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1
p. 59-68
RELATION. De Banda, le 9 Octobre 1716.
Début :
J'ai obligation à Mr Delisle fameux Géographe, de la / J'ai commandé pendant deux ans le Navire Schaap, pour aller faire [...]
Mots clefs :
Géographe, Voyages, Pays étrangers, Navire, Côte, Sauvages, Soldats, Attaques, Mer, Ennemis, Blessés, Négociation, Rivière, Peuples, Anthropophages
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texteReconnaissance textuelle : RELATION. De Banda, le 9 Octobre 1716.
J'ai obligation à Mr Deliſle fameux
Géographe , de la Relation
fuivante : elle contient des faits fi
finguliers , & fi fort éloignés de nos
moeurs & de nos ufages , que ce
feroit priver les Amateurs de Voyages
, d'une Piéce des plus curieufes
de ce Receuil , fi je lui en fubitituois
quelqu'autre.
1
Il feroit à fouhaiter , que les perfonnes
qui poffèdent des Relations
fidelles des Païs étrangers , vouluffent
bien les communiquer à l'Auteur
du Mercure : en les mettant au
50 LE MERCURE
jour , il fauveroit par là quantité de
morceaux utiles , qui s'anéantiſſent
fouvent par une infinité d'inconvéniens
, & qui pouroient cependant
devenir auffi neceffaires , que curieux
par la fuite.
RELATION.
De Banda , le 9. Octobre 1716.
'' Ai commandé pendant deux ans
le Navire SCHAAP , pour aller
faire des découvertes du côté de
la Nouvelle Guinée ; mais je ne
m'en fuis pas bien trouvé. J'û d'abord
le malheur d'y perdre mon
fecond Pilote , nommé PIETERJANSSEN,
un Caporal, neufou dix
Soldats , & quatre Matelots que
j'avois détachés dans une Chaloupe ,
pour reconnoître la Côte & faire
de l'eau leur imprudence leur coûta
la vie car s'étant un peu trop
engagés dans les Terres contre mes
ordres , ils furent furpris par les Sauvages
, & accablés par leur grand
nombre
D'AVRIL. 61
nombre,il ne s'en fauva qu'un Matelot
& un Soldat , encore étoient- ils
bleffés mortellement , ayant chacun
le corps iffé de fléches , dont ils
moururent peu de tems aprés . Nôtre
Vaiffeau étant abordé dans le moment,
nous retirames ces deux Malheureux
de l'eau où ils s'étoient jettés,
pour regagner la Chaloupe.Nous
ne pûmes cependant arriver affés
à tems , pour empêcher que les Habitans
du Païs , vrais ANTROPOPHA
GES , ne coupaffent les têtes de ceux
de mes gens , qui étoient étendus
fur le fable , & ne les emportaffent
dans les bois avec les Corps entiers
du Caporal & de quelques Soldats.
Epouvanté d'un fpectacle fi affreux ,
je ne penfai qu'à faire enlever le ref
te des Cadavres que jefis jetter dans
la Mer à deux lieues au large , avec
des poids attachés aux jambes ; afin
que les flots ne les raportaffent point
fur le rivage. Lorsque cet accident
arriva , nous moüillions à côté de
la Riviere des ASSASINS , à une
Ile nommée NAMETOTTA . Cette
Avril 1717. F
62 LE MERCURE
Ifle eft habitée par des Peuples de
Taille Gigantefque : ils ont trois
bâtons qui leurs traverfent le nez
en croix , & qui viennent aboutir à
la bouche. Chaque bâton eft comme
une petite broche , où l'on enfile
les Harancs ; les Hommes &
les Femmes vont nuds comme la
main : & comme ils ne connoiſſent
point du tout l'ufage du feu ; ils fe
nouriffent de viandes cruës , vivants
ordinairement de Serpens , de
Crapauds & de Limaçons de Mer :
mais ce qu'il y a de plus dénaturé,
c'eft qu'ils ont la barbare coûrume
de fe repaître de chair humaine
; & femblables à des Tigres ,
ils déchirent entre leurs dents ,
des enfans encore tout fumans
les arrachans fouvent du fein des
femmes de leurs ennemis , parce
qu'ils trouvent plus de ragoût dans
cette chair tendre & nouvelle ,
que dans celle des perfonnes plus
âgées. Il eft ordinaire de voir le
fils ronger avidement le cadavre
de fon pere ou de fa mere , & tirer
D'AVRI L.
