent , même pour les preneurs de
tabac. Il a été prefenté au Roy ure coupe
plume , ou canif d'une nouvelle invention.
L'on a auffi trouvé une machine , pour
faire rouller les voitures tant de la ville
que de la campagne fervant à foulager
les Chevaux : L'on a inventé de plus , la
maniere de faire aller les chariots à la
voile. Un autre a imaginé le fecret de
faire venir les enfans au monde dans les
accouchemens laborieux , fans couteaux
fans crochets & fans tire tefte , par le
moyen d'une fronde. Cette derniete découverte
appartient à un maiftre Chirurgien
accoucheur. Toutes ces nouveautez
ne font pas les plus fingulieres que j'ay
à vous mander. La nature le dispute avec
l'art , elle entreprend de faire des enfans
fans femelie ; & l'ea pretend qu'elle y
réuffit à merveille . Un Boucher de la
rue des Boucheries , Fauxbourg S. Germain
, a trouvé dans un mouton qu'il avoit
egorgé en le vuidant , un fetus conteau
MERCURE. 263
dans une poche membraneufe , reffemblante
à la vellie Monfieur Tartanfon , celebre
maiftre Chirurgien de Paris , y fat
appellé , & s'empara d'abord de cette furprenante
production . Il confervc avec
grand foin ce fetus monstrueux dans un
vaifeau de verre plein d'eau - de vie . Les
cu ricux de Paris le vont voir tous les jours
ce fatus n'a que fix pouces de hauteur ,
fa groffeur eft proportionnée à la grandeur
; les quatre extremitez refemblent å
celles d'un finge, excepté que fes pattes font
affez femblables à celles d'un animal vorace
, étant armé de grifes : fes yeux font
bien formés fa langue reffemble à celle d'un
enfant humain . & toute fa figure du premier
coup d'oeil en a l'air. Il a deplus
une petite queue approchante de celle d'un
lapin .
Ce fait demande un examen rigoureux &
uneconfirmation très bien circonftantiée, en
attendant que je fois mieux isformé , jc
fufpends mon jugement & mon taifonnemert
, me bornant à rapporter ce que je
fçais de certain , aprés avoir vû & examiać
par deux divers fois cet enfant chez M.
Tartanfon où on le peut voir tel que je le
dépeins . Ce cas eft auffi fingulier que celui
264 LE NOUVEAU
de cet enfant , que l'on dit avoir été trouvé
ily a déja long temps dans la cuiffe d'un
Ecclefiaftique en lui ouvrant un abcés.
S'il s'eft jamais paffé quelque chofe
d'auffi fingulierdans l'Empire Otoman ; je
vons prie de me le co nmuniquer avec vos
nouvelles découvertes , quoique le plus
fouvent celles que l'on fait dans ce pays- là
ne roulent que far la vertu des remedes , je
ne les en eftimerai pas moins utilles , ni
moins importantes . Je fuis avec une trésparfaite
confideration .
MONSIEUR ,
Vêtre , &c, Anel.
A Paris ce 1. Janvier 1717 .
on adreffe rue du Four S. Euftache vis àvis
l'Hôtel de So fons,
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Résumé : LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
Dans une lettre datée du 1er janvier 1717, M. Anel, chirurgien à Paris, adresse un courrier à son ami M. George Policola, médecin à Constantinople. M. Anel y décrit ses succès professionnels et ses découvertes médicales. Il a mis au point une méthode pour traiter les fistules lacrymales sans recourir à une intervention chirurgicale violente, ce qui lui a valu des récompenses et un privilège royal pour traiter les maladies des yeux en France. Il a également identifié une maladie nommée 'hydropisie du conduit lacrymal' et développé des techniques pour explorer le fond de l'œil et administrer des remèdes sans provoquer d'irritation, réduisant ainsi les douleurs et les complications pour les patients. M. Anel mentionne une réflexion du Dr. Marquety de Padoue sur la mortalité due aux maladies vénériennes. Il relate également une opération réussie d'amputation d'un bras à l'épaule selon la méthode de Mr. de Remonjeau, bien que le patient soit décédé ultérieurement d'une autre maladie. La lettre évoque diverses innovations technologiques, telles qu'une nouvelle plume, une machine pour soulager les chevaux, des chariots à voile, et une méthode d'accouchement sans instruments tranchants. De plus, M. Anel rapporte la découverte d'un fœtus monstrueux dans un mouton, présentant des caractéristiques humaines et animales, conservé par le chirurgien Monsieur Tartanfon. Il mentionne aussi un cas similaire d'un enfant trouvé dans un abcès d'un ecclésiastique et invite son correspondant à partager des découvertes similaires provenant de l'Empire Ottoman.
