Résultats : 1550 texte(s)
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551
p. 298
ENIGME.
Début :
Si je montre les dents par tout où je me trouve, [...]
Mots clefs :
Crémaillère
553
p. 919-920
ENIGME.
Début :
C'est un Ciclope à qui je dois le jour. [...]
Mots clefs :
Fer à cheval
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
' Est un Ciclope à qui je dois le jour.
Que de coups sur mon corps pour me donner
le tour !
C'est peu ; veut- on me mettre en place ?
A travers de ce corps plus d'un crampon tenace
M'attache
920 MERCURE DE FRANCE
M'attache sans quartier , et celui que je sers
Me foule aux pieds , me traîne en mille endroits
divers.
Trois freres malheureux servent le même
Maitre ,
C'est un brutal , un animal , ua traitre ,
Qui bien souvent quand il entre en fureur,
Qubliant que c'est nous qui soutenons sa force
Et qui lui sauvons mainte entorse ,
Nous brise et loin de lui nous lance avec roid
deur ,
Voila mon sort , devine - moi , Lecteur.
J. de Paris.
' Est un Ciclope à qui je dois le jour.
Que de coups sur mon corps pour me donner
le tour !
C'est peu ; veut- on me mettre en place ?
A travers de ce corps plus d'un crampon tenace
M'attache
920 MERCURE DE FRANCE
M'attache sans quartier , et celui que je sers
Me foule aux pieds , me traîne en mille endroits
divers.
Trois freres malheureux servent le même
Maitre ,
C'est un brutal , un animal , ua traitre ,
Qui bien souvent quand il entre en fureur,
Qubliant que c'est nous qui soutenons sa force
Et qui lui sauvons mainte entorse ,
Nous brise et loin de lui nous lance avec roid
deur ,
Voila mon sort , devine - moi , Lecteur.
J. de Paris.
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554
p. 1143
ENIGME.
Début :
Au tems jadis où le Mercure [...]
Mots clefs :
Ciseaux
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
AU tems jadis où le Mercure
Donnoit l'Enigme par figure ,
Et qu'on la gravoit au Burin ,
On désignoit notre nature
Par des gens le sabre à la main .
Notre forme , en effet, n'est qu'une double épée }
Bien unie et bien effilée ,
Et d'égale proportion.
Ce seroit imperfection
Et déranger notre harmonie ,
Si nous n'allions toujours de compagnie :
Mais enfin de cette union.
Qu'en arrive- t'il , je vous prie ?
Que l'effet qui souvent est bon ,
N'a pour but toutefois que la division .
AU tems jadis où le Mercure
Donnoit l'Enigme par figure ,
Et qu'on la gravoit au Burin ,
On désignoit notre nature
Par des gens le sabre à la main .
Notre forme , en effet, n'est qu'une double épée }
Bien unie et bien effilée ,
Et d'égale proportion.
Ce seroit imperfection
Et déranger notre harmonie ,
Si nous n'allions toujours de compagnie :
Mais enfin de cette union.
Qu'en arrive- t'il , je vous prie ?
Que l'effet qui souvent est bon ,
N'a pour but toutefois que la division .
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555
p. 1580
ENIGME.
Début :
Quoique mon secours soit vulgaire, [...]
Mots clefs :
Chaise de commodité
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
Quoique mon secours soit vulgaire ;
Il n'en est pas moins salutaire ;
Celui qui me visite en mon apartement
Est fort sûr d'y trouver quelque soulagement ;
Et ce que l'on sçait être un devoir nécessaire ,
Commodément par tout sans moi ne se peur
faire.
Chez l'un et l'autre sexe on me croit si discrep
Que je suis le dépositaire
De ce qu'ils ont de plus secret ;
Aussi sçais - je si bien me taire ,
Qu'on me peut sûrement confier son affaire ;
Sans en avoir aucun regret.
Tel qui le plus m'abhorre et fuit mon voisinage ,
Ne peut me refuser l'hommage
Que l'on doit me rendre ; et pourquoi
Nature qui paroît si sage ,
A-t'elle imposé cette Loi ?
Consultés Hipocrate , il le sçait mieux que moi ,
Quoique mon secours soit vulgaire ;
Il n'en est pas moins salutaire ;
Celui qui me visite en mon apartement
Est fort sûr d'y trouver quelque soulagement ;
Et ce que l'on sçait être un devoir nécessaire ,
Commodément par tout sans moi ne se peur
faire.
Chez l'un et l'autre sexe on me croit si discrep
Que je suis le dépositaire
De ce qu'ils ont de plus secret ;
Aussi sçais - je si bien me taire ,
Qu'on me peut sûrement confier son affaire ;
Sans en avoir aucun regret.
Tel qui le plus m'abhorre et fuit mon voisinage ,
Ne peut me refuser l'hommage
Que l'on doit me rendre ; et pourquoi
Nature qui paroît si sage ,
A-t'elle imposé cette Loi ?
Consultés Hipocrate , il le sçait mieux que moi ,
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556
p. 1790
ENIGME.
Début :
Lecteur, je suis de bon augure, [...]
Mots clefs :
Fuseau
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
LEcteur , je suis de bon
augure ,
Et ne donnerai pas beaucoup de tablature.
La moitié des Humains me tient ; tout s'en ress
sent ;
Si je reste couché comme un pauvre innocent ,
Je ne change pas de figure.
Tel est mon sort que je ne puis du tout
Me tenir tout- à- fait debout.
Mais dans la main d'Iris , ce n'est pas chose
étrange >
A tous les momens si je change ;
Je deviens quadruple en grosseur ;
Du soir au lendemain je change de couleur ,
Plus souvent gris et blanc , que minime et que
jaune ,
Et l'on sçaura ce qu'en vaut l'aune.
Par- là je me trouve engagé
Au produit dont je suis aussi - tôt déchargé ,
Produit de terre , arbres , bêtes , chenilles ,
Bien des préparatifs pour faire des guenilles.
O ! de que gens , sans moi , seroient peu
rens ,
diffe
A l'innocence près , de nos premiers Parens.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
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557
p. 1792-1794
AUTRE.
Début :
Faut-il en commençant me montrer toute entiere ? [...]
Mots clefs :
Poulie
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
Aut- il en commençant me montrer toute eng
tiere ?
D'ordinaire en l'air je me tiens ;
Je suis soutenue et soutiens ;
Je porte en haut , en bas, terrestre et marinieres
Je vais tout rondement , j'ai plus d'une grandeurs
Je puis en délinquant devenir meurtriere,
Si l'on m'employe avec trop de roideur ,
Ou du moins la besogne est vaine.
A la moitié d'une douzaine
Du nombre de mes pieds se montre le total ¿
Dont une part désigne un vilain animal
Très-friand de la chair humaine ;
L'autre ce qui nourrit , soutient une liqueur
Fort bonne pour les maux de coeur ,
Qui quelquefois aussi fait remuer la bile.
Joignez le précedent ; soit fixe , soit mobile ;
Je puis être sur Terre assez près de vos yeux ;
Si vous me cherchez dans les Cieux ,
Votre recherche est souvent inutile ;
Ear , contenant des corps rapides , spacieux
Des plus sçavans et des plus curieux ,
2
A
A O UST. 1793 1735
A peine un seul me connoît entre mille.
Pris dans un autre sens , au Rhéteur studieux
Pour bien amplifier je deviens très - utile.
3. 2. f. 4. alors je suis commun ,
Quelquefois je fais mal ,mais sans être importunj
J'orne et je sers l'homme , le quadrupede ,
Et contre le grand froid je suis un bon remede.
Les deux chefs , je suis Fleuve avec distinc
tion ;
2. 3. je ne suis plus qu'une conjonction.
Combinez bien le tout , retranchant le deuxième
Je touche avec succès et le Chanvre et le Lin ,
Le Blé , la Vigne et le Jardin ;
Fille du Ciel , mais non pas du troisiéme ,
Je me rabaisse à servir au Moulin. '
1. et ,2. 4. et 6. sur la Terre et sur l'Onde
On me double . et de mói l'on fait l'essieu de
Monde,
Mettez le s . pour 6. on me fait convenir
Tant au métal qu'au bois qu'on a pris soin
d'unir ;
Mais autrement , je suis l'épithete qu'on donne
A l'homme qu'on croit accompli ,
Et duquel toute la personne
Ne paroît pas faire le moindre pll
4. et 5.4.6 . si vous allez en course ,
Voyez auparavant si vous m'avez en bourse ;'
Tous les mêmes encor en divers sens feront
Fij
Un
1794 MERCURE DE FRANCE
Un haut amas de bois et la baze d'un Pont
Le tout enfin , hormis le cinq , s'explique
Bête à deux pieds , fémelle domestique.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
Aut- il en commençant me montrer toute eng
tiere ?
D'ordinaire en l'air je me tiens ;
Je suis soutenue et soutiens ;
Je porte en haut , en bas, terrestre et marinieres
Je vais tout rondement , j'ai plus d'une grandeurs
Je puis en délinquant devenir meurtriere,
Si l'on m'employe avec trop de roideur ,
Ou du moins la besogne est vaine.
A la moitié d'une douzaine
Du nombre de mes pieds se montre le total ¿
Dont une part désigne un vilain animal
Très-friand de la chair humaine ;
L'autre ce qui nourrit , soutient une liqueur
Fort bonne pour les maux de coeur ,
Qui quelquefois aussi fait remuer la bile.
Joignez le précedent ; soit fixe , soit mobile ;
Je puis être sur Terre assez près de vos yeux ;
Si vous me cherchez dans les Cieux ,
Votre recherche est souvent inutile ;
Ear , contenant des corps rapides , spacieux
Des plus sçavans et des plus curieux ,
2
A
A O UST. 1793 1735
A peine un seul me connoît entre mille.
Pris dans un autre sens , au Rhéteur studieux
Pour bien amplifier je deviens très - utile.
3. 2. f. 4. alors je suis commun ,
Quelquefois je fais mal ,mais sans être importunj
J'orne et je sers l'homme , le quadrupede ,
Et contre le grand froid je suis un bon remede.
Les deux chefs , je suis Fleuve avec distinc
tion ;
2. 3. je ne suis plus qu'une conjonction.
Combinez bien le tout , retranchant le deuxième
Je touche avec succès et le Chanvre et le Lin ,
Le Blé , la Vigne et le Jardin ;
Fille du Ciel , mais non pas du troisiéme ,
Je me rabaisse à servir au Moulin. '
1. et ,2. 4. et 6. sur la Terre et sur l'Onde
On me double . et de mói l'on fait l'essieu de
Monde,
Mettez le s . pour 6. on me fait convenir
Tant au métal qu'au bois qu'on a pris soin
d'unir ;
Mais autrement , je suis l'épithete qu'on donne
A l'homme qu'on croit accompli ,
Et duquel toute la personne
Ne paroît pas faire le moindre pll
4. et 5.4.6 . si vous allez en course ,
Voyez auparavant si vous m'avez en bourse ;'
Tous les mêmes encor en divers sens feront
Fij
Un
1794 MERCURE DE FRANCE
Un haut amas de bois et la baze d'un Pont
Le tout enfin , hormis le cinq , s'explique
Bête à deux pieds , fémelle domestique.
J. Chevrier , Organiste à Chemillé en
Anjou.
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558
p. 2190
ENIGME.
Début :
Pour tirer de moi du service, [...]
Mots clefs :
Cire d'Espagne
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Our tirer de moi du service ,
Il faut m'apliquer au suplice ;
On me brule la tête , et ce tourment nouveau
Me fait aussi tôt fondre en larmes ,
Il m'oblige à porter les Armes
Au gré de mon propre Boureau.
Our tirer de moi du service ,
Il faut m'apliquer au suplice ;
On me brule la tête , et ce tourment nouveau
Me fait aussi tôt fondre en larmes ,
Il m'oblige à porter les Armes
Au gré de mon propre Boureau.
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559
p. 2422-2423
ENIGME.
Début :
Je suis le fruit des soins industrieux [...]
Mots clefs :
Bougie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E suis le fruit des soins industrieux
D'une petite République ,
Qui d'un Palais sombre et rustique
Fait son séjour laborieux .
>
Je dois à ses travaux mon être et ma substance ;
Mais ma figure est l'ouvrage de l'Art ,
Et ma couleur l'effet d'une influence
Où le Printemps a bonne part .
J'habite chés les Grands et parmi la richesse ;
L'on ne me voit jamais chés l'indigent ;
Je
NOVEMBRE . 1735. 2423
Je ne me plais qu'avec l'or et l'argent ;
Juge , Lecteur de ma délicatesse .
J'acompagne par tout les plaisirs et les jeux
S'il se donne un Bal , une Fête ,
Ou quelque repas somptueux ,
J'y parois toujours à la tête.
Des rendez- vous , même les plus secrets :
L'on me fait quelquefois complice ;
Au Dieu d'Amour mon éclat est propice ;
Voilà ma nature et mes traits .
E suis le fruit des soins industrieux
D'une petite République ,
Qui d'un Palais sombre et rustique
Fait son séjour laborieux .
>
Je dois à ses travaux mon être et ma substance ;
Mais ma figure est l'ouvrage de l'Art ,
Et ma couleur l'effet d'une influence
Où le Printemps a bonne part .
J'habite chés les Grands et parmi la richesse ;
L'on ne me voit jamais chés l'indigent ;
Je
NOVEMBRE . 1735. 2423
Je ne me plais qu'avec l'or et l'argent ;
Juge , Lecteur de ma délicatesse .
J'acompagne par tout les plaisirs et les jeux
S'il se donne un Bal , une Fête ,
Ou quelque repas somptueux ,
J'y parois toujours à la tête.
Des rendez- vous , même les plus secrets :
L'on me fait quelquefois complice ;
Au Dieu d'Amour mon éclat est propice ;
Voilà ma nature et mes traits .
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560
p. 103
ENIGME.
Début :
Je cause differens effets. [...]
Mots clefs :
Cloche
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E cause differens effets .
Tantôt j'annonce la tristesse
Et tantôt dans les coeurs je porte l'allegresse ;
Aul bruit éclatant que je fais ,
Un Peuple tout entier quelquefois s'interesse.
* Aux défunts , ainsi qu'aux vivans ,
A chacun je suis utile ;
A la Campagne , à la Ville ,
Je sers les Petits et les Grands.
Je repousse , dit - on , maint accident fumeste ,'
Aussi redouté que la peste ,
Qui n'épargne pas même un Dieu
Dont Jupiter est l'origine ,
Et renouvelle en plus d'un lieu
Les pleurs que fit verser autrefois Proserpine;
L'on me donne le nom d'un Saint du Paradis,
Je ne suis pourtant pas humaine Créature ;
Je finis ; à cette peinture
Vous pouvez aisément deviner qui je suis .
P. L. J. de D:
E cause differens effets .
Tantôt j'annonce la tristesse
Et tantôt dans les coeurs je porte l'allegresse ;
Aul bruit éclatant que je fais ,
Un Peuple tout entier quelquefois s'interesse.
* Aux défunts , ainsi qu'aux vivans ,
A chacun je suis utile ;
A la Campagne , à la Ville ,
Je sers les Petits et les Grands.
Je repousse , dit - on , maint accident fumeste ,'
Aussi redouté que la peste ,
Qui n'épargne pas même un Dieu
Dont Jupiter est l'origine ,
Et renouvelle en plus d'un lieu
Les pleurs que fit verser autrefois Proserpine;
L'on me donne le nom d'un Saint du Paradis,
Je ne suis pourtant pas humaine Créature ;
Je finis ; à cette peinture
Vous pouvez aisément deviner qui je suis .
P. L. J. de D:
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561
p. 708-709
ENIGME.
Début :
Je ne suis point frileuse et si j'aime le feu, [...]
Mots clefs :
Contre-coeur de la cheminée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
E ne suis point frileuse et si j'aime le feu ;
Peut-on contester ma noblesse ?
M'accuser de roture et d'être de bas lieu?
Il faudroit , pour le coup , avoir beaucoup d'ag
dresse ,
Je porte l'Ecusson du plus noble des Rois ,
Ou tout au moins celui des Seigneurs et des
Princes ,
Je suis assés vulgaire , on me trouve à la fois
Chés les petits, les Grands,à Paris , aux Provinces,
Je
AVRIL: 1736. 709
Je suis belle, mais noire , et j'ai de la pudeur
Ce n'est pas un si grand malheur.
Des Granges , de Paris.
E ne suis point frileuse et si j'aime le feu ;
Peut-on contester ma noblesse ?
M'accuser de roture et d'être de bas lieu?
Il faudroit , pour le coup , avoir beaucoup d'ag
dresse ,
Je porte l'Ecusson du plus noble des Rois ,
Ou tout au moins celui des Seigneurs et des
Princes ,
Je suis assés vulgaire , on me trouve à la fois
Chés les petits, les Grands,à Paris , aux Provinces,
Je
AVRIL: 1736. 709
Je suis belle, mais noire , et j'ai de la pudeur
Ce n'est pas un si grand malheur.
Des Granges , de Paris.
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562
p. 1382
ENIGME.
Début :
Nous sommes deux freres semblables. [...]
Mots clefs :
Ciseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGME
.
Ous sommes deux freres semblables,
De nous-mêmes inséparables ,
Mais séparés souvent pour la réunion
Qui cause la division ;
Car trop pressés nous sçavons mordre ,
Sans toutefois mauvaise intention ,
Ne mordant dans l'occasion
Que pour le service et pour l'ordre.
.
Ous sommes deux freres semblables,
De nous-mêmes inséparables ,
Mais séparés souvent pour la réunion
Qui cause la division ;
Car trop pressés nous sçavons mordre ,
Sans toutefois mauvaise intention ,
Ne mordant dans l'occasion
Que pour le service et pour l'ordre.
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563
p. 1382-1383
AUTRE.
Début :
Inséparablement j'accompagne mon frere, [...]
Mots clefs :
Ciseaux
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE.
INséparablement j'accompagne mon frere ,
Nous travaillons ensemble et dans le même cm
ploi ,
Il ne peut rien faire sans moi ,
Et sans lui je ne puis rien faire .
Nous sommes tous deux si jalous
Que passant à travers de ce qui nous separe ,
Nous ne souffrons rien entre nous.
Nous ne cherchons jamais à gagner les tendresses
De celles que le sort nous donne pour Maîtresses.
Amis de la discorde , en toute occasion
On nous voit travailler à la division :
Par tout où nous passons nous en laissons des
marques
Sur tout
JUIN 1736.
1383
Sur tout entre les mains des Parques.
Edipe , esprit subtil , toi qui n'ignores rien ,
Tu ne me sçaurois voir à travers ces écorces ;
Pour couper ce noeud gordien
Il te faut emprunter des forces.
A Moulins en Bourbonnois.
INséparablement j'accompagne mon frere ,
Nous travaillons ensemble et dans le même cm
ploi ,
Il ne peut rien faire sans moi ,
Et sans lui je ne puis rien faire .
Nous sommes tous deux si jalous
Que passant à travers de ce qui nous separe ,
Nous ne souffrons rien entre nous.
Nous ne cherchons jamais à gagner les tendresses
De celles que le sort nous donne pour Maîtresses.
Amis de la discorde , en toute occasion
On nous voit travailler à la division :
Par tout où nous passons nous en laissons des
marques
Sur tout
JUIN 1736.
1383
Sur tout entre les mains des Parques.
Edipe , esprit subtil , toi qui n'ignores rien ,
Tu ne me sçaurois voir à travers ces écorces ;
Pour couper ce noeud gordien
Il te faut emprunter des forces.
A Moulins en Bourbonnois.
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567
p. 508
LOGOGRYPHE.
Début :
J'ai dans mon ventre un air : [...]
Mots clefs :
Notaire
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
J'Ai
'Ai dans mon ventre un air :
A mes deux côtés j'ai la note .
Lecteur , dois -je en être plus fier #
Solfier et chanter ne sont point ma marote.
J'Ai
'Ai dans mon ventre un air :
A mes deux côtés j'ai la note .
Lecteur , dois -je en être plus fier #
Solfier et chanter ne sont point ma marote.
Fermer
568
p. 510-511
AUTRE.
Début :
Je parle sans avoir langue, ni voix, ni bouche, [...]
