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51
p. 161-163
LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
Début :
MONSIEUR, La description la plus exacte des parties & des [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
LETTRE de M. DEJEAN, Maître
en Chirurgie de Paris ; en réponse à
celle de M. FLURANT, Maître en
Chirurgie à Lyon, insérée dans le
Mercure du mois de Mai 1763.
MONSIEUR,
La description la plus exacte des
parties & des proportions d'un instrument
ne préſente pas toujours une
idée juſte de ſa forme ; je vais cepen-
dant éſſayer de vous fatisfaire à l'égard
de la curette propre à l'opération de la
taille ,dans le cas où la pierre ſe brife &
dont j'ai parlé dans le Mercure de Fé-
vrier dernier.
Cet inſtrument , comme je l'ai dit
reſſembleaffez en petit à une cuillere à
162 MERCURE DE FRANCE.
Plombier: il a une coquille, une tige ,
&un manche; la coquille a en tous ſens
onze lignes de diamètre , & trois lignes
de profondeur dans ſon milieu ; la tige
a cinq pouces & demi de long ; ſon ex-
trémité qui tient à la coquille eſt un
peu évaſée , & va en diminuantjuſque
vers le milieu , qui eſt à-peu-près de la
groſſeur d'un tiers de plume d'oye , &
ſe termine au manche en forme de poi-
re avec une embaſe ; cette tige n'eſt
point droite , elle a en dehors une
courbure qui s'accommode à l'arcade
de l'os pubis , lorſqu'on retire cet inf-
trument de la veffie. Le manche eſt à
8 pans & 3 pouces de longueur. La
foie qui le traverſe eſt quarrée , elle eft
rivée au bout pardeſſus une roſette..
La manière de ſe ſervir de cette cu-
rette eſt ſimple. Lorſqu'elle eſt intro-
duitedans la veſſie ; en regardant la
marque du Coutelier qui doit être pla-
cée ſur la tige près du manche & du
côté du dos , on pourra diriger cette
curette ſuivant lebeſoin,pour amener
les fragmens au dehors.
Voilà , je crois , Monfieur , l'explica-
tionla plus claire qu'on puiſſe donner
decetinſtrument;fi elle ne fuffitpas pour
le faire exécuter , on peut y remédier
MARS. 1764.
Maître Coutelier
,
en s'adreſſant à Paris au ſieur le Sueur,
rue des Canettes ,
Fauxbourg S. Germain,à l'A couronné.
en Chirurgie de Paris ; en réponse à
celle de M. FLURANT, Maître en
Chirurgie à Lyon, insérée dans le
Mercure du mois de Mai 1763.
MONSIEUR,
La description la plus exacte des
parties & des proportions d'un instrument
ne préſente pas toujours une
idée juſte de ſa forme ; je vais cepen-
dant éſſayer de vous fatisfaire à l'égard
de la curette propre à l'opération de la
taille ,dans le cas où la pierre ſe brife &
dont j'ai parlé dans le Mercure de Fé-
vrier dernier.
Cet inſtrument , comme je l'ai dit
reſſembleaffez en petit à une cuillere à
162 MERCURE DE FRANCE.
Plombier: il a une coquille, une tige ,
&un manche; la coquille a en tous ſens
onze lignes de diamètre , & trois lignes
de profondeur dans ſon milieu ; la tige
a cinq pouces & demi de long ; ſon ex-
trémité qui tient à la coquille eſt un
peu évaſée , & va en diminuantjuſque
vers le milieu , qui eſt à-peu-près de la
groſſeur d'un tiers de plume d'oye , &
ſe termine au manche en forme de poi-
re avec une embaſe ; cette tige n'eſt
point droite , elle a en dehors une
courbure qui s'accommode à l'arcade
de l'os pubis , lorſqu'on retire cet inf-
trument de la veffie. Le manche eſt à
8 pans & 3 pouces de longueur. La
foie qui le traverſe eſt quarrée , elle eft
rivée au bout pardeſſus une roſette..
La manière de ſe ſervir de cette cu-
rette eſt ſimple. Lorſqu'elle eſt intro-
duitedans la veſſie ; en regardant la
marque du Coutelier qui doit être pla-
cée ſur la tige près du manche & du
côté du dos , on pourra diriger cette
curette ſuivant lebeſoin,pour amener
les fragmens au dehors.
Voilà , je crois , Monfieur , l'explica-
tionla plus claire qu'on puiſſe donner
decetinſtrument;fi elle ne fuffitpas pour
le faire exécuter , on peut y remédier
MARS. 1764.
Maître Coutelier
,
en s'adreſſant à Paris au ſieur le Sueur,
rue des Canettes ,
Fauxbourg S. Germain,à l'A couronné.
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Résumé : LETTRE de M. DEJEAN, Maître en Chirurgie de Paris ; en réponse à celle de M. FLURANT, Maître en Chirurgie à Lyon, insérée dans le Mercure du mois de Mai 1763.
Dans une lettre à M. Flurant, maître en chirurgie à Lyon, M. Dejean, maître en chirurgie à Paris, décrit une curette utilisée pour l'opération de la taille lorsqu'une pierre se brise. Cet instrument, semblable à une petite cuillère de plombier, se compose de trois parties : une coquille, une tige et un manche. La coquille a un diamètre de onze lignes et une profondeur de trois lignes au centre. La tige, longue de cinq pouces et demi, s'évase légèrement à l'extrémité attachée à la coquille et se termine en forme de poire avec une embase. Elle est courbée pour s'adapter à l'arcade de l'os pubis lors du retrait de la vessie. Le manche, long de trois pouces, est octogonal et traversé par une foie carrée rivée par une rosette. Pour utiliser la curette, on l'introduit dans la vessie et on suit la marque du coutelier sur la tige pour diriger l'instrument et extraire les fragments. Si la description n'est pas suffisante, M. Dejean recommande de contacter le maître coutelier le Sueur à Paris, rue des Canettes, Faubourg Saint-Germain, à l'A couronné.
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52
p. 151-153
CHIRURGIE.
Début :
M. MAGET, Ancien Chirurgien Major dans la Marine, à découvert un [...]
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texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE.
CHIRURGIE.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
M. MAGET, Ancien Chirurgien
Major dans la Marine, à découvert un
reméde qui , par l'application exté-
rieure , opére la guériſon des hernies ,
ou defcentes. Les 'expériences qu'il en
a faites pendant pluſieurs années , en
Province , lui ont toujours réuffi , ce
qui eft conftaté par les témoignages
des Chirurgiens , & des Magiftrats. II
adepuis fait , en cetteVille ,des épreu-
ves de ſon reméde ,tant ſous les yeux
de M. Petit , & d'autres Médecins à qui
M. Senac , premier Médecin du Roi ,
l'avoit adreſſé pour cet effet , que ſous
ceux de MM. Martin , & Neilson , le
premier Maître en Chirurgie à Paris
Giv
,
& le ſecond Chirurgien herniaire , auſſi
àParis ,& il a obtenules mêmes ſuccès ,
152 MERCURE DE FRANCE.
Enfin s'étant fait autoriſer à entrepren-
dre de pareilles cures , dans quelques
Hôpitaux de Paris , & notamment à
l'Hôpital Général , il a été reconnu que
le fieur Maget , par fon reméde & fa
méthode , avoit opéré des cures radica-
les ; il en a même étédreſſé des Procès-
Verbaux , fignés des Médecins , Chirur-
giens & adminiftrateurs. C'eſt après
toutes ces expériences & l'éxamen de
fon reméde , fait par la commiffion
Royale de Médecine , que M. Maget
a obtenu la permiffion d'adminiſtrer fon
reméde à Paris , & dans toute l'éten
due du Royaume , comme étant très-
efficace pour la guériſon des hernies
ou deſcentes , qu'il continue d'opérer
avecles ſuccès les plus conſtans. L'exer-
pledeM.Menjaud, Contrôleurdelabou-
chedeMadame la Dauphine à Verfail-
les en eſt unepreuve : il l'a guéri d'une
hernie complette à l'âge de ſoixante-
deux ans ; il eſt aujourd'hui ſans banda-
ge , & dans la plus grande fécurité.
L'Auteur a pourtémoins de cette gran-
de cure ,M. Martin , Maître en Chirur-
gie & M. Loustoneau , Chirurgien des
Enfans de France à Versailles. Ceux
qui écrirontfont priés d'affranchir leurs
lettres. M. Maget demeure chez M.
AVRIL. 1764.
après avoir vu ,
153
Lauzeret , Maître de Penſion , rued'Or-
léans , au coin de la rue du Gril, près du
Jardin du Roi à Paris.
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Résumé : CHIRURGIE.
M. Maget, ancien chirurgien-major dans la Marine, a élaboré un traitement externe pour les hernies. Après des années de succès en province, validés par des chirurgiens et magistrats, il a démontré sa méthode à Paris sous la supervision de médecins renommés comme M. Petit, M. Senac, M. Martin et M. Neilson. Autorisé à pratiquer dans plusieurs hôpitaux parisiens, dont l'Hôpital Général, M. Maget a obtenu des guérisons complètes, confirmées par des procès-verbaux signés par des professionnels de santé. La commission royale de médecine a reconnu l'efficacité de son remède, lui permettant de l'appliquer à Paris et dans tout le royaume. Un cas notable est la guérison de M. Menjaud, âgé de soixante-deux ans, attestée par M. Martin et M. Loustoneau. M. Maget réside chez M. Lauzeret, maître de pension, rue d'Orléans, près du Jardin du Roi à Paris.
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53
p. 153-154
« LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Début :
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...]
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texteReconnaissance textuelle : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
LE SIEUR ANCÉAUME a découvert
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
dans ses travaux, un Spécifique pour la
guériſon de la Teigne : il en a fait les
plus heureuſes expériences. Les avanta-
ges qu'on doit retirer d'un Remède auſſi
utile , conſiſte 1º. dans la guériſon ſure
& radicale de cette maladie , quelque
invétérée qu'elle puiſſe être ; 2º. àopérer
extérieurement, ſans aucun régime ,
fans douleur , & fans laiſſer à la partie
affectée aucune marque.
C'eſt ſur de pareils motifs queles plus
célébres Médecins de Paris , & nommé-
ment MM. Petit pere & fils , Thieullier ,
ancien Doyen de la Faculté, Morand',
Chirurgien des Invalides,Barbeaux, Du-
bourg & Marteaux , réſidens à l'Ecole de
Médecine , & autres , ſe ſont portés ,
ſuivi & examiné les
cures ſurprenantes opérées par ce Re-
mède , à en rendre les témoignages les
plus flatteurs , à la vuedeſquels , & après
un examen particulier de M. de Senac,
Premier Médecin du Roi , voulut , pour
que le Public profirât d'une découverte
fi importante , l'autoriſer par un Privi
Gv
154 MERCURE DE FRANCE.
lége qui pût le faire connoître.
Depuis ce Privilége , les ſuccès du S'
ANCÉAUME n'ont pas été moins heu-
reux. Dans les Aſſemblées particulières
de la Faculté ; on jugea même que ce
remède méritoit un Eloge public ; & en
effet , il fut fait mention dans les Jour-
naux deMédecine, des cures autant fur-
prenantes qu'il a opéré dans ce genre de
Maladie auquel il eſt deſtiné.
Le Sieur ANCÉAUME demeure rue
Grenier S. Lazare , au coin de celle de S.
Martin , à Paris. Et pour Pâques , il de-
meurera chez M. Mathieu l'aîné , Mar-
chand de Chevaux , rue & vis-à-vis la
Priſon S. Martin , au Renard. On le
trouve chez lui tous les jours.
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Résumé : « LE SIEUR ANCÉAUME a découvert dans ses travaux, un Spécifique pour la [...] »
Le sieur Ancéaume a mis au point un remède efficace contre la teigne, offrant une guérison sûre et complète, même pour les cas chroniques. Ce traitement ne nécessite pas de régime alimentaire spécifique, est indolore et ne laisse aucune cicatrice. Plusieurs médecins parisiens éminents, dont MM. Petit père et fils, Thieullier, Morand, Barbeaux, Dubourg et Marteaux, ainsi que des membres de l'École de Médecine, ont attesté des résultats exceptionnels obtenus avec ce remède. Après une évaluation approfondie par M. de Senac, Premier Médecin du Roi, un privilège a été octroyé pour sa diffusion. Les succès du remède Ancéaume ont été reconnus dans les journaux médicaux. Le sieur Ancéaume réside rue Grenier Saint-Lazare, au coin de la rue Saint-Martin, à Paris, et sera disponible chez M. Mathieu l'aîné, marchand de chevaux, rue et face à la Prison Saint-Martin, au Renard, pour Pâques. Il est accessible tous les jours.