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1
LETTRE Qui renferme plusieurs faits singuliers de M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Saye, & Occuliste de France par Brevet du Roy. A son ancien Ami M George Policola Docteur en Medecine de l'Université de Rome, Comte Palatin, Chevalier de l'Epron d'or, & premier Medecin du Sultan Achmet V. Empereur des Trucs.
2
p. 222-224
De Paris, ce 14 Novembre 1717. REPONSE De M. Anel à la Lettre de M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Turin.
Début :
Monsieur, La Renommée vous a informé des bienfaits que son Excellence [...]
Mots clefs :
Monseigneur, Fortune, Attachement , Princesse, Maladie, Remèdes
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texteReconnaissance textuelle : De Paris, ce 14 Novembre 1717. REPONSE De M. Anel à la Lettre de M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Turin.
De Paris , ce 14 Novembre 1717.
REPONSE
De M. ANEL à la Lettre de M. le
Chevalier de C *** fils de défunt
M. le Premier Préfident du Turin.
MONSIEUR,
La Renommée vous ainfermé des bienfaits
que fon Excellence Monfeigneur le
Comte de Kinigsegg vient de me départirf
généreusement . Je fuis fûrque connoiffantfon
caractére, vous n'en estes pas
furpris : La fortune qui nous perfecute
en général , m'a favorisé de ce côté-là,
J'ai refpiré long-tems aprés l'arrivée de
S. E. en cette Cour, par la reconnoiffance
l'attachement que je lui dois , &
que je lui porte ; fans m'attendre d'ailleurs
, à un fi grand bien-fait de fapart,
ny an témoignage de confideration &
d'eftime » que vous aves M. la bonté de
me marquer aujourdhui à ſon occafion. I
n'êtoit pas befoin M. d'une nouvelle conDE
NOVEMBRE.
225
firmation ; -vous m'en aviés donné des
marques affés fenfibles par tant d'endroits
particulierement, en me procurant
l'avantage d'être utile au retabliffement
de la fanté de Madame Royalle ; ce que
vous fites de la maniere du monde la plus
généreuse : Souvenés- vous M. que vous
eftiés chez moi a Gênes , dans un lit
prefque agonifant ; dans le tems que vous
prites la plume à mon infçu , pour faire
part de ma nouvelle découverte à Madame
Royalle , & pour lui offrir monfecours
; fans l'informer de vôtre êtat , ny
du befoin que vous en aviés vous même :
Il arriva que cette Princeffe ignorant
vôtrefituationfâcheufe , ennuyée de la longueur
de fa maladie , & preffée de fa
guérifan , hâta mon départ pour me rondre
aupres defa Perfonne Royalle , &.
