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1
p. 3-47
HISTORIETTE, traduite de l'Espagnol.
Début :
Deux jeunes Cavaliers de Seville devinrent amoureux d'une belle personne [...]
Mots clefs :
Don Fernand, Beatrix, Veuve, Fille unique, Poltron, Confidente, Se déguiser, Jaloux, Mariage, Espagnol, Jardin, Amant, Lettre, Porte, Rival, Don Juan
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texteReconnaissance textuelle : HISTORIETTE, traduite de l'Espagnol.
HI STO RIETTE,
.', traduite de l'Espagnol.
Eux jeunes Cavaliers
de Sevilledevinrentamoureux.
d'une belle personnequi
senommoit Beatrix EHe
étoit aussi riche que bel-
Te-" étant fille unique
d'un homme qui avoit
été Gouverneur des Indes
, où il avoit amassé
de grands biens. Il s'appelloit
Don à Cuarado.
L'un des deux amans dfëg.
Beatrix étoit DonFernand,
parti convenable
au pere, parce - qu'il étoit
aussi fort riche: mais
Don Felix, qui avoit
moinsde bien, avoit
touché le coeur de Bea-r
trix. Il étoit d'une valeur
distinguées & Don
Fernand n'étoit pas fort
brave, quoy qu'Espagnol.
(Ilya des poltrons
dans toutes sortes de nations,
& même dans la
nôtre) ajoûte l'auteur
Espagnol.
Ces deux amans ne
manquoient pas un jour
\ase trouver dans une petite
ruë peu frequentée,
où donnoit une fenêtre
de l'appartement de Beatrix,
qui avoit aussi corn*
munication sur un jardin,
dont une petite porte
à demicondamnée
rendoit dans cette petite
ruë. Les deux amans venoient
separément sur le
foir aux environs de ce
jardin:mais l'amant poltron
se donnoit bien de
garde dese montrer lorsqueDon
Felix paroissoit;
il lé concentoit de
l'observer comme un jaloux,
& dés qu'il étoit
parti, il alloitchanter&
soûpirersous lesfenêtres
de Beatrix, dont il n'étoit
presque pas écouté.
Il faut remarquer que
ce jardin,dont la petite
porte donnoitsur la ruë,
étoit commun à la maison
de Beatrix 8£ à une
autre où logeoit une veuve
fort belle, qui voyoit
en cet endroit un troisiéme
Cavalier al'indu de
ses parens. Les choses
étant ainsi disposées, D.
Fernand prit le parti de
demander Beatrix à son
pere,&l'obtintaisément
à cause de ses richesses.
Le mariage fut resolu
promtement;& les conventions
étant faites, il
prit jour pour donner
une fête à sa maîtresse
,
dans les jardins d'Alfarache.
Don Felix apprit bientôt
toutes ces choses par
Donna Hermandez
f suivante de Beatrix, 8c
qui étoit la confidente
de son amour. Don Felix
resolut de parler à Beatrix,
qui neparoissoit
plus à la fenêtre depuis
qu'onl'avoit promise à
Don Fernand, soit par
devoir, soit parce que
Don Fernand lui avoit
fait défendre par son pere
d'entrer dans l'appartement
dont la fenêtre
lui servoit à voir Don
Felix.
Ce Cavalier avertidu
jour que la fête se devoit
donner dans les jardins
d'Alfarache, gagna
le jardinier, qui lui permit
de se déguiser comme
s'il eût été un autre
jardinier qui lui vinst aider
à cüeillir des fleurs,
&, préparer des feüillées
pour la fete. Don Felix
ainsi déguiséen jardinier
se mit à travailler dans
de petits cabinetsde verdure
qu'on ornoit avec
des festons de fleurs;&
comme il y en avoit plusieurs,&
que les Dames
de la famille de Beatrix
& de Fernand se promenoient
de l'un à l'autre,
il épia l'occasionde parler
à Beatrix, & se confia
à unvalet de la fête,
dont la suivante Hermandez
recevoit volontiers
les hommages 3 8C
ce valet ayant été avertir
Beatrix & la suivante,
elles se détacherent des
autres Dames,& vin-
;it.
rent voir travailler le
jardinier- amant Don
Felix.