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54
p. 154-156
HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
Début :
Noms des Soldats. Compagnies. TOQUET Tourville. Joly, Dudreneuc. La Fleur, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
HOPITAL
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON.
Quarante & quarante-uniéme Traitement
depuis son Etablissement.
Noms des Soldats.
Compagnies.
TOQUET Tourville.
Joly, Dudreneuc.
La Fleur,
AVRIL. 1764..
La Joye ,
Dubois,
D'ambonnet ,
D'agré ,
Patris ,
Rollin ,
Vavrey ,
Beaudevin ,
Thiebault ,
LeGras,
Congé ,
S. Flour ,
Neveu ,
Robert ,
S.Michel,
Julien ,
Cadet,
Appe ,
L'eſperance ,
Sans-Regret ,
Mantelle ,
Sarre-Louis ,
155
Dudrenenc
Villers.
Rafilly.
Mithon .
Viennay.
Viennay.
Coettrieu.
Dampierre.
Dampierre.
Demoges.
Villers.
Rafilly.
Dudreneuc.
Viennay.
Pronleroy.
Démoges.
Dampierre.
Colonelle.
Dudreneuc.
DeGraffe.
Viennay.
Gvj
Rafilly.
Rafilly.
Ces vingt-cinq Soldats ont été traités
Al'ordinaire & radicalement guéris des
156 MERCURE DE FRANCE.
maladies les plus graves & les plus
difficiles.
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Résumé : HOPITAL DE M. LE MARECHAL DUC DE BIRON. Quarante & quarante-uniéme Traitement depuis son Etablissement.
En avril 1764, vingt-cinq soldats ont été soignés et guéris à l'hôpital du maréchal duc de Birón. Ils appartenaient à diverses compagnies comme Toquet Tourville, Joly et La Fleur. Parmi eux figuraient Dubois, D'ambonnet, Patris et autres. Les traitements administrés se sont révélés efficaces pour guérir ces soldats de maladies graves.
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55
p. 156-157
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Début :
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM. Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
LETTRE de M. IMBERT, Chancelier
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
la Faculté de Médecine de Montpellier,
& Inspecteur Général des Hopitaux
du Roi à M. KEYSER, en
date du 20 Janvier 1764.
J'ai fait hier, Monsieur, avec MM.
Fournier & Goulard, une visite à l'Hôpital
des Vénériens de cette Ville pour
y éxaminer un à un , ſoixante & dix
malades Vénériens , que j'y ai trouvés ;
&tout m'a paru au mieux ; & ceux des
ſuſdits malades qui ſont depuis long-
temps dans ledit Hôpital , y ont effuié
des maladies diſtinctes du mal vénérien,
comme fiévres & autres. J'ai remarqué
•dans ma viſite, un cas unique que je ne
veux pas vous laiſſer ignorer: ſçavoir,un
cordon ſpermatique , devenu ſquirreux
dans toute ſa longueur, qu'on pouvoit
toucher hors du bas-ventre ; vos dra-
gées ont entiérement fondu cette du-
•reté, dont les Praticiens connoiſſent fi
fort le danger. Une autre tumeur dure
fur unautre malade m'a paru faire le
ſujet d'une belle obfervation ; c'eſt une
dureté conſidérable,étendue fur prèſque
AVRIL. 1764.
157
tout le muſcle pectoral du côté droit
menaçant de venir entiérement carcino-
mateuſe ,& votre reméde a pareillement
fondu cette dureté.
L'on m'a mandé de Toulon, que les
ſuccès y étoient continuellement tels
que je les y avois remarqués lors de ma
dernière viſite. J'ai l'honneur d'être , &c.
IMBERT.
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Résumé : LETTRE de M. IMBERT, Chancelier la Faculté de Médecine de Montpellier, & Inspecteur Général des Hopitaux du Roi à M. KEYSER, en date du 20 Janvier 1764.
Le 20 janvier 1764, M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine de Montpellier et Inspecteur Général des Hôpitaux du Roi, a visité l'Hôpital des Vénériens de Montpellier avec MM. Fournier et Goulard. Ils ont examiné soixante-dix malades atteints de maladies vénériennes, dont certains, hospitalisés depuis longtemps, avaient contracté d'autres maladies comme des fièvres. Imbert a noté deux observations médicales remarquables : un cas de cordon spermatique squirreux palpable hors du bas-ventre et une tumeur dure sur le muscle pectoral droit d'un autre patient, risquant de devenir carcinomateuse. Les traitements de M. Keyser ont réussi à dissoudre ces durcissements. Imbert a également confirmé que les succès thérapeutiques observés à Toulon étaient constants, validant ainsi ses observations précédentes.
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56
p. 157-158
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Début :
MONSIEUR, Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence [...]
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
& Démonstrateur en Chirurgie à
Avignon, à M. KEYSER, en date
du 25 Janvier 1764.
MONSIEUR,
Le bruit qui s'étoit répandu sur l'excellence
de vos dragées, m'ayant fait
defirer de les connoître par moi-même ,
jene puis plus différerde vous témoigner
ainſi qu'à la vérité,combienj'ai été furpris
& émerveillé de ces effets dans diffé-
rentes cures qu'il vient d'opérer par mes
mains dans la Ville d'Avignon , & aux
environs. Je ne vous diffimulerai même
pas ,que pluſieurs des malades que je
viens de guérir radicalement , ayant été
manqués plufieurs fois par les frictions,
n'avoient prèſque plus de reſſources ;
1
158 MERCURE DE FRANCE.
aumoyen de quoi il faut être de bonne
foi , & convenir que votre reméde eſt
le plus grand antivénérien qui ſoit en-
core connu dans la Médecine & la Chi
rurgie. Je vous enverrai inceſſamment
le récit hiſtorique de 3 ou 4 cures qui
ne contribueront pas peu à luifairehon-
neur , ainſi qu'à fon Auteur; & il eft
heureux que l'humanité ait pu ſe pro-
curer par les bontés de notre glorieux
Monarque & celles de M. de le Duc
de Choifeul, un ſecours auſſi précieux.
J'ai l'honneur d'être avec la plus par
faite conſidération &c. Beauregard.
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Résumé : LETTRE de M. BEAUREGARD, Maître & Démonstrateur en Chirurgie à Avignon, à M. KEYSER, en date du 25 Janvier 1764.
Le 25 janvier 1764, M. Beauregard, maître et démonstrateur en chirurgie à Avignon, écrit à M. Keyser pour louer l'efficacité des dragées de ce dernier. Beauregard a observé les bienfaits de ce remède dans plusieurs guérisons à Avignon et ses environs, notamment chez des patients qui n'avaient pas répondu aux frictions. Il considère les dragées de Keyser comme le meilleur traitement antivénérien en médecine et en chirurgie. Beauregard promet d'envoyer des récits détaillés de cas de guérison pour valoriser davantage le remède et son créateur. Il exprime également sa reconnaissance envers le monarque et le duc de Choiseul pour avoir rendu ce remède accessible. La lettre se termine par des salutations respectueuses.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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57
p. 158-160
« M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
Début :
M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...]
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texteReconnaissance textuelle : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
M. Keyser, instruit que quelques personnes
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
dans diverses Provinces, soit par
ignorance , foit par malice , cherchent
à difcréditer les dragées antivénérien-
nes par une mauvaiſe adminiſtration.
Les uns en donnant de ce reméde dès le
commencement des doſes trop fortes ,
afin d'en dégouter les malades , & de les
mettre dans le cas d'endiſcontinuerl'ufa-
ge, Les autres en donnant des doſes trop
ménagées tout le temps delacure , pour
qu'elles ne foientque palliatives,dans l'i-
dée que les malades enrejetterontlafaute
furl'inéfficacitédes dragées, M. Keyfer ,
AVRIL. 1764.
159
croit defon devoir , dans la vue de re-
médier à ces mauvaiſes intentions ,
d'avertir le Public qu'il n'eſt garant de
l'efficacité des dragées antivénériennes
& des guériſons radicales , qu'autant
qu'elles feront adminiſtrées fidélement
avec connoiſſance de cauſe ; & d'après
l'intention de ſa Méthode. Les per-
ſonnes qui feront dans le cas de ſe
plaindre du peu de ſuccès du reméde ,
ſont priées de confulter M. Keyfer lui-
même par une lettre affranchie en l'in-
formant de la façon dont ils auront été
traités , & de la quantité de dragées
qu'ils auront pris , ainſi que de l'effet
qu'ils en auront éprouvé ; en réponſe il
leur donnera des avis ſatisfaiſans.
Comme M. Keyser , eſt bien éloigné
de croire aucuns de ſes Correſpondans
capablesdepareilsprocédés,parce qu'illes
connoittrès-inſtruits , il inſiſte ſur la né-
ceffité de recommander aux perſonnes
qui enaurontbeſoin,des'adreſſer àeux de
préférence. Il ſçait de plus qu'il ſe trou-
ve à Bordeaux des perſonnes qui ne
ceſſent de déprimer les dragées antivé-
nériennes ,tandis qu'il eſt prouvé que
M. de la Plaine ſon Correſpondant y a
fait & continuede faire par leur moyen,
des cures ſurprenantes. C'eſt àlui que
;
160 MERCURE DE FRANCE .
les Malades doivent s'adreſſer ; & M.
Keyfer qui connoît & ſa probité & l'é-
tendue de ſes connoiffances dans l'ad-
miniſtration de ce reméde , garantit
qu'ils ne sçauroient mieux placer leur
confiance.
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Résumé : « M. Keyser, instruit que quelques personnes dans diverses Provinces, soit par [...] »
En avril 1764, M. Keyser a observé que certaines personnes, par ignorance ou malice, discréditent les dragées antivénériennes en les administrant incorrectement. Certains utilisent des doses trop fortes au début pour décourager les malades, tandis que d'autres utilisent des doses trop faibles pour rendre le traitement inefficace. Keyser insiste sur l'importance d'une administration fidèle et conforme à sa méthode pour garantir l'efficacité des dragées. Il invite ceux qui trouvent le remède inefficace à lui écrire pour obtenir des conseils. Keyser fait confiance à ses correspondants instruits et recommande de s'adresser à eux pour le traitement. À Bordeaux, malgré les critiques, M. de la Plaine, correspondant de Keyser, obtient des guérisons remarquables avec ces dragées. Keyser assure de la probité et des compétences de M. de la Plaine, encourageant les malades à lui faire confiance.
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58
p. 160-165
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
Début :
M. Imbert, Chancelier de la Faculté de Médecine. M. Fournier, [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
Correspondans de M. Keyser.
M. Imbert, Chancelier
de la Faculté de Médecine.
M. Fournier, Médecin
de l'Hôpital du Roi.
M. Batigne , Docteur à Montpellier.
en Médecine.
M. Goulard, Chirurgien
:
Major de l'Hôpital du
Roi.
M. Lecat , Secrétaire perpétuel de l'A-
cadémie des Sciences.
Les RR. PP. de la Charité.
l'Hôpital du Roi.
rité.
enChirurgie,
de
à Rouen.
M. Marmion, Médecin de à Grenoble.
Les RR. PP. de la Cha-
M. Defmoulins , MaîtreS àlaRochelle
AVRIL. 1764.
161
M. Razoux ,Docteur enMédecine.
àNifmes.
M. de Freffiniat , Docteur en Médecine.
à Limoges-
M. Reliquet , Docteur en Médecine.
àNantes.
M. Piers , Docteur en Médecine.
13
àTroyes.
M. Andirac , Docteur en Médecine.
à Cambrai,
M. Dourlen , Docteur en Médecine.
à S. Omer
M. Paris , Docteur en Médecine.
à Arles
M. Daffieu , Docteur enMédecine.....
à Tarbes.
M. Barjolle , Docteur enMédecine.
à Saumur...
M. Leriche, Chirurgien Major.
grave de Bareith .