que vous vous déterminates à vous tranfporter
dans une Litiére de 'Gênes à Turin,
pour mefuivre au peril de vôtre vie,
crainte que l'occafion que vous m'aviés
procurée ne me manquat . Le zele que vous
portiés à cette Princeffe , & l'affection
que vous aviés deja congeuë pour moy´,
vous firentfaire une Action digne d'Alexandre
:Je vous traite auffi , commefr
vous aviez êté lui-mêm: ; & la Princeſſe
"
124
LE MERCURE
vous regala aprés votre parfaite conva»
Ifcence , d'un riche Diamant. Vous
m'cxbortés , Monfieur , à avoir toujours
fin des Pauvres infirmes ; c'est ce que
j'ai deßein de faire plus que jamais . J'e
continuerai de leur donner audiance
les après midi , depuis une heure , juf
qu'à cinq heures en Hiver ; & en E'té ,
jufqu'afix. Ils trouveront chezmoi , tous
les fecours que je fuis capable de leur donner;
Remédes , Panfemens , Operations ,
Confultations verbales & par êcrit , tant
pour la Ville que pour les Provinces ;
j'irai panfer chez eux , ceux qui ne
pourront pas venir chez moi . La Maifon
où je demeure , rue du Four proche
Saint Eustache , vis- à- vis l'avance de
l'Hôtel de Soiffons , nommé l'Hôtel du
Bien des Yeux , eft un Hôpital affûré
pour eux : Qrant à vous , Monfieur , je
Souhaite que vôtre fante fe maintienne
long- tems auffi parfaite , qu'elle l'eftoit
aprés la cure que je vous ai faite. Je fuis
&'c.
REPONSE
De M. ANEL à la Lettre de M. le
Chevalier de C *** fils de défunt
M. le Premier Préfident du Turin.
MONSIEUR,
La Renommée vous ainfermé des bienfaits
que fon Excellence Monfeigneur le
Comte de Kinigsegg vient de me départirf
généreusement . Je fuis fûrque connoiffantfon
caractére, vous n'en estes pas
furpris : La fortune qui nous perfecute
en général , m'a favorisé de ce côté-là,
J'ai refpiré long-tems aprés l'arrivée de
S. E. en cette Cour, par la reconnoiffance
l'attachement que je lui dois , &
que je lui porte ; fans m'attendre d'ailleurs
, à un fi grand bien-fait de fapart,
ny an témoignage de confideration &
d'eftime » que vous aves M. la bonté de
me marquer aujourdhui à ſon occafion. I
n'êtoit pas befoin M. d'une nouvelle conDE
NOVEMBRE.
225
firmation ; -vous m'en aviés donné des
marques affés fenfibles par tant d'endroits
particulierement, en me procurant
l'avantage d'être utile au retabliffement
de la fanté de Madame Royalle ; ce que
vous fites de la maniere du monde la plus
généreuse : Souvenés- vous M. que vous
eftiés chez moi a Gênes , dans un lit
prefque agonifant ; dans le tems que vous
prites la plume à mon infçu , pour faire
part de ma nouvelle découverte à Madame
Royalle , & pour lui offrir monfecours
; fans l'informer de vôtre êtat , ny
du befoin que vous en aviés vous même :
Il arriva que cette Princeffe ignorant
vôtrefituationfâcheufe , ennuyée de la longueur
de fa maladie , & preffée de fa
guérifan , hâta mon départ pour me rondre
aupres defa Perfonne Royalle , &.
que vous vous déterminates à vous tranfporter
dans une Litiére de 'Gênes à Turin,
pour mefuivre au peril de vôtre vie,
crainte que l'occafion que vous m'aviés
procurée ne me manquat . Le zele que vous
portiés à cette Princeffe , & l'affection
que vous aviés deja congeuë pour moy´,
vous firentfaire une Action digne d'Alexandre
:Je vous traite auffi , commefr
vous aviez êté lui-mêm: ; & la Princeſſe
"
124
LE MERCURE
vous regala aprés votre parfaite conva»
Ifcence , d'un riche Diamant. Vous
m'cxbortés , Monfieur , à avoir toujours
fin des Pauvres infirmes ; c'est ce que
j'ai deßein de faire plus que jamais . J'e
continuerai de leur donner audiance
les après midi , depuis une heure , juf
qu'à cinq heures en Hiver ; & en E'té ,
jufqu'afix. Ils trouveront chezmoi , tous
les fecours que je fuis capable de leur donner;
Remédes , Panfemens , Operations ,
Confultations verbales & par êcrit , tant
pour la Ville que pour les Provinces ;
j'irai panfer chez eux , ceux qui ne
pourront pas venir chez moi . La Maifon
où je demeure , rue du Four proche
Saint Eustache , vis- à- vis l'avance de
l'Hôtel de Soiffons , nommé l'Hôtel du
Bien des Yeux , eft un Hôpital affûré
pour eux : Qrant à vous , Monfieur , je
Souhaite que vôtre fante fe maintienne
long- tems auffi parfaite , qu'elle l'eftoit
aprés la cure que je vous ai faite. Je fuis
&'c.
