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51
p. 197
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
IL y a eu Concert le Lundi 26 Mars, Fête de
l'ANNONCIATION. Le premier Motet qu'on y
exécuta futLauda Jerufalem , Motetà grandchœur
deM. de Lalande. Le grand Motetde la fin du
Concert fut Confitemini , de M. l'Abbé GAULET ,
ci-devant Maître de Muſique dela Cathédralede
Paris. M. le GROS , nouvelle Haute-contre, dont
nous avons parlé dans l'Article de l'Opéra , &
dontlesſuccès y ſont ſi brillans, chantaunpetit
Motet de feu M.LEFEBVRE (Afferte Domino. ) Un
autre Public en apparence, une autre ſcène , s'il
eſt permis de ledire ,imprimèrent à ce Débutanť
une nouvelle frayeur dans les commencemens ,
&l'agrément de ſa voix en fut, ſinon altéré , au
moins ſenſiblement affoibli. Il ſe remit , & fit un
très-grand plaisir àtous lesAuditeurs , qui le té-
moignèrent par les applaudiſſemens. Dans ce
même Concert , M. MAYER Exécuta une Sonate
de ſa compoſition ſur la Harpe , & M. GAVINIÉS
un Concerto ſur le Violon. Mile HARDI chanta
un Air Italien.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le 26 mars, lors de la fête de l'Annonciation, un concert spirituel a eu lieu. Il a commencé avec 'Lauda Jerusalem' de Lalande et s'est terminé avec 'Confitemini' de l'abbé Gaullet. M. le Gros a interprété 'Afferte Domino' de Lefebvre, M. Mayer a joué une sonate à la harpe et M. Gaviniès un concerto au violon. Mlle Hardi a chanté un air italien.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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52
p. 168-172
OPERA.
Début :
L'ACADÉMIE Royale de Musique a continué jusqu'au Vendredi 6 du [...]
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texteReconnaissance textuelle : OPERA.
OPERA.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
L'ACADÉMIE Royale de Musique
a continué jusqu'au Vendredi 6 du
préſent mois Caſtor & Pollux. Malgré
( a ) Il n'y a point ordinairement de speda
cles du Roi à Verſailles depuis Pâques juſques à
la
A V R I L. 1764.
1 69
· la diſtraction du concours occaſionné,
les Mardi & Jeudi, par le ſuccès de
la nouvelle Haute-contre dans Titon &
|
l'Aurore ; les dernières repréſentations
de Caſtor ont été encore très-fortes ,
& telles que celles qui diſtinguent les
Ouvrages les plus ſuivis.
| Le Samedi 7 , on donna la troiſiéme
repréſentation pour les Acteurs, que
nous avons annoncée dans le 1 vol. de
ce mois. La recette de ces repréſen
tations a été, ainſi que nous l'avions
prévu, une des plus conſidérables que
l'on ait faites. Elle a paſſé dix-neuf
mille livres. Tout concouroit à ce grand
ſuccès. Le mérite des Ouvrages que
l'on a éxécutés, celui des premiers ta
lens de ce Théâtre placés avantageu
ſement dans chacun de ces Ouvrages,
& le piquant de la nouveauté d'une
voix charmante , agréable à tout le
Public & depuis long - temps deſirée
dans un genre où il eſt ſi rare de trou
ver réunis le
talent du chant à la
beauté de l'organe. Le détail de ces
Spectacles de la Capitation ou Bénefit
juſtifiera ce que nous venons de dire.
· M. & Mde LARRIvÉE , dont les talens
ſont bien mieux loués par les ſuffra
MI. Vol.
17o MERCURE DE FRANCE.
ges continuels du Public, qu'ils ne le
ſeroient par nos éloges, chantoient les
principaux rôles d'Hylas & Zélis dans
§ de M. DE BUR1, Ouvrage où
le goût & le génie du Muſicien peu
vent ſe diſputer l'honneur du§
Le rôle de Pigmalion, dans l'Acte
célébre de M. RAMEAU , étoit éxé
cuté par M. LE GRos, nouvelle Hau
tecontre, cet objet actuel de l'empreſſe
ment de tout Paris , tant par la nou
veauté, que par les talens réels dont il
a donné de nouvelles preuves dans ce
morceau. *
Le troiſiéme ouvrage qui commen
çoit pour ainſi dire ce Spectacle choiſi
étoit Pſyché. Ingénieux précis de tout
ce que le genre d'Opéra peut fournir de
beautés de différens genres, liées par
un Poëme où l'eſprit & le ſentiment
ſe font valoir réciproquement ; mais
ſans violer les loix dramatiques & ſans
rompre la ſuite du Sujet. Mlle AR
N o U L D dont on ſe rappelloit avec
* Mlle GUIMARD, jeune Sujet qui a profité avec
ſuccès des circonſtanccs qui l'ont miſe à portée
de paroître & qui n'en plaît que d'avantage
2Ul † , chantoit & danſoit dans le rôle de
la Statue. Elle s'eſt acquittée de ces deux em
plois avec grâces & elle y a été fort applaudie.
A V R I L. 1764.