à Strasbourg.
M. Ravaton , Chirurgien
Major.
M. Leguai , Chirurgien de
feu S. A. S. M. le Mar-
&de Marine.
à Landau.
MM. Demontreux & Duval , Chirur-
giens Majors des Hôpitaux Militaires
àBreft.
162 MERCURE DE FRANCE.
M. Souville , Chirurgien
Major de l'Hôpital.
M. Brugnieres , Chirurgien
Majorde Bearn.
M. Delapeyre , Chirurgien
Major.
M. Lepage, Maître en Chi-
M. Planoque, Chirurgien Ma-
àCalais.
M. Maret , Maître en Chirurgie. àDijon.
M. Rey, Maître en Chirurgie. à Lyon.
M. de la Plaine,Chirurgien àBordeaux
M. Bacquié, Maître en Chirurgie.
rurgie.
jor.
àToulouse.
M. Warocquier, Chirurgien.
àCaen
M. Guillon , Maître en Chir. à Orléans.
M. Buttet , Maître en Chirurgie.
Chirurgie.
M. Tenebre ,
Ma-3d
à Lille
aEtampes.
MM. Bongour & Duval , Maîtres en
à S.Malo.
M. Dupont , Maître en Chirurgie.
àRennes.
M. Chevreul , Maître en Chirurgie.
M. le Chauve
res.
àAngers.
àTours.
auPuy.
MM. Toujan , Chirurgiens&Apoticai
à l'Orient.
AVRIL. 1764.
163
M. J. B. Delamarque , Maître en Chi-
rurgie.
gienMajor.
Major d'Artois.
à l'Isle de Rhé.
M. Bernier , ChirurgienMajor.
M. Beauregard, Chirur-
àBefinçon.
M. Michel , Chirurgien àPerpignan.
M. Moffier, ChirurgienMajor.
àAvesnes.
M. Marjault , Chirurgien Major.
à Douai.
M. Miſaibel , ChirurgienMajor.
1
àNanci.
MM. Paton & de Villiers , Maîtres en
Chirurgie.
au Mans.
M. Carpentier , Maître en Chirurgie...
à Dunkerque.
M. Ponthier, Maître en Chirurgie.
àAix en Provence.
M. Douffin , Maître en Chirurgie.
à Xaintes.
M. Beauregard , Maître en Chirurgie.
àAvignon.
M. Delahaye , Chirurgien Major.
àRochefort.
M. Durand, ancien Chirurgien Major.
àArras.
M. Texereau, Maître en Chirurgie.
àPoitiers.
64 MERCURE DE FRANCE.
M. Rochebrun , Maître en Chirurgie.
à Ammerlerault.
M. Roux , Maître en Chirurgie.
M. Briffet , Chirurgien.
àMarseille.
M. Ferrand, Maître en Chirurgie.
M. le Docteur Cooper.
à Narbonne.
M. Frannié , Maître en Chirurgie.
à Montauban.
M. Lambert , Médecin & Chirurgien.
àGraffe.
PAYS ÉTRANGERS.
M. d'Artenfet , Maître en Chirurgie.
au Port au Prince.
M. d'Elbeuf, Chirurgien.
à Albi.
àAuxonne.
à Londres!
M. Godineau , ancien Chirurgien Major
desArmées , ſeul Correſpondant.
M. Soulas.
M. Naudinat , Médecin.
àMadrid.
M. Akrell,Chirurgien Major. à Stokolm.
MM. Guyot , Finc & Deharfu ,
Maîtres en Chirurgie.
àGenève.
M. Goddecharles , Maître en Chirurgie.
M. Bikker , Médecin.
àBruxelles.
M. Lecat, Médecin & ChirurgienMajor.
àGand.
àRotterdam.
àFlorence.
à Cadix
AVRIL. 1764.
M. Breydel , Chymiſte.
M. Laborye , Chirurgien.
M. Pujoll.
165
àBruges.
au Cap.
M. Chaffaing, Chirurg. à la Martinique.
M. Bonnet , Chirurgien. àS. Domingue.
àConstantinople.
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Résumé : LISTE de MM. les Médecins & Chirurgiens Correspondans de M. Keyser.
En avril 1764, une liste de médecins et chirurgiens correspondants de M. Keyser a été établie. En France, elle inclut des professionnels occupant des postes tels que chancelier de la Faculté de Médecine, médecin de l'Hôpital du Roi, docteur en médecine, chirurgien major, secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences, et maître en chirurgie. Les villes françaises mentionnées sont Paris, Montpellier, Rouen, Grenoble, et plusieurs autres. À l'étranger, des correspondants sont répertoriés à Madrid, Stockholm, Genève, Bruxelles, Gand, Rotterdam, Florence, Cadix, Port-au-Prince, Londres, et Constantinople. La liste comprend également des chimistes et des apothicaires.
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59
p. 162-164
DISTILLATION.
Début :
LES personnes qui par état emploient du vinaigre distillé, & qui desirent [...]
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texteReconnaissance textuelle : DISTILLATION.
DISTILLATION.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
LES personnes qui par état emploient
du vinaigre distillé, & qui desirent
qu'il ſoit bien déflegmé , ſont aver
ties par le feur Maille , Diſtillateur ,
que la conſtruction d'un fourneau qu'il
a imaginé pour faire cette diſtillationr
dans † vaiſſeaux de grès, le met à
portée de vendre ce vinaigre à un très
bon compte & d'une qualité ſupé
rieure, & ſans être dangereux, comme
celui qui ſe diſtribue chez différens Par
ticuliers , fait dans des alambics de cui
· vre , ce qui eſt dangereux par les par
ties métalliques qu'il enléve, & par con
ſéquent devient très-préjudiciable aux
remédes dans leſquels il eſt emploié.
Le Vinaigre Romain pour la con
ſervation de la bouche, ſe diſtribue tou
jours avec les plus heureux ſuccès pour
A V R I L. 1764.
163
blanchir les dents , empêcher qu'elles
ne ſe carient , en arrêter le progrès,
les raffermir dans leurs alvèoles , préve
nir l'haleine forte, & rafraîchir les lé
vres. L'Auteur vend auſſi différens vi
naigres, pour guérir le mal de dent ,
blanchir la peau , guérir les dartres fa
rineuſes, les boutons , noircir les che
veux roux ou blanc, ainſi que les ſour
cils, ôter les taches de rouſſeur , maſ
ques de couches , & le véritable Vi- .
naigre des quatre Voleurs, préſervatifde
tout air contagieux, & généralement
toutes ſortes de Vinaigres tant à l'uſage
des bains & toilette , que de la table,au
nombre de deux cent ſortes. On diſtri
bue toujours en ſon magafin à Séve,
près Paris, le nouveau Caſſis blanc pour
aider la digeſtion des alimens , le nou
veau Ratafia des Sultanes, le Courier
de Cythère , & toutes ſortes de Li
queurs & Eaux d'odeur tant françoiſes
qu'étrangères. On s'adreſſera pour les
vinaigres au ſieur Maille , rue S. An
dré des Arcs , la troiſiéme porte-co
chère à droite en entrant par le Pont
S. Michel , entre la rue Mâcon & la
ue Hautefeuille, de l'autre côté,à Paris
Et pour le Caſſis ,
Ratafia & autres
Liqueurs & Odeurs en ſon Magazin »
·r64 MERCURE DE FRANCE.
à Séve près Paris, route de la Cour.
Le prix des moindres bouteilles pour
les dents ou autres propriétés, eſt de
3 liv. , le Caſſis blane 4 liv. la pinte,
le Ratafia des Sultanes , 6 liv. , & 8
liv. le Courier de Cythère. Ledit ſieur -
Maille fait
les envois au deſir des
perſonnes , en remettant l'argent par
la Poſte, franc de port, ainſi que les
lettres :
il envoye en même temps la
manière de s'en ſervir avec une liſte de
ſes vinaigres, & des prix. Les perſon
nes qui voudront emporter de ces ſor
tes de vinaigre dans les Iſles où l'u-
ſage en eſt ſi néceſſaire, peuvent le
faire ſans crainte que le temps ni l'é-
loignement du tramſport puiſſe altérer
leurs qualités.
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Résumé : DISTILLATION.
Le texte présente les innovations et les produits du sieur Maille, un distillateur. Maille a créé un fourneau permettant de distiller le vinaigre dans des vaisseaux de grès, améliorant ainsi la sécurité et la qualité du produit par rapport aux alambics de cuivre traditionnels. Le vinaigre romain est recommandé pour la conservation de la bouche, le blanchiment des dents, la prévention des caries et la fraîcheur des lèvres. Maille propose également divers vinaigres pour traiter des affections telles que le mal de dents, les dartres farineuses et les boutons, ainsi que pour noircir les cheveux ou les sourcils. Parmi ses produits figurent le cassis blanc, le ratafia des sultanes, le courier de Cythère, et diverses liqueurs et eaux de toilette. Les prix varient de 3 à 8 livres. Maille offre l'envoi des produits par la poste, sans frais de port, et fournit des instructions d'utilisation et une liste des prix. Les produits peuvent être expédiés sans risque de dégradation, même vers des destinations éloignées comme les îles.
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60
p. 164-165
MANUFACTURES.
Début :
L'ON avertit le Public qu'il se vend tant a Paris, que dans les Provinces, des [...]
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texteReconnaissance textuelle : MANUFACTURES.
MANUFACTURES.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
L'ON avertit le Public qu'il se vend
tant a Paris, que dans les Provinces, des
Toiles rt intes ſous le nom de la Manu
Jacture d'Orange, qui n'en ſont pas ; &
que la véritable façon de connoître cel
M A I. 1764.
165
les qui ſont peintes & imprimées à Oran
ge,& de convaincre les débitans de mau
vaiſe foi qui trompent tous les jours les
perſonnes qui achetent de ces étoffes ,
eſt de ſe faire répréſenter les chefs des
Pièces qui ſont toutes marquées en tête
& en queue : Manufaéture de J. R.
Wetter, & ſa Compagnie à Orange & de
rejetter toutes celles qui ne le ſeront
pas, ou dont la marque paroîtroit avoir
été ajoutée après coup.
L'on avertit auſſi le Public , que le
Magazin général de cette Manufacture,
qui ſe tient toujours à l'Hôtel de Jaback,
rue neuve S. Médéric , eſt continuelle
ment aſſorti en toutes ſortes de Toiles
peintes tant pour Meubles, Robbes,
Deuils & autres ; Toiles pour habits
d'Hommes en deſſeins de luſtrine, Veſ
tes à bordures, Mouchoirs ; & qu'il ne
ſe vend que des Toiles en ladite Manu
facture.
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Résumé : MANUFACTURES.
Le texte alerte sur la vente illégale de toiles falsifiées prétendant provenir de la Manufacture d'Orange. Pour authentifier les toiles, il est conseillé de vérifier la présence des marques 'Manufacture de J. R. Wetter, & sa Compagnie à Orange' aux extrémités des pièces. Les acheteurs doivent refuser les toiles non marquées ou dont la marque semble ajoutée après coup. Le magasin général de la manufacture, situé à l'Hôtel de Jaback, rue neuve S. Médéric, offre divers types de toiles peintes adaptées à différents usages : meubles, robes, deuils, habits d'hommes, vestes à bordures et mouchoirs. Le magasin garantit la vente exclusive de toiles authentiques de la Manufacture d'Orange.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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61
p. 137-153
CHIRURGIE. RÉPONSE intéressante du Chirurgien de Province, Auteur des Observations sur l'origine & sur les progrès de la Taille, appellée Méthode de RAU, &c, insérées dans les Mercures des mois d'Août & Septembre 1762 ; aux recherches & à la critique de M. BORDENAVE, Chirurgien Professeur à S. Cosme, de l'Académie Royale de Chirurgie, &c, insérées dans le Mercure d'Octobre II. vol, & Novembre 1763.
Début :
ARTICLE PREMIER. PRÉCIS historique de l'usurpation de la découverte [...]
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texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. RÉPONSE intéressante du Chirurgien de Province, Auteur des Observations sur l'origine & sur les progrès de la Taille, appellée Méthode de RAU, &c, insérées dans les Mercures des mois d'Août & Septembre 1762 ; aux recherches & à la critique de M. BORDENAVE, Chirurgien Professeur à S. Cosme, de l'Académie Royale de Chirurgie, &c, insérées dans le Mercure d'Octobre II. vol, & Novembre 1763.