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Résumé : De Paris, ce 14 Novembre 1717. REPONSE De M. Anel à la Lettre de M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Turin.
Dans une lettre datée du 14 novembre 1717, M. Anel répond au Chevalier de C***, fils du défunt Premier Président du Parlement de Turin. Il exprime sa gratitude envers Son Excellence Monseigneur le Comte de Königsegg pour les bienfaits reçus, malgré les persécutions de la fortune. M. Anel rappelle les marques de considération et d'estime du Chevalier, notamment son aide pour rétablir la santé de Madame Royale. Il évoque un épisode où, gravement malade à Gênes, le Chevalier avait écrit à Madame Royale pour offrir ses services sans révéler son état, ce qui avait accéléré le départ de M. Anel pour Turin. Le Chevalier s'était même déplacé en litière jusqu'à Turin pour servir. En reconnaissance, Madame Royale avait offert un diamant au Chevalier après sa guérison. M. Anel souhaite continuer à aider les pauvres infirmes en leur offrant des consultations et des soins médicaux, et exprime le vœu d'une santé durable pour le Chevalier.
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1
p. 220-221
De Turin, ce 28 Octobre 1717. LETTRE De M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Parlement de Turin, à M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, de son Excellence Mgr le Comte de Kinigsegg Ambassadeur de l'Empereur, & Chirurgien Oculiste, par Brevet du Roï.
Début :
Monsieur, J'apprens avec plaisir, que son Excellence Monseigneur le Comte de Kinigsegg, [...]
Mots clefs :
Monseigneur, Comte, Gratification, Santé, Guérison, Pauvres
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : De Turin, ce 28 Octobre 1717. LETTRE De M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Parlement de Turin, à M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, de son Excellence Mgr le Comte de Kinigsegg Ambassadeur de l'Empereur, & Chirurgien Oculiste, par Brevet du Roï.
De Turin , ce 28 Octobre 1717.
LETTRE
De M. le Chevalier de C *** fils
de défunt M. le Premier Préfident
du Parlement de Turin , à M. Anel
Docteur en Chirurgie , Chirurgien
de Madame Royale de Savoye , de
de fon Excellence Met le Comte de
Kinigſegg Ambaffadeur de l'Empereur
, & Chirurgien Oculifte , par
Brevet du Roï .
MONSIEUR,
J'apprens avec plaifir , que Son Excellence
Monfeigneur le Comte de KinigDE
NOVEMBRE. 221
fegg , Ambassadeur de l'Empereur ,
vient de vous accorder une nouvelle gratification
trés confidérable , en reconnoif
fance de cette grande cure que vous ûtes
le bonheur de lui faire en Italie.Je -fouhaiterois
être en état de vous en faire
unefemblable : Vous ne l'avez pas moins
méritée avec moi , puifque je vous fuis
redevable de la vie , & de lafanté : Je
ne me tiens pas quitte en vôtre endroit
pour vous avoirprocuré l'occafion de guéri
la mere du Roy de Sicile. Quoique
vous ayez acquis par- là une fi haute réputation
, & reçu une récompenfe qui
n'eft pas moindre , je m'intéreffe trop en
tout ce qui vous regarde , pour ne vous
en pas donner de témoignages en toutes occafions.