63
gloire d'avoir , dévoré un plus grand
nombre d'hommes. Comme nos
vivres étoient prefque confommez
ou gâtez , & que nous étions
à la veille de perir de faim ; Réduits
à cette dure extrémité , nous
primes le party d'avancer dans
l'interieur du Païs pour giboyer
quelque danger qu'il y eur à l'entreprendre
à peine étions -nous en
marche , que nous fumes affaillis
par ces GOLIATS ; nous fîmes
feu fur eux , & en ayant tué &
bleffé quelques-uns , entre autres
deux ou trois femmes , ils en fûrent
fi effrayez , qu'ils prirent la
fuite , & abandonnerent leurs gens.
Nous enlevâmes à nôtre tour leurs
bleffez , & les ayant conduits dans
nôtre Vaiffeau , nous les fîmes bien
foigner & panfer ; Aprés un auffi
doux traitement , nous renvoyâmes
une de ces femmes , deux jours
aprés Elle revint le lendemain ,
accompagnée de plufieures autres ,
les hommes les fuivans de loin ,
elles vinrent à nous avec confiance ,
:
Fij
64
LE MERCURE
portant chacune derrier fon dos
des animaux de differentes
efpéces
, que leurs Maris avoient tué :
On leur fit boire quelques coups
d'Eau-de-Vie , qu'elles trouverent
délicieufe. Leur ayant enfuite fait
entendre avec peine par des fignes ,
que nous étions prêts de rendre leurs
Compagnes
& les autres bleffés , fi
elles nous aportoient une certaine
quantité de provifions , elles y confentirent
; en effet s'en étant retournées
, nous fumes bien furpris
quelque tems après, de les voir revenir
, chargées de toutes fortes
de Vénaifon , qu'elles nous donnerent
fans compte . Ce qui nous
frapa le plus , c'est que pendant
cette muette Négociation
, aucun
homme n'ofa s'approcher
de nôtre
Navire . Nous remarquâmes
qu'ils
paroiffoient
tres - foumis à leurs
femmes , & qu'elles étoient les
Maîtrelles. Toutes les fois qu'elles
fe préfenterent
devant nous , elles
avoient la pudeur de couvrir le
derriere avec leurs mains , fans
D'AVRIL. 65
s'embaraffer du refte . Elles font fi
agiles , qu'étant poursuivies par
des Bêtes féroces , dont ces forêts
font remplies : elles grimpent pour
s'en garantir , fur les arbres , avec
leurs enfans attachés fur le dos ,
auffi légérement que des SINGES.
Les Peuples qui habitent les
bords de la Riviére des ASSASSINS ,
ne le cedent point en Cruauté ni
en Figure épouventable à ceux de
I'Ifle ; ils vont à la Chaffe des bommes,
comme on fait enEurope à celle
des Bêtes ils ont le nez entiérement
fendû , y fourant des brochettes
de la même maniére qu'on
les met en Hollande aux Saumons
fumez ? En leur regardant les narines
, on leur voit facilement le
fond du gofier , quand nous nous
approchions d'eux , ils mouroient
d'envie de s'élancer fur nous pour
nous dévorer , mais nos armes pour
lefquelles ils avoientde terribles frayeurs
, les tenoient en reſpect.