171
, admiration le plaiſir extrême qu'elle a
toujours fait dans les repréſentations de
cet Ouvrage , a chanté, joué dans cet
te repriſe de manière à laiſſer croire
qu'elle étoit encore loin de la perfec
tion dans les temps où l'on en étoit
le plus enchanté. Cet éloge ou plutôt
cette juſtice que nous rendons au char
me de ſon talent , & que nous dicte
le Public , doit être encore moins flat
teur pour elle , que l'enthouſiaſme très
vrai & très-naturel de nos Artiſtes du
premier ordre ſur les beautés ſublimes
& naturelles de ſon Action dans le
rôle de Pſyché.Enthouſiaſme dont nous
avons été témoins & dont nous oſons
être garants. Il eſt un autre genre d'é-
loges que nous devons joindre aujour
d'hui à celui des talens de cette Ac
trice, c'eſt ſur l'exactitude de ſon ſer
vice depuis l'ouverture du nouveau
Théâtre. Qu'elle nous permette de deſi
rer que la continuation de ſa ſanté ren
de cette éxactitude ſi habituelle , que
nous n'ayons plus à le faire remar
quer. Par là , tous les talens chers au
Public, doivent être aſſurés de gagner
ſa conſidération, ſans rien perdre de
ſon empreſſement.
Si l'on fait attention aux grands ta
- H ij
172 MERCURE DE FRANCE.
lens dans la danſe qui brillent aujour
- d'hui ſur ce Théâtre, & qui avoient
réuni leurs efforts & leur zéle pour ren
dre ces Spectacles plus intéreſſans dans
tous les genres , on ne doit pas être
ſurpris de l'affluence qu'ils ont attirée.
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Résumé : OPERA.
En avril 1764, l'Académie Royale de Musique a poursuivi les représentations de l'opéra 'Castor et Pollux' jusqu'au 6 avril, malgré les distractions causées par le succès de la haute-contre dans 'Titon et l'Aurore'. Les dernières représentations de 'Castor et Pollux' ont été très réussies, avec une recette dépassant dix-neuf mille livres lors de la troisième représentation pour les acteurs le 7 avril. Ce succès est dû au mérite des œuvres, aux talents des principaux chanteurs et à la nouveauté d'une voix charmante. Dans 'Hylas et Zélis' de M. de Bury, les rôles principaux ont été interprétés par M. et Mme Larivière, tandis que M. Le Gros a joué Pigmalion dans un acte célèbre de M. Rameau. L'opéra 'Psyché' a également été représenté, mettant en lumière les talents de Mlle Arnould et Mlle Guimard, cette dernière étant particulièrement applaudie pour son rôle de la Statue. Mlle Arnould a été saluée pour son interprétation de Psyché et son exactitude dans le service. Les talents en danse ont également attiré de nombreux spectateurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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53
p. 172-173
COMÉDIE FRANÇOISE.
Début :
ON a continué sur ce Théâtre, avec succès, depuis notre précédent Volume, [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE FRANÇOISE.
COMÉDIE FRANÇOISE.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
ON a continué sur ce Théâtre, avec
succès, depuis notre précédent Volume,
les repréſentations d'Olimpie, Tragédie
, de M. de VoLTAIRE.
-
On ne peut donner trop d'éloges au
ſoin que les Comédiens ont pris pour
la pompe du grand Spectacle de cette
Pièce. Que peut-il y avoir en effet de
plus intéreſſant pour une Nation éclai
rée, que de jouir en même temps du
ſentiment qu'excitent les ſituations vrai
ment tragiques d'un Drame, & des ta
bleaux animés de ce que l'Antiquité
avoit de plus auguſte. Il n'eſt pas moins
dû d'éloges au talent & au zèle avec leſ
quels les Acteurs ont donné la dernière
touche & la plus forte à ces tableaux,
par la juſteſſe de l'action. Tous les Lec
· teurs qui auront vu ce Spectacle , ont
ſans doute encore préſentes à l'eſprit la
A V R I L. 1764.
173
nobleſſe, les grâces du genre & la vérité
qu'a miſes Mlle CLAIRoN , dans les
principaux points du tableau, tels que
celui du ſerment à l'Autel , d'autres en
core , & particulièrement l'inſtant où,
après les libations & les autres cérémo
nies funéraires, ſur le Bucher de Stati
ra, elle ſe précipite dans les flâmes, qui
les dévorent l'une & l'autre. On a don
né le Samedi7 du préſent mois, jour de
la Clôture, la dixième repréſentation de
cette Tragédie, qui fut ſuivie d'Heu
reuſement, petite Pièce de M. RoCHoN
TE CHABANEs , dont nous avons ren
du compte dans ſa nouveauté. Il y avoit
un concours de Spectateurs auſſi nom -
breux qu'en peut contenir la Salle de la
Comédie.
-
Ce même jour,M. AUGERs prononça
un Diſcours qui a été imprimé , mais
dont nous ne nous diſpenſerons pas pour
cela de faire part † nos Lecteurs ; .
afin de ne pas laiſſer de vuide dans les
choſes dont notre Journal fait collec
tion, & où l'on eſt plus certain d'en re
trouver la ſuite que dans tout autre
Ecrit public.
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Résumé : COMÉDIE FRANÇOISE.
Le texte évoque les représentations réussies de la tragédie 'Olimpie' de Voltaire sur une scène théâtrale française. Les comédiens ont soigné particulièrement la mise en scène, mêlant les émotions tragiques du drame à des éléments visuels antiques. La pièce a été acclamée pour sa grandeur et son authenticité, notamment grâce à la performance de Mlle Clairon, qui a excellé dans des scènes cruciales comme le serment à l'autel et le sacrifice de Statire sur le bûcher. La dixième représentation a eu lieu le samedi 7 avril 1764, précédée par la pièce 'Heureusement' de Rochon de Chabannes. Lors de la dernière représentation, M. Augers a prononcé un discours imprimé, dont le texte est reproduit dans les archives du journal. La salle était pleine lors de cette représentation.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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54
p. 174-177
DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
Début :
MESSIEURS, « JE vous dois tout, jusqu'au bonheur de pouvoir [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
DISCOURS pour la clôture du Théâtre
François ; prononcé par M. AUGERS,
l'un des Comédiens du ROI
le Samedi 7 Avril 1764.