Mots clefs :
Papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
JE parle sans avoir langue , ni voix , ni bouche
,
Pour cet effet, souvent il faut que l'on me touche,
Mais on ne le peut sans me voir
Et que je sois gris , rouge ou noir ,
Au monde nécessaire , utile ,
Je sers aux champs, comme à la Ville ;
Pour abreger , venons au fait ,
Afin
que tu sois satisfait',
Six pieds font mon allégorie ;
Avec cinq je suis tromperie ;
De plus un avertissement
D'un
MARS . Ski 1737.
B'an domestique surveillant .
En quatre je fais voir un rang sublime en France;
Dans un certain Païs , une haute Puissance;
Garactere au-delà de la perversité ;
Un instrument qui peut conserver la santé ;
Un second qui reduit en poudre
Ce que l'autre en fumée a pû faire resoudre;
Plus , contradiction , faisant un mécontent ;-
Qualité d'un mortel qui parle dureinent ,
Ou bien d'un autre encor recherchant la fortune ;'
De ces combinaisons , il en reste plus d'une .
Trois Villes j'entrevois , deux , portant même
nom ,
L'une au Comté d'Artois, l'autre au Païs Gascon,
En Flandres la derniere est Ville Episcopale ,
Et la troisiéme principale.
En combinant par trois on découvre aisément
Un Oiseau babillard ; un subtil élement ;
Le gardien d'un fruit nécessaire à la vie ;
L'extrême passion d'un mortel en furie ;
A quelques animaux je fournis d'aliment ;
Tu te lasses, peut- être , & Lecteur complaisant ,.
Patience un moment,en deux mots je m'explique :
Deux et trois pieds enfin, sont d'usage en Musique
;
Et combinant le tout avec facilité ,
De la Fable je montre une Divinité.
• Par M. de Glat.
JE parle sans avoir langue , ni voix , ni bouche
,
Pour cet effet, souvent il faut que l'on me touche,
Mais on ne le peut sans me voir
Et que je sois gris , rouge ou noir ,
Au monde nécessaire , utile ,
Je sers aux champs, comme à la Ville ;
Pour abreger , venons au fait ,
Afin
que tu sois satisfait',
Six pieds font mon allégorie ;
Avec cinq je suis tromperie ;
De plus un avertissement
D'un
MARS . Ski 1737.
B'an domestique surveillant .
En quatre je fais voir un rang sublime en France;
Dans un certain Païs , une haute Puissance;
Garactere au-delà de la perversité ;
Un instrument qui peut conserver la santé ;
Un second qui reduit en poudre
Ce que l'autre en fumée a pû faire resoudre;
Plus , contradiction , faisant un mécontent ;-
Qualité d'un mortel qui parle dureinent ,
Ou bien d'un autre encor recherchant la fortune ;'
De ces combinaisons , il en reste plus d'une .
Trois Villes j'entrevois , deux , portant même
nom ,
L'une au Comté d'Artois, l'autre au Païs Gascon,
En Flandres la derniere est Ville Episcopale ,
Et la troisiéme principale.
En combinant par trois on découvre aisément
Un Oiseau babillard ; un subtil élement ;
Le gardien d'un fruit nécessaire à la vie ;
L'extrême passion d'un mortel en furie ;
A quelques animaux je fournis d'aliment ;
Tu te lasses, peut- être , & Lecteur complaisant ,.
Patience un moment,en deux mots je m'explique :
Deux et trois pieds enfin, sont d'usage en Musique
;
Et combinant le tout avec facilité ,
De la Fable je montre une Divinité.
• Par M. de Glat.
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569
p. 933
ENIGME.
Début :
Je dois ma naissance à la Terre ; [...]
Mots clefs :
Papier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIG ME.
E dois ma naissance à la Terre ;
Le Auide Elément préside à ma façon.
Je proclame la Paix , je déclare la Guerre :
L'Aveugle ne sçauroit prendre de moi leçon.
Paisible confident des secrets des Puissances ,
Je regle par tous les Etats .
Je porte à la douceur , je nourris les vengeances.
Je brûle au milieu des Combats.
On ne sçauroit sans moi régler aucune affaire,
Tant je sus par tout nécessaire.
Aux Amans éloignés , je suis d'un grand secours.
Mon corps en mille endroits galope nuits et jours
Susceptible à la fois de bonté , de malice :
Mes Emplois sont bien différens,
Tantôt je sers à l'artifice ,
Tantôt la vertu je défen s .
L'Homme est si peu constant, si leger, si volage:
Qu'après m'avoir ardemment désiré :
Il me met au plus vil usage .
Mon moindre sort est d'être laceré .
J. B. C. C. De F.
E dois ma naissance à la Terre ;
Le Auide Elément préside à ma façon.
Je proclame la Paix , je déclare la Guerre :
L'Aveugle ne sçauroit prendre de moi leçon.
Paisible confident des secrets des Puissances ,
Je regle par tous les Etats .
Je porte à la douceur , je nourris les vengeances.
Je brûle au milieu des Combats.
On ne sçauroit sans moi régler aucune affaire,
Tant je sus par tout nécessaire.
Aux Amans éloignés , je suis d'un grand secours.
Mon corps en mille endroits galope nuits et jours
Susceptible à la fois de bonté , de malice :
Mes Emplois sont bien différens,
Tantôt je sers à l'artifice ,
Tantôt la vertu je défen s .
L'Homme est si peu constant, si leger, si volage:
Qu'après m'avoir ardemment désiré :
Il me met au plus vil usage .
Mon moindre sort est d'être laceré .
J. B. C. C. De F.
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570
p. 986-991
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Début :
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller au Parlement de Paris, ayant conçu le [...]
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texteReconnaissance textuelle : PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
PRIX proposé par l'Académie Royale des Sciences.
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris, ayant conçu le
noble dessein de contribuer au progrès des Scien--
ces et à l'utilité que le Public en pouvoit retirer,
a legué à l'Académie Royale des Sciences un
fonds
M A Y.
1737.
987
fonds pour deux Prix qui seront distribués à
ceux , qui , au jugement de cette Compagnie ,
auront le mieux réussi sur deux differentes sor-
tes de Sujets , qu'il a indiqués dans son Testa-
ment , et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê-
me general du Monde et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter-
mes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considérable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navi-
gation et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et se-
ra
de 2000. livres.
Plusieurs excellentes Pieces que l'Académie a
reçûës cette année sur le sujet des Ancres , sont
le fruit du délai auquel elle se détermina en 1735.
Cependant ayant divisé ce Sujet en trois Parties
differentes qui devoient faire l'objet d'autant de
Prix, elle n'a pas trouvé des Pieces d'un égal mé-
rite pour tous les trois. La figure des Ancres ,
comme plus susceptible de l'aplication de la
Géométrie , est la partie qui en a fourni davan-
tage , et les meilleures, Celle de la Forge et de la
fabrique des Ancres , n'en a donné qu'un petit
nombre ; et l'épreuve dès Ancres n'en a point
procuré que l'Académie ait pû couronner sous
se titre. La Compagnie a donc adjugé le Prix du
Sujet : Quelle est la figure la plus avantageuse
qu'on puisse donner aux Ancres ? à la Piece N°. 5%.
( de 1737. ) qui a pour Devise ,.
Hic teneat nostras Anchora jacta ratés
et qui est de M....
Elle a donné le Prix de la fabrique , Quelle est
988 MERCURE DE FRANCE
la meilleure maniere deforger des Ancres ?`au N °.
7. dont la Devise est , Vis unita fortior , et qui
est de M. Tresaguet , ancien Ingénieur des Ponts
et Chaussées.
A l'égard du troisiéme Snjet , Quelle est la
meilleure maniere d'éprouver les Ancres ? et qui ne
lui a pas parû suffisamment rempli , elle a jugé à ·
propos de distribuer le Prix qu'elle y avoit des-
tiné , en égale part à deux Pieces , où elle a trou-
vé d'ailleurs des Recherches curieuses et utiles
tánt sur la figure des Ancres , que sur les autres
Sujets et sur plusieurs pratiques qu'elle n'a pase ,
voulu qui fussent perdues pour le Public.
L'une , qui est le N°. 9. et qui a pour Devise ,
Omnia conando docilis solertia vincit ,
est de M ....
L'autre N. 11. qui contient trois parties et
qui a trois Devises , par ce Vers ainsi varié ,
Hic teneat nostras Anchora-{
Firma
Ducta
est de M. le Marquis Poleni , Professeur de Ma~~
thématique à Padoüe.
Les deux Pieces qui ont le plus aproché du
Prix , et c'est par raport à la fabrique ou à l'é-
preuve des Ancres , sont le N° . s. ( de 1735. )V
qui a pour Devise , N° 154
Certa } rates ,
Et le N° .13 . ( de 1737. ) qui a pour Devise, Sz
non bene, saltem voluisse decorum est, est de M. le
Comte de Crequi.
L'Académie ayant eu avis par des personnes
habiles et expérimentées dans la Navigation , que
dans les fréquentes manœuvres où l'on se sert du
Cabestan , le cordage attaché au poids qu'on
veut lever ou traîner , se dévide sur l'essieu de
cette machine , de maniere qu'à chaque tour ce
cordage descend de toute sa grosseur , et qu'il
arrive
MAY.
1737.
989
afrive qu'après plusieurs tours il parvient au
bout du Cabestan, et qu'il faut le rehausser ( ou
choquer ) pour éviter qu'il ne s'embarasse ; que
par-là on ne sçauroit se servir du Cabestan
qu'on ne soit obligé de choquer plusieurs fois ,
e qu'à chaque fois qu'on choque , il faut arrêter
le mouvement de la machine , prendre des bosses-
(ou tresses , &c. ) sur le cordage , dévirer le Ca-
bestan , pour mollir ( ou lâcher ) la partie du
cordage qui est sur l'essieu . relever le cordage
le roidir de nouveau ,et enfin ôter les bosses pour
remettre le Cabestan en état ; que cette opération
souvent repetée emporte beaucoup de temps , et
dans plusieurs rencontres un temps précieux , et
qu'elle fait toujours perdre une partie de l'effort
déja fait : Considérant d'ailleurs la liaison de la
manœuvre du Cabestan avec celle des Ancres ,
qu'on ne jette ou qu'on ne leve que par son
moyen , l'Académie a résolu de proposer pour
Sujet du Prix de l'année 1739. La meilleure cons---
truction du Cabestan , ou telle autre Machine équi--
valente , par raport à tous les usages auxquels
on l'aplique dans un Navire , et principalement
pour éviter , en tout ou en partie , les inconvé
niens mentionnés ci- dessus.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invi--
tés à travailler sur ce Sujet , et même les Asso-
ciés Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la
Loi d'exclure les Académiciens Regnicoles de
prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invités à écrire
en François ou en Latin , mais sans aucune obli
gation. Ils pouront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs
Ouvrages
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisi--
bles ,
990 MERCURE DE FRANCE
bles , sur-tout quand il y aura des Calculs d'Al-
gebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ou-
vrages , mais seulement une Sentence ou Devise.
He pouront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront
avec cette même Sentence , leur nom , leurs
qualités et leur adresse , et ce Billet ne sera ou
vert par l'Académie qu'en cas que la Piece ait
remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse-
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire per-
pétuel de l'Académie , ou les lui feront remer-
tre entre les mains. Dans ce second cas le Secre
taire en donnera en même temps à celui qui les
lui aura remis , son Recepissé , où sera marquée
la Sentence de l'Ouvrage et son numero , selon
l'ordre ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au pre-
mier Septembre 1738 : exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1739. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Picce qui aura remporté le Prix , le Trésorier
de l'Académie délivrera la somme du Prix à ce-
lui qui lui raportera ce Recepissé. Il n'y aura à
cela nulle autre formalité
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê-
me , qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
L'Académie juge à propos de déclarer encore
que Comme elle ne restreint à macun Sistême les
explications qu'elle demande des Phénomenes , le
sufrage qu'elle donne à ces explications n'est point
une:
1
MAY.
1737.
991
une adoption des principes sur lesquels elles sont
fondées, ni de toutes les conséquences qu'on ex
tire.
Feu M. Roüillé de Meslay , ancien Conseiller
au Parlement de Paris, ayant conçu le
noble dessein de contribuer au progrès des Scien--
ces et à l'utilité que le Public en pouvoit retirer,
a legué à l'Académie Royale des Sciences un
fonds
M A Y.
1737.
987
fonds pour deux Prix qui seront distribués à
ceux , qui , au jugement de cette Compagnie ,
auront le mieux réussi sur deux differentes sor-
tes de Sujets , qu'il a indiqués dans son Testa-
ment , et dont il a donné des exemples.
Les Sujets du premier Prix regardent le Sistê-
me general du Monde et l'Astronomie Physique.
Ce Prix devroit être de 2000. livres , aux ter-
mes du Testament , et se distribuer tous les ans.
Mais la diminution des Rentes a obligé de ne le
donner que tous les deux ans , afin de le rendre
plus considérable , et il sera de 2500. livres.
Les Sujets du second Prix regardent la Navi-
gation et le Commerce.
Il ne se donnera que tous les deux ans , et se-
ra
de 2000. livres.
Plusieurs excellentes Pieces que l'Académie a
reçûës cette année sur le sujet des Ancres , sont
le fruit du délai auquel elle se détermina en 1735.
Cependant ayant divisé ce Sujet en trois Parties
differentes qui devoient faire l'objet d'autant de
Prix, elle n'a pas trouvé des Pieces d'un égal mé-
rite pour tous les trois. La figure des Ancres ,
comme plus susceptible de l'aplication de la
Géométrie , est la partie qui en a fourni davan-
tage , et les meilleures, Celle de la Forge et de la
fabrique des Ancres , n'en a donné qu'un petit
nombre ; et l'épreuve dès Ancres n'en a point
procuré que l'Académie ait pû couronner sous
se titre. La Compagnie a donc adjugé le Prix du
Sujet : Quelle est la figure la plus avantageuse
qu'on puisse donner aux Ancres ? à la Piece N°. 5%.
( de 1737. ) qui a pour Devise ,.
Hic teneat nostras Anchora jacta ratés
et qui est de M....
Elle a donné le Prix de la fabrique , Quelle est
988 MERCURE DE FRANCE
la meilleure maniere deforger des Ancres ?`au N °.
7. dont la Devise est , Vis unita fortior , et qui
est de M. Tresaguet , ancien Ingénieur des Ponts
et Chaussées.
A l'égard du troisiéme Snjet , Quelle est la
meilleure maniere d'éprouver les Ancres ? et qui ne
lui a pas parû suffisamment rempli , elle a jugé à ·
propos de distribuer le Prix qu'elle y avoit des-
tiné , en égale part à deux Pieces , où elle a trou-
vé d'ailleurs des Recherches curieuses et utiles
tánt sur la figure des Ancres , que sur les autres
Sujets et sur plusieurs pratiques qu'elle n'a pase ,
voulu qui fussent perdues pour le Public.
L'une , qui est le N°. 9. et qui a pour Devise ,
Omnia conando docilis solertia vincit ,
est de M ....
L'autre N. 11. qui contient trois parties et
qui a trois Devises , par ce Vers ainsi varié ,
Hic teneat nostras Anchora-{
Firma
Ducta
est de M. le Marquis Poleni , Professeur de Ma~~
thématique à Padoüe.
Les deux Pieces qui ont le plus aproché du
Prix , et c'est par raport à la fabrique ou à l'é-
preuve des Ancres , sont le N° . s. ( de 1735. )V
qui a pour Devise , N° 154
Certa } rates ,
Et le N° .13 . ( de 1737. ) qui a pour Devise, Sz
non bene, saltem voluisse decorum est, est de M. le
Comte de Crequi.
L'Académie ayant eu avis par des personnes
habiles et expérimentées dans la Navigation , que
dans les fréquentes manœuvres où l'on se sert du
Cabestan , le cordage attaché au poids qu'on
veut lever ou traîner , se dévide sur l'essieu de
cette machine , de maniere qu'à chaque tour ce
cordage descend de toute sa grosseur , et qu'il
arrive
MAY.
1737.
989
afrive qu'après plusieurs tours il parvient au
bout du Cabestan, et qu'il faut le rehausser ( ou
choquer ) pour éviter qu'il ne s'embarasse ; que
par-là on ne sçauroit se servir du Cabestan
qu'on ne soit obligé de choquer plusieurs fois ,
e qu'à chaque fois qu'on choque , il faut arrêter
le mouvement de la machine , prendre des bosses-
(ou tresses , &c. ) sur le cordage , dévirer le Ca-
bestan , pour mollir ( ou lâcher ) la partie du
cordage qui est sur l'essieu . relever le cordage
le roidir de nouveau ,et enfin ôter les bosses pour
remettre le Cabestan en état ; que cette opération
souvent repetée emporte beaucoup de temps , et
dans plusieurs rencontres un temps précieux , et
qu'elle fait toujours perdre une partie de l'effort
déja fait : Considérant d'ailleurs la liaison de la
manœuvre du Cabestan avec celle des Ancres ,
qu'on ne jette ou qu'on ne leve que par son
moyen , l'Académie a résolu de proposer pour
Sujet du Prix de l'année 1739. La meilleure cons---
truction du Cabestan , ou telle autre Machine équi--
valente , par raport à tous les usages auxquels
on l'aplique dans un Navire , et principalement
pour éviter , en tout ou en partie , les inconvé
niens mentionnés ci- dessus.
Les Sçavans de toutes les Nations sont invi--
tés à travailler sur ce Sujet , et même les Asso-
ciés Etrangers de l'Académie. Elle s'est fait la
Loi d'exclure les Académiciens Regnicoles de
prétendre aux Prix.
Ceux qui composeront sont invités à écrire
en François ou en Latin , mais sans aucune obli
gation. Ils pouront écrire en telle Langue qu'ils
voudront , et l'Académie fera traduire leurs
Ouvrages
On les prie que leurs Ecrits soient fort lisi--
bles ,
990 MERCURE DE FRANCE
bles , sur-tout quand il y aura des Calculs d'Al-
gebre.
Ils ne mettront point leur nom à leurs Ou-
vrages , mais seulement une Sentence ou Devise.
He pouront , s'ils veulent , attacher à leur Ecrit
un Billet séparé et cacheté par eux , où seront
avec cette même Sentence , leur nom , leurs
qualités et leur adresse , et ce Billet ne sera ou
vert par l'Académie qu'en cas que la Piece ait
remporté le Prix.
Ceux qui travailleront pour le Prix , adresse-
ront leurs Ouvrages à Paris au Secretaire per-
pétuel de l'Académie , ou les lui feront remer-
tre entre les mains. Dans ce second cas le Secre
taire en donnera en même temps à celui qui les
lui aura remis , son Recepissé , où sera marquée
la Sentence de l'Ouvrage et son numero , selon
l'ordre ou le temps dans lequel il aura été reçû.
Les Ouvrages ne seront reçûs que jusqu'au pre-
mier Septembre 1738 : exclusivement.
L'Académie à son Assemblée publique d'après
Pâques 1739. proclamera la Piece qui aura ce
Prix.
S'il y a un Recepissé du Secretaire pour la
Picce qui aura remporté le Prix , le Trésorier
de l'Académie délivrera la somme du Prix à ce-
lui qui lui raportera ce Recepissé. Il n'y aura à
cela nulle autre formalité
S'il n'y a pas de Recepissé du Secretaire , le
Trésorier ne délivrera le Prix qu'à l'Auteur mê-
me , qui se fera connoître , ou au Porteur d'une
Procuration de sa part.
L'Académie juge à propos de déclarer encore
que Comme elle ne restreint à macun Sistême les
explications qu'elle demande des Phénomenes , le
sufrage qu'elle donne à ces explications n'est point
une:
1
MAY.
1737.
991
une adoption des principes sur lesquels elles sont
fondées, ni de toutes les conséquences qu'on ex
tire.
Fermer
571
p. 991-996
Assemblée publique de la même Académie, et Memoires lûs, &c. [titre d'après la table]
Début :
Le Samedy 4. May, cette Académie tint son Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson [...]
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texteReconnaissance textuelle : Assemblée publique de la même Académie, et Memoires lûs, &c. [titre d'après la table]
Le Samedy 4. May, cette Académie tint son
Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson
présida. M. de Fontenelle ouvrit la Séance et an-
nonça les Pieces qui ont remporté les Prix de la
présente année ; il proposa ensuite le sujet du
Prix pour l'année 1739. l'un et l'autre.comme
on le voit dans l'article précedent.
