STANCES.
BAnniffez la melancolie
Ou vôtre ame est ensevelie,
Donnez, mon cher Daphnls)
un terme a vos
douleurs)
Vos [oupirs) vos regrets,
vos plaintes& vos
larges
Ne ranimeront^oint les
charmes
De l'adorable objet qui
fait couler mes
pleurs.
Envain dans sa douleur
extreme
Un amant, s'oubliant roymême,
A des resteséteints s'immole
tous-les jours;
Nôs feuxne percent point
jusques en ces lieux
sombres
Destinez , au séjour des
ombres.
Le moment du rrépas en
limite le cours.
Les biens dont l'Amour
nous couronne
Ressemblent aux fleurs
dont l'Auronne,
Au forcir de l'été vient paj
rer nos jardins,
Par les fiers Aquillons de
.: leur tige arrachées,
On les voie tristement
couchées,
Terminer en naissant leurs
fragiles destins.
Son Empire inconstant
muable. ,
N'eut jamais de bonheur
durable,
Toujours quelques hivers
entroublent les Printem
ps.
Posseder seus un coeur
égal, tendre,sincere,
Quines'occupoic qu'à
vous plaire,
Vous étiez trop heureux
pour l'être plus longtemps.
Ah! dans l'ennuy qui vous
devore,
Au moins ce bien vous
reste encore,
Que vous fûtes aimé jufquau
dernier moment,
Et vôtre peine,helas!peutêtre
eit moins cruelle
Que la peine d'un coeur
fidelle,
Qui Se voit immoler aux
voeux d'un autre
Amant.
Cent rares vertus embellirent
Celle à qui les destins
commirent
D'unir des mêmes noeuds
vôtre coeur & le sien;
Je sçai qu'elle ne fut legere
ni volage:
Mais enfin l'amant le plus
rage,
Croyez-moy,c'estl'amant
qui ne compte sur
rien,
Ces temps où regnoient
l'innocence,
\- La fidélité, l'inconstance.
Inutiles regrets! que fontils
devenus?
Les noeuds les plus facrezy
les sermens, les promesses
Sont de vaines delicatesses,
Dont même en nos hameaux
on ne [e pique -
plus.
Guerissez.
- vous, s'il est
possible,
Du malheur d'être trop
sensible,
Que vos maux, cher
Daphnis, puissent
bien-tôt finir.
Rappellez l'heureux tems
de vôtre indifference,
Et sage par experience,
Bannissez de l'amour juc.
ques au souvenir.