Le jaloux Don Fernand
qui s'apperçut de
ces menées, avoit suivi
de loin Beatrix; & la
voyant parler familièrement
à ce jardinier, s'approchoit
insensiblement
pour les examiner:mais
Don Felix l'ayant apperçû
avant qu'il fùraffez
prés pour en estrereconnu
, prit son parti
dans le moment, & dit
à Beatrix & à la suivante,
qui vouloient fuir,
qu'elles restassent à l'endroitoù
ellesétoient; &
aussitôt avec une promtitude
incroyable il rentra
fous le cabinet de verdure,
où il avoit laissé
le valet amant de la fuivante
; & l'ayant revef-
, tu de son habit de jardinier,
qui étoit fort remarquable
quoy qu'à la
brune, parce qu'il étoit
de serge blanche, il i'in-j
struisit en deux mots de
ce qu'il devoit faire. i
Ce valet, que D. Fernand
prit pour le mesme
qu'ilavoit déjaveu
avec Beatrix, la pria de
trouver bon qu'il lui parlât
familièrement, pour,
faire croire au jaloux
Don Fernand qu'il étoit
ale mefine. En effet en p prochant illes trouva
parlant dumariage,
de ce jard inieravecHermandez,
illui parut vraisemblable
que Beatrix
voulust bienfamiliariser
par bonté avec l'amant
de sa suivante, pour la
marier: & cela dissipa
pour cette fois-là le soupçon
de Fernand, qui
les eût empeschez de
prendre les mesures qu'-
ils vouloient prendre,
parce que le pere de Beatrix
eût fait éclat sur
cette intrigue; ce qui 3* siarriva point ce jourlà.
Cette fête fut fort
galante: mais ellen'ennuya
pas moins Beatrix,
qui feignit même d'estre
malade pour la faire
cesserplûtost. Ainsichacun
étant retourné chez
foy, la signature du contrat
fut resoluë pour le
lendemain:mais la maladie
feinte ou veritable
de Beatrix la retarda de
quelques jours, pendant
lesquels Don Felix fut
surpris par D. Fernand
dans
dans une autre tentative
qu'il fit pour parler à
Beatrix. Don Fernand
fut desesperé 5 &nese
sentant pas assez de courage
pour se battre contre
Don Felix, il saisit
une occasion que le hazard
lui fournit, pour se
vanger sans rien hazarder.
Voici comment la
chose arriva.
Beatrix au desespoirs;
&C obsérvée de siprés,
qu'elle n'avoit plûs aucune
esperance de pouvoir
parler à Don Felix,
chargea d'une lettre pour
lui un petit laquais Maure
qu'elle avoit auprès
d'elle; & Don Fernand,
à qui tout étoit suspect,
voyant sortir le soir ce
petit Maure, lui fit avoüer
,
à force de menaces
& de coups,qu'il
étoit. chargé d'une lettre
pour Don Felix. Il
ouvrit la lettre, qui étoit
écrite en ces termes.
Le desespoir ou me met
un mariage queje ne puis
fias retarder, m'afait oublier
devoir, respect &
obeissance. Un pere cruel
aura voulu en vain disposer
de la confiante Beatrix
ytf)sil m'ôte à celui
que fatrne, du moins il
ne serapasenson polivoir
de me livrer à celui que
je hais. Ce malheur cruel
ma fait prendre une resolution
desesperée : si vous
maimeZj autant que je
'vousaime,ha^arde^out
pour entrer à l'heure de
minuit dans le petit jardin.
se hasarderai tout
pour rrij trouver avec,
Hermandez, qui veut
bien suivre ma malheureuse
destinée. Vous nom
menerez dans un sonvwty
ou, j.',ai une tante,
qui me recevra par çitie',
& j'y passerai le reste de
mes jours.
La premiere idée qui
vint à Don Fernand, fut
de se trouver au rendezvous
au lieu de son rival
aimé, & de prendre
une cruelle vangeance
de Beatrix, en la surprenant
en faute. Il gagna,
ou crut gagner par argent
le petit Maure,qui
lui promit en effet de
dire à Beatrix qu'il avoit
donné la lettre à
Don Félix: mais ce petit
Maure dit à Beatrix
comment la chose s'é-
: toit passéc. Ainsi elle ne
fut point au rendezvous,
où Don Fernand
attendit encore deux
heures par-delà celle du
rendez-vous. Enfin il entendit
que quelqu'un
marchoit dans le jardin:
Ja nuit étoit fort noire;
il ne douta point que ce
ne fût Beatrix & sa suivante
, & c'etoit en esset
unemaîtresse & une
fuivanre ; c'étoie cette
veuve dont nous avons
parlé, qui avoit donné
rendez- vous dans le même
jardin à un brave
Cavalier; qui dévoie
l'emmener chez lui, 6C
l'épouser malgré ses parens
,
c'est à dire malgré
les parens de laveuve,
qui vouloient l'obliger à
un autre mariagequi
convenoit mieux à leurs
interêrs. Cette ressemblanced'intrigue
& Iobscurité
de la nuit produisirent
une conversation
à voix basse, qui
fut équivoque pendant
quelques nlorrftns, la
veuve prenant Don Fernand
pour son Cavalier,
& Don Fernand la prenant
pour Beatrix. Mais
cette double erreur ne
put durer long-temps,
& la choseéclairciemit
la veuve au desespoir >
elle conjura Don Fernand
de lui garder le secret.
Il rêva quelque
temps au parti qu'il avoit
à prendre sur une
a aiavanturesi
singuliere ;
& voici ce qu'il lui répondit.