MESSIEURS,
« JE vous dois tout, jusqu'au bonheur
de pouvoir aujourd'hui vous té
» moigner publiquement ma recon
» noiſſance & celle de mes camarades.
» Il ne nous eſt permis de l'exprimer ,
» qu'une fois dans l'année ; & nous re-:
» cevons tous les jours des marques nou
» velles de votre protection & de votre
» indulgence. C'eſt à cette indulgence,
» mêlée d'une équitable ſévérité , que .
» notre Théâtre doit cette ſupériorité
» qu'Athènes même lui céderoit peut
» être, que Rome n'a point connue ,
» & que les ennemis du nom François
» ne lui diſputent plus.
» Oui , Meffieurs , la gloire de la
» Scène Françoiſe fut votre ouvrage
» dans tous les tems. Vos prédéceſſeurs
» avoient à juger des Molière, des Cor
» neille, des Racine ; ils les mirent à leur
» place ; & leur jugement devint celui
A V R I L. 1764.
175
» des Nations & de la Poſtérité. S'il
» n'eſt pas en votre pouvoir, Meſſieurs,
» de faire naître un autre CoRNEILLE ;
» vous empêchez du moins les P R A
» D o N s de les remplacer.
» Saifir le vrai, le beau, le ſublime,
» ſans les confondre jamais avec ce qui
» n'en a que l'apparence ; voilà ce que
» vous nous faites admirer ſans ceſſe ,
» & voilà ce qui vous rend les Arbi
» tres du Goût. Oui, Meffieurs, (je ne
» crains point qu'on me déſavoue ) c'eſt
» ici que ce Dieu rend ſes Oracles; c'eſt
» parmi vous qu'il habite; parce qu'il ne
» ſçauroit être où la liberté n'eſt pas.
» Vous avez paru ſatisfaits, Meffieurs,
» durant le cours de cette année, des
» efforts de notre zéle & de l'émulation
» des Ecrivains.
» La Tragédie de Manco vous offroit
» un contraſte intéreſſant des mœurs
» Américaines & des mœurs Européa
» nes ; de l'homme civil & du ſauva
» ge. Le tableau n'étoit pas neuf; il eſt
» tracé de la main d'un grand Maître ;
» cependant vous avez applaudi aux ef
» forts du Peintre qui a oſé le rajeunir.
» Socrate, qui n'a pû fléchir l'envie
» & l'injuſtice d'Athènes , a ému votre
» ſenſibilité.
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
» Vous avez vû avec plaiſir les beau
» tés & les hardieſſes du Théâtre An
» glois tranſportées ſur le vôtre par le
» même Académicien qui avoit oſé,
» après Corneille , crayonner l'âme d'un
» Romain.
-
» Idoménée vous a ramenés dans ces
» climats aimés du Ciel, où la Tragé
» die naquit; la ſimplicité de celle-ci
» n'eſt qu'une conformité de plus avec
» le goût des anciens Grecs, nos mo
» dèles dans tous les gentes d'écrire.
» Votre indulgence, Meſſieurs, n'a
» pas été moindre pour les Comédies,
» devenues aujourd'hui ſi rares & fi.
» difficiles. Vous avez encouragé deux
» jeunes Athlètes
qui entrent dans
» cette carrière abandonnée. L'accueil
» que vous avez fait à leur coup d'eſſai
» vous promet des remercimens de leur
» part, & peut être de nouveaux plaiſirs.
» Enfin Warwick a paru, Warwick,
» plus particuliérement adopté par vous.
» L'Auteur, à peine ſorti de l'enfance ,
» tient de vous une vie nouvelle : il la.
-» commence ſous d'heureux auſpices.
» Telles étoient les eſpérances que don
» na , dans un âge à-peu-près pareil ,
» l'immortel Auteur d'Œdipe. Ce grand
» homme que nous nommons avec
» plaiſir le bienfaiteur de notre Théâtre,
A V R I L. 1764:
177
» vient d'y hazarder un nouveau Spec
» tacle honoré de vos applaudiſſemens,
» & dont vous auriez été privés dans ces
» jours de confuſion , où la foule des
» Spectateurs mêlée avec celle des Per
» ſonnages , auroit à peine laiſſé entre
» voir le bucher qui conſuma Statira,
» & l'action terrible d'Olimpie, qui ſe
» précipite au milieu des flammes pour
» ſe dérober à ſon époux.
François ; prononcé par M. AUGERS,
l'un des Comédiens du ROI
le Samedi 7 Avril 1764.
MESSIEURS,
« JE vous dois tout, jusqu'au bonheur
de pouvoir aujourd'hui vous té
» moigner publiquement ma recon
» noiſſance & celle de mes camarades.
» Il ne nous eſt permis de l'exprimer ,
» qu'une fois dans l'année ; & nous re-:
» cevons tous les jours des marques nou
» velles de votre protection & de votre
» indulgence. C'eſt à cette indulgence,
» mêlée d'une équitable ſévérité , que .
» notre Théâtre doit cette ſupériorité
» qu'Athènes même lui céderoit peut
» être, que Rome n'a point connue ,
» & que les ennemis du nom François
» ne lui diſputent plus.