M. Cassini lût après cela les Observations
qu'il a faites de la Comete qui a parû cette année;
il parla en ces termes :
Le 16. Février de l'année 1737. on a aperçâ
à Paris une Comete du côté de l'Occident , au-
dessous de la Planette de Vénus , dont elle étoit
éloignée de 7 à 8. degrés.
On continua de la voir les jours suivans qu'el
le parut avoir un mouvement de l'Occident vers
P'Orient,suivant la suite des Signes d'un peu plus
de deux degrés par jour.
Elle paroissoit à peu près comme une Etoile
fixe de la seconde grandeur , mais moins lumi-
neuse >
Σ
avec une queue de 2 à 3 degrés de lon-
gueur , qui étoit dans une direction oposée au
Soleil.
Cette Comete a été aperçue à la vûë simple
jusqu'au commencement de Mars', et on a con-
tinué à l'observer avec des Lunettes jusqu'au 2.
Avril , qu'on a cessé entierement de la voir ,
lorsquelle étoit au-dessous de l'œil du Taureau
Aldebaran . Elle a cû depuis le 17. Février jusqu'à
cejour un mouvement de 63. degrés en longitu
de et de 7. degrésen latitude vers le Midy.
Suivant les Observations qu'on en a faites ,
elle a décrit un Arc de grand cercle incliné de
1.2.4.
992 MERCURE DE FRANCE
2. degrés à l'Ecliptique qu'elle a coupé dans
le 13e degré des Poissons.
Sa distance à la Terre a été jugée le 16. Fé-
vrier , un peu moins du double de la distance de
la Terre au Soleil.
M. de Mairan lût ensuite un Discours sur la
propagation du son et des tons qui le modifient,
Après quoi M.Hellot û un Extrait de deux Me
moires sur une nouvelle Encre Sympatique , que
la chaleur fait paroître et qui disparoît au froid,
Ce qui a donné occasion à ces deux Memoires
est un Sel qu'un Artiste Allemand fit voir l'an-
née dernicie à quelques personnes de l'Acadé-
mie. Ce Sel , qui étoit couleur de rose , devenoit
Bleu en l'aprochant du feu, puis reprenoit sa pre-
miere couleur en refroidissant. C'est la dissolu
pion de ce Sel dans l'eau qui fait l'Encre Sym-
patique en question . Quant à la matiere qui lui
donne sa teinture , c'est une mine Aisenicale
espece de Cobolt , qui fournit en même- temps
par les essais de l'Arsenic , du Bismuth ou Etain
de glace , et une matiere fixe au feu , qui , mê-
lée par la fonte avec d'autres matieres aisées à
vitrifier , fait cette masse bleue qu'on nomme
Smalt , et qui étant réduite en poudre fort fine
est connue ici sous le nom de bleu d'émail ou
d'azur. Au lieu d'introduire cette matiere fixe
colorante dans la substance d'un verre quelcon-
que , il n'y a qu'à l'enlever par l'eau forte , di-
gerée sur la mine réduite en poudre , elle teint
ce dissolvant en rouge sale ou en feuille morte
foncé , on survuide cette eau forte teinte , dans
une jatte de verre ou de porcelaine , on y meg
autant de Sel de table blanc qu'on a employé de
Mine , et l'on desseche ce mêlange sur le feu en
une masse saline grainée , qui est verte tang
qu'elle
M. A Y.
1737.
993
qu'elle est chaude , et qui devient couleur de rose
en refroidissant. L'eau qu'on verse sur ce Sel
refroidi , le dissout et se teint de la couleur du
Lilas . On écrit avec cette Liqueur sur de bon
papier , on laisse secher l'écriture; rien ne paroît;
mais si on aproche le papier du feu , les caracte-
res invisibles prennent une couleur bleuâtre on
bleue verdâtre .On laisse refroidir le papier à l'air.
l'écriture disparoît de nouveau Si on le chauffe
encore , elle reparoît , et ainsi de suite , alterna
tivement , et pendant très- long-temps sans di-
minution de son effet quand la Mine est bien-
choisie. Tous les Cobolts donnent cette teinture
plus ou moins parfaite , selon la qualité des
matieres héterogones qu'ils contiennent. Le si-
gne principal auquel on en reconnoît la bonne
espece , est cette couleur d'une bonne Bierre
rouge qu'il doit donner à l'eau forte.
Cette Encre Sympathique , qui par les pro-
prietés qu'on vient de décrire , est differente de
toutes les autres Encres Sympathiques connues ,
peut devenir , pour ainst - dire , semblable à cha
cune d'elles , ou pour m'expliquer comme M.
Hellot , elle peut entrer dans chacune des quatre
classes de ces Encres Sympathiques , qu'on trou
ve décrites dans divers Auteurs . La premiere
classe est celle des Encres dont l'écriture ne pa-
roît qu'en passant dessus une nouvelle liqueur
•
ou sa vapeur. La seconde comprend les Encres
Sympathiques , dont les caracteres invisibles se
colorent à l'air. Dans la trosiéme sont les Li-
queurs glutineuses avec lesquelles on peut faire
une écriture qui ne paroît qu'en passant dessus
une poudre terreuse , fine et colorée. Enfin la
quatrième classe est celle des Encres dont l'écri-
ture ne peut être aperçuë qu'en chauffant vive-
ment
994 MERCURE DE FRANCE
ment le papier. Mais toutes ces Encres ne dispa-
roissent plus d'elles- mêmes dès qu'une fois on
les a fait paroître. La principale proprieté de
l'Encre Sympathique du Mémoire dont nous
parlons est de paroître d'un verd bleuâtre , M.
Hellot a trouvé le moyen d'avoir de la même
matiere des Encres Sympathiques bleuë , verte de
differentes teintes , colombine, violette claire, in-
carnate , couleur de rose , jaune de citron. Il ne
s'est rien réservé des procedés par lesquels il y
parvient , afin qu'un bon Dessinateur puisse faire
usage de ces couleurs sympathiques. Nous ne
pouvons le suivre de memoire , d'ailleurs ce que
nous donnons ici n'est qu'un abregé de l'Extrait
qu'il a lû.
M. du Hamel finit la Séance par un Memoire
des Observations qu'il a faites , conjointement
avec M. de Buffon , sur les differens effets que les
fortes gelées d'hyver produisent sur les arbres ,
comparés à ceux que les gelées du Printemps y
produisent. En voici l'Extrait.
La Physique des Végétaux qui conduit à la.
perfection de l'Agriculture , est une de ces Scien-
ces dont le progrès ne s'augmente que par une
multitude d'Observations qui ne peuvent être
Pouvrage ni d'un seul homme, ni d'un temps bor-
né; aussi les Observations ne passent-elles gueres
pour certaines que lorsqu'elles ont été repétées et
combinées en differens lieux , en differentes sai-
6ons et par differentes personnes qui ayent eû les
mêmes idées ; ç'a été dans cette vûë que
M. du Hamel et M. de Buffon se sont réunis
pour travailler de concert à l'éclaircissement
d'un nombre de Phénomenes difficiles à expliquer
dans cette partie de l'Histoire de la Nature , de
la connoissance desquels il peut résulter une in
finité
bier.
MAY.
1737.
995
Anité de choses utiles dans la pratique de l'Agri-
culture.
Des Observations sur l'excentricité des cou-
ches
igneuses , sur l'inégalité de l'épaisseur de
ces couches , sur les circonstances qui font que
l'Aubier se convertit plutôt en bois ou reste plus
long - temps dans son état d'Aubier , &c. ont été
les prémices de cette association , et des Observa-
tions sur les differens effets que produisent sur
les Végétaux les grandes gelées d'hyver et les
petites qui viennent au Printemps , sont une sui-
te de cette même association.
Ces Mrs examinent d'abord les désordres que
les grandes gelées de l'hyver produisent sur les
arbres , et cet examen forme la premiere partie
du Mémoire , dans laquelle entr'autres iis détail
lent avec grande exactitude une maladie des ar-
bres peu connue ,
connue , et qu'ils apellent double Au-
Dans la seconde partie il s'agit des gelées qui
viennent au Printemps , et on y démontre 1º.
que ce n'est pas ordinairement dans les situa
tions ou aux expositions où il fait le plus grand
fraid es où il gele le plus fort , que la gelée fait
le plus de tort aux Vegetaux.
20. Que tout ce qui porte de l'humidité sur
les Plantes, rend la gelée plus dangereuse ; telies.
sont les pluyes , les brouillards , les vapeurs qui
s'échapent de la terre et des fumiers , la transpi-
ration des Plantes , &c. au contraire tout ce qui
desseche l'exterieur des Plantes , quand même
ce seroit en augmentant le froid , empêche que
la gelée n'endommage les Végetaux .
Ils entrent ensuite dans un examen des effets
que le Soleil produit sur les Plantes gelées , et ils
terminent ce Memoire par des refléxions utiles
996 MERCURE DE FRANCE
l'Agriculture , mais comme ce Memoire n'est
qu'un tissu d'Observations et d'Experiences qui
sont intimement liées les unes aux autres er qui
se servent mutuellement de preuves, il n'est gue-
re susceptible d'un Extrait.
Nous donnerons dans le prochain Journal
PExtrait du Mémoire de M. Mayran.
Assemblée publique, à laquelle M. d'Argenson
présida. M. de Fontenelle ouvrit la Séance et an-
nonça les Pieces qui ont remporté les Prix de la
présente année ; il proposa ensuite le sujet du
Prix pour l'année 1739. l'un et l'autre.comme
on le voit dans l'article précedent.
M. Cassini lût après cela les Observations
qu'il a faites de la Comete qui a parû cette année;
il parla en ces termes :
Le 16. Février de l'année 1737. on a aperçâ
à Paris une Comete du côté de l'Occident , au-
dessous de la Planette de Vénus , dont elle étoit
éloignée de 7 à 8. degrés.
On continua de la voir les jours suivans qu'el
le parut avoir un mouvement de l'Occident vers
P'Orient,suivant la suite des Signes d'un peu plus
de deux degrés par jour.
Elle paroissoit à peu près comme une Etoile
fixe de la seconde grandeur , mais moins lumi-
neuse >
Σ
avec une queue de 2 à 3 degrés de lon-
gueur , qui étoit dans une direction oposée au
Soleil.
Cette Comete a été aperçue à la vûë simple
jusqu'au commencement de Mars', et on a con-
tinué à l'observer avec des Lunettes jusqu'au 2.
Avril , qu'on a cessé entierement de la voir ,
lorsquelle étoit au-dessous de l'œil du Taureau
Aldebaran . Elle a cû depuis le 17. Février jusqu'à
cejour un mouvement de 63. degrés en longitu
de et de 7. degrésen latitude vers le Midy.
Suivant les Observations qu'on en a faites ,
elle a décrit un Arc de grand cercle incliné de
1.2.4.
992 MERCURE DE FRANCE
2. degrés à l'Ecliptique qu'elle a coupé dans
le 13e degré des Poissons.
Sa distance à la Terre a été jugée le 16. Fé-
vrier , un peu moins du double de la distance de
la Terre au Soleil.
M. de Mairan lût ensuite un Discours sur la
propagation du son et des tons qui le modifient,
Après quoi M.Hellot û un Extrait de deux Me
moires sur une nouvelle Encre Sympatique , que
la chaleur fait paroître et qui disparoît au froid,
Ce qui a donné occasion à ces deux Memoires
est un Sel qu'un Artiste Allemand fit voir l'an-
née dernicie à quelques personnes de l'Acadé-
mie. Ce Sel , qui étoit couleur de rose , devenoit
Bleu en l'aprochant du feu, puis reprenoit sa pre-
miere couleur en refroidissant. C'est la dissolu
pion de ce Sel dans l'eau qui fait l'Encre Sym-
patique en question . Quant à la matiere qui lui
donne sa teinture , c'est une mine Aisenicale
espece de Cobolt , qui fournit en même- temps
par les essais de l'Arsenic , du Bismuth ou Etain
de glace , et une matiere fixe au feu , qui , mê-
lée par la fonte avec d'autres matieres aisées à
vitrifier , fait cette masse bleue qu'on nomme
Smalt , et qui étant réduite en poudre fort fine
est connue ici sous le nom de bleu d'émail ou
d'azur. Au lieu d'introduire cette matiere fixe
colorante dans la substance d'un verre quelcon-
que , il n'y a qu'à l'enlever par l'eau forte , di-
gerée sur la mine réduite en poudre , elle teint
ce dissolvant en rouge sale ou en feuille morte
foncé , on survuide cette eau forte teinte , dans
une jatte de verre ou de porcelaine , on y meg
autant de Sel de table blanc qu'on a employé de
Mine , et l'on desseche ce mêlange sur le feu en
une masse saline grainée , qui est verte tang
qu'elle
M. A Y.
1737.
993
qu'elle est chaude , et qui devient couleur de rose
en refroidissant. L'eau qu'on verse sur ce Sel
refroidi , le dissout et se teint de la couleur du
Lilas . On écrit avec cette Liqueur sur de bon
papier , on laisse secher l'écriture; rien ne paroît;
mais si on aproche le papier du feu , les caracte-
res invisibles prennent une couleur bleuâtre on
bleue verdâtre .On laisse refroidir le papier à l'air.
l'écriture disparoît de nouveau Si on le chauffe
encore , elle reparoît , et ainsi de suite , alterna
tivement , et pendant très- long-temps sans di-
minution de son effet quand la Mine est bien-
choisie. Tous les Cobolts donnent cette teinture
plus ou moins parfaite , selon la qualité des
matieres héterogones qu'ils contiennent. Le si-
gne principal auquel on en reconnoît la bonne
espece , est cette couleur d'une bonne Bierre
rouge qu'il doit donner à l'eau forte.
Cette Encre Sympathique , qui par les pro-
prietés qu'on vient de décrire , est differente de
toutes les autres Encres Sympathiques connues ,
peut devenir , pour ainst - dire , semblable à cha
cune d'elles , ou pour m'expliquer comme M.
Hellot , elle peut entrer dans chacune des quatre
classes de ces Encres Sympathiques , qu'on trou
ve décrites dans divers Auteurs . La premiere
classe est celle des Encres dont l'écriture ne pa-
roît qu'en passant dessus une nouvelle liqueur
•
ou sa vapeur. La seconde comprend les Encres
Sympathiques , dont les caracteres invisibles se
colorent à l'air. Dans la trosiéme sont les Li-
queurs glutineuses avec lesquelles on peut faire
une écriture qui ne paroît qu'en passant dessus
une poudre terreuse , fine et colorée. Enfin la
quatrième classe est celle des Encres dont l'écri-
ture ne peut être aperçuë qu'en chauffant vive-
ment
994 MERCURE DE FRANCE
ment le papier. Mais toutes ces Encres ne dispa-
roissent plus d'elles- mêmes dès qu'une fois on
les a fait paroître. La principale proprieté de
l'Encre Sympathique du Mémoire dont nous
parlons est de paroître d'un verd bleuâtre , M.
Hellot a trouvé le moyen d'avoir de la même
matiere des Encres Sympathiques bleuë , verte de
differentes teintes , colombine, violette claire, in-
carnate , couleur de rose , jaune de citron. Il ne
s'est rien réservé des procedés par lesquels il y
parvient , afin qu'un bon Dessinateur puisse faire
usage de ces couleurs sympathiques. Nous ne
pouvons le suivre de memoire , d'ailleurs ce que
nous donnons ici n'est qu'un abregé de l'Extrait
qu'il a lû.
M. du Hamel finit la Séance par un Memoire
des Observations qu'il a faites , conjointement
avec M. de Buffon , sur les differens effets que les
fortes gelées d'hyver produisent sur les arbres ,
comparés à ceux que les gelées du Printemps y
produisent. En voici l'Extrait.
La Physique des Végétaux qui conduit à la.
perfection de l'Agriculture , est une de ces Scien-
ces dont le progrès ne s'augmente que par une
multitude d'Observations qui ne peuvent être
Pouvrage ni d'un seul homme, ni d'un temps bor-
né; aussi les Observations ne passent-elles gueres
pour certaines que lorsqu'elles ont été repétées et
combinées en differens lieux , en differentes sai-
6ons et par differentes personnes qui ayent eû les
mêmes idées ; ç'a été dans cette vûë que
M. du Hamel et M. de Buffon se sont réunis
pour travailler de concert à l'éclaircissement
d'un nombre de Phénomenes difficiles à expliquer
dans cette partie de l'Histoire de la Nature , de
la connoissance desquels il peut résulter une in
finité
bier.
MAY.
1737.
995
Anité de choses utiles dans la pratique de l'Agri-
culture.
Des Observations sur l'excentricité des cou-
ches
igneuses , sur l'inégalité de l'épaisseur de
ces couches , sur les circonstances qui font que
l'Aubier se convertit plutôt en bois ou reste plus
long - temps dans son état d'Aubier , &c. ont été
les prémices de cette association , et des Observa-
tions sur les differens effets que produisent sur
les Végétaux les grandes gelées d'hyver et les
petites qui viennent au Printemps , sont une sui-
te de cette même association.
Ces Mrs examinent d'abord les désordres que
les grandes gelées de l'hyver produisent sur les
arbres , et cet examen forme la premiere partie
du Mémoire , dans laquelle entr'autres iis détail
lent avec grande exactitude une maladie des ar-
bres peu connue ,
connue , et qu'ils apellent double Au-
Dans la seconde partie il s'agit des gelées qui
viennent au Printemps , et on y démontre 1º.
que ce n'est pas ordinairement dans les situa
tions ou aux expositions où il fait le plus grand
fraid es où il gele le plus fort , que la gelée fait
le plus de tort aux Vegetaux.
20. Que tout ce qui porte de l'humidité sur
les Plantes, rend la gelée plus dangereuse ; telies.
sont les pluyes , les brouillards , les vapeurs qui
s'échapent de la terre et des fumiers , la transpi-
ration des Plantes , &c. au contraire tout ce qui
desseche l'exterieur des Plantes , quand même
ce seroit en augmentant le froid , empêche que
la gelée n'endommage les Végetaux .
Ils entrent ensuite dans un examen des effets
que le Soleil produit sur les Plantes gelées , et ils
terminent ce Memoire par des refléxions utiles
996 MERCURE DE FRANCE
l'Agriculture , mais comme ce Memoire n'est
qu'un tissu d'Observations et d'Experiences qui
sont intimement liées les unes aux autres er qui
se servent mutuellement de preuves, il n'est gue-
re susceptible d'un Extrait.
Nous donnerons dans le prochain Journal
PExtrait du Mémoire de M. Mayran.
Fermer
572
p. 1208-1217
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Début :
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
Nouvelles de la Cour, de Paris, &c.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
SA MAJESTÉ a accordé au Marquis
d'Havrincourt , Mestre de Camp-Lieutenant
du Régiment des Cuirassiers
du Roy , le Gouvernement d'Hesdin ,
vacant par la démission du Marquis
d'Havrincourt , son Pere.
M. de Chavigny , que le Roy a nom-
mé son Envoyé Extraordinaire auprès
du Roy de Dannemare , a pris congé de
S. M. et il est parti pour se rendre à
Coppenhague.
Le Marquis de Souvré , Maître de la
1. Vol.
Garde-
JUIN.
1737.
1209
Garde-Robe du Roy , et qui a été nom-
mê par S. M. pour aller à Luneville com-
plimenter le Roy de Pologne sur son ar-
rivée en Lorraine , s'est acquitté de cette
commission , et il a eu l'honneur d'en
rendre compte au Roy.
Le 29. Avril,il y eut Concert chés la Reine,M.
Destouches Sur-Intendant de la Musique du Roy,
y fit chanter le Prologue et le premier Acte de
son Opera de Callirhoé, qu'on continua le 6. et
le 8. May ; les principaux Rôlles furent exécu-
tés par les Diles d'Aigremont, Deschamps et Ma-
thieu , et par les sieurs d'Angerville et Jeliot.
Le 13. le 18. et le 20. on concerta l'Opera
d'Iphigenie, dont le premier Rôlle fut chanté par
la Dile d'Aigremont , et celui d'Electre par la
Dile Mathieu ; ceux d'Oreste , de Thoas et de
Pilade , par les sieurs d'Angerville , Petillot et
du Bourg .