Madame, étant
amant comme celui que
vous Attendez, &
la même necessité rienlcver
celle que j'aime, parce
que[el parens font aulft
déraisonnables que les vôtres
,
la conformité d'avanture
me fait prendre
part à votre situation :
liachcZ-J donc que j'ai rencontré
en venant ici le Cavalier
qui doit vous venir
prendre. Il entroit en
même temps que moy dans
cette petite rue, & j'ai
entendu en payantqu'il
disoit à quelqu'un qui l'accompagnai
: Attendons
que cet homme-ci n'y
foit plus; car à coup sur
on ne S'impatientera
point dans le jardin,&
il ne faut pas risquer d'y
estredécouvert. jitnfi (continua Don Fernand,
qui inventoic sur
le eh mp ce qu'ildifoit
) je suis sur que votre
amant attend au coin
de la rue, & qu'en me
voyantsortirilviendra:
A - je vais même l'arvertir de
ce qui cft arrivé9 je laisserai
la porte ouverte , je le ramenerai., (t)nprés
vous avoir aidez, dans
votre entreprise
,
j'aurai
tout le loisir d'accomplir
la mienne; car ma Beatrix
ne doit venir que
sur les trois heures après
minuit, & l'impatience
damant mavoit fait
prévenir lheure de beaucoup.
jittendtZjdonc patiemment
, je vait chercher
votre amant, &
je rentreraiici avec lui.
La veuve remercia
affectueusement D. Fernand,
&: lui dit qu'elle
rattendroir. Il sortit à
tâtons: il rveut pas fait
vingt pas dans la rue,
qu'il entendit marcher,
èc c'étoit le Cavalierqui
venoit au rendezvous.
Il l'aborda,& lui
dit d'une voix mysterieuse
: Est-ce vous, Don Juan? (car il avoic
appris son nom de
la veuve.) Don Juan luidemanda qui il étoir
:Ïe fuis, lui dit-il,
votre rival, mais un rival
malheureux, qui ne
suis pas plus aimé que
VOUS de la veuve perfide
qui nous trahit tous
deux, têsi vous avez,
du courage, vous devez,
vous joindre à moy pour
vous vanger d'un rival
heureux, qui doit cette
même nuit enlevercelle
qui nous méprise. Don
Juan étoit naturellement
vif& jaloux, &C
fut si étourdi d'une infidélité
à laquelle il s'attendoit
si peu, qu'il
ne fit pas reflexion qu'
il n'était pas tout-àfait
vrai-semblable que
sa maîtresse eustchoisi
)
pour se faire enlever par
¿
tin autre, la mesme nuit
qu'elle lui donnoit à lui
pour rendez-vous. Il
entra d'abord en fureur
contre ce pretendu rival
qui devoit enlever
sa maîtresse. Don Fernand
lui dit que pour
peu qu'il attendît
,
il le
verroitvenir, &C quensuitil
verroit la veuve
sortir avec lui du
jardin: en un mot, que
s'il vouloit attendre patiemment
dans une porteenfoncée
qui n'étoitr
pas loin de celle du jardin,
il seroit témoin de
lenlevement
, & seroit
contraint d'avouer qu'
en intrigues de femmes
les circonstances qui paroissent
les moins vraisemblables
sont quelquefois
les plus vrayes.
Don Fernand, après
avoir posté Don Juan
en embuscade dans la
porte enfoncée,SCfuivant
à tout hazard le
projet qu'ils'écoit formé,
court au logis de
Don Felix, qui n'étoit
pas fort loin de là, heurte
très-fort à la porte.
Onseréveille, un valet
de Don Felix vient
ouvrir; illui donne la
lettre, lui disant qu'un
incident fâcheux l'avoit
empesché d'executer
à l'heure nommée la
commission que lui avoit
donnée Beatrix de
rendre cette lettre : mais
que si Don Félix Ce pressoit
fort, il seroit encore
temps dexecuter
ce qui écoit porté dans
la lettre. Il donna les
meilleures raisons qu'il
put pour justifier la lettre
décachetée : mais enfin
elle étoit écrite de la
propre main de Beatrix
, &, cela ne pouvoit
estre douteux à
Don Félix. Don Fernand
court au plus vîte
dire à la veuve que son
amant Don Juan alloit
venir la prendre. Elle
va au-devant à la porte
du jardin, où arrivoit
Don Felix. Alors Don
Fernand dit tout bas à
la veuve de sortir au
plus vîce, parce qu'il
entendoit quelqu'un du
logis qui couroit après
elle. Don Felix prit la
veuve par la main. La
crainte d'estre suivie entrecoupant
la voix de
la veuve , ÔC l'obscurité,
laissaDonFélixdans
l'erreur tout le temps
qu'ils mirent à rraverfer
la ruë. Ilcroyoitenlever
sa Beatrix, pendant
que Don Fernand
fut avertir le Cavalier
amant de la veuve qu'il avoit porté dans)
la parte enforcée. Cet
amant transportéde fureur
court à sa veuve;
& l'accablant de reproches
& d'injures
,
surprit
fort Don Felix
It
qui croyoit que ces reproches
s'adreffoient à
sa Beatrix,qu'il croyoit
encore tenir par la main;
car tout cela se fit si
promptement, qu'il n'étoit
pas encore détrompé.