» Oui , Meffieurs , la gloire de la
» Scène Françoiſe fut votre ouvrage
» dans tous les tems. Vos prédéceſſeurs
» avoient à juger des Molière, des Cor
» neille, des Racine ; ils les mirent à leur
» place ; & leur jugement devint celui
A V R I L. 1764.
175
» des Nations & de la Poſtérité. S'il
» n'eſt pas en votre pouvoir, Meſſieurs,
» de faire naître un autre CoRNEILLE ;
» vous empêchez du moins les P R A
» D o N s de les remplacer.
» Saifir le vrai, le beau, le ſublime,
» ſans les confondre jamais avec ce qui
» n'en a que l'apparence ; voilà ce que
» vous nous faites admirer ſans ceſſe ,
» & voilà ce qui vous rend les Arbi
» tres du Goût. Oui, Meffieurs, (je ne
» crains point qu'on me déſavoue ) c'eſt
» ici que ce Dieu rend ſes Oracles; c'eſt
» parmi vous qu'il habite; parce qu'il ne
» ſçauroit être où la liberté n'eſt pas.
» Vous avez paru ſatisfaits, Meffieurs,
» durant le cours de cette année, des
» efforts de notre zéle & de l'émulation
» des Ecrivains.
» La Tragédie de Manco vous offroit
» un contraſte intéreſſant des mœurs
» Américaines & des mœurs Européa
» nes ; de l'homme civil & du ſauva
» ge. Le tableau n'étoit pas neuf; il eſt
» tracé de la main d'un grand Maître ;
» cependant vous avez applaudi aux ef
» forts du Peintre qui a oſé le rajeunir.
» Socrate, qui n'a pû fléchir l'envie
» & l'injuſtice d'Athènes , a ému votre
» ſenſibilité.
H iv
176 MERCURE DE FRANCE.
» Vous avez vû avec plaiſir les beau
» tés & les hardieſſes du Théâtre An
» glois tranſportées ſur le vôtre par le
» même Académicien qui avoit oſé,
» après Corneille , crayonner l'âme d'un
» Romain.
-
» Idoménée vous a ramenés dans ces
» climats aimés du Ciel, où la Tragé
» die naquit; la ſimplicité de celle-ci
» n'eſt qu'une conformité de plus avec
» le goût des anciens Grecs, nos mo
» dèles dans tous les gentes d'écrire.
» Votre indulgence, Meſſieurs, n'a
» pas été moindre pour les Comédies,
» devenues aujourd'hui ſi rares & fi.
» difficiles. Vous avez encouragé deux
» jeunes Athlètes
qui entrent dans
» cette carrière abandonnée. L'accueil
» que vous avez fait à leur coup d'eſſai
» vous promet des remercimens de leur
» part, & peut être de nouveaux plaiſirs.
» Enfin Warwick a paru, Warwick,
» plus particuliérement adopté par vous.
» L'Auteur, à peine ſorti de l'enfance ,
» tient de vous une vie nouvelle : il la.
-» commence ſous d'heureux auſpices.
» Telles étoient les eſpérances que don
» na , dans un âge à-peu-près pareil ,
» l'immortel Auteur d'Œdipe. Ce grand
» homme que nous nommons avec
» plaiſir le bienfaiteur de notre Théâtre,
A V R I L. 1764:
177
» vient d'y hazarder un nouveau Spec
» tacle honoré de vos applaudiſſemens,
» & dont vous auriez été privés dans ces
» jours de confuſion , où la foule des
» Spectateurs mêlée avec celle des Per
» ſonnages , auroit à peine laiſſé entre
» voir le bucher qui conſuma Statira,
» & l'action terrible d'Olimpie, qui ſe
» précipite au milieu des flammes pour
» ſe dérober à ſon époux.
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Résumé : DISCOURS pour la clôture du Théâtre François ; prononcé par M. AUGERS, l'un des Comédiens du ROI le Samedi 7 Avril 1764.
Le discours de clôture du Théâtre, prononcé par M. Augers le 7 avril 1764, exprime la gratitude des comédiens envers le public pour sa protection et son indulgence. Grâce à cette bienveillance, le théâtre français a atteint une supériorité reconnue même par les anciennes civilisations comme Athènes et Rome. Les prédécesseurs du public actuel ont jugé des auteurs tels que Molière, Corneille et Racine, contribuant à la renommée du théâtre français. Le public actuel empêche les mauvais dramaturges de remplacer ces grands noms et distingue le vrai, le beau et le sublime. Au cours de l'année, le public a apprécié diverses pièces. La tragédie 'Manco' a mis en contraste les mœurs américaines et européennes, tandis que 'Socrate' a ému par sa sensibilité. La pièce 'Idoménée' a rappelé la simplicité des tragédies grecques. Le public a également soutenu de jeunes talents dans la comédie et a accueilli favorablement la pièce 'Warwick'. Le jeune auteur de cette pièce, comparé à l'auteur d'Œdipe, a reçu des applaudissements pour son spectacle récent, malgré les conditions chaotiques lors de certaines représentations.
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55
p. 177-180
EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
Début :
DAMON Père de Constance veut marier sa fille à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie, [...]
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texteReconnaissance textuelle : EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie
en un Acte & en vers libres, par
M. BARTHE, de l'Académie des
Belles-Lettres de Marseille.
DAMON Père de Constance veut marier sa fille
à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie,
où il a pris une paſſion violente pour les
Arts. La Peinture, la Sculpture & l'Architecture
l'occupent uniquement ; enfin c'eſt un Amateur.
Damon lui rend juſtice.
