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1
p. 122-130
Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
Début :
Le Pape qui voulut luy faire honneur, le fit lever, & ce / Tres-saint Pere, Les Benedictions tres-particulieres que la Providence [...]
Mots clefs :
Pape, Hérétiques, Rois de l'Orient, Missionnaires, Évangile, Orient, Roi de Siam, Boîte, Mandarins, Harangue
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texteReconnaissance textuelle : Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
fidelledesonDiscours. | TRes-saint Pere*
Les Benedictions tres-parti
culieres que la Providence divne
répand sur son Eglise
avec
tant de prefusion
, ne nous péri
mettent pas de douter que Dic
n'aît CIJOifiVostre Saintetédari
ves derniers siecles, pour rfü/lir.
tout l'Univers dans son bercail.
Nousvoyons sous cefaint Pontificat
les Heretiqueslesplus
opiniâtreschassez ou convertis ;
les Royaumes qui s'estoient selarc%
avec tant de scandale ,
réunis à rEglifi, &soumis à
ron autorité; les Ennemis les plus
redoutables du nom Chrestien,
presque tous ou exterminez, ou si
tjfoiblis
,
qu'ils n'attendent que
le dernier coup pour achever leur
ruine; mais ce qui estde plus
extraordinaire, & sans exem- le,etquiestoit reservé comme
w.n Irivilege dû à Vostre Saintete>
c'est quun des plus grands
Rois de l'Orient, encore Payen,
prévenu et extraordinairement
touchéet non pas tant de l'éclat de
sa dignité et de sa prééminence,
que de la saintetédesavie,et de
la grandeur de ses vertuspersonnelles,
ce grand Roy
,
dis-je,m'a
chargé de venirdesa partdemanderà
Vostre Saintetéson amitié,
lassurer de ses respects, & luy
offrir sa protection royale poui
tous les Predicateurs de l'Evan~\
C~ pour tous les Fidelles
avec dessentimens qu'on trouv
à peine dans la Cour des Princes
Chrestiens.Ce puissant Roy commence
déja à se faireinstruire.
Il dresse des Autels&des Eglises
au vray Dieu; il demande des
Missionnairessçavans et zjlfzj
il leur fait bastir des Maisons
et des Collèges magnifiques; il
Inous donne tres-souvent des tlUdiences
secretes et très-longues,
i£<7* nous fait mesme rendre des
honneurs quifont de lajalousie
aux principaux Ministresdesa
Secte, pour qui il avoit autrefois
une vénération superstitieuse. Si
Dieu écoute nos voeux, ou plûtofl
s'il exauce les larmes CM les
prières de Vostre Sainteté, car ce
fera sans doute par une si puis
sante intercession que silacheverx
cegrand miracle, je veux dire
la conversion de ce Monarque
que de Rois ,
de Prince, di
de Peuples, ou soumis à sor
Empire, ou qui admirent safedegesse
, &se gouvernent parse
conseils
,
suivront un si grane
exemple!Certes,Tres-saintPere
jamais l'Evangile n aeu de
jrriïndëfOuverturespour/érablïi
solidement,&je répandre dans
cette partie de l'Orient laplus
vajle et la plus peuplée. Pou
moy je regarde déjà cette Let
tre Royalequejevienspresente
à Vostre Sainteté de la part d:'
Roy de Stam, ces pressens qu'il
luy a destinez, et ces Mandarins
ausquels il a ordonné de
se presenter à ses pieds, non
seulement comme des témoignages
sinceres de la reconnoissance
CjT* du profondrespect de ce
Prince , mais encore comme des
engagemens de sa soummission,et
si je l'ose dire
, comme des premices
deseshommages et de son
obci(fiance.
1.
Le Pere Tachard ayant
achevé ,voulut se remettre à
genoux pour entendre la réponse.
de Sa Sainteté, mais le
S. Pere l'obligea de se relever,
& fit voir par là l'estime qu'Il.,
faisoit du Roy de Siam. Les
Mandarinsfirent aussi leurs,
civilitez.Tous les trois estant
entrez ensembleimmediate.
ment a prés le Pere Tachard,
& ayantmis leurs presens sur
une petite ta ble,commc je
l'ay déja dit
;
les deux derniers
commencerent à lever
leurs mains jointes au front
& ayant incliné la telle) ils,
se mirent à genoux, & baisserent
ensuite leur visage contre
terre,ce qu'ils reitererent
trois fois. Pendantcetemps:
le premier Mandarin estoit
debout, tenant la Lettre du
Roy son Maistre fous un
bandege d'un precieux vernis
du Japon. Cette Lettre estoit
gravée sur une feülle d'or
longue d'un pied & demy ,
qu'attachoit un ruban bleu,
enrichy de fleurs d'or & d'argent,
le tout dans une boëte
d'or encilindre, excepté le
couvercle qui estoit en piramide,
orné de fleurs émaillées
de plusieurs couleurs.
Les Mandarins avancerent
jusqu'au milieu de la Salle,
où ilsfirent les mesmes reverences,
& enfin une troisiéme
lors qu'ils furent aux,
pieds de Sa Sainteté. Alors le
premier d'entre-eux mit la
boëte entre les mains du Perc
Tachard, fit ses genuflexions
avec tous les autres, premierement
à la Lettre qu'il quittoit,
& ensuite à Sa Sainteté,
& s'approchant l'un aprés;
l'autre,ils se prosternerentà
ses pieds, en forte que le bout
de leurs bonnets touchoit sa
robe.
Les Benedictions tres-parti
culieres que la Providence divne
répand sur son Eglise
avec
tant de prefusion
, ne nous péri
mettent pas de douter que Dic
n'aît CIJOifiVostre Saintetédari
ves derniers siecles, pour rfü/lir.
tout l'Univers dans son bercail.