Don Felix piqué
au vif, met l'épée à la
main, charge l'autre,
qui le receut en homme
brave & jaloux.
Laissons-les se battre,
oC retournons à Don
Fernand, qui fut ravi
d'avoirreüssi à faire attaquer
Don Felix pat
ce jaloux furieux; car
il n'avoit tramé cette
avanture nocturne que
pour se défaire, sans se
commettre, d'un rival
qu'il craignoit. Il fuivoit
de loin nos combattans
, pour voir la
reüssite du combat,
quand il se sentit faisir
par deux ou trois
hommes; & c'étoit les
gens du logis de la veuve,
qui le prenant pour
celui qui l'avoit enlevée,
l'emmenerent dans
le jardin, & le jetterent
dans un caveau, où ils l'enfermerent
promptement, pour courir
après la veuve, qu'-
ils ne purent rejoindre;
car dans le moment
qu'elle eut entendu la
voix de Don Juan, &
que le combat commença
,
elle avoit fui
toute effrayée, & n'osant
retourner chez elle
,
elle étoit allée se
réfugier chez une de
ses amies, qui ne logeoic
pas loin de Jà.
Retournons à nos deux
combattans. Don Felix
receut d'abord deux
grands coups depée:
mais il pouffa si vivement
son ennemi, quaprés
l'avoir blessé en
plusieurs endroits trésdangereusement
, il le
desarmatomba enfuite
faite de foiblesse à côté
de son ennemi. Ces mêmes
hommes qui avoient
enfermé Don
Fernand dans le caveau,
arriverent jusqu'à l'endroitoùétoient
les blef
fez; &: l'un d'eux
J
qui
étoit parent de la veuve,
reconnut Don Felix
,
dont il étoit ami.
Quelle fut sa surprise !
Don Felix le reconnut,
& d'une voix
mourante lui demanda
du secours
, & pria quon
en donnâtaussi à
son adversaire, qui se
trouva entièrementévanoui.
Cet ami les fit
emporter chez lui, c'est
à dire dans la maison
de la veuve, où il logeoit.
On leur donna
du secours, on les mit
chacun dans un lit; 8c
quand ils furent en état
de s'expliquer, toute
l'avanturenoéturne
se débrouilla par un éclaircissement.
Les deux
blessez furent au defespoir
de s'êtreainsi
mat-trairez, 6L l'indignation
de tous tomba
sur Don Fernand,
qu'on laissa passer la
nuit dans le caveau,
pour le mettre lelendemain
entre les mains
de la Justice.
Don Felix, qui ne
pouvoit se consoler d'avoir
b!e(re trés-dangereusement
Don Juan,-¡
obtint de son ami qu"--
on lui donneroit laveuve
en mariage : car cet
ami, parent de la veuve
,
avoit un grand credit
auprès de ses autres
parens.
-
A l'égard de Don
Felix, il se trouva que
ses deux blessures n'étoient
pas dangereuses.
Il empêcha qu'on ne
mît Don Fernand entre
les mains de la Justice
: mais il pria qll'-::
on avertît le pere de
Beatrix de tout ce qui
s'était passé la nuit. Ce
pere étoit hommed'honneur
, quoique feroce-
Il alla trouver Don Fernand
, & lui declara
qu'un homme capable
de tramer de si noires
actions étoit indigne de
sa fille; & l'ami de
Don Felix lui déclarade
sa part que s'il ne
vouloit pas se battre
contre Don Felix, il saloit
seresoudre à s'exiler
lui-même hors de
Seville. Il se seroit exilé
même d'Espagne
plûtôt , que de se battre,
&C accepta l'exil:
ce qui acheva d'indigner
contre lui le pere
de Beatrix, qui, pour
le punir encore davantage
, la donna en mariage
à son rival. Ainsi
Don Felix & Beatrix
devinrent heureux
par un incident, duquel
Don Fernand avoit
voulu se servir
pour perdre Don Felix.
.', traduite de l'Espagnol.
Eux jeunes Cavaliers
de Sevilledevinrentamoureux.
d'une belle personnequi
senommoit Beatrix EHe
étoit aussi riche que bel-
Te-" étant fille unique
d'un homme qui avoit
été Gouverneur des Indes
, où il avoit amassé
de grands biens. Il s'appelloit
Don à Cuarado.
L'un des deux amans dfëg.
Beatrix étoit DonFernand,
parti convenable
au pere, parce - qu'il étoit
aussi fort riche: mais
Don Felix, qui avoit
moinsde bien, avoit
touché le coeur de Bea-r
trix. Il étoit d'une valeur
distinguées & Don
Fernand n'étoit pas fort
brave, quoy qu'Espagnol.
(Ilya des poltrons
dans toutes sortes de nations,
& même dans la
nôtre) ajoûte l'auteur
Espagnol.