CHIRURGIE.
RÉPONSE intéressante du Chirurgien
de Province, Auteur des Observations
sur l'origine & sur les progrès
de la Taille, appellée Méthode de
RAU, &c, insérées dans les Mercures
des mois d'Août & Septembre
1762 ; aux recherches & à la critique
de M. BORDENAVE, Chirurgien
Professeur à S. Cosme, de
l'Académie Royale de Chirurgie, &c,
insérées dans le Mercure d'Octobre II.
vol, & Novembre 1763.
ARTICLE PREMIER.
PRÉCIS historique de l'usurpation de
la découverte du FRERE JACQUES.
Les Amateurs de la vérité ne ſeront
138 MERCURE DE FRANCE.
pas peu ſurpris d'apprendre que les re
cherches de M. Bordenave ont pour ob
jet d'obſcurcir la mémoire d'un des
plus grands hommes que laFrance ait
produit : que le Frère Jacquesayant ren
du la taille du périné méthodique, par une
des plus importantes découvertes de la
Chirurgie , & des plus intéreſſantes pour
l'humanité, il ſoit devenu par-là l'objet
éternel de la haine & du mépris de la
plûpart des Chirurgiens, & ſur-tout de
ceux de Paris.
Le Frère Jacques , du tiers-Ordre de
S. François, Chirurgien par goût & par
' éducation, & entiérement dévoué au
· bien public , ayant éprouvé dans le
cours de quinze années de pratique de
la Taille, par le petit & par le grand
appareil , les inconvéniens énormes de
ces deux manières ſi imparfaites d'ex
traire la pierre de la veſſie, pratiquées
ſéparément; reconnut par l'Anatomie
& par l'obſervation, qu'elles pouvoient
devenir réciproquement le correctif
l'une de l'autre , en les réuniſſant en
ſemble, dans une ſeule & mème opé
J'ſltlO/1.
Convaincu par dix années d'expé
, rience, de la bonté & ſupériorité de ſa
nouvelle manière de tirer la pierre de la
J U I N. 1764.
-
| 139
veſſie, & enfin après avoir taillé en dif
férentes Contrées de l'Europe dans le
cours de vingt-cinq années de pratique ,
tant par les anciennes que par ſa nou
velle opération , plus de quatre mille
cinq cens malades affligés de la pierre,
en préſence des Medecins, des Chirur,
giens & des Magiſtrats des lieux où il
opéroit , & muni de leurs certificats ;
· ſon zèle pour le bien public le déter
mina en 1697 à aller à Paris, pour mon
trer aux Medecins & Chirurgiens de
cette Capitale & de la Cour ſa nouvelle
manière d'extraire la pierre de la veſſie,
comme plus facile, plus ſûre & beau
coup moins dangéreuſe que celle qu'on
prat1quoIt.
-
Cette découverte étant marquée au
coin de la vérité , enleva d'abord les
ſuffrages : tous les Medecins & les Chi
rurgiens furent ſurpris d'admiration de
voir que de la réunion de deux opéra
tions meurtrières ſéparément , le petit &
le grand appareil, il en réſultoit la taille
· la plus avantageuſe poſſible. Convain
cus en outre par les épreuves, & par les
ſuccès dont ils furent témoins, ils en
firent publiquement, & au Roi & à la
Famille Royale, les plus grands éloges,
en annonçant le Frère Jacques comme
14o MERCURE DE FRANCE.
un homme envoyé de Dieu pour ſoulager
ceux qui étoient affligés de la pierre ,
par une méthode plus aiſée & moins
dangereuſe que celle qu'on pratiquoit ,
C»
-
M. Meri , Chirurgien de S. Coſme,
Major de l'Hôtel-Dieu, Membre de l'A-
cadémie Royale des Sciences, &c. fut
chargé conjointement avec
pluſieurs
autres Médecins & Chirurgiens , par
M. le premier Préſident de Harlai, de
l'éxamen de cette nouvelle opération.
Meri fit en préſence deſdits Médecins &
Chirurgiens, d'après une épreuve faite
par le Frère Jacques même, ſur le ca
davre d'un homme, la deſcription ana
tomique exacte, du trajet de ſon inci
ſion , avec un rapport circonſtancié ,
ſans altération (a), des grands avantages
& de la ſupériorité de cette nouvelle
manière d'extraire la pierre de la veſſie,
ſur l'ancienne, le grand appareil qu'on
pratiquoit alors ne connoiſſant pas mieux,
( a ) Ce rapport fut altéré dans la ſuite par
des additions démonſtrativement machinées &
ajoutées après coup, auſſi bien que le procédé de
l'épreuve du Frère Jacques ; & c'eſt ainſi que
Méri les a tranſmis dans ſes obſervations, qu'il
fit imprimer deux années après contre ce Frère
· & ſon opération-
-
l
J U I N. 1764.
I4 1
& il donna le ſurlendemain de l'épreuve
ce rapport à M. le Premier-Préſident.
Mais ces éloges & ce rapport étoient
des aveux ſurpris au premier mouve
ment de leur cœur : l'envie ſuccéda à
l'admiration ; & comme cette décou
verte étoit l'ouvrage d'un homme qui
n'avoit ni titre ni rang en Médecine &
en Chirurgie, quoique grand Chirur
gien dans le fond, il ne fut plus queſ
tion que des moyens de ſe dédire, ſous
prétexte d'éxamen inſuffiſant & d'expé
rience contraire, & d'altérer & décom
poſer cette opération, pour en faire
naitre des inconvéniens , & expoſer ſon
auteur le Frère Jacques, ſous un point
de vue d'ignorance craſſe , pour s'ap
proprier enſuite ſous prétexte d'inſtruc
tions & de corrections, l'honneur de ſa
découverte.
-
-
Comme le Frère Jacques avoit porté
la taille du périné à un degré de pefec
tion, auquel ſes raviſſeurs ne pouvoient
véritablement rien ajouter ,
ils et rent
recours à l'invention. .. ... & comme
l'anatomie & la ſonde crénelée ſont au
lithotomiſte ce que la carte & la bouſſole
ſont au Pilote , & que leur en ôter la
connoiſſance , c'eſt en faire des igno
trans qui n'ont que la témérité pour
i42 MERCURE DE FRANCE.
guide & le haſard pour ſuccès, & ſur lè
compte deſquels on peut établir tous les
écarts & toutes les erreurs poſſibles ; les
Chirurgiens de S. Coſme, particuliére
ment ceux qui pratiquoient la lithoto
mie, Meri, Delaunai , Saviard, Maré
chal, Dionis , &c. inventerent & pu
blierent que le Frère Jacques n'avoit
aucune connoiſſance des parties ſur leſ
quelles il opéroit, point d'aºatomie ,
& que la ſonde ſeule dont il ſe ſervoit
pour tailler n'étoit point crénelée pour
retenir & conduire la pointe de ſon biſ
touri lithotome à la veſſie. Ils ajouterent
que le Frère Jacques inciſoit dans ſa
nouvelle opération de bas en haut par
le moignon de la feſſe, & qu'il prati
quoit encore de même le petit appa
reil, en coupant de bas en haut tout ce
ui ſe rencontroit de parties, depuis la
tubéroſité de l'iſchion, où il commençoit
l'inciſion , juſqu'à la pierre, &c. & ils
| firent naître de cet ordre renverſé des
impérities de toute eſpéce, & même au
delà de toute poſſibilité.
-
Enfin Meri fit une collection de tou
tes ces inventions controuvées, qu'il pu
blia en I7oo (b) comme autant de rap
( b ) Obſervations ſur la manière de tailler
Pour l'extraction de la pierre pratiquée par Frére
| J U I N. 1764.
-
143
ports & d'obſervations conſtatées, faites
par l'ordre de M. le Premier Préſident,
ſur les épreuves & ſur les opérations du
Frère Jacques. Il eſt vrai que Meri y a
joint le rapport avantageux qu'il en
avoit fait d'abord en 1697 à ce Magiſ
trat, mais avec des additions relatives
aux fauſſetés inventées depuis, & dé
monſtrativement ajoutées à ce premier
rapport, pour juſtifier ſes contradictions,
& autoriſer ſes fauſſes obſervations ,
comme ayant prévu d'abord tous ces
inconvéniens, particuliérement à cauſe
du défaut, ſuppoſé, de crénelure de la
ſonde, & c'eſt ce qui en a le plus impo
ſé. Ces additions machinées après coup
commencent par ces mots, mais il me
paroît, Monſeigneur, que Frère Jacques
pourroit, & c. page 23.
Meri termine ſes fauſſes obſervations
en indiquant de créneller la ſonde pour
ſûreté de l'inciſion, & de borner l'inciſion
à l'uretre excluſivement au col & au
corps de la veſſie, pour éviter, dit-il,
la fiſtule & l incontinence d'urine , &c.
ce qu'il appuye de diſſertations ſpécieu
ſes contre tout principe, & démenties
par l'expérience. C'eſt là l'origine & la
Jacques, &c. par Jean Meri, Chirurgien de la
feue Reine, &c.
-
-
| 144 MERCURE DE FRANCE.
ſource (le Livre des obſervations de Meri
ſur la taille du Frère Jacques ) de toutes
les abſurdités & fauſſetés débitées juſ
qu'a ce jour, ſur la capacité du Frère
Jacques , & ſur la nature & l'exécution
de ſa nouvelle opération (c).
Dans le même temps Delaunai, Sa
viard, Dionis, &c. écrivirent auſſi con
tre le Frère Jacques & contre ſon opéra
tion : mais comme Meri avoit écrit le
premier & épuiſé le ſujet, ils n'ont pû
que répéter & commenter les mêmes in
ventions , en les ornant chacun ſuivant
ſon génie , d'épithètes injurieuſes &
calomnieuſes. Tous ces Ecrits, joints
aux ſuccès étonnans du Frère Jacques,
& aux honneurs publics qu'on lui ren
doit alors en Hollande , fomentèrent
( c ) Nouvelle opération du Frère Jacques, que
Meri fit à M. le Premier Préſident en i 697, eſt
le premier & le ſeul Ecrit vrai qui ait été fait
ſur cette opération ; & le Traité des Obſervations
que Meri a publié en 17oo, ſur cette même opé
ration , après que l'envie l'eut ſubjugué, n'eſt
qu'un tiſſu de fauſſetés, de contradictions & d'ab
urdités. C'eſt le premier qui a été impri é, &
† tous ceux qui ont écrit depuis, ſur
'opération du Frère Jacques, ſans aucune excep
tion juſqu'à M. Bordenave lui-même , n'ont fait
ue répéter & commenter les mêmes fauſſetés &
les mêmes abſurdités.
l'envie
-
J U I N. 1764.
I45 ·
l'envie au point qu'elle gagna, comme
, par contagion , tous les Lithotomiſtes
de l'Europe ( excepté Rau,Médecin-Opé
rateur à Amſterdam ) & la découverte
du Frère Jacques fut enfouie dans un
cloaque inépuiſable d'impoſtures de
toutes eſpèces; & c'eſt des débris de
cette importante découverte qu'on voit
éclore de jour à autre tant de prétendus
Auteurs de nouvelles méthodes , qui
n'ont d'autre part aux progrès de la
taille, que la hardieſſe de s'annoncer
pour tels.
Les limites que preſcrivent les Ecrits
périodiques, ne nous permettant pas de
pourſuivre plus loin cette Hiſtoire, nous
l'interrompons ici pour démontrer par
des preuves inconteſtables à M. Borde
nave, malgré toutes ſes autorités, té
moins oculaires & authenticités, que le
Frère Jacques n'a jamais taillé ſur une
ſonde ſans crénelure, ni pratiqué le pe
tit appareil par le moyen de la feſſe, &
que les principales cauſes des impérities
qu'on lui a imputées en conſéquence ,
ſont d'une impoſſibilité abſolue.
146 MERCURE DE FRANCE.
A R T I C L E I I.
AssERTIoNs des fauſſes imputations
faites au Frère JAcQvES.