Quelque industrie que nous empluyaffions
pour en tirer quelque:
Fij
66 LE MERCURE
lumiére , il ne nous fût pas poffible
de découvrir en eux aucune lüeur
de raifon. Il femble que la nature
les a formé , à la figure prés , de la
même fubftance dont elle a pétri
les Panthères & les Lyons ; tant
il y a de conformité entre ces hommes
& cesBêtes toujours altérées de
fang. Plus on avance vers L'EST,
plus les hommes y font grands &
puiffants ; J'ay obfervé des traces
de pieds d'homme , qui avoient le
double des nôtres . En quelque
endroit que nous abordaffions de
cette Rivière , nous ne trouvions
que de ces faces hideufes & fanguinaires
, Auffi nous fut - il impoffible
de pouvoir négocier avec
ces Mangeurs d'hommes Enfin
accablés d'incommodités , de fatigues
, &expofés à chaque inftant de
perdre la vie à travers une infinité
de dangers , & toujours la fonde
à la main , nous abandonnâmes ces
abominables Contrées pour regagner
B AN DA , où me voici rendu,
graces à Dieu.
D'AVRIL. 67
Mon Equipage qui étoit compofé
de 126 hommes , en partant de
cette derniére Place , a prefque
tout péri , à l'exception de quatre
hommes feulement ; fçavoir VvILLEM
GORIS, JEAN HERMANZ , GISBERT
PIETERSEN , avec fon frere
VVILLEM D'YKHURPEN , & moi.
Tout le Païs de la nouvelle
Guinée eft fabloneux , le côté du
SUD eft femblable à la Hollande,
on y voit des Dunes , & entre ces
Dunes , des Prairies pendant 30 ou
40 lieuës . A 25 ou 30 lieues dans
le Païs , on trouve des Montagnes
extrêmement élevées , dont
les Environs ne font point habités;
Cette côte eft remplie d'une prodigieufe
quantité de Lapins , elle eft
de plus, fort faine , & on peut aprocher
la Terre d'auffi prés qu'on
le veut .
Devant la Riviére d'ABEL
TATMANS , à so lieuës au Lar
ge , nous trouvâmes un Banc de vaze
, long de 30 lieuës felon nôtre
eftime , & quand nous l'âmes paf68
LE MERCURE
fé , nous n'ûmes plus de fonds ; il
ya bien de l'apparence que ce Banc
étoit autre -fois une Ifle que la Mer
a fubmergée : car la profondeur en
eft de 30 , en diminuant jufqu'à
deux braffes , & c'eft à la profondeur
de deux Braffes que la Terre
eft la plus ferme..
Géographe , de la Relation
fuivante : elle contient des faits fi
finguliers , & fi fort éloignés de nos
moeurs & de nos ufages , que ce
feroit priver les Amateurs de Voyages
, d'une Piéce des plus curieufes
de ce Receuil , fi je lui en fubitituois
quelqu'autre.
1
Il feroit à fouhaiter , que les perfonnes
qui poffèdent des Relations
fidelles des Païs étrangers , vouluffent
bien les communiquer à l'Auteur
du Mercure : en les mettant au
50 LE MERCURE
jour , il fauveroit par là quantité de
morceaux utiles , qui s'anéantiſſent
fouvent par une infinité d'inconvéniens
, & qui pouroient cependant
devenir auffi neceffaires , que curieux
par la fuite.
RELATION.
De Banda , le 9. Octobre 1716.
'' Ai commandé pendant deux ans
le Navire SCHAAP , pour aller
faire des découvertes du côté de
la Nouvelle Guinée ; mais je ne
m'en fuis pas bien trouvé. J'û d'abord
le malheur d'y perdre mon
fecond Pilote , nommé PIETERJANSSEN,
un Caporal, neufou dix
Soldats , & quatre Matelots que
j'avois détachés dans une Chaloupe ,
pour reconnoître la Côte & faire
de l'eau leur imprudence leur coûta
la vie car s'étant un peu trop
engagés dans les Terres contre mes
ordres , ils furent furpris par les Sauvages
, & accablés par leur grand
nombre
D'AVRIL. 61
nombre,il ne s'en fauva qu'un Matelot
& un Soldat , encore étoient- ils
bleffés mortellement , ayant chacun
le corps iffé de fléches , dont ils
moururent peu de tems aprés . Nôtre
Vaiffeau étant abordé dans le moment,
nous retirames ces deux Malheureux
de l'eau où ils s'étoient jettés,
pour regagner la Chaloupe.Nous
ne pûmes cependant arriver affés
à tems , pour empêcher que les Habitans
du Païs , vrais ANTROPOPHA
GES , ne coupaffent les têtes de ceux
de mes gens , qui étoient étendus
fur le fable , & ne les emportaffent
dans les bois avec les Corps entiers
du Caporal & de quelques Soldats.