,
Je ne le confonds pas avec la populace
De ces modernes Protecteurs
Qui des talens divers oſent marquer la place,
Des Artiſtes ſont les Tuteurs,
Se forment une Cour où leur grave manie
Daigne corriger le génie ;
Et qui jugent tout de travers.
· H v
-
-
:
.
Qui jugent la Peinture ; & la proſe & les vers,.
-
*
"
|
178 MERCURE DE FRANCE.
Valére critique ſans air, loue avec fineſſe ;
manie dextrement le pinceau & le burin , uſe
noblement d'un bien conſidérable en faveur des
Artiſtes indigens qu'il anime, qu'il produit &
· auxquels il cache ſes largeſſes. Un Amateur ſi
jeune & de ce caractère, eſt digne d'eſtime ;
Conſtance ajoute naïvement à ce que dit ſon
Père, qu'elle croit qu'on peut l'aimer. Damon
en convient , mais il prépare une bonne leçon
à Valére.
Il eſt gâté par l'Italie,
.
Charmant, mais un peu fou, c'eſt une maladie,
Une indiſcrette paſſion
Dont il eſpére que Conſtance le guérira. Da
mon qui avoit fait faire la Statue de ſa fille la
fait vendre au jeune Amateur pour une Statue
antique.
Elle aura ſon ſuffrage.
Elle paſſe pour grecque. Heureuſement pour nous
La mode eſt pour le grec;nos meubles nos bijoux,
Etoffes, coëffure, équipage,
Tout eſt grec, excepté vos âmes ;
Pour l'honneur de Valére on ajoute :
Et d'ailleurs
Ta Statue a trompé juſqu'à des Connoiſſeurs.
L'Amateur a vu cette Statue, il en eſt en
chanté, il en a fait l'acquiſition , on la tranſ
porte chez lui , eile arrive & il la fait placer.
Tout ceci eſt en action
Il eſt dans les plus
· vives inquiétudes , qu'il n'arrive accident à ſa
-
\
· avoir.
A V R I L. 1764..
C'eſt la candeur d'une Bergère
Le port de la Reine des Dieux,
17g
Statue. Il aide ceux qui la poſent ſur le pie
deſtal. Il leur preſcrit l'attention qu'ils doiven
Là doucement, Meſſieurs, avancez doucement,
-
Mes amis que chacun ſe tienne ſur ſes gardes.
Paſquin fait un faux pas qui met la Statue en
danger de tomber : ſon Maître l'apoſtrophe.
Ah ! malheureux, tu me poignardes !
Les valets retirés , l'Amateur contemple ſa
Statue avec admiration.
| Quel ſouris gracieux !
Comme la taille eſt noble, élégante & légère !
Les belles chairs ! le ſang y paroît circuler !
Et la bouche ' elle va parler.
L'Artiſte à qui l'on doit une ſi belle produc
tion, reçoit le tribut d'éloges dû a ſon travail.
O Sculpteur immortel, à qui je rends hommage,
Que de fois le ciſeau dut tomber de ta main !
Surtout en formant ce beau ſein,
· Oui, tu devois toi-même adorer ton ouvrage.
Entretien de Damon & de Valére. Céliante
arrive. C'eſt une Coquette que le père de l'Ama
teur lui avoit autrefois deſtinée en mariage. Pen
dant qu'il va lui montrer les curioſités de ſon
cabinet, Conſtance occupe la Scène avec ſon père.
Elle a apperçu Céliante-avec les yeux d'une rivaie ;
H vj
·
·
18ö MERCURE DE FRANCE.
Damon la raffure. Valére revient très-mécontent
de Céliante , qui n'a pas fait grand cas du cabinet
& qui en eſt ſortie pour aller au Spectacle, il
vole à ſa Statue. Il voit enfin l'original , ravi
d'étonnement, il lui fait mille queſtions. Damon
paroît, il explique le myſtére ; Valére voit † 3,
été joué par ſon ami: il lui pardonne cette ſuper
cherie , lui demande ſa fille & l'obtient.
en un Acte & en vers libres, par
M. BARTHE, de l'Académie des
Belles-Lettres de Marseille.
DAMON Père de Constance veut marier sa fille
à Valére son ami, jeune homme qui arrive d'Italie,
où il a pris une paſſion violente pour les
Arts. La Peinture, la Sculpture & l'Architecture
l'occupent uniquement ; enfin c'eſt un Amateur.
Damon lui rend juſtice.
,
Je ne le confonds pas avec la populace
De ces modernes Protecteurs
Qui des talens divers oſent marquer la place,
Des Artiſtes ſont les Tuteurs,
Se forment une Cour où leur grave manie
Daigne corriger le génie ;
Et qui jugent tout de travers.
· H v
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:
.
Qui jugent la Peinture ; & la proſe & les vers,.
-
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178 MERCURE DE FRANCE.
Valére critique ſans air, loue avec fineſſe ;
manie dextrement le pinceau & le burin , uſe
noblement d'un bien conſidérable en faveur des
Artiſtes indigens qu'il anime, qu'il produit &
· auxquels il cache ſes largeſſes. Un Amateur ſi
jeune & de ce caractère, eſt digne d'eſtime ;
Conſtance ajoute naïvement à ce que dit ſon
Père, qu'elle croit qu'on peut l'aimer. Damon
en convient , mais il prépare une bonne leçon
à Valére.
Il eſt gâté par l'Italie,
.
Charmant, mais un peu fou, c'eſt une maladie,
Une indiſcrette paſſion
Dont il eſpére que Conſtance le guérira. Da
mon qui avoit fait faire la Statue de ſa fille la
fait vendre au jeune Amateur pour une Statue
antique.