Dire que le Frère Jacques a décou
vert une méthode de tirer la pierre de la
veſſie plus facile & moins dangereuſe
que celle qu'ou pratiquoit, & cela ſans
connoître la topographie, l'anatomie ,
des parties ſujettes à ſon lithotome , ni
la cannelure de la ſonde, qui en eſt le
uide : autaut vaudroit-il avancer qu'un
§ a découvert pour la navigation
des campagnes les plus difficiles, des
routes abrégées & beaucoup moins pé
rilleuſes , † connoître la carte ni la
# (d). C'eſt cependant à de telles
abſurdités que l'envie eſt parvenue à
donner de l'authenticité,
M. Bordenave dit dans ſes recherches,
fur la taille du Frère Jacques, en ré
ponſe à nos obſervations, » L'Hiſtoire de
» l'opération de Frère Jacques a été dé
» crite dans trop de Livres, par des Au
(d ) La cannelure eſt à la ſonde à tailler ce que
l'aimant eſt à la bouſſole ; il leur donne à l'une
& a l'autre, la propriété qu'elles ont, de con
duire & diriger les opérations.
J U I N. 1764.
147
» teurs non ſuſpects, inſtruits , la plû
» part témoins oculaires , pour paroître
» équivoque, & il faut être aveugle &
» de mauvaiſe foi pour ſe refuſer à la
» vérité.
-
» Malgré l'expoſition claire des faits
» les mieux circonſtanciés , malgré les
» Ecrits les plus authentiques & les
» mieux reçus par les gens de l'Art con
» temporains , ſeuls Juges compétens
» en cette matière , il a plù cependant à
» un Anonyme, ſe diſant Chirurgien de
» Province, de nier en partie ce qui a
» été écrit il y a plus de ſoixante ans ſur
» la taille de Frère Jacques ; d'accuſer
» de prévention M. Meri & les autres
» Lithotomiſtes de ſon temps; de leur
» imputer d'avoir publié des obſerva
» tions fauſſes contre ſa nouvelle ma
» nière de tirer le pierre , & d'avoir ſup
» poſé que la ſonde dont ce Frère ſe
» ſervoit pour tailler n'étoit point cré
» nelée pour retenir & conduire la poin
» te de ſon lithotome à la veſſie, &c.
» Mais il reſte à ſavoir ſur quelle auto
» rité l'Anonyme peut révoquer en
» doute les faits les plus conſtatés, dont
» il n'a pas été le témoin.....
» Quelle allégation d'ailleurs peut-on
» oppoſer aujourd'hui après
-
G j
plus de
-
148 MERCURE DE FRANCE.
» ſoixante-trois ans, contre l'Ouvrage
» de M. Meri, qui réunit en ſa faveur
» l'autorité la plus complette ? M. Meri
» également recommandable par ſes
» lumières & par ſa probité, &c ... a
» laiſſé des obſervations lumineuſes,
» détaillées, exactes, ſans paſſion, dont
» il n'eſt jamais le ſeul témoin , mais
» qui ſont atteſtées toujours par la pré
» ſence d'un grand nombre des plus cé
» lébres Médecins & Chirurgiens.
» On peut même ajouter que l'Ou
» vrage de M. Meri eſt moins l'ouvrage
» d'un Particulier que celui d'un homme
» public. Ainſi comment peut-on dire
» après de pareilles preuves , que les
» obſervations des impérities de Frère
» Jacques ſont d'une impoſſibilité ab
» ſolue ?
» On va plus loin, on nie que cet
» Opérateur ait jamais taillé avec un
» cathéter ou ſonde non-cannelée : mais
» M. Meri & ſes contemporains l'ont
» vu opérer ainſi. Ce n'eſt donc pas une
» ſuppoſition de ſa part.....
» C'eſt donc manquer à la vérité ſans
» aucun fondement, & uniquement par
» paſſion , que d'avancer avec autant
» de confiance que le Frère Jacques n'a
» jamais taillé avec un cathéter,ou ſonde
:' non-cannelée &c...
Q U E S.
J U I N. 1764.
I49
» Je ne ſuivrai pas plus loin l'Anonymº
» provincial dans ſes aſſertions.Cet9º
» vrage obſcur, produit dans les téné
» bres, dicté par la paſſion, paroît uni
» quement fait pour décrier des Chirur*
» giens recommandables , & déſigner
» un ſucceſſeur au Frère Jacques ;.j'a-
» bandonne au temps la cauſe actuelle ;
» la poſtérité ſeule peut la juger. Mºis
» j'ai cru devoir à la mémoire de M
» Meri les recherches qui ont été Prº
» poſées, & qui prouvent inconteſtable
» ment la vérité & l'utilité de ſon Ou
» vrage, contre toutes les déclamations
» que l'on pourroit lui oppoſer &c.
A R T I C L E I I I.
D E l'impoſſibilité démontrée des im
p
-
-
putations faites au FR E R E JA c
Nos autorités, C'eſt la démonſtration,
contre laquelle le nombre des années ,
ni le nombre des hommes, avec tous
leurs titres, talens, & probité apparente ,
ne peuvent abſolument rien. Il n'eſt
pas toujours indiſpenſable, comme le
ſuppoſe M. Bordenave, d'avoir été pré
ſent à la fabrication des faits controu
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
vés, pour les nier. Il ſuffit qu'ils ayent
été aſſez mal concertés ou mal com
binés, pour pouvoir dans tous les temps
en démontrer la fauſſeté, ou l'impoſſi
bilité ; & les imputations faites au Frère
Jacques, pour lui ravir l'honneur de
ſa découverte, ſont abſolument de cette
nature ; & de toutes les allégations de
M. Bordenave, contre le Frère Jacques,
à titre d'incapacité & d'impéritie , il
n'en eſt pas une ſeule, dont on ne puiſſe
malgré tous ſes témoins oculaires , &
toutes ſes authentiques autorités, dé
montrer la fauſſeté. Les aveux du Frère
Jacques même ſur les défauts de cannelure
de ſa ſonde, s'il en étoit de bien conſta
tés, ne pourroient être que des aveux
ſurpris ou forcés; parce qu'il n'étoit pas
plus dans ſon pouvoir, qu'à tout autre,
d'éxecuter des choſes abſolument im
poſſibles.
'
-
-
Pour trancher court ſur les diſcuſ
ſion , éviter les queſtions incidentes ,
& tout ſubterfuge , & ſaper par les
fondemens le ſpécieux de toutes les preu
ves alléguées par M. Bordenave , contre
la capacité du Frère Jacques, & par
ticulièrement contre la cannelure de ſa
ſonde ; nous lui propoſons le défi, de ré
pondre démonſtrativement , ſans équi
· J U I N. 1764.
-
1 51
voque ni ambiguité, aux propoſitions
uIVa f)teS, ,
,
-
PREMIÉRE PRoPosITrow.
Le grand appareil eſt il praticable,ſur
la convéxité de la courbure d'une ſonde
folide rempliſſant l'urétre , exactement
ronde , & ſans cannelure ou rainure ,
pour l'inciſion, & l'introduction ſucceſſive
| des différents inſtruments , propres à
forcer & dilater ce canal juſqu'à la veſſie,
pour en extraire la pierre ?
R E M A R Q U E s.
Le grand apareil de Romanis, que
le Frère Jacques avoit pratiqué, & ré
uni avec le petit appareil de Celſe, des
anciens , dans ſa nouvelle opération ,
conſiſte à ouvrir par une inciſion per
pendiculaire au haut du périné l'urétre, à
quatre travers de doigt, ou environ en
deça du corps de la veffie,ſur la convéxité
d'une groſſe ſonde d'acier , recourbée
conformément à la courbure de ce ca
nal , pour en faciliter l'introduction
pardeſſous l'arcade du pubis dans la
veſſie , (e) & crenelée, ſur la convéxi
· (e) Le Frère Jacques ſe ſervoit de ſondes plus
greſſes que les ſondes ordinaires, pour leur faire
Porter une crénelure plus profonde ſans en altérer
la force, Elles étoient auſſi plus recourbées pour
-
G iv
152 MERCURE DE FRANCE.
té de ſa grande courbure pour l'inſinua$
tion, & introduction forcée & †À
ſive, des différens inſtrumens pour di
later le canal de l'urétre juſqu'à la veſſie,
& en extraire la pierre; ce qui ne pour
roit certainement pas avoir lieu ſur
une ſonde ſans cannelure.
Une ſonde ſolide exactement ronde &
ſans rainure, rempliſſant le canal de
l'urétre, comme la ſupoſe Meri (f) bien
loin de faciliter l'introduction d'au
cun autre inſtrument dans la veſſie , elle
s'y oppoſeroit abſolument. D'où il ſuit
† la Canellure ou rainure de la ſon
e , eſt d'une néceſſité indiſpenſable
dans l'éxécution du grandappareil;donc
le Frère Jacques connoiſſoit la crenelu
re, de la ſonde à tailler, avant d'aller
à Paris; puiſque de l'aveu des hiſtoriens,.
& de Meri même, il avoit pratiqué &
réuni le grand appareil dans ſa nouvelle
opération.
Meri dit page 64, de ſes obſerva
tions ſur la nouvelle manière de tailler
du Frère Iacques » on pourroit peut
amener & préſenter le bas du canal de l'urétre
au tranchant du biſtouri ; elles avoient même
un manche quarré applati pour les tenir plus
ferme. Et le tout pour plus grande facilité & ſu
reté de ſon opération.
(f) Obſervations de Meri, page 17.
J U I N. 1764.
I 53
» être ſoupçonner que Frère Jacques
» a connu Raoux; qu'il tient de lui une
» partie de ce qu'il ſçait touchant le petit
» appareil; & qu'il y a ajouté la prati
» que du grand appareil» &c. Meri con
vient donc, non ſeulement,que le Frère
Jacques avoit pratiqué le grand ap
pareil, où la cannelure de la ſonde eſt
indiſpenſable, mais encore qu'il l'avoit
réuni avec le petit appareil, dans ſa
nouvelle opération; & conſéquemment,
que la ſonde cannelée du grand ap
pareil entroit indiſpenſablement dans
l'éxecution de ces deux opérations réu
nies , dans une ſeule & même opéra
tion , qui conſtitue la découverte du
Frère Jacques ; laquelle nouvelle opé
ration étoit de ſa nature auſſi impratica
ble que le grand appareil ſans la cre
nelure de la ſonde.
s
-
Le reſte au Mercure prochain.
RÉPONSE intéressante du Chirurgien
de Province, Auteur des Observations
sur l'origine & sur les progrès
de la Taille, appellée Méthode de
RAU, &c, insérées dans les Mercures
des mois d'Août & Septembre
1762 ; aux recherches & à la critique
de M. BORDENAVE, Chirurgien
Professeur à S. Cosme, de
l'Académie Royale de Chirurgie, &c,
insérées dans le Mercure d'Octobre II.
vol, & Novembre 1763.
ARTICLE PREMIER.
PRÉCIS historique de l'usurpation de
la découverte du FRERE JACQUES.
Les Amateurs de la vérité ne ſeront
138 MERCURE DE FRANCE.
pas peu ſurpris d'apprendre que les re
cherches de M. Bordenave ont pour ob
jet d'obſcurcir la mémoire d'un des
plus grands hommes que laFrance ait
produit : que le Frère Jacquesayant ren
du la taille du périné méthodique, par une
des plus importantes découvertes de la
Chirurgie , & des plus intéreſſantes pour
l'humanité, il ſoit devenu par-là l'objet
éternel de la haine & du mépris de la
plûpart des Chirurgiens, & ſur-tout de
ceux de Paris.
Le Frère Jacques , du tiers-Ordre de
S. François, Chirurgien par goût & par
' éducation, & entiérement dévoué au
· bien public , ayant éprouvé dans le
cours de quinze années de pratique de
la Taille, par le petit & par le grand
appareil , les inconvéniens énormes de
ces deux manières ſi imparfaites d'ex
traire la pierre de la veſſie, pratiquées
ſéparément; reconnut par l'Anatomie
& par l'obſervation, qu'elles pouvoient
devenir réciproquement le correctif
l'une de l'autre , en les réuniſſant en
ſemble, dans une ſeule & mème opé
J'ſltlO/1.
Convaincu par dix années d'expé
, rience, de la bonté & ſupériorité de ſa
nouvelle manière de tirer la pierre de la
J U I N. 1764.