Le 22. et le 27. on donna à la Reine l'Opera
d'Armide ; la Dlle Antier remplit parfaitement
bien le premier Rôlle , et les autres furent chan-
tés par les sieurs Petillot et d'Angerville , avec la
même précision.
Le 30. May , Fête de l'Ascension , il y eut
Concert Spirituel au Château des Tuilleries , ou
l'on chanta un très-beau Motet ( Diligam te )
de feu M. Gillet , Maître de Musique de la Ca-
thedrale de Toulouse ; il fut suivi d'une nou-
velle suite de Symphonie , du sieur Aubert, très-
bien executée et fort aplaudie. Le sieur Buffar-
ì
din de Marseille , Ordinaire de la Musique du
Roy de Pologne ,
pour
la
Electeur de Saxe
executa
premiere fois un Concerto de Flûte qui
1. Vol.
fur
1210 MERCURE DE FRANCE
fut generalement aplaudi. Le Concert fut termi-
né par le Cantate , Motet du sieur Cheron, Or-
dinaire de l'Académie Royale de Musique.
Le 9. Juin , Fête de la Pentecôte , on executa
au même Concert une autre suite de Sympho
nie du sieur Aubert , qui fut suivie d'un Moter
de M. Gervais , Maître de Musique de la Cha-
pelle du Roy. La Dile Hottererre joûa un Con-
certo avec les mêmes aplaudisssmens dont le Pu-
blic l'a déja honorée. Le Te Deum de M. de la
Lande ter mina le Concert.
Le 20 jour de la Fête Dieu , on chanta le
Pange lingua du même Auteur , qui fut suivi da
petit Motet O Jesu , de M. Destouches , Sur-In-
tendant de la Musique du Roy. Le sieur Angelo
Valoti , nouveau Violon Italien , executa un
Concerto au gré du Public , et la Dile Regnaut
chanta pour la première fois dans le dernier
Moret le Recit Qui annuntiat avec aplaudisse-
ment.
Le 23 , May, les Superieurs des Religieux Be-
nedictins de la Congregation de 5. Maur se ren-
dirent à l'Abbaye de S. Germain -des- Prés pour
l'élection du Superieur Général , et ouvrirent
le matin leur Assemblée par une Messe solem-
nelle du S. Esprit. L'après- dinée , sur les deux
heures , les mêmes Superieurs assemblés élûrent,
au premier Scrutin , pour Général ,
le R. P.
Dom René Laneau. Ce Religieux avoit été con-
secutivement Assistant de trois Généraux´, et
depuis la mort du R. P. Dom Claude Dupré ,
dernier Général , il gouvernoit la Congregation
sous le nom de Vicaire Général. La joye qui
étoit marquée sur tous les visages , pendant la
Cérémonie de la Proclamation ,
fir connoître à
seux du dehors , qui y ont assisté , que ce R,
I. Vol.
Pere
1
JUIN.
tous ses Confreres.
•
1737
1211
Pere a également les cœurs et la véneration de
Le Cardinal de Fleury alla le 3. Juin au Jar-
din Royal, accompagné du Comte de Maurepas
et de M. Orry , Controlleur Général des Finan
ces , pour voir les augmentations et , les repara-
sions faites et à faire. M. Dufay , Intendant de
ce Jardin , reçût S. E. qui parut trés-satisfaite
du bon ordre qu'elle y trouva , de la beauté des
Serres , et du nombre prodigieux de Plantes
étrangeres dont ce Jardin est presentement
xempli.
Le 8. Juin , veille de la Fête de la Pen
tecôte , le Roy revêtu du Grand Collier
de l'Ordre du S. Esprit , se rendit à la
Chapelle du Château de Versailles , où
S. M. communia par les mains de l'Ar-
chevêque de Vienne , Premier Aumô-
nier de S. M. Le Roy toucha ensuite un
grand nombre de Malades.
Pendant la Messe , que le Roy enten-
dit , après avoir communié , l'Evêque
d'Acqs prêta serment de fidelité entre
les mains de S. M. L'après-midi le Roy
assista aux premieres Vêpres.
Le 9. jour de la Fête , les Chevaliers ,
Commandeurs , et Officiers de l'Ordre
du S. Esprit , s'étant rendus vers les 11.
heures du matin dans le Cabinet du Roy,
S.M. tint un Chapitre,dans lequel le Prin-
ce Vaïny , qui avoit été proposé le 1. du
I.Vol.
H
mois
1212 MERCURE DE FRANCE
mois de Janvier dernier, pour être nom-
mé Chevalier, fut admis après que l'Ab..
bé de Pomponne , Chancelier des Ordres
du Roy , eut raporté qu'il avoit satisfait
à ce qui est porté par les Statuts. Le Cha-
pitre étant fini , le Roy se rendit à la
Chapelle du Château , étant précédé du
Duc d'Orleans , du Duc de Bourbon, du
Comte de Clermont , du Prince de Con-
ty , du Prince de Dombes , du Comte
d'Eu , et des Chevaliers, Commandeurs
et Officiers de l'Ordre. Le Roy, devant
lequel les deux Huissiers de la Chambre
portoient leurs Masses , étoit en Man-
reau , le Collier de l'Ordre par- dessus ,
ainsi
que
les Chevaliers. Le Cardinal de
Polignac et le Cardinal de Bissy mar-
choient derriere S. M. Le Roy entendi
la Grande Messe , chantée par la Musi-
que , à laquelle l'Archevêque de Vien-
ne ,
Prelat , Commandeur de l'Ordre du
Saint Esprit , officia Pontificalement.
La Reine , Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France , entendirent la
même Messe dans la Tribune.
L'après midi , le Roy entendit le Ser-
mon du Pere Dureau , Cordelier, et en-
suite les Vêpres , qui furent chantées par
la Musique , et auxquelles le même Pre-
lat officia. La Reine assista aux Vêpres
dans la Tribune,
Le
JUIN.
1737.
1213
Le 11. Don Louis d'Acunha, Ambassa
deur du Roy de Portugal, cut sa premiere
Audience particuliere du Roy. Il eut en-
suite Audience de la Reine , de Monsei
gneur le Dauphin et de Mesdames de
France , et il fut conduit à ces Audien-
ces par M. de Verneüil , Introducteur
des Ambassadeurs.
Le 10. les Députés des Etats de Bour-
gogne eurent Audience du Roy.Ils furent
presentés par le Duc de Bourbon, Gouver
neur de la Province , et par le Comte de
S. Florentin, Secretaire d'Etat, et conduits
en la maniere accoûtumée par le Marquis
de Dreux, Grand Maître des Cérémonies,
et par M.Desgranges Maître des Cérémo-
nies. La Députation étoit composée de
l'Abbé Gagne de Perigny,Abbé de Châtil-
lon sur Seine , pour le Clergé , qui por-
ta la parole; du Comte de la Tournelle, *
pour la Noblesse, de M.Pourcher, Dépu-
té du Tiers- Etat , et de M. Perchet , Sin-
dic Général de la Province. Ces Députés
eurent ensuite Audience de la Reine , de
Monseigneur le Dauphin et de Mesda-
mes de France.
Le 16. le Chevalier Venier , Ambas-
* Son Bisayeul a eu l'honneur de se trouver trois
fois à la tête de la Noblesse de cette Province en la
même qualité.
1. Vol.
Hij
sadeur
1214 MERCURE DE FRANCE
sadeur ordinaire de la Republique de
Venise , fit son Entrée publique en cette
Ville
le Maréchal de Biron et Mon-
sieur de Verneuil, Introducteur des Am-
bassadeurs , allerent le prendre dans les
Carosses de leurs Majestés au Convent
de Picpus , d'où la Marche se fit en cet
ordre. Le Carosse de l'Introducteur ;
ceux du Maréchal de Biron , précédés
de son Ecuyer et de deux Pages à che-
val; un Suisse de l'Ambassadeur à che
val , sa livrée à pied , quatre de ses Offi-
ciers , deux Ecuyers et six Pages à che-
val ; le Carosse du Roy , aux côtés du-
quel marchoient la livrée du Maréchal
de Biron et celle de M. de Verneü ; le
Carosse de la Reine ; celui de Madame
la Duchesse d'Orleans ; ceux du Duc
d'Orleans , de la Duchesse de Bourbon
Douairiere , du Duc et de la Duchesse de
Bourbon , du Comte de Charolois , du
Comte de Clermont , de la Princesse de
Conty, premiere Doüairiere , de la Prin-
cesse de Conty , seconde Doüairiere , du
Prince de Conty , de la Duchesse du
Maine, du Prince de Dombes, du Com-
te d'Eu , du Comte et de la Comtesse
de Toulouse , et celui de M. Amelot
Ministre et Secretaire d'Etat , ayant le
Département des Affaires étrangeres . Les
1. Vol.
quatro
JUIN.
1737.
1218
quatre Carosses de l'Ambassadeur mar
choient ensuite à une distance de trente
Ou quarante pas. Lorsque l'Ambassadeur
fut arrivé à son Hôtel , il fut compli-
menté de la part du Roy par le Duc de
Rochechouart , Premier Gentilhomme
de la Chambre de S. M. de la part de la
Reine , par le Comte de Tessé , son pre-
mier Ecuyer , et de la part de Madame la
Duchesse d'Orleans , par le Marquis de
Crevecœur , Premier Ecuyer de S. A. R.
Le 18. le Prince de Lambesc et M, de
Verneuil , Introducteur des Ambassa-
deur , allerent prendre l'Ambassadeur
en son Hôtel dans les Carosses du Roy
et de la Reine , et ils le conduisirent à
Versailles , où il eut sa premiere Au-
dience publique du Roy : il trouva àson
passage, dans l'Avant-cour du Château
les Compagnies des Gardes Françoises et
Suisses sous les Armes , les Tambours
apellant ; dans la Cour les Gardes de la
Porte et ceux de la Prevôté de l'Hôtel
sous les Armes à leurs postes ordinaires
et sur l'Escalier , les Cent - Suisses en ha
bits de cérémonie , la Hallebarde à la
main. Il fut reçû en dedans de la Sale
des Gardes par le Duc de Bethune , Ca
pitaine des Gardes du Corps , qui étoient
en haye et sous les Armes. Après l'Au-
I.Vol.
Hiij
dience
121 MERCURE DE FRANCE
dience du Roy , l'Ambassadeur fut con-
duit à l'Audience de la Reine et à celle
de Monseigneur le Dauphin par le Prin-
ce de Lambèse , et par M. de Verneuil
Introducteur des Ambassadeurs. Il fut
conduit ensuite à celle de Mesdames de
France ; et après avoir été traité par les
Officiers du Roy, il fut reconduit à Pa-
ris dans les Carosses de leurs Majestés
avec les cérémonies accoûtumées.
Le 20. Fête du S. Sacrement , le Roy
se rendit à l'Eglise de la Paroisse du Châ-
teau de Versailles , où S. M. entendit la
Grande Messe , après avoir assisté à la
Procession , qui , suivant l'usage , alla à
La Chapelle.
La Reine s'y rendit lorsque la Proces-
sion y arriva. Monseigneur le Dauphin
et Mesdames de France virent passer la
Procession.
Le 27. May , on chanta au Concert
de la Reine un Divertissement intitulé
le Triomphe de la Paix , dont les Paroles
sont de M. Morand , et la Musique de
M. Mathieu , Ordinaire de la Musique
du Roy. Il fut chanté par les Dlles Ma-
hieu , d'Aigremont et Deschamps , et reçut
beaucoup d'aplaudissement.
Le 29. May et le premier Juin , on
1. Vel.
chanta
JUIN.
1737.
1217
chanta devant la Reine le Ballet du Triom-
phe de l'Harmonie , dont on vient de don-
ner l'Extrait ; les Dlles Pellissier et Erre-
mens, et le sieur Chassé exécuterent avec
succès les Rôles qui les concernoient.
Les. et le 12 Juin S.M. entendit l'Opera
de Telemaque , mis en Musique par M.
Destouches , Sur- Intendant de la Musique
du Roy , les Diles Antier et Mathieu
chanterent les Rôles de Calypso et d'Eu
charis , avec autant de goût que de pré .
cision . Les sieurs Petillot et d'Angerville
remplirent ceux de Telemaque et d'Adras-
te. Le reste de l'Opera fut exécuté d'une
façon très-brillante. La Reine eut la bonté
d'en marquer sa satisfaction à l'Auteur.
Le 17. S. M. voulut entendre , pour
la seconde fois , le Divertissement du
Triopmhe de la Paix , et en parut aussi
contente que la premiere. On parlera
plus au long de ce Divertissement.
Fermer
573
p. 1237-1256
ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
Début :
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du [...]
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texteReconnaissance textuelle : ARRESTS NOTABLES, EDITS, &c.
ARRESTS NOTABLES,
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
EDITS, &c.
ARREST du 11. Décembre 1736. portant Reglement géneral pour le commerce du
Tabac au Comté de Bourgogne , par lequel Sa
Majesté ordonne l'exécution des 26. Articles
Contenus audit Arrêt.
ORDONNANCE du Roy , du 8. Janvier sui
vant,portant réduction des Régimens d'Infante-
rie Allemande , par laquelle S. M. ordonne l'exe
cution des dix Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant rétablisse-
ment des Congés d'ancienneté , dont la déli-
vrance avoit été suspenduë par celle du Is. Fé
vrier 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Troupes Suisses et Grisonnes qui sont au Ser-
vice de S. M. et regler leur payement.
1 AUTRE du même jour , portant réduction
dans les Régimens de Hussards , qui ordonne
I. Kol.
I ij , l'execution
1238 MERCURE DE FRANCE
Eexecution des huit Articles qui y sont contenus.
AUTRE du même jour , portant réduction
des Compagnies de Cavalerie Françoise et Etrans
gere , et de Carabiniers.
AUTRE du même jour , pour réduire tou-
tes les Compagnies des Régimens d'Infanterie
Françoise , à trente hommes.
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens de Dragons à vingt-
cinq , dont quinze à cheval et dix à pied.
AUTRE du même jour , concernant la ré-
duction des quatre Compagnies des Gardes du
Corps , par laquelle S. M. ordonne qu'à com
mencer du 20. du présent mois de Janvier ,
il
sera réformé cinq Gardes par Brigade , à raison
de trente par Compagnie , et au total cent vingt
Gardes, &c.
AUTRE du même jour , pour réduire la
Compagnie des Grenadiers à cheval du Roy , a
cent trente Maîtres , avec quatre Tambours.
AUTRE du même jour , pour retranches
les cinquante Mousquetaires à cheval , dont
chacune des premiere et seconde Compagnies
avoient été augmentées par Ordonnance du pre-
mier Mars 1734.
AUTRE du même jour , pour réduire les
trente Compagnies ordinaires du Régiment des
Gardes Françoises , à cent dix hommes chacune ,
Bon compris les Officiers.
I.Vol
AUTRE
JUIN.
1737.
seize Compagnies de la Gendarmerie.
1235
AUTRE du même jour , pour réduire les
AUTRE du même jour , pour réduire les
Compagnies des Régimens d'infanterie Iklan-
coise à trente hommes , et composer les Batail-
lons de dix - sept Compagnies , de même que les
Bataillons François,
AUTRE du même jour , contenant 44. pa
ges , portant Reglement pour le payement des
Troupes de Sa Majesté , par laquelle il est dit
que S. M. ayant fait expédier ses ofdres pour le
licenciement et les réductións qu'elle s'est déter-
minée de faire dans ses Troupes , tant Françoises
qu'Etrangeres , à l'occasion de la Paix ; et vou-
Tant expliquer ses intentions sur la composition ,
après la réforme , et l'entretenement de celles
qu'elle a résolu de conserver ; elie a ordonné et
ordonne l'execution de tous les Articles conte-
nus en ladite Ordonnance , &c.
AUTRE du 1o. pour faire
retournee
dans les Provinces et Generalités du Royaumë
Jes Cavaliers , Dragons et Soldats François qui
seront réformés , et leur défendre de commettre
aucun désordre ni de passer dans les Pays Etran-
gers , sur les peines qui y sont contenues.
SENTENCE de Police du 11. qui renouvelle
les défenses à tous Boulangers , Meûniers , Bras-
seurs et autres , d'acheter aucuns Grains et Fa-
rines , et à tous Fermiers , Laboureurs et autres,
d'en vendre par montre , dans l'étenduë de huit
lieues aux environs de Paris..
1. Vol.
I iij
ARREST
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se Itveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sieurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
ge
JUIN 1737.
I iij
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé caillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés eux
aux Jeux de Pair-ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour, les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I. Vol.
Qu'on
1240 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 15. qui proroge jusqu'au
dernier Décembre 1737. le délai accordé par ce-
lui du 17. Janvier 1736. pour la modération des
droits de Marc d'Or , Sceau et autres frais de
Provisions des Offices qui se leveront , vacans
aux Revenus Casuels , pendant le courant de la-
dite année.
AUTRE du 22. qui ordonne que les Ser-
ges de Crevecœur , d'Hardivilliers et des autres
Manufactures , qu'il a été d'usage jusqu'à pré-
sent de vendre à la piece , pouront à l'avenir
être vendues à l'aune et sur le pied de l'auna-
ge que contiendra chaque piece desdites Ser-
ges.
AUTRE du même jour , qui confisque plu-
sieurs Pieces d'Etoffes de Soye de Fabriques
étrangeres ou du Royaume , saisies tant dans
le Magasin des sicurs Viot et Desfossez , Asso-
ciés , que dans celui du sieur Bougier , faute de
marques ou plombs de Fabrique ; et les con-
damne en dix livres d'amende , pour chacune
Piece d'Etoffes saisies.
AUTRE du même jour , portant confisca-
tion de plusieurs Pieces et Coupons d'Etoffes de
Soye de fabriques étrangeres ou du Royaume ,
saisies dans le Magasin du sieur Charles - Louis
Chauvin , Marchand de Soye en gros , faute de
marques ou plombs de Fabrique , et le condam-
ne en dix livres d'amende pour chaque Piece-
d'Etoffes saisies.
SENTENCE de Police du 25. qui condam
me le sieur Menin en trois mille livres d'amen-
I. Vol
de
JUIN 1737.
I. Vol.
1241
de pour avoir donné à jouer dans sa maison au
Jeu de Pharaon , et le sieur de Colmenil en millo
livres d'amende pour y avoir été trouvé taillant
audit Jeu.
LETTRES Patentes du Roy , sur le Re
glement fait et arrêté le 15. Janvier 1737. pour
la Teinture des Etoffes de Laine , et des Laines
servant à leur fabrication , contenant ledit Re-
glement 93 Articles , dont S. M. ordonne l'e-
xecution. Données à Versailles le 29. Janvier
1737. Registrées en Parlement le 12. Mars
suivant.
ORDONNANCE de Police du 30. qui
fait défenses à tous Limonadiers, Marchands de
Vin et autres , de souffrir que l'on joue chés cux
aux Jeux de Pair -ou-non , aux Dés et autres
Jeux de hazard , sous peine de trois mille livres
d'amende , et de mille livres d'amende aussi
contre chaque Particulier qui y sera trouvé jouant
auxdits Jeux.
ARREST du Parlemens , au sujet d'un Mé
moire imprimé & c.
Ce jour , les Gens du Roi sont entrés , et Maî-
tre Pierre Gilbert de Voisins , Avocat dudit Sei-
gneur Roy , portant la parole , ont dit : Qu'il
ne leur est pas permis de se taire sur un Mé-
moire imprimé du sieur Marquis de Bauffre-
mont , qui d'ailleurs leur seroit étranger par son
objet , dont la connoissance est soumise à un
autre Tribunal ; mais dans lequel ils trouvent
ce qui interesse le plus nécessairement leur mi-
sistere , et ce qui apartient le plus immédia
tement à l'autorité de la Cour.
I iiij
Qu'on
•
1242 MERCURE DE FRANCE
Qu'on y lit à la page 7. que la Dame Mar-
quise de Bauffremont est effectivement Heleine
de Courtenay, Princesse du Sang Royal de France
:
et que comme si ce n'étoit pas assés qu'un tel
Mémoire eût été hazardé au fond d'une Pro-
vince à l'extrémité du Royaume ; un Ecrivain
qui met au jour des feuilles successives sous le ti-
tre, d'Observations sur les Ecrits modernes , vient
de lui donner un nouveau degré de publicité à
Paris jusque sous nos yeux , par l'extrait qu'il
en a fait dans ses feuilles du 12. Janvier , dans
lequel il a transcrit les propres termes de l'èn-
droit où est employée cette qualité.