Ces deux amans ne
manquoient pas un jour
\ase trouver dans une petite
ruë peu frequentée,
où donnoit une fenêtre
de l'appartement de Beatrix,
qui avoit aussi corn*
munication sur un jardin,
dont une petite porte
à demicondamnée
rendoit dans cette petite
ruë. Les deux amans venoient
separément sur le
foir aux environs de ce
jardin:mais l'amant poltron
se donnoit bien de
garde dese montrer lorsqueDon
Felix paroissoit;
il lé concentoit de
l'observer comme un jaloux,
& dés qu'il étoit
parti, il alloitchanter&
soûpirersous lesfenêtres
de Beatrix, dont il n'étoit
presque pas écouté.
Il faut remarquer que
ce jardin,dont la petite
porte donnoitsur la ruë,
étoit commun à la maison
de Beatrix 8£ à une
autre où logeoit une veuve
fort belle, qui voyoit
en cet endroit un troisiéme
Cavalier al'indu de
ses parens. Les choses
étant ainsi disposées, D.
Fernand prit le parti de
demander Beatrix à son
pere,&l'obtintaisément
à cause de ses richesses.
Le mariage fut resolu
promtement;& les conventions
étant faites, il
prit jour pour donner
une fête à sa maîtresse
,
dans les jardins d'Alfarache.
Don Felix apprit bientôt
toutes ces choses par
Donna Hermandez
f suivante de Beatrix, 8c
qui étoit la confidente
de son amour. Don Felix
resolut de parler à Beatrix,
qui neparoissoit
plus à la fenêtre depuis
qu'onl'avoit promise à
Don Fernand, soit par
devoir, soit parce que
Don Fernand lui avoit
fait défendre par son pere
d'entrer dans l'appartement
dont la fenêtre
lui servoit à voir Don
Felix.
Ce Cavalier avertidu
jour que la fête se devoit
donner dans les jardins
d'Alfarache, gagna
le jardinier, qui lui permit
de se déguiser comme
s'il eût été un autre
jardinier qui lui vinst aider
à cüeillir des fleurs,
&, préparer des feüillées
pour la fete. Don Felix
ainsi déguiséen jardinier
se mit à travailler dans
de petits cabinetsde verdure
qu'on ornoit avec
des festons de fleurs;&
comme il y en avoit plusieurs,&
que les Dames
de la famille de Beatrix
& de Fernand se promenoient
de l'un à l'autre,
il épia l'occasionde parler
à Beatrix, & se confia
à unvalet de la fête,
dont la suivante Hermandez
recevoit volontiers
les hommages 3 8C
ce valet ayant été avertir
Beatrix & la suivante,
elles se détacherent des
autres Dames,& vin-
;it.
rent voir travailler le
jardinier- amant Don
Felix.
Le jaloux Don Fernand
qui s'apperçut de
ces menées, avoit suivi
de loin Beatrix; & la
voyant parler familièrement
à ce jardinier, s'approchoit
insensiblement
pour les examiner:mais
Don Felix l'ayant apperçû
avant qu'il fùraffez
prés pour en estrereconnu
, prit son parti
dans le moment, & dit
à Beatrix & à la suivante,
qui vouloient fuir,
qu'elles restassent à l'endroitoù
ellesétoient; &
aussitôt avec une promtitude
incroyable il rentra
fous le cabinet de verdure,
où il avoit laissé
le valet amant de la fuivante
; & l'ayant revef-
, tu de son habit de jardinier,
qui étoit fort remarquable
quoy qu'à la
brune, parce qu'il étoit
de serge blanche, il i'in-j
struisit en deux mots de
ce qu'il devoit faire. i
Ce valet, que D. Fernand
prit pour le mesme
qu'ilavoit déjaveu
avec Beatrix, la pria de
trouver bon qu'il lui parlât
familièrement, pour,
faire croire au jaloux
Don Fernand qu'il étoit
ale mefine. En effet en p prochant illes trouva
parlant dumariage,
de ce jard inieravecHermandez,
illui parut vraisemblable
que Beatrix
voulust bienfamiliariser
par bonté avec l'amant
de sa suivante, pour la
marier: & cela dissipa
pour cette fois-là le soupçon
de Fernand, qui
les eût empeschez de
prendre les mesures qu'-
ils vouloient prendre,
parce que le pere de Beatrix
eût fait éclat sur
cette intrigue; ce qui 3* siarriva point ce jourlà.
Cette fête fut fort
galante: mais ellen'ennuya
pas moins Beatrix,
qui feignit même d'estre
malade pour la faire
cesserplûtost. Ainsichacun
étant retourné chez
foy, la signature du contrat
fut resoluë pour le
lendemain:mais la maladie
feinte ou veritable
de Beatrix la retarda de
quelques jours, pendant
lesquels Don Felix fut
surpris par D. Fernand
dans
dans une autre tentative
qu'il fit pour parler à
Beatrix. Don Fernand
fut desesperé 5 &nese
sentant pas assez de courage
pour se battre contre
Don Felix, il saisit
une occasion que le hazard
lui fournit, pour se
vanger sans rien hazarder.