Elle aura ſon ſuffrage.
Elle paſſe pour grecque. Heureuſement pour nous
La mode eſt pour le grec;nos meubles nos bijoux,
Etoffes, coëffure, équipage,
Tout eſt grec, excepté vos âmes ;
Pour l'honneur de Valére on ajoute :
Et d'ailleurs
Ta Statue a trompé juſqu'à des Connoiſſeurs.
L'Amateur a vu cette Statue, il en eſt en
chanté, il en a fait l'acquiſition , on la tranſ
porte chez lui , eile arrive & il la fait placer.
Tout ceci eſt en action
Il eſt dans les plus
· vives inquiétudes , qu'il n'arrive accident à ſa
-
\
· avoir.
A V R I L. 1764..
C'eſt la candeur d'une Bergère
Le port de la Reine des Dieux,
17g
Statue. Il aide ceux qui la poſent ſur le pie
deſtal. Il leur preſcrit l'attention qu'ils doiven
Là doucement, Meſſieurs, avancez doucement,
-
Mes amis que chacun ſe tienne ſur ſes gardes.
Paſquin fait un faux pas qui met la Statue en
danger de tomber : ſon Maître l'apoſtrophe.
Ah ! malheureux, tu me poignardes !
Les valets retirés , l'Amateur contemple ſa
Statue avec admiration.
| Quel ſouris gracieux !
Comme la taille eſt noble, élégante & légère !
Les belles chairs ! le ſang y paroît circuler !
Et la bouche ' elle va parler.
L'Artiſte à qui l'on doit une ſi belle produc
tion, reçoit le tribut d'éloges dû a ſon travail.
O Sculpteur immortel, à qui je rends hommage,
Que de fois le ciſeau dut tomber de ta main !
Surtout en formant ce beau ſein,
· Oui, tu devois toi-même adorer ton ouvrage.
Entretien de Damon & de Valére. Céliante
arrive. C'eſt une Coquette que le père de l'Ama
teur lui avoit autrefois deſtinée en mariage. Pen
dant qu'il va lui montrer les curioſités de ſon
cabinet, Conſtance occupe la Scène avec ſon père.
Elle a apperçu Céliante-avec les yeux d'une rivaie ;
H vj
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·
18ö MERCURE DE FRANCE.
Damon la raffure. Valére revient très-mécontent
de Céliante , qui n'a pas fait grand cas du cabinet
& qui en eſt ſortie pour aller au Spectacle, il
vole à ſa Statue. Il voit enfin l'original , ravi
d'étonnement, il lui fait mille queſtions. Damon
paroît, il explique le myſtére ; Valére voit † 3,
été joué par ſon ami: il lui pardonne cette ſuper
cherie , lui demande ſa fille & l'obtient.
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Résumé : EXTRAIT de l'AMATEUR, Comédie en un Acte & en vers libres, par M. BARTHE, de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille.
La comédie 'L'Amateur', écrite par M. Barthe de l'Académie des Belles-Lettres de Marseille, relate l'histoire de Damon, qui souhaite marier sa fille Constance à Valère, un jeune homme revenu d'Italie passionné par les arts. Valère est un amateur éclairé, critique avisé et soutien financier des artistes. Damon, bien que reconnaissant ses qualités, le trouve gâté par son séjour en Italie. Pour tester Valère, Damon fait vendre une statue représentant Constance comme une œuvre antique grecque. Valère, séduit, achète et installe la statue chez lui. Après diverses péripéties, Valère découvre que la statue est Constance. Damon révèle la supercherie, et Valère, impressionné, demande la main de Constance et l'obtient. Durant ces événements, Céliante, une coquette autrefois destinée à Valère, apparaît brièvement, mais Valère reste indifférent à ses charmes, préférant Constance.
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56
p. 180-181
REMARQUES SUR L'AMATEUR.
Début :
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules, & son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement [...]
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texteReconnaissance textuelle : REMARQUES SUR L'AMATEUR.
REMARQUES SUR L'AMATEUR.
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules,
& son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement
réuſſi dans le premier point. Mais il
n'eſt pas ſi ſûr qu'il parvienne à éclairer les demi
«onnoiſſeurs & à les fairerevenir de leur enthouſiaſ
me. Les détails de cette Piéce ſont jolis & ont été
vus avec plaiſir. Un des grands mérites de ce
Drame , c'eſt que les rôles ſemblent avoir été
faits pour les Acteurs, Perſonne n'étoit plus pro
pre que M. Molé à repréſenter un jeune hom
me, vif, ardent, paſſionné, extrême dans le
goût qu'il a pris pour les Arts, & qui expoſe avee
chaleur la manière dont il eſt affecté. Son valet,
M. Préville, qui ſe tranſporte & ſe paſſionne
| avec lui, fait en particulier de bonnes charges
ſur les travers de ſon Maître. Damon, l'homme
raiſonnable, applaudit avec juſtice a ce qu'il y a
d'eſtimable dans l'amour qu'on porte aux Arts,
& ne blâme que l'excès & l'enthouſiaſme qui
rend ridicule. M. Grandval étoit chargé de ce
Perſonnage, c'eſt dire avec quelle ſupériorité il
a été repréſenté. Le mépris que la coquette Cé
liante jette ſur le goût de Valére , va au même
but par une autre voie , & Mde Préville a joué
«e rôle avec diſtinction. Mlle Doligny a rempli
A V R I L. 1764.
ſupérieurement celui de Conſtance.