Qu'ils ne s'étendront point sur ce qui se passa
en la Cour au commencement du dernier siecle,
aux premieres tentatives de quelques personnes
de la maison de Courtenay , pour s'arroger
s'il eût été possible , quelque commencement de
possession d'une pareille qualité. Que les mo-
numens qui reposent dans le Greffe de la Cour
en font foy : et que ce qu'on y voit à ce sujet
sera à jamais une preuve mémorable du zele de
ceux qui exerçoient alors le Ministere dont ils
at l'honneur d'être revétus..
Mais que ni la mémoire des choses passées ,
ni l'exemple de leurs Prédécesseurs , ne sont né-
cessaires pour authoriser une démarche qu'ils
ne pouroient obmettre , sans manquer au plus
sacré de leurs devoirs , et sans être responsables
de leur silence , au Roi , à l'Etat et à la Cour.
Qu'on ne peut trop sentir de quelle extrême
conséquence il est , que le caractere auguste qui
distingue en France les Princes du Sang Royal,
ne puisse au gré de l'opinion et des conjectures ,
devenir l'objet d'ambitieuses prétentions Qu'au-
trement , plus une Maison seroit illustre , plus
les
JUIN.
17278
dans la nuit des temps reculés
T243
les traces de son ancienne origine se perdroient
quence pour d'autres Maisons.
et plus il lui
seroit facile de se laisser éblouir aux idées Ala-
teuses , dont la temérité ou l'artifice cheiche-
roient à repaître son ambition , et que lors mê-
me qu'elle viendroit à s'éteindre , son éxemple
demeureroit toujours capable de tirer à consé
Que ce sont ces considérations , dont la Cour
sçaura mieux peser encore toute l'importance ,
qui leur ont dicté les Conclusions qu'ils ont
l'honneur de lui remettre
et le sujet.
Mémoire et lesdites Feuilles.
avec le Mémoire ,
et les Feuilles imprimées qui en font l'occasion:
Lequel Mémoire , et lesquelles Feuilles ils ont
laissé sur le Bureau , avec les Conclusions par
écrit du Procureur Général du Roi contre ledit
:
Eux retirés Vú l'imprimé intitulé : Mémoire
pour Messive Louis Benigne , Marquis de Baufre-
mont , c. contenant quinze pages , ensemble
les Feuilles intitulées: Observations sur les Ecrits
modernes, Lettre quatre vingt-dix-neuf, commen.
çant à la page cent-quatre- vingt- treize , et fi-
nissant à la page deux - cent-seize , dattées à la
fin , le douze Janvier mil sept-cent trente-fept. A
Paris , chés Chaubert : Conclusions du Procu-
1eur Général du Roi, La matiere sur ce mise en
délibération.
La Cour a arrêté et ordonné que les termes
Heleine de Courtenay , Princesse du Sang Royal
de France , étant au bas de la page sept dudit
Mémoire , demeureront rayés et suprimés , et
que les Feuilles intitulées
Observations sur les
Ecrits modernes , Lettre quatre-vingt- dix-neuf ,
lesdites Feuilles commençant à là page cent-qua-
I. Vol.
Ly
tre
244 MERCURE DE FRANCE
tre-vingt-treize , et finissant à la page deux-
cent-seize , dattées à la fin, le douze Janvier mil-
sept-cent-trente-sept. A Paris , chés Chaubert , se-
font et demeureront suprimées ; Fait inhibitions
et défenses , tant audit de Bauffremont qu'à tous
autres , d'employer lesdits titre et qualité pour
ladite Heleine de Courtenay , et notamment à
tous Libraires et Imprimeurs et tous autres , de
les employer dans aucuns Livres ou Imprimés ,,
et pareillement d'imprimer , vendre et cébiter ,
ou autrement distribuer tant lesdites Feuilles que
ledit Mémoire , avec les termes cy- dessus ; le
tout à peine d'être procedé extraordinairement
contre les Contrevenans , Enjoint à tous ceux
qui auroient des Exemplaires dudit Mémoire ,
ou desdites Feuilles , de les aporter au Greffe de
la Cour , pour être lesdites Feuilles suprimées ,
et les termes cy- dessus rayés dudit Mémoire..
Ordonne en outre que Copies collationnées du
présent Arrêt, seront envoyées dans les Baillia-
ges et Sénéchaussées du Ressort pour y être lû ,.
publié et registré : Enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roi, d'y tenir la main , et
en certifier la Cour dans le mois. Fait en Par-
lement le sept Février mil- sept-cent trente-sept .
Signé YSABEAU..
ORDONNANCE du Roi , du 11. au sujet
des Deserteurs des troupes des Isles Françoises.
de l'Amérique , par laquelle il est dit que Sae
Majesté voulant exciter de plus en plus ses Su-
jets des Isles Françoises de l'Amérique à arrê-
ter les Deserteurs des troupes qu'Elle y entre-
tient , E le a ordonné et ordonne que par le Tré-
sorier general de la Marine il sera payé , sut-
les ordonnances des Intendans ou Commissai
I. Vola
IRE
JUIN.
I. Vah
1737.
1245
res ordonnateurs auxdites Isles , la somme de
cent livres pour chaque deserteur desdites trou-
pes , à celui ou à ceux qui en auront fait la cap-
ture , et l'ameneront.
DECLARATION du Rey , qui regle la for
me en laquelle les Procurations pour résigner
les Bénéfices doivent êtres faites. Donnée à Ver-
sailles le 14. Février registrée en Parlement
le 13. Mars.
ARREST du 15. qui commet le sieur de
Saint Contest de la Chataigneraye , Maître des
Requêtes , pour défendre , en qualité de Procu-
reur General , aux demandes en cassation des
jugemens de competence..
AUTRE du 17. par lequel il est dit que le
Roi ayant été informé de ce qui s'est passé dan's
la Ville de Douay , à l'occasion de la mort d'un
Chanoine du Chapitre de S. Amé ; S. M. au-
roit jugé à propos de se faire rendre un compte
éxact de cette affaire , dont l'importance lui a
paru mériter son attention à quoy voulant
pourvoir , Sa Majesté étant en son Conseil , a
ordonné et ordonne que les déliberations capi-
tulaires du Chapitre de S. Amé , concernant le
dit Chanoine, et les Ordonnances 'en Jugement ,
rendues à son égard , ensemble les Apellations
simples ou comme d'abus , si aucunes en ont
été interjettées seront incessamment remises en-
tre les mains du sieur d'Argenvilliers , Secretaire
d'Etat , pour y être pourvû par Sa Majesté
ainsi qu'il apartiendra , sur le compte qui lui
sera rendu desdites pieces. : Sa Majesté réservant
à sa Personne la connoissance de cette affaire,
Evj
cife
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou- .
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis ,
ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre-vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt- six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
né à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par la grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , S -
LUT. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très- cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à ce nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val..
LEB
JUIN.
1. Vol
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettres
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à-présent et à l'avenir , nul et comme´non ave--
au , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes . Si
donnons en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand - Con
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstant
tous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré-
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogeons par ces Pié
sentes , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir
;
et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce}
à cesdites Présentes Donné , &c .
Lu , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud t Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURN A'Y.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars,
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Ports de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
AUTRI
248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires..
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Quvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, et
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit:
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément , sous
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains ; et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas c , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
sous silence.
a Cour en jugera comme eux , si elle
seulement ce qui regarde diverses
ont nommées dans cette Feuille,
ent compromises , mais encore
de dangereux pour le Pablic,
n présente des esprits sur les af
Laires
JUIN 1737.
Y249'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre ..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité ses
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne , n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur connoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à cette These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnaissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar--
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être :
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout t
la fermeté inébranlable de la France .
ral dans l'ordre de la Puissance sp
τί
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus susce
´ment à maintenir la supériorité du C
Vole
•
•
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partic
principale et essentielle de l'institution de 1 Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas.
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elie réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi--bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutemë
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31.
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que laditt
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoine
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
I. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
Les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
lu , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , et
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal - Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal- Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
POrdonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M: a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
11252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crû des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada er
à l'Isle- Royale..
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du cru des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres
crites.
ORDONNANCE DU ROY du ro. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
gerie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant ,
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
La perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris
Etrangers.
suit.
par
AUTRE du 5. May , dont la tencur
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
u par Sa Majesté le 9. Décembre 1731. par
1. Vol.
les
lequel
JUIN.
I. Fol
+1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus ,
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , et
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, & c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy ajugé à propos de suprimer par son
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain-
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excirent une nouvelle émotion dans les esprits:
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori-
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
ledit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon ,second Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , &c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
et autres.
LETTRES
1254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran-
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
-que
JUIN.
1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
qu'il Nous plairoit regler ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ace Nous mouvans ', de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
erie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me,Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très- expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
ctuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause ,
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
*iaux
7254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren .
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
puisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
1. Vol.
que
JUIN..1737.
J. Vol.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en gypte : mais
comme ledit sicur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très- humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous p'airoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter dedit sieur Meiffen , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES ,
et autres
ice Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vu le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre- Scel de notre Chancel-
crie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
tuire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
tiaux
1246 MERCURE DE FRANCE
circonstances et dépendances , et icelle interdi-
sant à toutes ses Cours et autres Juges , jusqu'à
Ce qu'autrement par Elle il en ait été ordonné.
ORDONNANCE du Roi du 25. concernant
la réduction des Compagnies de Grenadiers
en faveur de ceux des Grenadiers qui se trou-.
veront déplacés par le retranchement porté par
l'ordonnance du 8. Janvier dernier , et entrenus
avec leur même paye jusqu'à ce qu'ils rentrent
dans les Compagnies d'où ils seront sortis , ou
qu'ils montent aux grades qui leur seront ac-
cordés suivant leurs talens et bonne conduite.
ARREST du 26. portant qu'Antoine Hog-
guer sera tenu de défendre dans huitaine , à la
demande du Controlleur des bons d'Etats con
tre lui , en restitution de neuf millions deux cent
quatre- vingt-dix mil cinq cent quatre-vingt-six
livres d'une part , en rentes sur les Tailles , et
de neuf cent quarante-quatre mille livres , d'au-
tre , en argent , comme indûement par lui sur-
prises , sinon qu'il sera fait droit.
EDIT DU ROY, portant supression de
la Charge de Garde des Sceaux de France. Don
Lé à Versailles au mois de Février 1737.
LOUIS par Ia grace de Dieu Roy de Fran-
ce et de Navarre ; à tous présens et à venir , SA-
IU T. Les Sceaux de France étant à présent en
nos mains , nous avons crû que rien n'étoit plus
convenable au bien de notre Service et à celui
"du Public , que d'en remettre la garde et l'éxer-
cice à notre très-cher et féal Chevalier Chance-
Tier de France. A ces causes , et autres à cẹ nods
mouvans , de l'avis de notre Conseil , et de no-
I. Val.
JUIN.
1737.
1247
tre certaine science , pleine puissance et autor té
Royale , nous avons éteint et suprimé , étei-
gnons et suprimons par ces Présentes , signées
de notre main , les titre , état et Office de Garde
des Sceaux de France , rétabli par nos Lettreg
Patentes du mois d'Août 1727. Voulons qu'i-
celles et tout leur contenu , soit et demeure dès-
à- présent et à l'avenir , nul et comme non ave--
nu , ainsi que toutes les clauses et dispositions
contenues en icelles en vertu des Présentes. Si
donuous en mandement à nos amés et feaux
Conseillers , les Gens tenans notre Grand- Con-
seil , que ces Présentes il ayent à faire lire et re-
gistrer , pour le contenu en icelles être gardé et
observé selon sa forme et teneur , nonobstanť
fous Edits , Déclarations , Lettres Patentes , Ré
gfemens et autres titres à ce contraires , auxquels
nous avons dérogé et dérogcons par ces Pié
senies , pour ce regard seulement ; car tel est no-
tre plaisir , et afin que ce soit chose ferme et
stable à toujours , nous avons aposé notre Sce
ă cesdites Présentes Donné , &c.
Lú , publié en l'Audience du Grand- Conseil du
Roy et enregistré ès Registres dudit Conseil , pour
être gardé, observé et ex cuté selon sa forme et te-
neur , suivant l'Arrêt dud 1 Conseil de ce jourd'hui
21. Février 1737. Signé , TOURNAY.
Registré au Parlement le 7. Mars suivant.
REGLEMENT signé du Roy, du 2. Mars
Sur ce qui doit êre observé à l'égard des Equi
pages des Navires qui partent des Pòrts de Pro-
vence , et au sujet des Passagers qui s'y embar
quent , par raport aux Expéditions des Patentes
de santé.
1. Vol
AUTRI
T248 MERCURE DE FRANCE
AUTRE du même jour , concernant les
Equipages des Bâteaux et autres Bâtimens qui
naviguent seulement dans le Port et à la Baye
de Marseille.
ARREST du 3 qui ordonne l'èxecution de
celui du 12. Janvier 1734 portant établissement
de la Commission pour le Jugement en dernier
ressort des comptes et affaires concernant l'E-
conomat et les Biens des Religionnaires fugitifs,
avec augmentation de Commissaires.
AUTRE du 18. qui ordonne la supression
de plusieurs Ouvrages saisis chés le nommé
Redé , Imprimeur à Amiens , surpris en contra
vention aux Reglemens de Police , et qui le dé-
clare déchu de la qualité d'Imprimeur.
ARREST du Parlement , au sujet d'une
Feuille imprimée et d'une These de Théologie.
CE JOUR les Gens du Roy sont entrés, er
Maître Pierre Gilbert de Voisins , Avocat du-
dit Seigneur Roy , portant la parole , ont dit :
Qu'une Feuille clandestine , imprimée sans
autre t tre que celui de Suite du Suplément ,
la date du 15. Janvier dernier , est tombée depuis
peu entre leurs mains, et que comme ils ont apris
qu'elle étoit répandue dans le Public , ils n'ont
pas crû , à la vue de ce qu'elle contient , pouvoir
la passer sous silence .
Que la Cour en jugera comme eux , si elle
considere non-seulement ce qui regarde diverses
Personnes qui sont nommées dans cette Feuille,
et qui s'y trouvent compromises , mais encore
plus ce qu'elle a de dangereux pour le Pablic ,
dans la disposition présente des esprits sur les af
L.. Vole
Sous
faires
JUIN 1737.
Le Volo
Y'49'
faires de l'Eglise , et ce qu'elle renferme de faits;,
d'expressions et de discours , capables de porter
à son dernier période un fu qui ne se fait que
trop sen ir , et que l'on ne doit chercher qu'à
éteindre..
Qu'ils croyent donc n'avoir besoin que de la
mettre sous les yeux de la Cour pour l'engager
à la proscrire ; et pour trouver dans son autorité
respectable un préservatif qui fasse sentir au Pa-
blic , combien il doit être en garde contre tout:
ce qui peut tendre à de tels excès.
Que pour ne pas multiplier sans nécessité sés
Arrets , ils auront l'honneur de lui rendre comp-
te en même-temps d'une These soutenue dans
la Faculté de Théologie de Rheims , qui , quoi-
qu'un peu plus ancienne n'est cependant aussi
parvenue que depuis peu à leur counoissance.
Qu'ils n'ont pas lieu de reprocher à certe These
d'être tombée en tout dans un égal oubli de nos
Maximes. Qu'ils y en reconnoissent au contraire
plusieurs exprimées d'une maniere que l'on ne
sçauroit qu'aprouver. Mais qu'il est d'autres ar-
ticles sur lesquels elle s'en écarte trop pour être:
excusée ; et que ce mélange aujourd'hui trop
ordinaire , ne doit pas la mettre à couvert de la
Censure de la Cour.
Que la Cour sçaura mieux le connoître
le
discerner par ses lumieres, que par toute la discus-
sion dans laquelle ils pouroient entrer sur cette
These; qu'ils se bornent à un seul exemple choisi
entre ce qu'ils y ont remarqué de plus suscepti
ble de conséquences dangereuses.
Que la Cour sçait quelle a été de tout temps
la fermeté inébranlable de la France , non-seule
´ment à maintenir la supériorité du Concile géne
ral dans l'ordre de la Puissance spirituelle , mais
encore
1250 MERCURE DE FRANCE
encore à le regarder comme faisant une partie
principale et essentielle de l'institution de l Eglise.
Que la Cour n'a pas sans doute oublié ce qu'elle
a fait à ce sujet en diverses occasions. Que quoi-
que persuadée , comme il est vrai , que les Con-
ciles géneraux ne sont pas toujours nécessaires
pour terminer toute question qui s'éleve , soit
sur la Discipline ou sur la Foi , elle n'en a pas été
moins en garde contre tout ce qui pouvoit insi-
nuer qu'ils ne sont nécessaires en aucun cas .
Que c'est pour cela qu'en 1663. par un Arrêt
solemnel , elle réprouva cette proposition dans
une These de Théologie : Concilia generalia ad
extirpandas bareses , schismata et alia incommoda
tol enda , admodum sunt utilia , non tamen abso-
lutè necessaria. Que dans la These d'aujourd'hui
la même proposition se trouve en d'autres ter-
mes , mais , qui loin d'en affoiblir le sens , sem-
blent plutôt y donner plus de force et d'énergie :
Congregare Concilia magna utilitatis , nullius ab-
soluta necessitatis En faut-il davantage pour fon-
der les Conclusions qu'ils ont prises pour la su
pression de cette These , aussi- bien que de la
Feuille imprimée , et qu'ils laissent à la Cour ,
avec un Exemplaire de chacun de ces deux Ecrits?
Eux retirés : Vû par la Cour ladite Feuille im
primée sous le titre , Suite du Suplément , 15.
janvier 1737. ensemble ladite These soutene
dans la Faculté de Théologie de Rheims le
31-
Décembre 1736. par Charles Batteux , Pro ma-
jore ordinarii , et les Conclusions par écrit du
Procureur General du Roy sur lesdits Ecrits. La
matiere sur ce mise en Déli eration ,
LA COUR a arrêté et ordonné que ladit☛
Feuille et ladite These seront suprimées , Enjoint
à tous ceux qui en auroient des Exemplaires , de
J. Vol.
jes
JUIN.
1737.
1251
les aporter à cet effet au Greffe de ladite Cour !
Fait inhibitions et défenses à tous Imprimeurs ,
Libraires , Colporteurs et autres de quelque état,
qualité et condition qu'ils soient , de vendre, dé-
biter ou autrement distribuer aucuns Exemplaires'
de ladite Feuille et de ladite These , à peine de
punition exemplaire; et que Copies collationnées
du présent Arrêt seront envoyées dans les Bail-
liges et Sénéchaussées du Ressort , pour y être
Iû , publié et registré , enjoint aux Substituts du
Procureur General du Roy d'y tenir la main , er
d'en certifier la Cour dans un mois. Fait en Par-
lement le 18 Mars 1737. Signé DUFRANC.
ARREST du 19. Mars , qui exempte des
droits de Massicault , et modére à moitié les au-
tres droits dûs à Rouen et au Havre , sur les
Vins du Languedoc et de Roussillon , qui seront
destinés pour la provision de Paris.
ORDONNANCE DU Roy du 30. par la
quelle il est dit que S. M. desirant mettre sous
le Titre de Royal- Pologne , le Regiment de Ca-
valerie qui est sous celui du Roy Stanislas , et
voulant qu'il prenne à l'avenir dans la Cavalerie
un rang convenable à ce Titre , S. M. a ordonné
et ordonne qu'il portera à l'avenir le nom de
Royal-Pologne, et prendra rang dans les Garni
sons,Quartiers Campemens, Armées, et par- tout
ailleurs , après le Regiment Royal de Carabi
niers , et avant tous les autres qui sont actuelle-
ment sur pied ; nonobstant ce qui est porté par
l'Ordonnance du 24. Décembre 1725. qui avoit
fixé le rang de ce Regiment après celui de la
Reine , et toutes autres Ordonnances et Regle
mens à ce contraires , auxquels S. M : a dérogé
et déroge par ladite Ordonnance.