Voici comment la
chose arriva.
Beatrix au desespoirs;
&C obsérvée de siprés,
qu'elle n'avoit plûs aucune
esperance de pouvoir
parler à Don Felix,
chargea d'une lettre pour
lui un petit laquais Maure
qu'elle avoit auprès
d'elle; & Don Fernand,
à qui tout étoit suspect,
voyant sortir le soir ce
petit Maure, lui fit avoüer
,
à force de menaces
& de coups,qu'il
étoit. chargé d'une lettre
pour Don Felix. Il
ouvrit la lettre, qui étoit
écrite en ces termes.
Le desespoir ou me met
un mariage queje ne puis
fias retarder, m'afait oublier
devoir, respect &
obeissance. Un pere cruel
aura voulu en vain disposer
de la confiante Beatrix
ytf)sil m'ôte à celui
que fatrne, du moins il
ne serapasenson polivoir
de me livrer à celui que
je hais. Ce malheur cruel
ma fait prendre une resolution
desesperée : si vous
maimeZj autant que je
'vousaime,ha^arde^out
pour entrer à l'heure de
minuit dans le petit jardin.
se hasarderai tout
pour rrij trouver avec,
Hermandez, qui veut
bien suivre ma malheureuse
destinée. Vous nom
menerez dans un sonvwty
ou, j.',ai une tante,
qui me recevra par çitie',
& j'y passerai le reste de
mes jours.
La premiere idée qui
vint à Don Fernand, fut
de se trouver au rendezvous
au lieu de son rival
aimé, & de prendre
une cruelle vangeance
de Beatrix, en la surprenant
en faute. Il gagna,
ou crut gagner par argent
le petit Maure,qui
lui promit en effet de
dire à Beatrix qu'il avoit
donné la lettre à
Don Félix: mais ce petit
Maure dit à Beatrix
comment la chose s'é-
: toit passéc. Ainsi elle ne
fut point au rendezvous,
où Don Fernand
attendit encore deux
heures par-delà celle du
rendez-vous. Enfin il entendit
que quelqu'un
marchoit dans le jardin:
Ja nuit étoit fort noire;
il ne douta point que ce
ne fût Beatrix & sa suivante
, & c'etoit en esset
unemaîtresse & une
fuivanre ; c'étoie cette
veuve dont nous avons
parlé, qui avoit donné
rendez- vous dans le même
jardin à un brave
Cavalier; qui dévoie
l'emmener chez lui, 6C
l'épouser malgré ses parens
,
c'est à dire malgré
les parens de laveuve,
qui vouloient l'obliger à
un autre mariagequi
convenoit mieux à leurs
interêrs. Cette ressemblanced'intrigue
& Iobscurité
de la nuit produisirent
une conversation
à voix basse, qui
fut équivoque pendant
quelques nlorrftns, la
veuve prenant Don Fernand
pour son Cavalier,
& Don Fernand la prenant
pour Beatrix. Mais
cette double erreur ne
put durer long-temps,
& la choseéclairciemit
la veuve au desespoir >
elle conjura Don Fernand
de lui garder le secret.
Il rêva quelque
temps au parti qu'il avoit
à prendre sur une
a aiavanturesi
singuliere ;
& voici ce qu'il lui répondit.
Madame, étant
amant comme celui que
vous Attendez, &
la même necessité rienlcver
celle que j'aime, parce
que[el parens font aulft
déraisonnables que les vôtres
,
la conformité d'avanture
me fait prendre
part à votre situation :
liachcZ-J donc que j'ai rencontré
en venant ici le Cavalier
qui doit vous venir
prendre. Il entroit en
même temps que moy dans
cette petite rue, & j'ai
entendu en payantqu'il
disoit à quelqu'un qui l'accompagnai
: Attendons
que cet homme-ci n'y
foit plus; car à coup sur
on ne S'impatientera
point dans le jardin,&
il ne faut pas risquer d'y
estredécouvert. jitnfi (continua Don Fernand,
qui inventoic sur
le eh mp ce qu'ildifoit
) je suis sur que votre
amant attend au coin
de la rue, & qu'en me
voyantsortirilviendra:
A - je vais même l'arvertir de
ce qui cft arrivé9 je laisserai
la porte ouverte , je le ramenerai., (t)nprés
vous avoir aidez, dans
votre entreprise
,
j'aurai
tout le loisir d'accomplir
la mienne; car ma Beatrix
ne doit venir que
sur les trois heures après
minuit, & l'impatience
damant mavoit fait
prévenir lheure de beaucoup.
jittendtZjdonc patiemment
, je vait chercher
votre amant, &
je rentreraiici avec lui.
La veuve remercia
affectueusement D. Fernand,
&: lui dit qu'elle
rattendroir. Il sortit à
tâtons: il rveut pas fait
vingt pas dans la rue,
qu'il entendit marcher,
èc c'étoit le Cavalierqui
venoit au rendezvous.