I8I
Elle a re
préſenté ſi naturellement toutes les paſſions qui
peuvent agiter ſucceſſivement une jeune perſon
ne aimable dans les poſitions où ſon rôle la met
toit, qu'elle ſeule auroit pu faire réuſſir la Piéce.
Elle exprime ſa joie ſi agréablement lorſque ſon
père lui apprend que Valére eſt amoureux de ſa
ſtatue ; ſon inquiétude eſt fi naïve lorſqu'elle ap
perçoit Céliante ; ſa jalouſie eſt celle d'un jeune
cœur qui éprouve pour la première fois ce ſenti
ment qu'elle ne connoiſſoit point. Elle eſt char
mante dans l'examen de ſa ſtatue ; lorſqu'elle eſt
occupée de la reſſemblance, & de ſçavoir ſi elle
doit gagner ou perdre à la comparaiſon. Tous
ces détails rendus avec grâces & intelligence ne
pouvoient manquer d'être fort applaudis , le mé
rite des Acteurs nous a paru contribuer beau
· coup au ſuccès ſoutenu de la Piéce.
L'objet de la Comédie étant de peindre les ridicules,
& son but d'en corriger ; l'Auteur a certainement
réuſſi dans le premier point. Mais il
n'eſt pas ſi ſûr qu'il parvienne à éclairer les demi
«onnoiſſeurs & à les fairerevenir de leur enthouſiaſ
me. Les détails de cette Piéce ſont jolis & ont été
vus avec plaiſir. Un des grands mérites de ce
Drame , c'eſt que les rôles ſemblent avoir été
faits pour les Acteurs, Perſonne n'étoit plus pro
pre que M. Molé à repréſenter un jeune hom
me, vif, ardent, paſſionné, extrême dans le
goût qu'il a pris pour les Arts, & qui expoſe avee
chaleur la manière dont il eſt affecté. Son valet,
M. Préville, qui ſe tranſporte & ſe paſſionne
| avec lui, fait en particulier de bonnes charges
ſur les travers de ſon Maître. Damon, l'homme
raiſonnable, applaudit avec juſtice a ce qu'il y a
d'eſtimable dans l'amour qu'on porte aux Arts,
& ne blâme que l'excès & l'enthouſiaſme qui
rend ridicule. M. Grandval étoit chargé de ce
Perſonnage, c'eſt dire avec quelle ſupériorité il
a été repréſenté. Le mépris que la coquette Cé
liante jette ſur le goût de Valére , va au même
but par une autre voie , & Mde Préville a joué
«e rôle avec diſtinction. Mlle Doligny a rempli
A V R I L. 1764.
ſupérieurement celui de Conſtance.
I8I
Elle a re
préſenté ſi naturellement toutes les paſſions qui
peuvent agiter ſucceſſivement une jeune perſon
ne aimable dans les poſitions où ſon rôle la met
toit, qu'elle ſeule auroit pu faire réuſſir la Piéce.
Elle exprime ſa joie ſi agréablement lorſque ſon
père lui apprend que Valére eſt amoureux de ſa
ſtatue ; ſon inquiétude eſt fi naïve lorſqu'elle ap
perçoit Céliante ; ſa jalouſie eſt celle d'un jeune
cœur qui éprouve pour la première fois ce ſenti
ment qu'elle ne connoiſſoit point. Elle eſt char
mante dans l'examen de ſa ſtatue ; lorſqu'elle eſt
occupée de la reſſemblance, & de ſçavoir ſi elle
doit gagner ou perdre à la comparaiſon. Tous
ces détails rendus avec grâces & intelligence ne
pouvoient manquer d'être fort applaudis , le mé
rite des Acteurs nous a paru contribuer beau
· coup au ſuccès ſoutenu de la Piéce.
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Résumé : REMARQUES SUR L'AMATEUR.
Le texte présente la pièce de théâtre 'L'Amateur', dont l'objectif est de dépeindre et de corriger les ridicules. L'auteur réussit à illustrer ces ridicules, mais il est incertain qu'il parvienne à éclairer les demi-connaisseurs et à modérer leur enthousiasme. Les détails de la pièce sont appréciés et les rôles semblent bien adaptés aux acteurs. M. Molé incarne un jeune homme vif et passionné par les arts. M. Préville joue son valet, partageant sa passion tout en critiquant ses travers. M. Grandval, dans le rôle de Damon, approuve l'amour des arts mais critique l'excès et l'enthousiasme. Mme Préville interprète Céliante, une coquette qui méprise le goût de Valère. Mlle Doligny excelle dans le rôle de Constance, exprimant naturellement diverses passions comme la joie, l'inquiétude et la jalousie. La performance des acteurs a grandement contribué au succès de la pièce.
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57
p. 181-182
COMÉDIE ITALIENNE.
Début :
LA clôture de ce Théâtre ne s'est faite que le Samedi 14 Avril. Pendant [...]
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texteReconnaissance textuelle : COMÉDIE ITALIENNE.
COMÉDIE ITALIENNE.
LA clôture de ce Théâtre ne s'est
faite que le Samedi 14 Avril. Pendant
cette dernière ſemaine on a joué des
Piéces Italiennes & Françoiſes qui ſont
en poſſeiiion de plaire au Public. Du
premier genre ont été le
Vénitien ,
Arlequin mort
Gondolier
vivant ,
Arlequin cru mort , & la Joute d'Arle
quin. Ces Piéces ont été étayées de plu
ſieurs Opéra-Comiques qui ſont le Bu
cheron, le Sorcier, le Milicien , Blaiſe
'
T182 MERCURE DE FRANCE.
le Savetier, Annette & Lubin, le Ma
réchal, les deux Chaſſeurs & la Laitiére,
les Sœurs rivales, On ne s'aviſe jamais
de tout, la N6ce Villageoiſe, & Roſe
& Colas.