1252 MERCURE DE FRANCE
ARREST du 2. Avril, Portant Exemption
des Droits du Domaine d'Occident , pour les
Marchandises du crú des Isles du Vent de l'A-
merique , qui seront transportées en Canada et
à l'Isle- Royale.
AUTRE du même jour, Qui permet aux Né-
gocians de Marseille d'introduire , pour la con-
sommation du Royaume , les Caffés provenant
du crû des Isles Françoises de l'Amerique , en
payant dix livres du cent pesant , et d'en en-
voyer à Geneve en transit , sans payer aucuns
Droits ; le tout en observant les formalités pres.
crites.
ORDONNANCE DU ROY du 10. Avril,
Qui enjoint aux Officiers des Troupes d'Infan-
terie , Cavalerie et Dragons , de porter l'habit
uniforme pendant le temps qu'ils seront aux
Corps.
AUTRE du 23. Qui permet que les Bâti-
mens François soient adressés aux Négocians
Etrangers établis dans les Echelles du Levant
7
dans le cas où ils auront été fretés en entier par
des Etrangers.
ARREST du même jour , Pour faciliter
la perception des Arrerages des Rentes Viageres
acquises sur l'Hôtel de Ville de Paris par les
Etrangers.
AUTRE du 5. May , dont la teneur
suit.
LE ROY s'étant fait representer l'Arrêt ren-
du par Sa Majesté le 9. Décembre 1731, par
1. Vol.
lequel
JUIN.
I. Vola
1737
1253
lequel elle auroit ordonné la Supression d'une
feuille imprimée commençant par ces mots
Stephanus Josephus de la Fare ..... Episcopus
Dux Laudunensis , avec une Formule ordinaire
de l'Aprobation des Confesseurs , une Explica-
tion des Cas reservés au Pape ou à l'Evêque , er
des Avis adressés aux Confesseurs , Sa Majesté
auroit été informée que , contre le respect qui
est dû à cet Arrêt , on commençoit à répandre
dans le Public un Ouvrage imprimé sans nom
d'Imprimeur , sans Privilege ni Permission, qui
a pour titre , Ordonnance de M. l'Evêque Duc de
Laon,second Pair de France, &c.où il paroît qu'on
veut faire revivre et regarder comme subsistant,
ce que le Roy a jugé à propos de suprimer parson
autorité. Et S. M. s'étant fait rendre un comp-
te plus exact de cet Ouvrage, Elle auroit recon-
nu que l'exemple d'une pareille contravention
doit être d'autant moins toleré, qu'il est à crain--
dre que l'esprit qui regne dans cet Imprimé , et
la dureté des expressions dont il est rempli ,
n'excitent une nouvelle émotion dans les esprits :
à quoi étant nécessaire de pourvoir , pour as-
sûrer l'exécution des Arrêts émanés de l'autori
té du Roy , et éloigner tout ce qui peut troubler
la tranquillité publique , SA MAJESTE' E'TANT
EN SON CONSEIL , a ordonné et ordonne que
edit Ouvrage , imprimé sous le titre d'Ordon-
nance de M.l'Evêque Duc de Laon, secon¹ Pair de
France , &c. sera et demeurera suprimé , & c.
AUTRE du 21. Qui accorde un Délay
jusqu'au dernier Décembre 1737. pour le Con-
trôlle des Actes de Foy et Hommage , Décla-
rations et Reconnoissances aux Papiers Terriers
ft autres.
LETTRES
2254 MERCURE DE FRANCE
LETTRES PATENTES de Privilege exclu-
sif d'une Machine propre à battre les Grains ,
pour le sieur Meiffren.
LOUIS , par la Grace de Dieu, Roy de Fran
ee et de Navarre : A tous ceux qui ces presentes
Lettres verront , SALUT. Notre bien amé le
sieur Jean Baptiste Meiffren , Capitaine Garde-
Côte , et Inspecteur des Haras en Provence ,
Nous a fait exposer qu'il a inventé une Machine
propre à battre les Grains , laquelle a la pro-
prieté de battre beaucoup mieux les Gerbes que
le Fleau , qu'elle en rend la paille plus douce ,
et meilleure pour les Chevaux , en fait sortir tout
le grain , qu'elle crible et qu'elle vanne en même
temps qu'elle bat , & fait plus d'ouvrage avec
un seul homme qu'avec six des plus forts Bar-
teurs en Grange ; Que cette Machine agit par
le moyen d'un arbre vertical qui est mis en
mouvement par un ou plusieurs bras , auquel
an attache un ou plusieurs chevaux , selon l'é
tenduë que l'on veut lui donner ; que cet arbre
porte un rouet qui mene une lanterne , laquelle
fait tourner un arbre horizontal , lequel porte
des levées , qui rencontrant d'un cô é des basse-
cules , de l'autre des mentonieres , font lever des
pilons et facilitent l'écoulement du grain dans
une tremie : Que cette Machine sera très- utile ,
sur-tout en Provence , & dans les autres Pro-
vinces méridionales du Royaume , où on foule
le grain par le moyen d'un grand nombre de
chevaux , qui serviront utilement à d'autres tra-
vaux que d'ailleurs ceux de cette espece fati-
guent presque toutes les Jumens Poulinieres et
les font avorter, gâtent les jambes des Poulains,
les détruisent en partie , et empêchent qu'on
paisse tirer de bons chevaux de cette Province ;
I. Vol.
que
JUIN.. 1737.
1255
que même ce foulage avec des chevaux et des
jumens est défendu depuis long- tems , en Espa-
gne , en Italie , en Barbarie , en Egypte : mais
comme ledit sieur Meiffren perdroit tout le fruit
de ses travaux , et que les dépenses qu'il a faites
pour parvenir à perfectionner cette nouvelle Ma-
chine , tomberoient en pure perte pour lui , s'il
étoit permis d'en faire de pareilles ,
il Nous a
très-humblement suplié de lui en accorder fe
Privilege exclusif, pendant le nombre d'années
qu'il Nous plairoit regler ,
et desirant favora-
blement traiter ledit sieur Meiffren , et le re-
compenser de son aplication, et après avoir fait
examiner en notre Académie Royale des Scien-
ces , ladite Machine : A CES CAUSES , et autres
ace Nous mouvans , de l'avis de notre Conseil,
qui a vû le Certificat de notre Académie des
Sciences , ensemble le plan de ladite Machine cy
attaché sous le Contre-Scel de notre Chancel-
lerie , Nous avons , par ces Presentes signées de
notre main , permis et permettons audit sieur
Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , de faire
construire , vendre , débiter ,
et se servir de la
nouvelle Machine à battre les Gerbes , de son
invention dans toute l'étendue de notre Royau-
me , Pays, Terres, et Seigneuries de notre obéis-
sance , pendant le temps et espace de vingt an-
nées consecutives , à compter du jour et datte
des Presentes ; faisons très-expresses inhibitions
et défenses à toutes Personnes de quelque con-
dition et qualité qu'elles soient, de faire et cons-
Cruire , pendant ledit temps , aucunes Machines
à battre les Gerbes semblables à la presente , ni
de la contrefaire sans la permission par écrit du-
dit sieur Meiffren , ses Hoirs et ayans cause , à
peine de confiscation desd. Machines et des mate-
J. Vol.
riaux
1256 MERCURE DE FRANCE
riaux , outils , et ustenciles qui auroient servi à
leur fabrication ,
et de quinze cent livres d'a-
mende , aplicable un tiers à notre profit, un tiers
au profit du Sicur Meiffren , ses Hoirs et ayans
cause, et l'autre tiers au profit de l'Hôpital le
plus prochain du lieu où il sera contrevenu aux
Presentes. SI DONNONS EN MANDEMENT à nos
amés et feaux Conseillers les Gens tenans nos
Cours de Parlement , et à tous autres nos Of
ciers et Justiciers qu'il apartiendra , que du con-
tenu des Presentes ils fassent jouir et user ledit
sieur Exposant , ses Hoirs et ayans cause , plei-
nement et paisiblement, cessant et faisant cesser
tous troubles et empêchemens contraires. CAR
tel est notre plaisir. DONNE' à Versailles le tren-
tiéme jour d'Avril , l'an de Grace mil sept cent
trente sept , et de notre Regne le vingt- deuxié-
me , Signé , LOUIS , Et plus bas , par le Roy,
PHE PEAUX.
Nous croyons devoir ajoûter que , par les dif
ferens effets de cette Machine , il semble qu'elle
doit être extrémement composée , elle est ce-
pendant très-simple , peu couteuse et de presque
nul entretien. Depuis qu'elle a été vûë et exa-
minée par Messieurs de l'Académie des Sciences,
le sieur Meiffren l'a encore beaucoup perfection-
née , ensorte qu'il n'y a personne qui ne soit
frapé de cette Invention , une des plus utiles
qui ait encore été trouvée en ce genre.
Fermer
574
p. 1333-1335
LETTRE de M..... au sujet d'une Pendule curieuse.
Début :
Je ne doute pas, Monsieur, que vous ne soyez ravi d'aprendre que M. Lefaucheur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M..... au sujet d'une Pendule curieuse.
LETTRE de M..... au sujet d'une Pendule curieuse.
Je ne doute pas, Monsieur, que vous
ne soyez ravi d'aprendre que M. Lefaucheur,
Auteur de l'Horloge de Sens ,
ait fini la belle Pendule qu'il avoit com-
mencée en 1730. Je vais vous en tracer
ici une idée.
Cette Pendule bat et marque les Se-
condes , étant à grande vibration et à
poids ; sonne les Heures et les Quarts
sur doubles Timbres , et joue un Air de
Carillon , qui se change de lui - même; de
maniere que , durant la journée , on en-
tend differens Airs à toutes les heures ;
et que le lendemain les mêmes Airs ne
reviennent point aux mêmes Heures.
Elle marque l'Equation sur le même
Cadran, par deux Aiguilles des minutes ,
dont l'une marque le temps moyen , ou
égal , qui est celui de la Pendule , et
l'autre le temps vrai du Soleil, avec tou
te la justesse qu'on peut desirer ; cette
derniere Aiguille fait détendre la Son-
nerie , ce qui fait qu'elle est toujours
conforme au méridien lorsqu'elle sonne
II. Vol.
D iiij
T'Heure
1334 MERCURE DE FRANCE
l'Heure ; elle donne l'Heure et la Minu-
te que le Soleil se leve et se couche tous
les jours. Elle marque le dégré d'éleva-
tion du Soleil , en quel signe et en quel
mois il est , avec son quantième , lequel
Chiffre se remet de lui- même au premier
de chaque mois , lorsqu'il n'a que 28. ou
30. jours.
Les Révolutions Lunaires se font aussi
fort exactement , sans qu'on soit obligé
d'y toucher.
La Boëtte élevée sur son pied d'estal ,
porte plus de 9. pieds de haut , et est de
Marqueterie, plaquée de veritable Ecail-
le , travaillée avec soin , ornée de Bron-
zes dorés d'un goût nouveau et unique ,
n'ayant point été surmoulée ; ce sont
ces modelles mêmes qu'on voit sur la
Boëtte.
Le bas est suporté par quatre Dragons
aîlés , qui , passant au travers de quatre
Consolles , semblent soûtenir tout le
poids de la machine , laquelle se termi-
ne par un Tailloir contourné devant et
par les côtés sur le Tailloir est un beau
Cartouche , pour y mettre les Armes de
celui qui l'achetera.
Au dessus des Dragons et des Consol-
les sont des Enfans sur des nuées repre-
sentant les Arts liberaux .
II. Vol.
Les
JUIN.
1735.
1335
Les quatre Saisons en buste d'un fort
bon goût , forment les coins du haut de
la Boëtte , tenant chacune ses Attributs
Le Dôme, rempli d'ornemens de Bronze,
est couronné par un Phoenix sur un
bucher.
Au bas de la porte , qui a deux pieds
quatre pouces de haut , est une Figure
representant Pallas assise sur tous ses
symboles de la Guerre , avec un Enfant
à ses pieds qui plie des Etendarts et lie
des Javelots , pour signe de la Paix . Le
tout enfin est rempli de divers orne-
mens de Bronze très - bien cizelés et fort
recherchés , qui forment un beau coup
d'œil , outre que la Pendule est parfaite-
ment juste , et peu composée pour tant
d'effets differens.
L'Auteur se charge de l'entretenir tant
qu'il vivra , marque qu'il est bien sûr
de son Ouvrage. La Personne pour qui
il l'avoit commencée , est morte deux
ans avant la perfection de cetre Piece ,
qui vient d'être heureusement finic.
Je suis , & c.
A Paris ce 2. May 1737.
Je ne doute pas, Monsieur, que vous
ne soyez ravi d'aprendre que M. Lefaucheur,
Auteur de l'Horloge de Sens ,
ait fini la belle Pendule qu'il avoit com-
mencée en 1730. Je vais vous en tracer
ici une idée.
Cette Pendule bat et marque les Se-
condes , étant à grande vibration et à
poids ; sonne les Heures et les Quarts
sur doubles Timbres , et joue un Air de
Carillon , qui se change de lui - même; de
maniere que , durant la journée , on en-
tend differens Airs à toutes les heures ;
et que le lendemain les mêmes Airs ne
reviennent point aux mêmes Heures.
Elle marque l'Equation sur le même
Cadran, par deux Aiguilles des minutes ,
dont l'une marque le temps moyen , ou
égal , qui est celui de la Pendule , et
l'autre le temps vrai du Soleil, avec tou
te la justesse qu'on peut desirer ; cette
derniere Aiguille fait détendre la Son-
nerie , ce qui fait qu'elle est toujours
conforme au méridien lorsqu'elle sonne
II. Vol.
D iiij
T'Heure
1334 MERCURE DE FRANCE
l'Heure ; elle donne l'Heure et la Minu-
te que le Soleil se leve et se couche tous
les jours. Elle marque le dégré d'éleva-
tion du Soleil , en quel signe et en quel
mois il est , avec son quantième , lequel
Chiffre se remet de lui- même au premier
de chaque mois , lorsqu'il n'a que 28. ou
30. jours.
Les Révolutions Lunaires se font aussi
fort exactement , sans qu'on soit obligé
d'y toucher.
La Boëtte élevée sur son pied d'estal ,
porte plus de 9. pieds de haut , et est de
Marqueterie, plaquée de veritable Ecail-
le , travaillée avec soin , ornée de Bron-
zes dorés d'un goût nouveau et unique ,
n'ayant point été surmoulée ; ce sont
ces modelles mêmes qu'on voit sur la
Boëtte.
Le bas est suporté par quatre Dragons
aîlés , qui , passant au travers de quatre
Consolles , semblent soûtenir tout le
poids de la machine , laquelle se termi-
ne par un Tailloir contourné devant et
par les côtés sur le Tailloir est un beau
Cartouche , pour y mettre les Armes de
celui qui l'achetera.
Au dessus des Dragons et des Consol-
les sont des Enfans sur des nuées repre-
sentant les Arts liberaux .
II. Vol.
Les
JUIN.
1735.
1335
Les quatre Saisons en buste d'un fort
bon goût , forment les coins du haut de
la Boëtte , tenant chacune ses Attributs
Le Dôme, rempli d'ornemens de Bronze,
est couronné par un Phoenix sur un
bucher.
Au bas de la porte , qui a deux pieds
quatre pouces de haut , est une Figure
representant Pallas assise sur tous ses
symboles de la Guerre , avec un Enfant
à ses pieds qui plie des Etendarts et lie
des Javelots , pour signe de la Paix . Le
tout enfin est rempli de divers orne-
mens de Bronze très - bien cizelés et fort
recherchés , qui forment un beau coup
d'œil , outre que la Pendule est parfaite-
ment juste , et peu composée pour tant
d'effets differens.
L'Auteur se charge de l'entretenir tant
qu'il vivra , marque qu'il est bien sûr
de son Ouvrage. La Personne pour qui
il l'avoit commencée , est morte deux
ans avant la perfection de cetre Piece ,
qui vient d'être heureusement finic.
Je suis , & c.
A Paris ce 2. May 1737.
Fermer
575
p. 1376-1379
AUTRE.
Début :
Je suis Artisan peu prisé, [...]
Mots clefs :
Cordonnier
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
E suis Artisan pen prisé ,
Et dont le travail sédentaire
Dans le Monde est fort nécessaire ;
De dix Lettres mon nom se trouve composé ;
Mais en les arrangeant de diverse maniere ,
Et les combinant à propos ,
Vous tirerez de moi plus de quatre-vingt mots.
II. Vel.
Voyens
JUIN.
1377 1737.
Voyons; un grand Pays conquis par Alexandre,
Un animal imperceptible aux yeux ,
Ce qui plus presse un malheureux ,
Lorsque le Bourreau va le pendre ,
Monosillabe négatif ,
Certain côté du Ciel , lorgné par l'Astronome ,
Un Juif en terre englouti vif ,
Un Roy de Thebe , un Empereur de Rome ;
Un arbre aimant Montagnes et Forêts ,
Vieux mot François , qui Sale signific ,
Conjonction qui suit de près
La majeure en Philosophie ;
Une fille par voeu consacrée aux Autels ,
Et dont le voeu souvent fait la secrette peine ,
Un des sept Sacremens de l'Eglise Romaine ,
Et l'un des sept péches mortels ;
Un Métal qui rend tout facile ,
Qui de mainte Lucrece a fait mainte Lays ;
Berger que nous voyons dans le chaste Virgile
Chanter le goût de son Pays.
L'Ouvrage utile de l'Abeille ;
Une Liqueur agréable en Eté ,
Un Instrument à vent qui le Chasseur réveille ;
Et ce qui suit partout la libéralité ;
Du pesant Char du Temps une affligeante orniere,
Un os à six côtés , utile à plusieurs Jeux;
Certain signe de joye et qui pour l'ordinaire
Suit plus les jeunes que les vieux .
II. Vol. Fij Sorte
378 MERCURE DE FRANCE
Sorte de Piramide ronde ,
Trois filles que Junon hait ,
Ce qui jamais ne s'est vu dans le Monde ,
Et ce qu'un Jardinier avec grand soin détruit
Un Sinonime d'eau, pep commun dans la Prosej
Un Philosophe , un Prince avec le même nom
Un poids qui pese peu de chose ,
D'un Ouvrier aîlé la legere maison ;
Ce n'est pas tout, je trouve un terme de Musique;
Voix haute désignant mal, plainte, joye ou peur,
Un Ouvrier très- méchanique ,
Et du Pape un Ambassadeur ;
Ce qu'avec soin un bon Pilote évite
Ce qu'avec art cherche le Parasite
Plante de Marais et d'Etang ;
?
Un Patriarche d'un haut rang ,
Qui combla les Mortels d'une faveur insigne
Lorsqu'il leur fit venir la vigne ;
Je suis encor de femme un ornement ,
Et dans differens sens ce que le Roy de France
A quelques Grands donne pour récompense ,
Et le Grand Turc pour châtiment :
De tous sots bruits de Ville un Auteur anonime ;
Un cercle , Ouvrage en Vers d'un stile vif , su
blime ;
Ce qui souvent endort ou réveille un repas ;
Disgrace qu'un Genois craint plus que le trépas ,
Et dont, suivant l'avis qu'un Auteur sensé donne,
II. Vol.
11
JUIN
.
1379 1737.
Il sied mal de railler, personne ;
Sur le même mot vous trouvez
D'infinitifs François une bonne douzaine ,
De mots Latins une trentaine ;
C'en est fait , car je perds haleine ;
Devinez- moi si vous pouvez.
A Vitré.
E suis Artisan pen prisé ,
Et dont le travail sédentaire
Dans le Monde est fort nécessaire ;
De dix Lettres mon nom se trouve composé ;
Mais en les arrangeant de diverse maniere ,
Et les combinant à propos ,
Vous tirerez de moi plus de quatre-vingt mots.
II. Vel.
Voyens
JUIN.
1377 1737.