Il l'aborda,& lui
dit d'une voix mysterieuse
: Est-ce vous, Don Juan? (car il avoic
appris son nom de
la veuve.) Don Juan luidemanda qui il étoir
:Ïe fuis, lui dit-il,
votre rival, mais un rival
malheureux, qui ne
suis pas plus aimé que
VOUS de la veuve perfide
qui nous trahit tous
deux, têsi vous avez,
du courage, vous devez,
vous joindre à moy pour
vous vanger d'un rival
heureux, qui doit cette
même nuit enlevercelle
qui nous méprise. Don
Juan étoit naturellement
vif& jaloux, &C
fut si étourdi d'une infidélité
à laquelle il s'attendoit
si peu, qu'il
ne fit pas reflexion qu'
il n'était pas tout-àfait
vrai-semblable que
sa maîtresse eustchoisi
)
pour se faire enlever par
¿
tin autre, la mesme nuit
qu'elle lui donnoit à lui
pour rendez-vous. Il
entra d'abord en fureur
contre ce pretendu rival
qui devoit enlever
sa maîtresse. Don Fernand
lui dit que pour
peu qu'il attendît
,
il le
verroitvenir, &C quensuitil
verroit la veuve
sortir avec lui du
jardin: en un mot, que
s'il vouloit attendre patiemment
dans une porteenfoncée
qui n'étoitr
pas loin de celle du jardin,
il seroit témoin de
lenlevement
, & seroit
contraint d'avouer qu'
en intrigues de femmes
les circonstances qui paroissent
les moins vraisemblables
sont quelquefois
les plus vrayes.
Don Fernand, après
avoir posté Don Juan
en embuscade dans la
porte enfoncée,SCfuivant
à tout hazard le
projet qu'ils'écoit formé,
court au logis de
Don Felix, qui n'étoit
pas fort loin de là, heurte
très-fort à la porte.
Onseréveille, un valet
de Don Felix vient
ouvrir; illui donne la
lettre, lui disant qu'un
incident fâcheux l'avoit
empesché d'executer
à l'heure nommée la
commission que lui avoit
donnée Beatrix de
rendre cette lettre : mais
que si Don Félix Ce pressoit
fort, il seroit encore
temps dexecuter
ce qui écoit porté dans
la lettre. Il donna les
meilleures raisons qu'il
put pour justifier la lettre
décachetée : mais enfin
elle étoit écrite de la
propre main de Beatrix
, &, cela ne pouvoit
estre douteux à
Don Félix. Don Fernand
court au plus vîte
dire à la veuve que son
amant Don Juan alloit
venir la prendre. Elle
va au-devant à la porte
du jardin, où arrivoit
Don Felix. Alors Don
Fernand dit tout bas à
la veuve de sortir au
plus vîce, parce qu'il
entendoit quelqu'un du
logis qui couroit après
elle. Don Felix prit la
veuve par la main. La
crainte d'estre suivie entrecoupant
la voix de
la veuve , ÔC l'obscurité,
laissaDonFélixdans
l'erreur tout le temps
qu'ils mirent à rraverfer
la ruë. Ilcroyoitenlever
sa Beatrix, pendant
que Don Fernand
fut avertir le Cavalier
amant de la veuve qu'il avoit porté dans)
la parte enforcée. Cet
amant transportéde fureur
court à sa veuve;
& l'accablant de reproches
& d'injures
,
surprit
fort Don Felix
It
qui croyoit que ces reproches
s'adreffoient à
sa Beatrix,qu'il croyoit
encore tenir par la main;
car tout cela se fit si
promptement, qu'il n'étoit
pas encore détrompé.
Don Felix piqué
au vif, met l'épée à la
main, charge l'autre,
qui le receut en homme
brave & jaloux.
Laissons-les se battre,
oC retournons à Don
Fernand, qui fut ravi
d'avoirreüssi à faire attaquer
Don Felix pat
ce jaloux furieux; car
il n'avoit tramé cette
avanture nocturne que
pour se défaire, sans se
commettre, d'un rival
qu'il craignoit. Il fuivoit
de loin nos combattans
, pour voir la
reüssite du combat,
quand il se sentit faisir
par deux ou trois
hommes; & c'étoit les
gens du logis de la veuve,
qui le prenant pour
celui qui l'avoit enlevée,
l'emmenerent dans
le jardin, & le jetterent
dans un caveau, où ils l'enfermerent
promptement, pour courir
après la veuve, qu'-
ils ne purent rejoindre;
car dans le moment
qu'elle eut entendu la
voix de Don Juan, &
que le combat commença
,
elle avoit fui
toute effrayée, & n'osant
retourner chez elle
,
elle étoit allée se
réfugier chez une de
ses amies, qui ne logeoic
pas loin de Jà.