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| 139
veſſie, & enfin après avoir taillé en dif
férentes Contrées de l'Europe dans le
cours de vingt-cinq années de pratique ,
tant par les anciennes que par ſa nou
velle opération , plus de quatre mille
cinq cens malades affligés de la pierre,
en préſence des Medecins, des Chirur,
giens & des Magiſtrats des lieux où il
opéroit , & muni de leurs certificats ;
· ſon zèle pour le bien public le déter
mina en 1697 à aller à Paris, pour mon
trer aux Medecins & Chirurgiens de
cette Capitale & de la Cour ſa nouvelle
manière d'extraire la pierre de la veſſie,
comme plus facile, plus ſûre & beau
coup moins dangéreuſe que celle qu'on
prat1quoIt.
-
Cette découverte étant marquée au
coin de la vérité , enleva d'abord les
ſuffrages : tous les Medecins & les Chi
rurgiens furent ſurpris d'admiration de
voir que de la réunion de deux opéra
tions meurtrières ſéparément , le petit &
le grand appareil, il en réſultoit la taille
· la plus avantageuſe poſſible. Convain
cus en outre par les épreuves, & par les
ſuccès dont ils furent témoins, ils en
firent publiquement, & au Roi & à la
Famille Royale, les plus grands éloges,
en annonçant le Frère Jacques comme
14o MERCURE DE FRANCE.
un homme envoyé de Dieu pour ſoulager
ceux qui étoient affligés de la pierre ,
par une méthode plus aiſée & moins
dangereuſe que celle qu'on pratiquoit ,
C»
-
M. Meri , Chirurgien de S. Coſme,
Major de l'Hôtel-Dieu, Membre de l'A-
cadémie Royale des Sciences, &c. fut
chargé conjointement avec
pluſieurs
autres Médecins & Chirurgiens , par
M. le premier Préſident de Harlai, de
l'éxamen de cette nouvelle opération.
Meri fit en préſence deſdits Médecins &
Chirurgiens, d'après une épreuve faite
par le Frère Jacques même, ſur le ca
davre d'un homme, la deſcription ana
tomique exacte, du trajet de ſon inci
ſion , avec un rapport circonſtancié ,
ſans altération (a), des grands avantages
& de la ſupériorité de cette nouvelle
manière d'extraire la pierre de la veſſie,
ſur l'ancienne, le grand appareil qu'on
pratiquoit alors ne connoiſſant pas mieux,
( a ) Ce rapport fut altéré dans la ſuite par
des additions démonſtrativement machinées &
ajoutées après coup, auſſi bien que le procédé de
l'épreuve du Frère Jacques ; & c'eſt ainſi que
Méri les a tranſmis dans ſes obſervations, qu'il
fit imprimer deux années après contre ce Frère
· & ſon opération-
-
l
J U I N. 1764.
I4 1
& il donna le ſurlendemain de l'épreuve
ce rapport à M. le Premier-Préſident.
Mais ces éloges & ce rapport étoient
des aveux ſurpris au premier mouve
ment de leur cœur : l'envie ſuccéda à
l'admiration ; & comme cette décou
verte étoit l'ouvrage d'un homme qui
n'avoit ni titre ni rang en Médecine &
en Chirurgie, quoique grand Chirur
gien dans le fond, il ne fut plus queſ
tion que des moyens de ſe dédire, ſous
prétexte d'éxamen inſuffiſant & d'expé
rience contraire, & d'altérer & décom
poſer cette opération, pour en faire
naitre des inconvéniens , & expoſer ſon
auteur le Frère Jacques, ſous un point
de vue d'ignorance craſſe , pour s'ap
proprier enſuite ſous prétexte d'inſtruc
tions & de corrections, l'honneur de ſa
découverte.
-
-
Comme le Frère Jacques avoit porté
la taille du périné à un degré de pefec
tion, auquel ſes raviſſeurs ne pouvoient
véritablement rien ajouter ,
ils et rent
recours à l'invention. .. ... & comme
l'anatomie & la ſonde crénelée ſont au
lithotomiſte ce que la carte & la bouſſole
ſont au Pilote , & que leur en ôter la
connoiſſance , c'eſt en faire des igno
trans qui n'ont que la témérité pour
i42 MERCURE DE FRANCE.
guide & le haſard pour ſuccès, & ſur lè
compte deſquels on peut établir tous les
écarts & toutes les erreurs poſſibles ; les
Chirurgiens de S. Coſme, particuliére
ment ceux qui pratiquoient la lithoto
mie, Meri, Delaunai , Saviard, Maré
chal, Dionis , &c. inventerent & pu
blierent que le Frère Jacques n'avoit
aucune connoiſſance des parties ſur leſ
quelles il opéroit, point d'aºatomie ,
& que la ſonde ſeule dont il ſe ſervoit
pour tailler n'étoit point crénelée pour
retenir & conduire la pointe de ſon biſ
touri lithotome à la veſſie. Ils ajouterent
que le Frère Jacques inciſoit dans ſa
nouvelle opération de bas en haut par
le moignon de la feſſe, & qu'il prati
quoit encore de même le petit appa
reil, en coupant de bas en haut tout ce
ui ſe rencontroit de parties, depuis la
tubéroſité de l'iſchion, où il commençoit
l'inciſion , juſqu'à la pierre, &c. & ils
| firent naître de cet ordre renverſé des
impérities de toute eſpéce, & même au
delà de toute poſſibilité.
-
Enfin Meri fit une collection de tou
tes ces inventions controuvées, qu'il pu
blia en I7oo (b) comme autant de rap
( b ) Obſervations ſur la manière de tailler
Pour l'extraction de la pierre pratiquée par Frére
| J U I N. 1764.
-
143
ports & d'obſervations conſtatées, faites
par l'ordre de M. le Premier Préſident,
ſur les épreuves & ſur les opérations du
Frère Jacques. Il eſt vrai que Meri y a
joint le rapport avantageux qu'il en
avoit fait d'abord en 1697 à ce Magiſ
trat, mais avec des additions relatives
aux fauſſetés inventées depuis, & dé
monſtrativement ajoutées à ce premier
rapport, pour juſtifier ſes contradictions,
& autoriſer ſes fauſſes obſervations ,
comme ayant prévu d'abord tous ces
inconvéniens, particuliérement à cauſe
du défaut, ſuppoſé, de crénelure de la
ſonde, & c'eſt ce qui en a le plus impo
ſé. Ces additions machinées après coup
commencent par ces mots, mais il me
paroît, Monſeigneur, que Frère Jacques
pourroit, & c. page 23.
Meri termine ſes fauſſes obſervations
en indiquant de créneller la ſonde pour
ſûreté de l'inciſion, & de borner l'inciſion
à l'uretre excluſivement au col & au
corps de la veſſie, pour éviter, dit-il,
la fiſtule & l incontinence d'urine , &c.
ce qu'il appuye de diſſertations ſpécieu
ſes contre tout principe, & démenties
par l'expérience. C'eſt là l'origine & la
Jacques, &c. par Jean Meri, Chirurgien de la
feue Reine, &c.
-
-
| 144 MERCURE DE FRANCE.
ſource (le Livre des obſervations de Meri
ſur la taille du Frère Jacques ) de toutes
les abſurdités & fauſſetés débitées juſ
qu'a ce jour, ſur la capacité du Frère
Jacques , & ſur la nature & l'exécution
de ſa nouvelle opération (c).
Dans le même temps Delaunai, Sa
viard, Dionis, &c. écrivirent auſſi con
tre le Frère Jacques & contre ſon opéra
tion : mais comme Meri avoit écrit le
premier & épuiſé le ſujet, ils n'ont pû
que répéter & commenter les mêmes in
ventions , en les ornant chacun ſuivant
ſon génie , d'épithètes injurieuſes &
calomnieuſes. Tous ces Ecrits, joints
aux ſuccès étonnans du Frère Jacques,
& aux honneurs publics qu'on lui ren
doit alors en Hollande , fomentèrent
( c ) Nouvelle opération du Frère Jacques, que
Meri fit à M. le Premier Préſident en i 697, eſt
le premier & le ſeul Ecrit vrai qui ait été fait
ſur cette opération ; & le Traité des Obſervations
que Meri a publié en 17oo, ſur cette même opé
ration , après que l'envie l'eut ſubjugué, n'eſt
qu'un tiſſu de fauſſetés, de contradictions & d'ab
urdités. C'eſt le premier qui a été impri é, &
† tous ceux qui ont écrit depuis, ſur
'opération du Frère Jacques, ſans aucune excep
tion juſqu'à M. Bordenave lui-même , n'ont fait
ue répéter & commenter les mêmes fauſſetés &
les mêmes abſurdités.
l'envie
-
J U I N. 1764.
I45 ·
l'envie au point qu'elle gagna, comme
, par contagion , tous les Lithotomiſtes
de l'Europe ( excepté Rau,Médecin-Opé
rateur à Amſterdam ) & la découverte
du Frère Jacques fut enfouie dans un
cloaque inépuiſable d'impoſtures de
toutes eſpèces; & c'eſt des débris de
cette importante découverte qu'on voit
éclore de jour à autre tant de prétendus
Auteurs de nouvelles méthodes , qui
n'ont d'autre part aux progrès de la
taille, que la hardieſſe de s'annoncer
pour tels.
Les limites que preſcrivent les Ecrits
périodiques, ne nous permettant pas de
pourſuivre plus loin cette Hiſtoire, nous
l'interrompons ici pour démontrer par
des preuves inconteſtables à M. Borde
nave, malgré toutes ſes autorités, té
moins oculaires & authenticités, que le
Frère Jacques n'a jamais taillé ſur une
ſonde ſans crénelure, ni pratiqué le pe
tit appareil par le moyen de la feſſe, &
que les principales cauſes des impérities
qu'on lui a imputées en conſéquence ,
ſont d'une impoſſibilité abſolue.
146 MERCURE DE FRANCE.
A R T I C L E I I.
AssERTIoNs des fauſſes imputations
faites au Frère JAcQvES.
Dire que le Frère Jacques a décou
vert une méthode de tirer la pierre de la
veſſie plus facile & moins dangereuſe
que celle qu'ou pratiquoit, & cela ſans
connoître la topographie, l'anatomie ,
des parties ſujettes à ſon lithotome , ni
la cannelure de la ſonde, qui en eſt le
uide : autaut vaudroit-il avancer qu'un
§ a découvert pour la navigation
des campagnes les plus difficiles, des
routes abrégées & beaucoup moins pé
rilleuſes , † connoître la carte ni la
# (d). C'eſt cependant à de telles
abſurdités que l'envie eſt parvenue à
donner de l'authenticité,
M. Bordenave dit dans ſes recherches,
fur la taille du Frère Jacques, en ré
ponſe à nos obſervations, » L'Hiſtoire de
» l'opération de Frère Jacques a été dé
» crite dans trop de Livres, par des Au
(d ) La cannelure eſt à la ſonde à tailler ce que
l'aimant eſt à la bouſſole ; il leur donne à l'une
& a l'autre, la propriété qu'elles ont, de con
duire & diriger les opérations.
J U I N. 1764.
147
» teurs non ſuſpects, inſtruits , la plû
» part témoins oculaires , pour paroître
» équivoque, & il faut être aveugle &
» de mauvaiſe foi pour ſe refuſer à la
» vérité.
-
» Malgré l'expoſition claire des faits
» les mieux circonſtanciés , malgré les
» Ecrits les plus authentiques & les
» mieux reçus par les gens de l'Art con
» temporains , ſeuls Juges compétens
» en cette matière , il a plù cependant à
» un Anonyme, ſe diſant Chirurgien de
» Province, de nier en partie ce qui a
» été écrit il y a plus de ſoixante ans ſur
» la taille de Frère Jacques ; d'accuſer
» de prévention M. Meri & les autres
» Lithotomiſtes de ſon temps; de leur
» imputer d'avoir publié des obſerva
» tions fauſſes contre ſa nouvelle ma
» nière de tirer le pierre , & d'avoir ſup
» poſé que la ſonde dont ce Frère ſe
» ſervoit pour tailler n'étoit point cré
» nelée pour retenir & conduire la poin
» te de ſon lithotome à la veſſie, &c.
» Mais il reſte à ſavoir ſur quelle auto
» rité l'Anonyme peut révoquer en
» doute les faits les plus conſtatés, dont
» il n'a pas été le témoin.....