Voyons; un grand Pays conquis par Alexandre,
Un animal imperceptible aux yeux ,
Ce qui plus presse un malheureux ,
Lorsque le Bourreau va le pendre ,
Monosillabe négatif ,
Certain côté du Ciel , lorgné par l'Astronome ,
Un Juif en terre englouti vif ,
Un Roy de Thebe , un Empereur de Rome ;
Un arbre aimant Montagnes et Forêts ,
Vieux mot François , qui Sale signific ,
Conjonction qui suit de près
La majeure en Philosophie ;
Une fille par voeu consacrée aux Autels ,
Et dont le voeu souvent fait la secrette peine ,
Un des sept Sacremens de l'Eglise Romaine ,
Et l'un des sept péches mortels ;
Un Métal qui rend tout facile ,
Qui de mainte Lucrece a fait mainte Lays ;
Berger que nous voyons dans le chaste Virgile
Chanter le goût de son Pays.
L'Ouvrage utile de l'Abeille ;
Une Liqueur agréable en Eté ,
Un Instrument à vent qui le Chasseur réveille ;
Et ce qui suit partout la libéralité ;
Du pesant Char du Temps une affligeante orniere,
Un os à six côtés , utile à plusieurs Jeux;
Certain signe de joye et qui pour l'ordinaire
Suit plus les jeunes que les vieux .
II. Vol. Fij Sorte
378 MERCURE DE FRANCE
Sorte de Piramide ronde ,
Trois filles que Junon hait ,
Ce qui jamais ne s'est vu dans le Monde ,
Et ce qu'un Jardinier avec grand soin détruit
Un Sinonime d'eau, pep commun dans la Prosej
Un Philosophe , un Prince avec le même nom
Un poids qui pese peu de chose ,
D'un Ouvrier aîlé la legere maison ;
Ce n'est pas tout, je trouve un terme de Musique;
Voix haute désignant mal, plainte, joye ou peur,
Un Ouvrier très- méchanique ,
Et du Pape un Ambassadeur ;
Ce qu'avec soin un bon Pilote évite
Ce qu'avec art cherche le Parasite
Plante de Marais et d'Etang ;
?
Un Patriarche d'un haut rang ,
Qui combla les Mortels d'une faveur insigne
Lorsqu'il leur fit venir la vigne ;
Je suis encor de femme un ornement ,
Et dans differens sens ce que le Roy de France
A quelques Grands donne pour récompense ,
Et le Grand Turc pour châtiment :
De tous sots bruits de Ville un Auteur anonime ;
Un cercle , Ouvrage en Vers d'un stile vif , su
blime ;
Ce qui souvent endort ou réveille un repas ;
Disgrace qu'un Genois craint plus que le trépas ,
Et dont, suivant l'avis qu'un Auteur sensé donne,
II. Vol.
11
JUIN
.
1379 1737.
Il sied mal de railler, personne ;
Sur le même mot vous trouvez
D'infinitifs François une bonne douzaine ,
De mots Latins une trentaine ;
C'en est fait , car je perds haleine ;
Devinez- moi si vous pouvez.
A Vitré.
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576
p. 1399
Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres des Eaux et Forêts, &c. [titre d'après la table]
Début :
Legras, Libraire, au troisiéme Pilier de la Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Mémorial Alphabétique sur toutes les Matieres des Eaux et Forêts, &c. [titre d'après la table]
Legras, Libraire, au troisiéme Pilier de la
Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire,
Quay des Augustins , donnent avis qu'ils vien-
nent d'imprimer le Mémorial Alphabetique de tou-
tes les Matieres des Eaux et Forêts, Pêches et Chas.
ses , avec tous les Edits , Ordonnances , Déclara-
tions , Arrêts et Reglemens rendus jusqu'à pré-
sent sur icelles , ensemble les Modeles de tous les
Actes des Grands- Maîtres , des autres Officiers
des Eaux et Forêts , et des Instructions pour les
Gardes , &c. Volume in 4. Prix 9 livres.
M. Noel, ancien Conseiller du Roy , Greffier en
chef des Eaux et Forêts de la Table de Marbre ,
Auteur de cet Ouvrage , continuëra de donner ses
Consultations sur ces Matieres en sa Maison
Cloître S. Jean en Greve,
Grand'Salle du Palais, et Rollin, fils, aussi Libraire,
Quay des Augustins , donnent avis qu'ils vien-
nent d'imprimer le Mémorial Alphabetique de tou-
tes les Matieres des Eaux et Forêts, Pêches et Chas.
ses , avec tous les Edits , Ordonnances , Déclara-
tions , Arrêts et Reglemens rendus jusqu'à pré-
sent sur icelles , ensemble les Modeles de tous les
Actes des Grands- Maîtres , des autres Officiers
des Eaux et Forêts , et des Instructions pour les
Gardes , &c. Volume in 4. Prix 9 livres.
M. Noel, ancien Conseiller du Roy , Greffier en
chef des Eaux et Forêts de la Table de Marbre ,
Auteur de cet Ouvrage , continuëra de donner ses
Consultations sur ces Matieres en sa Maison
Cloître S. Jean en Greve,
Fermer
577
p. 1399-1401
Nouvelle Imprimerie à Lausanne, &c. [titre d'après la table]
Début :
Nous aprenons par des Lettres de Suisse, qu'il s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Nouvelle Imprimerie à Lausanne, &c. [titre d'après la table]
Nous aprenons par des Lettres de Suisse, qu'il
s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement
considérable, et qui fait bien honneur à ceux qui
en ont été les Promoteurs. Il y avoit dans cette
Ville quelques petits Libraires passablement
fournis de Livres du temps , et une Impri-
merie pour l'usage de l'Académie, Le sieur Marc
II. Vol.
G
Michel
1400 MERCURE DE FRANCE
Michel Bousquet , Imprimeur et Libraire
Genêve , ayant rompu les engagemens qu'il
avoit dans sa Patrie, et s'étant transplanté à Lau-
sanne , il y a formé le dessein d'une Imprimerie
et Librairie , pour le succès de laquelle tout a
concouru. La Seigneurie de Lausanne lui a fait
construire sur la Piace S. François , et dans une
belle exposition, un Bâtiment d'une grande éten
due et avec toutes les commodités qu'il pouvoit
souhaiter. Les Magistrats de Berne lui ont aussi
prêté un fonds assés considérable pour dix ans,
sans interêt , et outre ces secours , il s'est formé
une Societé qui s'est chargée d'avoir l'œil sur le
choix des Livres à imprimer , et sur la correc-`
tion et perfection de l'Imprimerie. Cette Socie-
té est composée de gens éclairés et d'un mérite
distingué , soit par leur naissance ou par leurs
talens. Elle paroît être formée sur le modele
de la Societé Palatine de Milan , et elle a grande
attention à ne faire imprimer que de bons Ou-
vrages , et à ce qu'il ne soit donné que de belles
Editions , qui seront ornées de Vignettes , Cuis-
de-lampe et Lettres grises d'un fort bon goût;il
y a un grand nombre de Presses qui roulent jour-
nellement , et il en est déja sorti de bons Livres.
Parmi ceux que la Société se propose de faire
imprimer incessamment , l'on compte 'Histoire
Romaine de Laurent Echard: celle de Naples , par
Giannone, une Traduction Françoise du curieux
Ouvrage du Marquis Maffei de Verone , qui a
pour titre Della Scienza Cavalleresca , et une
autre Traduction en la même Langue , d'une
Histoire de Suisse , écrire en Allemand par M.
Lauffer, Professeur en Eloquence et en Histoire
à Berne , homme d'un beau génie et qui mourut
il y a deux ans d'une chute à la fleur de son âge.»
II, Vel,
* Cette
Lettres.
JUIN 1737.
F401
Cette Histoire s'est trouvée manuscrite parmi
ses papiers ; et c'est M. Loys de Bochar , Profes➡
seur en Droit et en Histoire à Lausanne , l'un
des Interessés dans la Societé , qui s'est chargé
de la traduire et qui s'en acquirera bien, comme
on en peut juger par les Essais qu'il a donnés
de sa capacité , tels que les excellens Extraits
qu'il a fournis à la Bibliotheque Italique , et la
Dissertation qu'il a publiée en 1726. sur les En- ·
gagemens des Soldats , qui a été inscrée dans
les Tomes XI. et XII. de la Bibliotheque Ger-
manique.
Quant à M. Bousquet , il n'oublie rien pour
répondre aux vues de la Societé qui le dirige; il
est arrivé depuis peu de la Foire de Francfort ,
où il a fair emplerte des meilleurs Ouvrages .
d'Allemagne , il attend aussi des envois consi-
derables de Hollande , et il en a déja reçû plu-
sieurs de Paris. C'est ce que portent les Lettres
que nous avons vûës.
On y trouve aussi que le Mercure Suisse se conti-
nueavecbeaucoup de succès àNeufchâtel.Ce Mer- i
care,qui paroît tous les mois, a commencé en Dé-
cembre 1732. et n'a pas été discontinué jusqu'à
- présent. Nous en avons raporté quelques frag-
mens dans notre Journal du mois de Juin 1733 .
second volume , et nous aurions continué d'en
faire usage si nous avions cû occasion d'en voir
la suite il est surprenant que ceux de nos Li-
braires qui font commerce de Journaux Etran➡
gers , ne se soient pas encore avisés de faire ve- s
air celui-ci , qu'on dit contenir des Pieces cu
rieuses de Litterature , qui sont fournies par des
Sçavans du Pays,et entre autres par M.Bourguet,
Professeur en Philosophie à Neufchâtel , bom
me d'un mérite connu dans la République des
s'est fait depuis peu à Lausanne un Etablissement
considérable, et qui fait bien honneur à ceux qui
en ont été les Promoteurs. Il y avoit dans cette
Ville quelques petits Libraires passablement
fournis de Livres du temps , et une Impri-
merie pour l'usage de l'Académie, Le sieur Marc
II. Vol.
G
Michel
1400 MERCURE DE FRANCE
Michel Bousquet , Imprimeur et Libraire
Genêve , ayant rompu les engagemens qu'il
avoit dans sa Patrie, et s'étant transplanté à Lau-
sanne , il y a formé le dessein d'une Imprimerie
et Librairie , pour le succès de laquelle tout a
concouru. La Seigneurie de Lausanne lui a fait
construire sur la Piace S. François , et dans une
belle exposition, un Bâtiment d'une grande éten
due et avec toutes les commodités qu'il pouvoit
souhaiter. Les Magistrats de Berne lui ont aussi
prêté un fonds assés considérable pour dix ans,
sans interêt , et outre ces secours , il s'est formé
une Societé qui s'est chargée d'avoir l'œil sur le
choix des Livres à imprimer , et sur la correc-`
tion et perfection de l'Imprimerie. Cette Socie-
té est composée de gens éclairés et d'un mérite
distingué , soit par leur naissance ou par leurs
talens. Elle paroît être formée sur le modele
de la Societé Palatine de Milan , et elle a grande
attention à ne faire imprimer que de bons Ou-
vrages , et à ce qu'il ne soit donné que de belles
Editions , qui seront ornées de Vignettes , Cuis-
de-lampe et Lettres grises d'un fort bon goût;il
y a un grand nombre de Presses qui roulent jour-
nellement , et il en est déja sorti de bons Livres.
Parmi ceux que la Société se propose de faire
imprimer incessamment , l'on compte 'Histoire
Romaine de Laurent Echard: celle de Naples , par
Giannone, une Traduction Françoise du curieux
Ouvrage du Marquis Maffei de Verone , qui a
pour titre Della Scienza Cavalleresca , et une
autre Traduction en la même Langue , d'une
Histoire de Suisse , écrire en Allemand par M.
Lauffer, Professeur en Eloquence et en Histoire
à Berne , homme d'un beau génie et qui mourut
il y a deux ans d'une chute à la fleur de son âge.»
II, Vel,
* Cette
Lettres.
JUIN 1737.
F401
Cette Histoire s'est trouvée manuscrite parmi
ses papiers ; et c'est M. Loys de Bochar , Profes➡
seur en Droit et en Histoire à Lausanne , l'un
des Interessés dans la Societé , qui s'est chargé
de la traduire et qui s'en acquirera bien, comme
on en peut juger par les Essais qu'il a donnés
de sa capacité , tels que les excellens Extraits
qu'il a fournis à la Bibliotheque Italique , et la
Dissertation qu'il a publiée en 1726. sur les En- ·
gagemens des Soldats , qui a été inscrée dans
les Tomes XI. et XII. de la Bibliotheque Ger-
manique.
Quant à M. Bousquet , il n'oublie rien pour
répondre aux vues de la Societé qui le dirige; il
est arrivé depuis peu de la Foire de Francfort ,
où il a fair emplerte des meilleurs Ouvrages .
d'Allemagne , il attend aussi des envois consi-
derables de Hollande , et il en a déja reçû plu-
sieurs de Paris. C'est ce que portent les Lettres
que nous avons vûës.
On y trouve aussi que le Mercure Suisse se conti-
nueavecbeaucoup de succès àNeufchâtel.Ce Mer- i
care,qui paroît tous les mois, a commencé en Dé-
cembre 1732. et n'a pas été discontinué jusqu'à
- présent. Nous en avons raporté quelques frag-
mens dans notre Journal du mois de Juin 1733 .
second volume , et nous aurions continué d'en
faire usage si nous avions cû occasion d'en voir
la suite il est surprenant que ceux de nos Li-
braires qui font commerce de Journaux Etran➡
gers , ne se soient pas encore avisés de faire ve- s
air celui-ci , qu'on dit contenir des Pieces cu
rieuses de Litterature , qui sont fournies par des
Sçavans du Pays,et entre autres par M.Bourguet,
Professeur en Philosophie à Neufchâtel , bom
me d'un mérite connu dans la République des
Fermer
578
p. 1418
« Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...] »
Début :
Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : « Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier, donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux [...] »
Le sieur Charles Presle, Marchand Joüaillier,
donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux
pour les Services de fruits et desserts de tables ,
dans des goûts variés , dont la magnificence ,
l'ordre, l'arangement et le coup d'œil , font plai
sir , outre les doubles objets que les glaces repré-
sentent et qui produisent un effet très agréable. I
en a fourni à divers Seigneurs, Ambassadeurs et
autres Errangers , tous de differentes manieres et
à differens Services ; il en fait fabriquer actuel-
lement qui peuvent servir à toutes sortes de ta
bles , soir grandes , moyennes , ou petites , et en
12. ou 15. sortes de Desseins, selon comme l'on
veut afanger les Plateaux .
Il demeure rue S. Martin , au coin de celle de
Venise , à la bonne Foy. Ceux qui en voudrost
voir , peuvent aller chés lui. Il en vend et don-
ae à loyer à juste prix.
A l'égard des prix qu'ils se vendent, on ne peut
pas les déterminer,par raport aux augmentations
ou diminutions d'ouvrages et chantournemens
que les personnes qui en souhaitent désirent ; de
même des nombres et grandeurs de Plateau
proportionnés aux grandeurs des tables.
donne avis qu'il a inventé de nouveaux Plateaux
pour les Services de fruits et desserts de tables ,
dans des goûts variés , dont la magnificence ,
l'ordre, l'arangement et le coup d'œil , font plai
sir , outre les doubles objets que les glaces repré-
sentent et qui produisent un effet très agréable. I
en a fourni à divers Seigneurs, Ambassadeurs et
autres Errangers , tous de differentes manieres et
à differens Services ; il en fait fabriquer actuel-
lement qui peuvent servir à toutes sortes de ta
bles , soir grandes , moyennes , ou petites , et en
12. ou 15. sortes de Desseins, selon comme l'on
veut afanger les Plateaux .
Il demeure rue S. Martin , au coin de celle de
Venise , à la bonne Foy. Ceux qui en voudrost
voir , peuvent aller chés lui. Il en vend et don-
ae à loyer à juste prix.
A l'égard des prix qu'ils se vendent, on ne peut
pas les déterminer,par raport aux augmentations
ou diminutions d'ouvrages et chantournemens
que les personnes qui en souhaitent désirent ; de
même des nombres et grandeurs de Plateau
proportionnés aux grandeurs des tables.
Fermer
579
p. 1434-1438
de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
Début :
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : de l'[Is]le de Corse, &c. [titre d'après la table]
On écrit de la Bastie, Capitale de l'Ile de
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Corse, que la nouvelle qu'on y avoit reçuë au
commencement de ce mois , de la détention du
principal Chef des Rebelles en Hollande , don-
noit lieu d'esperer qu'ils ne tarderoient pas à
rentrer dans leur devoir , et que M. Rivarola ,
dès qu'il eut été instruit de la consternation re-
pandue à cette occasion dans leur Camp, leur
fit sçavoir que la Republique leur offroit une
Amnistie generale , et les mêmes conditions qui
leur avoient été accordées ci-devant par la mé-
diation de l'Empereur. Ils auroient peut- être ac-
cepté les propositions de M. Rivarola , si pen
dant qu'ils étoient occupés à déliberer sur le
parti qu'ils prendroient , il n'étoit arrivé à la
Plage d'Aleria deux Officiers , par lesquels leur
II. Vol.
principal
JUIN.
1737.
1435
principal Chef leur donnoit avis qu'à la verité
il étoit arrêté pour dettes à Amsterdam ,
mais
qu'il seroit bientôt mis en liberté , et qu'il ne
tarderoit pas à revenir dans cette Isle. Les assu-
rances données par ces deux Officiers ayant
changé absolument la disposition des Esprits ,
les Rebelles se sont avancés en grand nombre
jusqu'au pied du Glacis de la Bascie malgré le
feu du Canon et de la Mousqueterie , et ils ont
crié aux Sentinelles , qu'ils étoient déterminés à
souffrir plûtôt les dernieres extremités que de
rentrer sous la Domination de la Republique
et que s'ils perdoient leur Chef ,
à recouvrer leur liberté.
•
ils lui trou-
veroient bientôt un Successeur qui les aideroit
Leur aproche a causé une grande allarme
dans cette Ville , mais le grand feu qu'on a fair
sur eux les a obligés de retourner à leur Camp ,
où ils ont emmené sept ou huit Prisonniers qu'ils
ont fait dans un Poste avancé. Quoiqu'ils soient
demeurés dans l'inaction depuis qu'ils se sont
retirés , M. Rivarola a redoublé les Gardes de
tous les principaux Postes , et on travaille avec
d'autant plus de diligence à prendre des mesures
pour s'oposer à leurs entreprises , qu'on a été
informé que leur Chef étoit en chemin pour
revenir les joindre , et que le bruit vient même
de se repandre qu'il est déja arrivé dans cette
Isle.
Les Rebelles ont fait publier par son ordre
un Manifeste , dans lequel il entreprend de ré-
pondre au Decret qui le
II. Vol.
eclare Seducteur des
Peuples , Fauteur des troubles , ennemi de la
Republique , et coupable de haute trahison . Il
dit dans ce Manifeste , qu'il ne merite pas les
diverses denominations qui lui sont données
dans
1436 MERCURE DE FRANCE
dans le Decret de la Republique , puisque ce
n'est pas lui qui a suscité les troubles dont la
Corse est agitée , et qu'ils n'ont d'autre source
que les divers mécontentemens que des Habitans
de l'Isle pretendent avoir reçûs des Genois ; que
si ceux-ci avoient eu veritablement à cœur la
tranquillité de cette Isle , ils auroient fait éprou-
ver d'autres traitemens à un Peuple qui ne s'é-
toit soumis qu'à condition que la Republique
seroit fidelle à des Conventions stipulées sous la
garentie de l'Empereur , que pour lui il n'est
venu en Corse qu'après y avoir été apellé par
les Habitans , et que quand il seroit tel que les
Genois pretendent l'insinuer, la Providence ne
feroit en cette occasion à l'égard d'une Na-
tion oprimée que ce qu'elle a fait ci-devant en
faveur de plusieurs autres Peuples , lorsqu'elle
leur a envoyé des Liberateurs , dont on n'avoit
pas lieu d'attendre , d'abord les grands succès
qu'on a vus dans la suite.
Il ajoûte en finissant , qu'en vertu du pouvoir
que la Nation lui a donné , il défend aux Ge-
nois de demeurer en Corse sous peine de la vie ,
et il declare que les Corses ne conclûront point
La Paix avec la Republique , à moins qu'el
le ne renonce à la Possession de leur Isle , et
qu'elle ne leur restitue tout l'argent qu'elle en a
tiré par les impositions.