LA clôture de ce Théâtre ne s'est
faite que le Samedi 14 Avril. Pendant
cette dernière ſemaine on a joué des
Piéces Italiennes & Françoiſes qui ſont
en poſſeiiion de plaire au Public. Du
premier genre ont été le
Vénitien ,
Arlequin mort
Gondolier
vivant ,
Arlequin cru mort , & la Joute d'Arle
quin. Ces Piéces ont été étayées de plu
ſieurs Opéra-Comiques qui ſont le Bu
cheron, le Sorcier, le Milicien , Blaiſe
'
T182 MERCURE DE FRANCE.
le Savetier, Annette & Lubin, le Ma
réchal, les deux Chaſſeurs & la Laitiére,
les Sœurs rivales, On ne s'aviſe jamais
de tout, la N6ce Villageoiſe, & Roſe
& Colas.
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Résumé : COMÉDIE ITALIENNE.
Le théâtre a fermé le 14 avril après une semaine de représentations de pièces italiennes et françaises. Les pièces italiennes incluaient 'Le Vénitien', 'Arlequin mort', 'Gondolier vivant', 'Arlequin cru mort' et 'La Joute d'Arlequin'. Les opéras-comiques français présentés étaient 'Le Boucher', 'Le Sorcier', 'Le Milicien', 'Blaise', 'Annette et Lubin', 'Le Maréchal', 'Les deux Chasseurs et la Laitière', 'Les Sœurs rivales', 'On ne s'avise jamais de tout', 'La Noce Villageoise' et 'Rose et Colas'. Ces œuvres ont été appréciées du public.
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58
p. 182-183
CONCERT SPIRITUEL.
Début :
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert Spi[r]ituel. Il a commencé par une [...]
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texteReconnaissance textuelle : CONCERT SPIRITUEL.
CONCERT SPIRITUEL.
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert
Spi[r]ituel. Il a commencé par une
excellente Symphonie ; ſuivie de Miſe
rere mei Deus, nouveau Motet à grand
chœur, de M. Dauvergne, Maître de la
Muſique de la Chambre du Roi, dans
lequel M. le Gros a mérité les plus
grands applaudiſſemens. M. Jeanſon,
de la Muſique de S. A. S. Monſeigneur
le PRINcE DE CONTI , a réuni aux
ſuffrages du Public, ceux des Maîtres de
l'Art , dans une Sonate de Violoncelle
de ſa compoſition. Le Motet en Duo ,
Exultate juſti in Domino , de M. Dau
vergne, a été exécuté par Mlle Arnoud
^ & par M. le Gros. Cet enſemble a eu
§ le plus flatteur On a tenu comp
te de la difficulté vaincue, dans le Con
certo de violon exécuté par M. Capron.
Le goût du chant & la beauté de l'or
gane ont été plus admirés que la Muſi
que, dans le Motet à voix ſeule qu'a
A V R I L. 1764.
r83
· chanté Mlle Fel Le Concert a fini par
un très-beau Motet à grand Chœur de
M. l'Abbé Girouſt, Maître de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans.
LE Vendredi 13 Avril il y a eu Concert
Spi[r]ituel. Il a commencé par une
excellente Symphonie ; ſuivie de Miſe
rere mei Deus, nouveau Motet à grand
chœur, de M. Dauvergne, Maître de la
Muſique de la Chambre du Roi, dans
lequel M. le Gros a mérité les plus
grands applaudiſſemens. M. Jeanſon,
de la Muſique de S. A. S. Monſeigneur
le PRINcE DE CONTI , a réuni aux
ſuffrages du Public, ceux des Maîtres de
l'Art , dans une Sonate de Violoncelle
de ſa compoſition. Le Motet en Duo ,
Exultate juſti in Domino , de M. Dau
vergne, a été exécuté par Mlle Arnoud
^ & par M. le Gros. Cet enſemble a eu
§ le plus flatteur On a tenu comp
te de la difficulté vaincue, dans le Con
certo de violon exécuté par M. Capron.
Le goût du chant & la beauté de l'or
gane ont été plus admirés que la Muſi
que, dans le Motet à voix ſeule qu'a
A V R I L. 1764.
r83
· chanté Mlle Fel Le Concert a fini par
un très-beau Motet à grand Chœur de
M. l'Abbé Girouſt, Maître de Muſique
de la Cathédrale d'Orléans.
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Résumé : CONCERT SPIRITUEL.
Le 13 avril 1764, un concert spirituel a été organisé. Il a commencé par une symphonie suivie du motet 'Miserere mei Deus' de François-Joseph de Dauvergne, maître de la musique de la Chambre du Roi, où Jean-Louis Laruette a été acclamé. Jean-Baptiste Jeanson a interprété une sonate pour violoncelle de sa composition, recevant l'approbation du public et des experts. Le motet en duo 'Exultate justi in Domino' de Dauvergne a été exécuté par Mademoiselle Arnoud et Jean-Louis Laruette. La performance de Monsieur Capron au concerto pour violon a été remarquée pour sa difficulté. La qualité du chant et de l'organe de Mademoiselle Fel a été particulièrement appréciée lors d'un motet à voix seule. Le concert s'est achevé par un motet à grand chœur de l'abbé Giroust, maître de musique de la cathédrale d'Orléans.
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