Nousvoyons sous cefaint Pontificat
les Heretiqueslesplus
opiniâtreschassez ou convertis ;
les Royaumes qui s'estoient selarc%
avec tant de scandale ,
réunis à rEglifi, &soumis à
ron autorité; les Ennemis les plus
redoutables du nom Chrestien,
presque tous ou exterminez, ou si
tjfoiblis
,
qu'ils n'attendent que
le dernier coup pour achever leur
ruine; mais ce qui estde plus
extraordinaire, & sans exem- le,etquiestoit reservé comme
w.n Irivilege dû à Vostre Saintete>
c'est quun des plus grands
Rois de l'Orient, encore Payen,
prévenu et extraordinairement
touchéet non pas tant de l'éclat de
sa dignité et de sa prééminence,
que de la saintetédesavie,et de
la grandeur de ses vertuspersonnelles,
ce grand Roy
,
dis-je,m'a
chargé de venirdesa partdemanderà
Vostre Saintetéson amitié,
lassurer de ses respects, & luy
offrir sa protection royale poui
tous les Predicateurs de l'Evan~\
C~ pour tous les Fidelles
avec dessentimens qu'on trouv
à peine dans la Cour des Princes
Chrestiens.Ce puissant Roy commence
déja à se faireinstruire.
Il dresse des Autels&des Eglises
au vray Dieu; il demande des
Missionnairessçavans et zjlfzj
il leur fait bastir des Maisons
et des Collèges magnifiques; il
Inous donne tres-souvent des tlUdiences
secretes et très-longues,
i£<7* nous fait mesme rendre des
honneurs quifont de lajalousie
aux principaux Ministresdesa
Secte, pour qui il avoit autrefois
une vénération superstitieuse. Si
Dieu écoute nos voeux, ou plûtofl
s'il exauce les larmes CM les
prières de Vostre Sainteté, car ce
fera sans doute par une si puis
sante intercession que silacheverx
cegrand miracle, je veux dire
la conversion de ce Monarque
que de Rois ,
de Prince, di
de Peuples, ou soumis à sor
Empire, ou qui admirent safedegesse
, &se gouvernent parse
conseils
,
suivront un si grane
exemple!Certes,Tres-saintPere
jamais l'Evangile n aeu de
jrriïndëfOuverturespour/érablïi
solidement,&je répandre dans
cette partie de l'Orient laplus
vajle et la plus peuplée. Pou
moy je regarde déjà cette Let
tre Royalequejevienspresente
à Vostre Sainteté de la part d:'
Roy de Stam, ces pressens qu'il
luy a destinez, et ces Mandarins
ausquels il a ordonné de
se presenter à ses pieds, non
seulement comme des témoignages
sinceres de la reconnoissance
CjT* du profondrespect de ce
Prince , mais encore comme des
engagemens de sa soummission,et
si je l'ose dire
, comme des premices
deseshommages et de son
obci(fiance.
1.
Le Pere Tachard ayant
achevé ,voulut se remettre à
genoux pour entendre la réponse.
de Sa Sainteté, mais le
S. Pere l'obligea de se relever,
& fit voir par là l'estime qu'Il.,
faisoit du Roy de Siam. Les
Mandarinsfirent aussi leurs,
civilitez.Tous les trois estant
entrez ensembleimmediate.
ment a prés le Pere Tachard,
& ayantmis leurs presens sur
une petite ta ble,commc je
l'ay déja dit
;
les deux derniers
commencerent à lever
leurs mains jointes au front
& ayant incliné la telle) ils,
se mirent à genoux, & baisserent
ensuite leur visage contre
terre,ce qu'ils reitererent
trois fois. Pendantcetemps:
le premier Mandarin estoit
debout, tenant la Lettre du
Roy son Maistre fous un
bandege d'un precieux vernis
du Japon. Cette Lettre estoit
gravée sur une feülle d'or
longue d'un pied & demy ,
qu'attachoit un ruban bleu,
enrichy de fleurs d'or & d'argent,
le tout dans une boëte
d'or encilindre, excepté le
couvercle qui estoit en piramide,
orné de fleurs émaillées
de plusieurs couleurs.
Les Mandarins avancerent
jusqu'au milieu de la Salle,
où ilsfirent les mesmes reverences,
& enfin une troisiéme
lors qu'ils furent aux,
pieds de Sa Sainteté. Alors le
premier d'entre-eux mit la
boëte entre les mains du Perc
Tachard, fit ses genuflexions
avec tous les autres, premierement
à la Lettre qu'il quittoit,
& ensuite à Sa Sainteté,
& s'approchant l'un aprés;
l'autre,ils se prosternerentà
ses pieds, en forte que le bout
de leurs bonnets touchoit sa
robe.
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Résumé : Harangue faite au Pape par les Envoyez. [titre d'après la table]
Le discours relate les succès du pontificat du pape, soulignant la conversion ou la répression des hérétiques, la réunification des royaumes avec l'Église, et la soumission des ennemis du christianisme. Un événement notable est la démarche d'un grand roi païen d'Orient, impressionné par la sainteté et les vertus personnelles du pape. Ce roi sollicite son amitié et offre sa protection aux prédicateurs de l'Évangile. Il commence également à construire des autels et des églises, demande des missionnaires et leur accorde des honneurs. Le Père Tachard présente une lettre royale du roi de Siam au pape, accompagnée de présents et de mandarins, témoignant de la reconnaissance et du respect du roi. La cérémonie inclut des gestes de révérence et de soumission des mandarins envers le pape.
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