Les Lettres de Genes du 11. de ce mois, por
tent qu'on n'y a point encore reçu d'avis cer-
tain du retour du principal Chef des Rebelles
dans l'Isle de Corse , mais la plupart des lettres
de la Bastie marquent qu'on croit qu'il y est arri-
vé , parce que le Chanoine Orticone , et quel-
ques autres de ses Adherans se sont rendus pré-
cipitamment à Aleria
IL. Val
ONE
où l'on dit qu'il a de-
barqué,
JUIN.
1737.
1437
barqué. On a apris , par ces Lettres, qu'un déta-
chement d'environ trente hommes de la Garni-
son de la Place avoit tué quelques uns des Ou-
vriers qui travailloient aux Salines retablies par
les Rebeles , et que ces derniers avoient fait di
re à M. Rivarola qu'ils traiteroient les Sujets de
la Képublique avec la même rigueur qu'on trai-
tait les personnes attachées à leur parti. Les mê
mes avis portent que le bruit couroit que le fa-
meux Louis Ciaferri , un des anciens Chefs des
Rebelles étoit mort dans leur camp.
T
Les Lettres du 18. portent que l'inaction dans
laquelle se tiennent les Rebelles de Corse , don-
ne lieu de conjecturer que leur principal Chef
n'y est pas encore revenu , comme on l'avoit
publié. On a apris en dernier lieu qu'il regne
beaucoup de division parmi eux , que leurs dif-
ferends sont souvent suivis de voyes de fait ,
quelquefois de meurtres, mais que remplis d'ani-
mosité dans leurs querelles particulieres, ils sem
blent être toujouts prêts à les oublier et à se réu-
nir , dès qu'il s'agit de leur interêt commun.
Leur obstination à persister dans leur revolte a
déterminé le Senat à attendre des occasions plus
favorables pour les soumettre , et à se contenter
de songer à la conservation des Places qui sont
demeurées sous la Domination de la Republique..
Les Salines d'Aleria , que les Rebelles ont ré-
tablies , sont si abondantes qu'ils comptent d'en
tirer assés de sel , non seulement pour leur con-
sommation , mais encore pour en fournir aux
Etrangers. Ils ont découvert dans une Mine de
Fer , située aux environs d'Alizani , une Mine
qui leur produit beaucoup de ce Metal . Leurs
Chefs ont établi à Orena une Manufacture de
Cuir, par le moyen de laquelle ils seront en étag
II. Vol.
et
de
T438 MERCURE DE FRANCE
de se procurer plusieurs commodités que les
Etrangers leur faisoient acheter fort cher.
Fermer
580
p. 1789-1790
ENIGME.
Début :
Nous sommes deux brillantes Soeurs, [...]
Mots clefs :
Lunettes
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Ous sommes deux brillantes Soeurs
Que nos communes destinées
Tiennent l'une à l'autre enchaînées.
Rarement après nos faveurs
Nous voyons courir la Jeunesse
Il n'apartient qu'à la Vieillesse
D'en sçavoir goûter les douceurs.
Par une merveilleuse adresse
Nous ranimons un de ses Sens भ
Et lui faisons pénétrer mille choses ,
Qui , sans notre secours , lui seroient Lettres
closes.
Des témeraires jugemens
Nous ne redoutons point l'outrage ,
Et nous avons cet avantage
Malgré
1790 MERCURE DE FRANCE
Malgré notre fragilité ,
Que nous n'y perdons rien de notre pureté.
Par M. TARABASTANE , à Rouen.
Ous sommes deux brillantes Soeurs
Que nos communes destinées
Tiennent l'une à l'autre enchaînées.
Rarement après nos faveurs
Nous voyons courir la Jeunesse
Il n'apartient qu'à la Vieillesse
D'en sçavoir goûter les douceurs.
Par une merveilleuse adresse
Nous ranimons un de ses Sens भ
Et lui faisons pénétrer mille choses ,
Qui , sans notre secours , lui seroient Lettres
closes.
Des témeraires jugemens
Nous ne redoutons point l'outrage ,
Et nous avons cet avantage
Malgré
1790 MERCURE DE FRANCE
Malgré notre fragilité ,
Que nous n'y perdons rien de notre pureté.
Par M. TARABASTANE , à Rouen.
Fermer
581
p. 1790-1791
LOGOGRYPHE.
Début :
Noir plus souvent que blanc, rouge aussi quelquefois, [...]
Mots clefs :
Chapeau
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Oir plus souvent que blanc , rouge aussi
quelquefois ,
Utile au Pauvre , au Riche , aux Paysans , aux
Rois ,
Et fait d'assés drôle maniere ;
Sept Lettres font mon nom ; trois devant ,
derriere ,
Une seule este au milieu ,
Dont on se sert pour prier Dieu.
De mon tout composé , rejettez en arriere
La penultiéme et la derniere ,
Et lisez attentivement ,
yous verrez aussitôt un ornement d'Eglise
Usité quand on so'emnise
Office , ou bien enterrement.
trois
Otez le triolet , dont je formois ma tête ,
Reste deux , joignez - y le 6 et puis le 7 ,
Retranchés ci - dessus pour un mot en e muet:
Je suis ce qui souvent ne couvre qu'une bête ,
Chose utile pourtant aux Peuples d'Orient ,
Autant qu'elle peut l'être à ceux de l'Occident.
Jusqu'ici
A O UST. 1795 1737
}
Jusqu'ici mettez - vous l'esprit
à la torture
Tournez , retournez , renversez :
Ami , toujours vous trouverez
Que je ne suis que couverture.
1 3 4 assemblés , je suis une hauteur
Fort connue dans la Marine.
567 , gare la famine ,
Si l'on veut gêner mon humeur.
Car je m'irrite alors , je pousse , je détruis ,
Je renverse , j'abats , j'emporte , je ravage ;
Quand , dans un autre endroit , plus docile eş
plus sage ,
Je m'allonge et m'élance en tortueux replis.
Utile autant qu'aucun autre Etre ,
Et fort facile à deviner ,
Vous toucherez à moi , peut- être ,
Allant à table
pour diner.
Oir plus souvent que blanc , rouge aussi
quelquefois ,
Utile au Pauvre , au Riche , aux Paysans , aux
Rois ,
Et fait d'assés drôle maniere ;
Sept Lettres font mon nom ; trois devant ,
derriere ,
Une seule este au milieu ,
Dont on se sert pour prier Dieu.
De mon tout composé , rejettez en arriere
La penultiéme et la derniere ,
Et lisez attentivement ,
yous verrez aussitôt un ornement d'Eglise
Usité quand on so'emnise
Office , ou bien enterrement.
trois
Otez le triolet , dont je formois ma tête ,
Reste deux , joignez - y le 6 et puis le 7 ,
Retranchés ci - dessus pour un mot en e muet:
Je suis ce qui souvent ne couvre qu'une bête ,
Chose utile pourtant aux Peuples d'Orient ,
Autant qu'elle peut l'être à ceux de l'Occident.
Jusqu'ici
A O UST. 1795 1737
}
Jusqu'ici mettez - vous l'esprit
à la torture
Tournez , retournez , renversez :
Ami , toujours vous trouverez
Que je ne suis que couverture.
1 3 4 assemblés , je suis une hauteur
Fort connue dans la Marine.
567 , gare la famine ,
Si l'on veut gêner mon humeur.
Car je m'irrite alors , je pousse , je détruis ,
Je renverse , j'abats , j'emporte , je ravage ;
Quand , dans un autre endroit , plus docile eş
plus sage ,
Je m'allonge et m'élance en tortueux replis.
Utile autant qu'aucun autre Etre ,
Et fort facile à deviner ,
Vous toucherez à moi , peut- être ,
Allant à table
pour diner.
Fermer
586
p. 281-282
LOGOGRYPHE.
Début :
Huit lettres forment ma structure, [...]
Mots clefs :
Cheminée
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
Huit lettres forment ma structuré 》
Je suis un des beaux ornemens ,
Dont l'Ouvrier d'Architecture
Doit embellir ses bâtimens.
Les trois quarts de mon tout , vous offrent und
route ,
1. 2. 5. 3. ct 6. je suis un animal ,
Que le plus fin voleur redoute.
1. 3. 6. joints à 7. je suis un saint Régal
3. 6. 7. avec 8. le Heros de Virgile ;
6. 5. 1. 7. et 8. vous trouvez une Ville
Où se tint plus d'un saint Concile
La syllabe de mon milieu ,
Que joindrez avec la premiere ,
Ajoutant la lettre derniere ,
Vous donne un Prophete de Dieu.
4. 5. 6. et 7 une riche Carriere.
Trois lettres en un tout , il faut sans complia
mens ,
Vous déclarer pour moi , si n'avez plus de dents
Ce n'est pas tout ce que je sçais produire.
En 4 est d'un Ormeau ce qui de loin s'admire
Otez 8. changez 5. et trois
Sera l'Actrice en pleurs d'un Poëte François .
Eg
82 MERCURE DE FRANCE
En 5. est de l'Asie un très puissant Empire,
En 5. encor, l'objet où le beau Sexe aspire.
En pareil nombre est cet homme Thébain
Dont les filles mal avisées
Se trouverent certain matin
En Chauves-Souris déguiséts.
Quand j'aurai mis le Lieu qui tient les Saints
réclus ,
Et parlé d'un second degré de parentage
Et de l'endroit où Dévot Personnage
D'un certain châtiment fait le piteux usage
J'aurai tout dit et rien de plus.
Par un C.... d'auprès de Saumur
Huit lettres forment ma structuré 》
Je suis un des beaux ornemens ,
Dont l'Ouvrier d'Architecture
Doit embellir ses bâtimens.
Les trois quarts de mon tout , vous offrent und
route ,
1. 2. 5. 3. ct 6. je suis un animal ,
Que le plus fin voleur redoute.
1. 3. 6. joints à 7. je suis un saint Régal
3. 6. 7. avec 8. le Heros de Virgile ;
6. 5. 1. 7. et 8. vous trouvez une Ville
Où se tint plus d'un saint Concile
La syllabe de mon milieu ,
Que joindrez avec la premiere ,
Ajoutant la lettre derniere ,
Vous donne un Prophete de Dieu.
4. 5. 6. et 7 une riche Carriere.
Trois lettres en un tout , il faut sans complia
mens ,
Vous déclarer pour moi , si n'avez plus de dents
Ce n'est pas tout ce que je sçais produire.
En 4 est d'un Ormeau ce qui de loin s'admire
Otez 8. changez 5. et trois
Sera l'Actrice en pleurs d'un Poëte François .
Eg
82 MERCURE DE FRANCE
En 5. est de l'Asie un très puissant Empire,
En 5. encor, l'objet où le beau Sexe aspire.
En pareil nombre est cet homme Thébain
Dont les filles mal avisées
Se trouverent certain matin
En Chauves-Souris déguiséts.
Quand j'aurai mis le Lieu qui tient les Saints
réclus ,
Et parlé d'un second degré de parentage
Et de l'endroit où Dévot Personnage
D'un certain châtiment fait le piteux usage
J'aurai tout dit et rien de plus.
Par un C.... d'auprès de Saumur
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593
p. 2194
LOGOGRYPHE. A Mlle V.....
Début :
Iris, pour votre ajustement [...]
Mots clefs :
Épingle
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE. A Mlle V.....
LOGOGRYPHE..
I Ris ,
A Mlle V ......
Ris , pour votre ajustement
Je vous suis toujours nécessaire
Et mon parfait attachement
Eut toujours le don de vous plaire.
"
Si des sept pieds , qui font mon nom ,
Vous faites la dissection ,
Vous trouverez un Fleuve , un Prophete, une Ecorce,
Qui conserve du vin & le goût & la force ;
Piege que l'on tend aux Poissons ,
Pour les prendre par hameçons ;
Un meuble de Toilette ; une Ville de France ;
Ce que l'homme sur lui porte dès son enfance ;
Deux Papes ; certain nom ; symbole de blancheur
Lien ou ligature , utile au Laboureur ;
Ce qui forma jadis une sainte Couronne ;
S'il m'en vient une, Iris , d'abord je vous la donne.
Par M. Desnoyers , Lieutenant Particulier
en la Prévôté d'Estampes.
I Ris ,
A Mlle V ......
Ris , pour votre ajustement
Je vous suis toujours nécessaire
Et mon parfait attachement
Eut toujours le don de vous plaire.
"
Si des sept pieds , qui font mon nom ,
Vous faites la dissection ,
Vous trouverez un Fleuve , un Prophete, une Ecorce,
Qui conserve du vin & le goût & la force ;
Piege que l'on tend aux Poissons ,
Pour les prendre par hameçons ;
Un meuble de Toilette ; une Ville de France ;
Ce que l'homme sur lui porte dès son enfance ;
Deux Papes ; certain nom ; symbole de blancheur
Lien ou ligature , utile au Laboureur ;
Ce qui forma jadis une sainte Couronne ;
S'il m'en vient une, Iris , d'abord je vous la donne.
Par M. Desnoyers , Lieutenant Particulier
en la Prévôté d'Estampes.
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595
p. 510
AUTRE.
Début :
Je suis, Lecteur, dans tout le monde, [...]
Mots clefs :
Papier
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texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTR E.
JE fuis , "Lecteur , dans tout le monde ;
D'une utilité fans feconde ;
Toujours ani des gens difcrets ,
Et le confident des fecrets .
De mon Nom faiſant l'analyſe ,
On y trouve un chef de l'Eglife ,
Une fauffe Divinité ,
Avec un Poiffon fort vanté.
Elément , Note de Mufique 2
Oifeau , Paffion colérique ,
Chofe portant rude eftomac
Utile aux Preneurs de Tabac .
Ce qu'un Fumeur met en uſage ,
En Latin , bord , côte , ou rivage ;
Tous ces Noms en moi renfermés ,
Par moi-même font exprimés.
Par M. Barbery , lejeune.
JE fuis , "Lecteur , dans tout le monde ;
D'une utilité fans feconde ;
Toujours ani des gens difcrets ,
Et le confident des fecrets .
De mon Nom faiſant l'analyſe ,
On y trouve un chef de l'Eglife ,
Une fauffe Divinité ,
Avec un Poiffon fort vanté.
Elément , Note de Mufique 2
Oifeau , Paffion colérique ,
Chofe portant rude eftomac
Utile aux Preneurs de Tabac .
Ce qu'un Fumeur met en uſage ,
En Latin , bord , côte , ou rivage ;
Tous ces Noms en moi renfermés ,
Par moi-même font exprimés.
Par M. Barbery , lejeune.
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596
p. 1587
ENIGME.
Début :
Mon sort est d'être agile, simple, franc, [...]
Mots clefs :
Compas
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Mon fort est d'être agile , ſimple , franc ,
Droit ou courbé , petit , moyen , ou grand :
Et fi ce n'eft que je séjourne ,
Bien fouvent la tête me tourne.
'Avec deux pieds qui foûtiennent mes pas ,
Je fais l'entrepriſe hardie
De voyager en differens climats ;
Je fuis égal, cependant je varie ;
J'en vois plufieurs en un moment ,
Et mon train ordinaire eft d'agir rondément :
Auffi vient-on, à jufte titre ,
Sur quantité d'objets me prendre pour arbitre.
Je fçais tout le premier la diſtance des Lieux ;
Et jamais le flambeau des Cieux
Ne fournira de courſe fi rapide ,
Que quand gliffant d'un pied, par l'autre je me guide .
J. CHEVRIER , Organiste à Chemillé, E. A.
Mon fort est d'être agile , ſimple , franc ,
Droit ou courbé , petit , moyen , ou grand :
Et fi ce n'eft que je séjourne ,
Bien fouvent la tête me tourne.
'Avec deux pieds qui foûtiennent mes pas ,
Je fais l'entrepriſe hardie
De voyager en differens climats ;
Je fuis égal, cependant je varie ;
J'en vois plufieurs en un moment ,
Et mon train ordinaire eft d'agir rondément :
Auffi vient-on, à jufte titre ,
Sur quantité d'objets me prendre pour arbitre.
Je fçais tout le premier la diſtance des Lieux ;
Et jamais le flambeau des Cieux
Ne fournira de courſe fi rapide ,
Que quand gliffant d'un pied, par l'autre je me guide .
J. CHEVRIER , Organiste à Chemillé, E. A.
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597
p. 1587-1588
LOGOGRYPHE.
Début :
Je suis un composé de diverse matiere, [...]
Mots clefs :
Émail
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texteReconnaissance textuelle : LOGOGRYPHE.
LOGOGRYPHE.
E fuis un composé de diverfe matiere ,
Je brille & fais briller les Endroits où je fuis.
F De
1588 MERCURE DE FRANCE
De ma beauté , Lecteur , tout le Monde eft épris .
Si de me diffequer par lambeaux on s'ingere ,
On doit trouver un mets fluide & favoureux ,
Un Outil & un Grain : un Compagnon fidele :
Un Sexe , de tout temps ami de la Femelle :
Deux Notes de Mufique un nombre ; ouvre les
yeux ',
Si tu veux encor voir d'une Boiffon exquife
Le limon , ce qui fait fentir de la douleur :
Ce qui donne à ton corps le mouvement , Lecteur ;
Je finis , cat je crains qu'en peu l'on ne m'aviſe,
E fuis un composé de diverfe matiere ,
Je brille & fais briller les Endroits où je fuis.
F De
1588 MERCURE DE FRANCE
De ma beauté , Lecteur , tout le Monde eft épris .
Si de me diffequer par lambeaux on s'ingere ,
On doit trouver un mets fluide & favoureux ,
Un Outil & un Grain : un Compagnon fidele :
Un Sexe , de tout temps ami de la Femelle :
Deux Notes de Mufique un nombre ; ouvre les
yeux ',
Si tu veux encor voir d'une Boiffon exquife
Le limon , ce qui fait fentir de la douleur :
Ce qui donne à ton corps le mouvement , Lecteur ;
Je finis , cat je crains qu'en peu l'on ne m'aviſe,
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599
p. 2176
ENIGME.
Début :
Victime de la sûreté, [...]
Mots clefs :
Cire d'Espagne
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texteReconnaissance textuelle : ENIGME.
ENIGM E.
Victime de la sûreté ,
Helas je brûle & me consume ,
Pour l'Amour , pour l'Etat , en Hyver , en Eté
Pour un rien sans cesse on m'allume.
J'ai cependant souvent de glorieux Emplois :
Des secrets , révérés des Princes & des Rois ,
Gardienne & Dépositaire ,
;
Je les tiens enfermés jusqu'au bout de la Terre §
Et mon Porteur ne peut , sans enfreindre les Loix,
Ni m'alterer , ni percer leur mystere.
Enfin si la Parque cruelle
Etend quelqu'un dans le cercueil ,
J'en donne au loin la premiere nouvelle ,
Et j'en porte même le deuil .
Flocard , à Paris.
Victime de la sûreté ,
Helas je brûle & me consume ,
Pour l'Amour , pour l'Etat , en Hyver , en Eté
Pour un rien sans cesse on m'allume.
J'ai cependant souvent de glorieux Emplois :
Des secrets , révérés des Princes & des Rois ,
Gardienne & Dépositaire ,
;
Je les tiens enfermés jusqu'au bout de la Terre §
Et mon Porteur ne peut , sans enfreindre les Loix,
Ni m'alterer , ni percer leur mystere.
Enfin si la Parque cruelle
Etend quelqu'un dans le cercueil ,
J'en donne au loin la premiere nouvelle ,
Et j'en porte même le deuil .
Flocard , à Paris.
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600
p. 3054
AUTRE.
Début :
En huit Lettres, Lecteur, je parois à tes yeux, [...]
Mots clefs :
Coutelas
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : AUTRE.
AUTRE
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
N huit Lettres , Lecteur , je parois à tes yeux,
‹Pour exercer ton esprit curieux ;
Eloigne tei de moi , car je suis un grand traitre ,
D'ailleurs j'ai dans mon sein un Tac ,
Qui pourroit bien t'envoyer dans le Sac ;
Si tu veux dependant , je te ferai paroître
Saint Luc pour imiter , pour te baigner un Lac.
Lucas avec Colas , assis au pied d'un hêtre ,
Pourront te réciter une Chanson champêtre ;
Un Soc pour labourer , se trouvera chés moi ;
Te pique-tu de sçavoir la Musique ?
Ui , Sol & La , se présentent à tor ;
Mais je finis , car je crains la critique.
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