» Quelle allégation d'ailleurs peut-on
» oppoſer aujourd'hui après
-
G j
plus de
-
148 MERCURE DE FRANCE.
» ſoixante-trois ans, contre l'Ouvrage
» de M. Meri, qui réunit en ſa faveur
» l'autorité la plus complette ? M. Meri
» également recommandable par ſes
» lumières & par ſa probité, &c ... a
» laiſſé des obſervations lumineuſes,
» détaillées, exactes, ſans paſſion, dont
» il n'eſt jamais le ſeul témoin , mais
» qui ſont atteſtées toujours par la pré
» ſence d'un grand nombre des plus cé
» lébres Médecins & Chirurgiens.
» On peut même ajouter que l'Ou
» vrage de M. Meri eſt moins l'ouvrage
» d'un Particulier que celui d'un homme
» public. Ainſi comment peut-on dire
» après de pareilles preuves , que les
» obſervations des impérities de Frère
» Jacques ſont d'une impoſſibilité ab
» ſolue ?
» On va plus loin, on nie que cet
» Opérateur ait jamais taillé avec un
» cathéter ou ſonde non-cannelée : mais
» M. Meri & ſes contemporains l'ont
» vu opérer ainſi. Ce n'eſt donc pas une
» ſuppoſition de ſa part.....
» C'eſt donc manquer à la vérité ſans
» aucun fondement, & uniquement par
» paſſion , que d'avancer avec autant
» de confiance que le Frère Jacques n'a
» jamais taillé avec un cathéter,ou ſonde
:' non-cannelée &c...
Q U E S.
J U I N. 1764.
I49
» Je ne ſuivrai pas plus loin l'Anonymº
» provincial dans ſes aſſertions.Cet9º
» vrage obſcur, produit dans les téné
» bres, dicté par la paſſion, paroît uni
» quement fait pour décrier des Chirur*
» giens recommandables , & déſigner
» un ſucceſſeur au Frère Jacques ;.j'a-
» bandonne au temps la cauſe actuelle ;
» la poſtérité ſeule peut la juger. Mºis
» j'ai cru devoir à la mémoire de M
» Meri les recherches qui ont été Prº
» poſées, & qui prouvent inconteſtable
» ment la vérité & l'utilité de ſon Ou
» vrage, contre toutes les déclamations
» que l'on pourroit lui oppoſer &c.
A R T I C L E I I I.
D E l'impoſſibilité démontrée des im
p
-
-
putations faites au FR E R E JA c
Nos autorités, C'eſt la démonſtration,
contre laquelle le nombre des années ,
ni le nombre des hommes, avec tous
leurs titres, talens, & probité apparente ,
ne peuvent abſolument rien. Il n'eſt
pas toujours indiſpenſable, comme le
ſuppoſe M. Bordenave, d'avoir été pré
ſent à la fabrication des faits controu
G iij
15o MERCURE DE FRANCE.
vés, pour les nier. Il ſuffit qu'ils ayent
été aſſez mal concertés ou mal com
binés, pour pouvoir dans tous les temps
en démontrer la fauſſeté, ou l'impoſſi
bilité ; & les imputations faites au Frère
Jacques, pour lui ravir l'honneur de
ſa découverte, ſont abſolument de cette
nature ; & de toutes les allégations de
M. Bordenave, contre le Frère Jacques,
à titre d'incapacité & d'impéritie , il
n'en eſt pas une ſeule, dont on ne puiſſe
malgré tous ſes témoins oculaires , &
toutes ſes authentiques autorités, dé
montrer la fauſſeté. Les aveux du Frère
Jacques même ſur les défauts de cannelure
de ſa ſonde, s'il en étoit de bien conſta
tés, ne pourroient être que des aveux
ſurpris ou forcés; parce qu'il n'étoit pas
plus dans ſon pouvoir, qu'à tout autre,
d'éxecuter des choſes abſolument im
poſſibles.
'
-
-
Pour trancher court ſur les diſcuſ
ſion , éviter les queſtions incidentes ,
& tout ſubterfuge , & ſaper par les
fondemens le ſpécieux de toutes les preu
ves alléguées par M. Bordenave , contre
la capacité du Frère Jacques, & par
ticulièrement contre la cannelure de ſa
ſonde ; nous lui propoſons le défi, de ré
pondre démonſtrativement , ſans équi
· J U I N. 1764.
-
1 51
voque ni ambiguité, aux propoſitions
uIVa f)teS, ,
,
-
PREMIÉRE PRoPosITrow.
Le grand appareil eſt il praticable,ſur
la convéxité de la courbure d'une ſonde
folide rempliſſant l'urétre , exactement
ronde , & ſans cannelure ou rainure ,
pour l'inciſion, & l'introduction ſucceſſive
| des différents inſtruments , propres à
forcer & dilater ce canal juſqu'à la veſſie,
pour en extraire la pierre ?
R E M A R Q U E s.
Le grand apareil de Romanis, que
le Frère Jacques avoit pratiqué, & ré
uni avec le petit appareil de Celſe, des
anciens , dans ſa nouvelle opération ,
conſiſte à ouvrir par une inciſion per
pendiculaire au haut du périné l'urétre, à
quatre travers de doigt, ou environ en
deça du corps de la veffie,ſur la convéxité
d'une groſſe ſonde d'acier , recourbée
conformément à la courbure de ce ca
nal , pour en faciliter l'introduction
pardeſſous l'arcade du pubis dans la
veſſie , (e) & crenelée, ſur la convéxi
· (e) Le Frère Jacques ſe ſervoit de ſondes plus
greſſes que les ſondes ordinaires, pour leur faire
Porter une crénelure plus profonde ſans en altérer
la force, Elles étoient auſſi plus recourbées pour
-
G iv
152 MERCURE DE FRANCE.
té de ſa grande courbure pour l'inſinua$
tion, & introduction forcée & †À
ſive, des différens inſtrumens pour di
later le canal de l'urétre juſqu'à la veſſie,
& en extraire la pierre; ce qui ne pour
roit certainement pas avoir lieu ſur
une ſonde ſans cannelure.
Une ſonde ſolide exactement ronde &
ſans rainure, rempliſſant le canal de
l'urétre, comme la ſupoſe Meri (f) bien
loin de faciliter l'introduction d'au
cun autre inſtrument dans la veſſie , elle
s'y oppoſeroit abſolument. D'où il ſuit
† la Canellure ou rainure de la ſon
e , eſt d'une néceſſité indiſpenſable
dans l'éxécution du grandappareil;donc
le Frère Jacques connoiſſoit la crenelu
re, de la ſonde à tailler, avant d'aller
à Paris; puiſque de l'aveu des hiſtoriens,.
& de Meri même, il avoit pratiqué &
réuni le grand appareil dans ſa nouvelle
opération.
Meri dit page 64, de ſes obſerva
tions ſur la nouvelle manière de tailler
du Frère Iacques » on pourroit peut
amener & préſenter le bas du canal de l'urétre
au tranchant du biſtouri ; elles avoient même
un manche quarré applati pour les tenir plus
ferme. Et le tout pour plus grande facilité & ſu
reté de ſon opération.
(f) Obſervations de Meri, page 17.
J U I N. 1764.
I 53
» être ſoupçonner que Frère Jacques
» a connu Raoux; qu'il tient de lui une
» partie de ce qu'il ſçait touchant le petit
» appareil; & qu'il y a ajouté la prati
» que du grand appareil» &c. Meri con
vient donc, non ſeulement,que le Frère
Jacques avoit pratiqué le grand ap
pareil, où la cannelure de la ſonde eſt
indiſpenſable, mais encore qu'il l'avoit
réuni avec le petit appareil, dans ſa
nouvelle opération; & conſéquemment,
que la ſonde cannelée du grand ap
pareil entroit indiſpenſablement dans
l'éxecution de ces deux opérations réu
nies , dans une ſeule & même opéra
tion , qui conſtitue la découverte du
Frère Jacques ; laquelle nouvelle opé
ration étoit de ſa nature auſſi impratica
ble que le grand appareil ſans la cre
nelure de la ſonde.
s
-
Le reſte au Mercure prochain.
Fermer
Résumé : CHIRURGIE. RÉPONSE intéressante du Chirurgien de Province, Auteur des Observations sur l'origine & sur les progrès de la Taille, appellée Méthode de RAU, &c, insérées dans les Mercures des mois d'Août & Septembre 1762 ; aux recherches & à la critique de M. BORDENAVE, Chirurgien Professeur à S. Cosme, de l'Académie Royale de Chirurgie, &c, insérées dans le Mercure d'Octobre II. vol, & Novembre 1763.
Le texte décrit une controverse entre le Frère Jacques et les chirurgiens parisiens au sujet d'une nouvelle méthode de lithotomie. Le Frère Jacques, membre du tiers-Ordre de Saint-François, avait élaboré une technique innovante combinant les avantages du petit et du grand appareil, réduisant ainsi les risques associés aux méthodes existantes. Après avoir réalisé avec succès plus de 4500 opérations en Europe, il se rendit à Paris en 1697 pour présenter sa méthode. Initialement bien accueillie, cette technique suscita rapidement des critiques et des accusations de manque de connaissances anatomiques et techniques. Jean Meri, chirurgien de la reine, publia en 1700 des observations critiquant la méthode du Frère Jacques, l'accusant de pratiquer des incisions incorrectes et de ne pas utiliser de sonde crénelée. Ces accusations furent relayées par d'autres chirurgiens tels que Delaunai, Savard et Dionis. Un texte anonyme vint contester ces critiques, affirmant que le Frère Jacques utilisait effectivement une sonde crénelée. Le débat porta principalement sur l'utilisation d'une sonde non cannelée, que Meri et ses contemporains affirmaient avoir observée. Le texte conclut en validant les observations de Meri et en soulignant la nécessité d'utiliser une sonde crénelée pour la technique du Frère Jacques. Ce dernier avait innové en combinant le 'grand appareil' et le 'petit appareil' dans une seule opération, constituant ainsi sa découverte majeure.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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61
CHIRURGIE. RÉPONSE intéressante du Chirurgien de Province, Auteur des Observations sur l'origine & sur les progrès de la Taille, appellée Méthode de RAU, &c, insérées dans les Mercures des mois d'Août & Septembre 1762 ; aux recherches & à la critique de M. BORDENAVE, Chirurgien Professeur à S. Cosme, de l'Académie Royale de Chirurgie, &c, insérées dans le Mercure d'Octobre II. vol, & Novembre 1763.
62
p. 153-157
SÉANCE publique de l'Académie Royale de CHIRURGIE. Du 5 Mai 1764.
Début :
LE sieur Morand, Secrétaire perpétuel, ouvrit la Séance par l'adjudication [...]
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : SÉANCE publique de l'Académie Royale de CHIRURGIE. Du 5 Mai 1764.
SÉANCE publique
de l'Académie
Royale de CHIRURGIE.
Du 5 Mai 1764.
LE sieur Morand, Secrétaire perpétuel,
ouvrit la Séance par l'adjudication
des Prix en ces termes : L'Académie
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
avoit propoſé pour le Prix de 1762 le
Sujet ſuivant : Déterminer la manière
d'ouvrir les abſcès , & leur traitement
méthodique ſuivant les différentes parties
du corps.
-
"
.
Le même Sujet fut remis pour cette
année 1764 avec un Prix double ; c'eſt
à-dire deux Médailles d'or chacune de
la valeur de cinq cens livres, ou une
Médaille & la valeur de l'autre au choix
de celui qui auroit gagné le Prix.
Il a été adjugé au Mémoire N°. 24,
dont la deviſe eſt tirée des Georgiques
de Virgile :
Dum medicas adhibere manus ad vulnera paſtor
Abnegat.
· Alitur vitium vivitque tegendo,
-
-
· L'Auteur eſt M. David, Maître ès
Arts, & Candidat pour la Maîtriſe en
Chirurgie.
-
Il a développé cette matière impor
tante dans un Mémoire très-ample di
viſé en deux parties , & chacune en
pluſieurs Sections. Dans la première par
tie il traite des abſcès qui ont leur ſié
ge dans les parties extérieures ; & dans
la ſeconde, des abſcès internes, c'eſt
à-dire qui affectent la tête, la poitrine,
le bas-ventre.
