EPITAPHE D'UN PERROQUET.
Y gift unfort beau Perroquet,
une C gravitéfansfeconde;
Il n'avoit point ce for caquet-
Qui ne fait qu'étourdir le monde..
Ilparloit agréablement,
On prenoit plaifir à l'entendre:
Et ce qu'on nefçauroit comprendre,
C'est qu'il retenoit aisément
Tout ce qu'on luy vouloit apprendre .
Il ne luy faloit qu'un moment.
Il n'eftoit point de tours d'adreffe
Qu'on ne luy viftfaire fans ceffe :
Souvent ce beau petit Mignon tr
Entroit en converfation,
a
Ett
du Mercure Galant. 241
1
Et parloit de tout à merveille;
Mais dés qu'il voyoit la Bouteille,
Ilne vouloit plus tant jaſer.
Toft, toft, difoit-il, que j'en goufte.
On nepouvoit le refufer,
Et le Drôle à tremper la croufte
Prenoit plaifir à s'amuser.
Quand il en avoit dans le cafque,
Ilreprenoitfon tonplus haut :
Iljouoit du Tambourde Bafque,
Et s'en acquitoit comme ilfaut.
Aux Belles il contoit fleurette,
Et leurdifoit la Chansonnette
Sansprendre jamais un tonfaux.
S'il entendoit la Symphonie,
Ilfoûtenoit bienfa Partie
Avec les Inftrumens d'accord.
Mais ce n'eftpoint là, quoy qu'on die,
Lesplus beaux endroits de fonfort.
Philis le chériffoit fifort,
Que je n'aurois point d'autre envie
Que de me voir apresfa mort
Ce qu'il eftoit pendantfavie.
Q. deFanvier 1685.
DIEREVILLE.