Agréez donc que je vous exhorte
à vous attacher plus que jamais , à faire
des recherches dans un Art , où vous
faites fi facilement &fi heureufement des
nouvelles découvertes ; dont le fuccés eft
fi avantageux au Public, & à vous mêmes
furtout , foyez charitable à votre
ordinaire , envers les pauvres . Croyez
moi ; c'est à eux feuls que vous devez
tous les biens qui vous font furvenus.
Je fuis ,&c.
LETTRE
De M. le Chevalier de C *** fils
de défunt M. le Premier Préfident
du Parlement de Turin , à M. Anel
Docteur en Chirurgie , Chirurgien
de Madame Royale de Savoye , de
de fon Excellence Met le Comte de
Kinigſegg Ambaffadeur de l'Empereur
, & Chirurgien Oculifte , par
Brevet du Roï .
MONSIEUR,
J'apprens avec plaifir , que Son Excellence
Monfeigneur le Comte de KinigDE
NOVEMBRE. 221
fegg , Ambassadeur de l'Empereur ,
vient de vous accorder une nouvelle gratification
trés confidérable , en reconnoif
fance de cette grande cure que vous ûtes
le bonheur de lui faire en Italie.Je -fouhaiterois
être en état de vous en faire
unefemblable : Vous ne l'avez pas moins
méritée avec moi , puifque je vous fuis
redevable de la vie , & de lafanté : Je
ne me tiens pas quitte en vôtre endroit
pour vous avoirprocuré l'occafion de guéri
la mere du Roy de Sicile. Quoique
vous ayez acquis par- là une fi haute réputation
, & reçu une récompenfe qui
n'eft pas moindre , je m'intéreffe trop en
tout ce qui vous regarde , pour ne vous
en pas donner de témoignages en toutes occafions.
Agréez donc que je vous exhorte
à vous attacher plus que jamais , à faire
des recherches dans un Art , où vous
faites fi facilement &fi heureufement des
nouvelles découvertes ; dont le fuccés eft
fi avantageux au Public, & à vous mêmes
furtout , foyez charitable à votre
ordinaire , envers les pauvres . Croyez
moi ; c'est à eux feuls que vous devez
tous les biens qui vous font furvenus.
Je fuis ,&c.
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Résumé : De Turin, ce 28 Octobre 1717. LETTRE De M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Parlement de Turin, à M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, de son Excellence Mgr le Comte de Kinigsegg Ambassadeur de l'Empereur, & Chirurgien Oculiste, par Brevet du Roï.
Le 28 octobre 1717, le Chevalier de C*** adresse une lettre à M. Anel, chirurgien de Madame Royale de Savoie et de l'ambassadeur de l'Empereur, le Comte de Königsegg. L'auteur exprime sa satisfaction d'apprendre que M. Anel a reçu une nouvelle gratification pour une opération réussie en Italie. Il reconnaît sa dette envers M. Anel, qui lui a sauvé la vie et la santé. M. Anel est déjà renommé pour avoir soigné la mère du roi de Sicile et a été récompensé pour cela. L'auteur encourage M. Anel à poursuivre ses recherches en chirurgie, soulignant l'importance de ses découvertes pour le public et pour lui-même. Il met en avant la charité envers les pauvres, affirmant que les bienfaits reçus par M. Anel découlent de son aide aux nécessiteux.
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De Turin, ce 28 Octobre 1717. LETTRE De M. le Chevalier de C*** fils de défunt M. le Premier Président du Parlement de Turin, à M. Anel Docteur en Chirurgie, Chirurgien de Madame Royale de Savoye, de son Excellence Mgr le Comte de Kinigsegg Ambassadeur de l'Empereur, & Chirurgien Oculiste, par Brevet du Roï.
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