Epouvanté d'un fpectacle fi affreux ,
je ne penfai qu'à faire enlever le ref
te des Cadavres que jefis jetter dans
la Mer à deux lieues au large , avec
des poids attachés aux jambes ; afin
que les flots ne les raportaffent point
fur le rivage. Lorsque cet accident
arriva , nous moüillions à côté de
la Riviere des ASSASINS , à une
Ile nommée NAMETOTTA . Cette
Avril 1717. F
62 LE MERCURE
Ifle eft habitée par des Peuples de
Taille Gigantefque : ils ont trois
bâtons qui leurs traverfent le nez
en croix , & qui viennent aboutir à
la bouche. Chaque bâton eft comme
une petite broche , où l'on enfile
les Harancs ; les Hommes &
les Femmes vont nuds comme la
main : & comme ils ne connoiſſent
point du tout l'ufage du feu ; ils fe
nouriffent de viandes cruës , vivants
ordinairement de Serpens , de
Crapauds & de Limaçons de Mer :
mais ce qu'il y a de plus dénaturé,
c'eft qu'ils ont la barbare coûrume
de fe repaître de chair humaine
; & femblables à des Tigres ,
ils déchirent entre leurs dents ,
des enfans encore tout fumans
les arrachans fouvent du fein des
femmes de leurs ennemis , parce
qu'ils trouvent plus de ragoût dans
cette chair tendre & nouvelle ,
que dans celle des perfonnes plus
âgées. Il eft ordinaire de voir le
fils ronger avidement le cadavre
de fon pere ou de fa mere , & tirer
D'AVRI L.
63
gloire d'avoir , dévoré un plus grand
nombre d'hommes. Comme nos
vivres étoient prefque confommez
ou gâtez , & que nous étions
à la veille de perir de faim ; Réduits
à cette dure extrémité , nous
primes le party d'avancer dans
l'interieur du Païs pour giboyer
quelque danger qu'il y eur à l'entreprendre
à peine étions -nous en
marche , que nous fumes affaillis
par ces GOLIATS ; nous fîmes
feu fur eux , & en ayant tué &
bleffé quelques-uns , entre autres
deux ou trois femmes , ils en fûrent
fi effrayez , qu'ils prirent la
fuite , & abandonnerent leurs gens.
Nous enlevâmes à nôtre tour leurs
bleffez , & les ayant conduits dans
nôtre Vaiffeau , nous les fîmes bien
foigner & panfer ; Aprés un auffi
doux traitement , nous renvoyâmes
une de ces femmes , deux jours
aprés Elle revint le lendemain ,
accompagnée de plufieures autres ,
les hommes les fuivans de loin ,
elles vinrent à nous avec confiance ,
:
Fij
64
LE MERCURE
portant chacune derrier fon dos
des animaux de differentes
efpéces
, que leurs Maris avoient tué :
On leur fit boire quelques coups
d'Eau-de-Vie , qu'elles trouverent
délicieufe. Leur ayant enfuite fait
entendre avec peine par des fignes ,
que nous étions prêts de rendre leurs
Compagnes
& les autres bleffés , fi
elles nous aportoient une certaine
quantité de provifions , elles y confentirent
; en effet s'en étant retournées
, nous fumes bien furpris
quelque tems après, de les voir revenir
, chargées de toutes fortes
de Vénaifon , qu'elles nous donnerent
fans compte . Ce qui nous
frapa le plus , c'est que pendant
cette muette Négociation
, aucun
homme n'ofa s'approcher
de nôtre
Navire . Nous remarquâmes
qu'ils
paroiffoient
tres - foumis à leurs
femmes , & qu'elles étoient les
Maîtrelles. Toutes les fois qu'elles
fe préfenterent
devant nous , elles
avoient la pudeur de couvrir le
derriere avec leurs mains , fans
D'AVRIL. 65
s'embaraffer du refte . Elles font fi
agiles , qu'étant poursuivies par
des Bêtes féroces , dont ces forêts
font remplies : elles grimpent pour
s'en garantir , fur les arbres , avec
leurs enfans attachés fur le dos ,
auffi légérement que des SINGES.