Retournons à nos deux
combattans. Don Felix
receut d'abord deux
grands coups depée:
mais il pouffa si vivement
son ennemi, quaprés
l'avoir blessé en
plusieurs endroits trésdangereusement
, il le
desarmatomba enfuite
faite de foiblesse à côté
de son ennemi. Ces mêmes
hommes qui avoient
enfermé Don
Fernand dans le caveau,
arriverent jusqu'à l'endroitoùétoient
les blef
fez; &: l'un d'eux
J
qui
étoit parent de la veuve,
reconnut Don Felix
,
dont il étoit ami.
Quelle fut sa surprise !
Don Felix le reconnut,
& d'une voix
mourante lui demanda
du secours
, & pria quon
en donnâtaussi à
son adversaire, qui se
trouva entièrementévanoui.
Cet ami les fit
emporter chez lui, c'est
à dire dans la maison
de la veuve, où il logeoit.
On leur donna
du secours, on les mit
chacun dans un lit; 8c
quand ils furent en état
de s'expliquer, toute
l'avanturenoéturne
se débrouilla par un éclaircissement.
Les deux
blessez furent au defespoir
de s'êtreainsi
mat-trairez, 6L l'indignation
de tous tomba
sur Don Fernand,
qu'on laissa passer la
nuit dans le caveau,
pour le mettre lelendemain
entre les mains
de la Justice.
Don Felix, qui ne
pouvoit se consoler d'avoir
b!e(re trés-dangereusement
Don Juan,-¡
obtint de son ami qu"--
on lui donneroit laveuve
en mariage : car cet
ami, parent de la veuve
,
avoit un grand credit
auprès de ses autres
parens.
-
A l'égard de Don
Felix, il se trouva que
ses deux blessures n'étoient
pas dangereuses.
Il empêcha qu'on ne
mît Don Fernand entre
les mains de la Justice
: mais il pria qll'-::
on avertît le pere de
Beatrix de tout ce qui
s'était passé la nuit. Ce
pere étoit hommed'honneur
, quoique feroce-
Il alla trouver Don Fernand
, & lui declara
qu'un homme capable
de tramer de si noires
actions étoit indigne de
sa fille; & l'ami de
Don Felix lui déclarade
sa part que s'il ne
vouloit pas se battre
contre Don Felix, il saloit
seresoudre à s'exiler
lui-même hors de
Seville. Il se seroit exilé
même d'Espagne
plûtôt , que de se battre,
&C accepta l'exil:
ce qui acheva d'indigner
contre lui le pere
de Beatrix, qui, pour
le punir encore davantage
, la donna en mariage
à son rival. Ainsi
Don Felix & Beatrix
devinrent heureux
par un incident, duquel
Don Fernand avoit
voulu se servir
pour perdre Don Felix.
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Résumé : HISTORIETTE, traduite de l'Espagnol.
Le texte relate l'histoire de deux jeunes cavaliers de Séville, Don Fernand et Don Felix, tous deux amoureux de Beatrix, une jeune femme riche et belle, fille unique de Don Cuarado, ancien Gouverneur des Indes. Don Fernand, bien que moins brave, est préféré par le père de Beatrix en raison de sa richesse. Les deux amants se retrouvent secrètement près de la maison de Beatrix. Don Fernand, jaloux, observe Don Felix et se montre seulement après son départ. Beatrix est promise à Don Fernand, mais Don Felix, informé par la suivante de Beatrix, Donna Hermandez, tente de la voir lors d'une fête organisée par Don Fernand. Déguisé en jardinier, Don Felix parle à Beatrix et à Donna Hermandez, échappant de justesse à la découverte de Don Fernand. La fête se déroule sans incident majeur, mais Beatrix feint la maladie pour éviter Don Fernand. Plus tard, Beatrix envoie une lettre à Don Felix via un petit laquais Maure, mais Don Fernand intercepte la lettre et organise une ruse. Il se fait passer pour Don Felix à un rendez-vous nocturne dans le jardin, où il rencontre une veuve et son amant. Don Fernand manipule les deux amants, provoquant un combat entre Don Felix et l'amant de la veuve. Pendant ce temps, Don Fernand est capturé par les gens de la veuve, qui le confondent avec l'enlèveur de leur maîtresse. Après un duel, Don Felix et Don Juan sont grièvement blessés. Un parent de la veuve, ami de Don Felix, les secourt et les emmène chez lui. Une fois rétablis, ils expliquent la situation. Don Fernand, responsable de l'enchaînement des événements, est laissé en prison pour être jugé. Don Felix, désolé d'avoir blessé Don Juan, obtient la main de la veuve grâce à l'influence de son ami. Les blessures de Don Felix ne sont pas graves. Il empêche la justice de s'en mêler mais demande que le père de Béatrix soit informé. Le père de Béatrix, homme d'honneur mais sévère, refuse Don Fernand comme gendre en raison de ses actions. Forcé de choisir entre l'exil et un duel contre Don Felix, Don Fernand opte pour l'exil. En conséquence, Béatrix épouse Don Felix, rendant les deux amants heureux malgré les intentions malveillantes de Don Fernand.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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