Les Peuples qui habitent les
bords de la Riviére des ASSASSINS ,
ne le cedent point en Cruauté ni
en Figure épouventable à ceux de
I'Ifle ; ils vont à la Chaffe des bommes,
comme on fait enEurope à celle
des Bêtes ils ont le nez entiérement
fendû , y fourant des brochettes
de la même maniére qu'on
les met en Hollande aux Saumons
fumez ? En leur regardant les narines
, on leur voit facilement le
fond du gofier , quand nous nous
approchions d'eux , ils mouroient
d'envie de s'élancer fur nous pour
nous dévorer , mais nos armes pour
lefquelles ils avoientde terribles frayeurs
, les tenoient en reſpect.
Quelque industrie que nous empluyaffions
pour en tirer quelque:
Fij
66 LE MERCURE
lumiére , il ne nous fût pas poffible
de découvrir en eux aucune lüeur
de raifon. Il femble que la nature
les a formé , à la figure prés , de la
même fubftance dont elle a pétri
les Panthères & les Lyons ; tant
il y a de conformité entre ces hommes
& cesBêtes toujours altérées de
fang. Plus on avance vers L'EST,
plus les hommes y font grands &
puiffants ; J'ay obfervé des traces
de pieds d'homme , qui avoient le
double des nôtres . En quelque
endroit que nous abordaffions de
cette Rivière , nous ne trouvions
que de ces faces hideufes & fanguinaires
, Auffi nous fut - il impoffible
de pouvoir négocier avec
ces Mangeurs d'hommes Enfin
accablés d'incommodités , de fatigues
, &expofés à chaque inftant de
perdre la vie à travers une infinité
de dangers , & toujours la fonde
à la main , nous abandonnâmes ces
abominables Contrées pour regagner
B AN DA , où me voici rendu,
graces à Dieu.
D'AVRIL. 67
Mon Equipage qui étoit compofé
de 126 hommes , en partant de
cette derniére Place , a prefque
tout péri , à l'exception de quatre
hommes feulement ; fçavoir VvILLEM
GORIS, JEAN HERMANZ , GISBERT
PIETERSEN , avec fon frere
VVILLEM D'YKHURPEN , & moi.
Tout le Païs de la nouvelle
Guinée eft fabloneux , le côté du
SUD eft femblable à la Hollande,
on y voit des Dunes , & entre ces
Dunes , des Prairies pendant 30 ou
40 lieuës . A 25 ou 30 lieues dans
le Païs , on trouve des Montagnes
extrêmement élevées , dont
les Environs ne font point habités;
Cette côte eft remplie d'une prodigieufe
quantité de Lapins , elle eft
de plus, fort faine , & on peut aprocher
la Terre d'auffi prés qu'on
le veut .
Devant la Riviére d'ABEL
TATMANS , à so lieuës au Lar
ge , nous trouvâmes un Banc de vaze
, long de 30 lieuës felon nôtre
eftime , & quand nous l'âmes paf68
LE MERCURE
fé , nous n'ûmes plus de fonds ; il
ya bien de l'apparence que ce Banc
étoit autre -fois une Ifle que la Mer
a fubmergée : car la profondeur en
eft de 30 , en diminuant jufqu'à
deux braffes , & c'eft à la profondeur
de deux Braffes que la Terre
eft la plus ferme..
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