-
' J U I N. 1764.
1 55
Tous ces détails ſont précédés d'une
théorie générale ſur la formation du
pus, tirée des meilleurs principes de la
Phyſiologie; ce qui jette un grand jour
ſur la doctrine qui en eſt déduite pour
les cas particuliers.
-
"
-
Différens Ouvrages avoient déja fa
vorablement annoncé M. David. Ses
recherches ſur la manière d'agir de la
ſaignée & ſur les effets qu'elle produit
relativement à la partie où on la fait,.
contiennent des remarques judicieuſes
ſur les écrits de quelques grands Maî
tres de l'Art qui ont traité la queſtion.
La découverte de la circulation du ſang
devoit naturellement éclairer cette ma
tière ; cependant en partant des mêmes
principes, M. Sylva a avancé des er
reurs qui ont été combattues par M.
Queſnay , & M. Queſnay n'a pas com
battu auſſi avantageuſement qu'il le
croyoit la pratique généralement adop--
tée de faire des ſaignées à différentes
parties ſuivant la ſituation des mala
dies. Le Livre de M. David, dont il y a
eu deux éditions , nous manquoit pour
éclaircir un point ſi intéreſſant à l'art
de guérir.
Depuis la publication de cet Ouvra
ge, la Société Hennºo . des Scien
VJ
--
-
156 MERCURE DE FRANCE.
ces établie à Harlem en a couronné
un autre du même Auteur en 1762
Cette Société avoit propoſé pour Sujet
du Prix : Ce qu'il convient de faire pour
augmenter, diminuer, ou ſupprimer le
lait des femmes ; quels accidens il occa
ſionne le plus ſouvent , & comment ont
peut les prévenir.
Le nom de M. David eſt encore con
nu à l'Académie Royale des Sciences
par des expériencesdont il lui a rendu
compte, ſur le rafraîchiſſement du ſang
par l'opération de l'air dans le poumon,
prouvé par ſes différens états dans les
ventricules du cœur.
M. David aujourd'hui couronné par
celle de Chirurgie lui ſera attaché dans
peu par ſon admiſſion à la Maîtriſe ; &
c'eſt une acquiſition que l'Académie
deſire.
Le Prix d'émulation fut adjugé à M.
Peyrand, Chirurgien à Bellac en Baſſe
marche ; & les cinq petites Médailles
furent partagées entre MM. Dupuis,
Leger, Dufouart le jeune, Braillets ,
Académiciens libres, & Maigrot, Chi
- rurgien à Ramſoniere près Langres. .
Àprès l'adjudication des Prix , M.
ordenave lut un Mémoire ſur la réu
|
· J U I N. 1764.
: 157
nion des membres prèſque entierement
féparés du corps. :
.
-
• M. Fabre hut des remarques ſur l''o-
pinion de M. de Haller touchant la ſen
ſibilité de certaines parties du corps hu
main.
-
M. Gourſant lut des remarques ſur
les hernies avec étranglement,
. M. le Vacher démontra une machine
fort† pour prévenir & guérir
la courbure de l'épine.
-
M. Sué le jeune termina la Séance par
des recherches hiſtoriques ſur les cou
tumes des anciens Peuples par rapport
aux accouchemens.
-
L'on donnera des Extraits de ces dif
férentes Piéces dans les Mercures ſui
Vans.
de l'Académie
Royale de CHIRURGIE.
Du 5 Mai 1764.
LE sieur Morand, Secrétaire perpétuel,
ouvrit la Séance par l'adjudication
des Prix en ces termes : L'Académie
G v
154 MERCURE DE FRANCE.
avoit propoſé pour le Prix de 1762 le
Sujet ſuivant : Déterminer la manière
d'ouvrir les abſcès , & leur traitement
méthodique ſuivant les différentes parties
du corps.
-
"
.
Le même Sujet fut remis pour cette
année 1764 avec un Prix double ; c'eſt
à-dire deux Médailles d'or chacune de
la valeur de cinq cens livres, ou une
Médaille & la valeur de l'autre au choix
de celui qui auroit gagné le Prix.
Il a été adjugé au Mémoire N°. 24,
dont la deviſe eſt tirée des Georgiques
de Virgile :
Dum medicas adhibere manus ad vulnera paſtor
Abnegat.
· Alitur vitium vivitque tegendo,
-
-
· L'Auteur eſt M. David, Maître ès
Arts, & Candidat pour la Maîtriſe en
Chirurgie.
-
Il a développé cette matière impor
tante dans un Mémoire très-ample di
viſé en deux parties , & chacune en
pluſieurs Sections. Dans la première par
tie il traite des abſcès qui ont leur ſié
ge dans les parties extérieures ; & dans
la ſeconde, des abſcès internes, c'eſt
à-dire qui affectent la tête, la poitrine,
le bas-ventre.
-
' J U I N. 1764.
1 55
Tous ces détails ſont précédés d'une
théorie générale ſur la formation du
pus, tirée des meilleurs principes de la
Phyſiologie; ce qui jette un grand jour
ſur la doctrine qui en eſt déduite pour
les cas particuliers.
-
"
-
Différens Ouvrages avoient déja fa
vorablement annoncé M. David. Ses
recherches ſur la manière d'agir de la
ſaignée & ſur les effets qu'elle produit
relativement à la partie où on la fait,.
contiennent des remarques judicieuſes
ſur les écrits de quelques grands Maî
tres de l'Art qui ont traité la queſtion.
La découverte de la circulation du ſang
devoit naturellement éclairer cette ma
tière ; cependant en partant des mêmes
principes, M. Sylva a avancé des er
reurs qui ont été combattues par M.
Queſnay , & M. Queſnay n'a pas com
battu auſſi avantageuſement qu'il le
croyoit la pratique généralement adop--
tée de faire des ſaignées à différentes
parties ſuivant la ſituation des mala
dies. Le Livre de M. David, dont il y a
eu deux éditions , nous manquoit pour
éclaircir un point ſi intéreſſant à l'art
de guérir.
Depuis la publication de cet Ouvra
ge, la Société Hennºo . des Scien
VJ
--
-
156 MERCURE DE FRANCE.
ces établie à Harlem en a couronné
un autre du même Auteur en 1762
Cette Société avoit propoſé pour Sujet
du Prix : Ce qu'il convient de faire pour
augmenter, diminuer, ou ſupprimer le
lait des femmes ; quels accidens il occa
ſionne le plus ſouvent , & comment ont
peut les prévenir.
Le nom de M. David eſt encore con
nu à l'Académie Royale des Sciences
par des expériencesdont il lui a rendu
compte, ſur le rafraîchiſſement du ſang
par l'opération de l'air dans le poumon,
prouvé par ſes différens états dans les
ventricules du cœur.
M. David aujourd'hui couronné par
celle de Chirurgie lui ſera attaché dans
peu par ſon admiſſion à la Maîtriſe ; &
c'eſt une acquiſition que l'Académie
deſire.
Le Prix d'émulation fut adjugé à M.
Peyrand, Chirurgien à Bellac en Baſſe
marche ; & les cinq petites Médailles
furent partagées entre MM. Dupuis,
Leger, Dufouart le jeune, Braillets ,
Académiciens libres, & Maigrot, Chi
- rurgien à Ramſoniere près Langres. .
Àprès l'adjudication des Prix , M.
ordenave lut un Mémoire ſur la réu
|
· J U I N. 1764.
: 157
nion des membres prèſque entierement
féparés du corps. :
.
-
• M. Fabre hut des remarques ſur l''o-
pinion de M. de Haller touchant la ſen
ſibilité de certaines parties du corps hu
main.
-
M. Gourſant lut des remarques ſur
les hernies avec étranglement,
. M. le Vacher démontra une machine
fort† pour prévenir & guérir
la courbure de l'épine.
-
M. Sué le jeune termina la Séance par
des recherches hiſtoriques ſur les cou
tumes des anciens Peuples par rapport
aux accouchemens.
-
L'on donnera des Extraits de ces dif
férentes Piéces dans les Mercures ſui
Vans.
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Résumé : SÉANCE publique de l'Académie Royale de CHIRURGIE. Du 5 Mai 1764.
Lors d'une séance publique de l'Académie Royale de Chirurgie le 5 mai 1764, le sujet du prix de 1762, concernant la manière d'ouvrir les abcès et leur traitement selon les différentes parties du corps, a été renouvelé pour l'année 1764 avec un prix double : deux médailles d'or ou une médaille et la valeur de l'autre. Le prix a été attribué au mémoire numéro 24, rédigé par M. David, Maître ès Arts et candidat pour la Maîtrise en Chirurgie. Ce mémoire, divisé en deux parties, traite des abcès externes et internes, précédé d'une théorie générale sur la formation du pus basée sur les principes de la physiologie. M. David est reconnu pour ses travaux sur la saignée et leurs effets, ainsi que pour ses recherches sur la circulation du sang. La Société Hannoise des Sciences a couronné un de ses ouvrages en 1762. Il a également présenté des expériences sur le rafraîchissement du sang par l'air dans les poumons, ce qui lui a valu la reconnaissance de l'Académie Royale des Sciences. Le prix d'émulation a été attribué à M. Peyrand, chirurgien à Bellac. Cinq petites médailles ont été partagées entre MM. Dupuis, Leger, Dufouart le jeune, Braillets, et Maigrot. Après l'attribution des prix, plusieurs mémoires ont été présentés, notamment sur la réunion des membres presque entièrement séparés du corps, la sensibilité de certaines parties du corps humain, les hernies avec étranglement, une machine pour prévenir et guérir la courbure de l'épine, et les coutumes des anciens peuples concernant les accouchements. Des extraits de ces pièces seront publiés dans les prochains numéros du Mercure de France.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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63
p. 157-158
MANUFACTURE DE GLACES. LETTRE à M. DE LA PLACE.
Début :
JE vous supplie, Monsieur, de vouloir bien insérer dans le Mercure prochain [...]
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texteReconnaissance textuelle : MANUFACTURE DE GLACES. LETTRE à M. DE LA PLACE.
MANUFACTURE DE GLACES.
LETTRE à M. DE LA PLACE.
JE vous supplie, Monsieur, de vouloir
bien insérer dans le Mercure prochain
la Lettre ci-jointe que j'adreſſe à
M. Delatour.Comme ce qu'elle contient
peut intéreſſer les Peintres en paftel en
général ainfi que les Amateurs de ce
genre de peinture, & que vous ſemblez
138 MERCURE DE FRANCE.
vous faire une loi de ne jamais obmet
tre d'annoncer ce qui peut être de quel
que utilité, j'oſe me flatter que vous
m'accorderez la grace que je vous de
mande.
J'ai l'honneur d'être, &c.
BERNIERE.
LETTRE à M. DE LA PLACE.
JE vous supplie, Monsieur, de vouloir
bien insérer dans le Mercure prochain
la Lettre ci-jointe que j'adreſſe à
M. Delatour.Comme ce qu'elle contient
peut intéreſſer les Peintres en paftel en
général ainfi que les Amateurs de ce
genre de peinture, & que vous ſemblez
138 MERCURE DE FRANCE.
vous faire une loi de ne jamais obmet
tre d'annoncer ce qui peut être de quel
que utilité, j'oſe me flatter que vous
m'accorderez la grace que je vous de
mande.
J'ai l'honneur d'être, &c.
BERNIERE.
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Résumé : MANUFACTURE DE GLACES. LETTRE à M. DE LA PLACE.
Bernière écrit à M. de La Place pour publier une lettre à M. Delatour dans le Mercure de France. Cette lettre intéresse les peintres en pastel et leurs amateurs. Bernière rappelle que M. de La Place diffuse des informations utiles et espère voir sa demande acceptée.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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64
p. 158-162
LETTRE de M. BERNIERE, Contrôleur des Ponts & Chaussées, à M. DELATOUR.
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texteReconnaissance textuelle : LETTRE de M. BERNIERE, Contrôleur des Ponts & Chaussées, à M. DELATOUR.
LETTRE de M. BERNIERE, Contrôleur
des Ponts & Chaussées, à M.
DELATOUR.
I L y a longtemps , Monſieur, que je
vous ai entendu vous plaindre de ce
que les plus belles Glaces, ayant tou
jours un peu de couleur, altérent celles
que vous ſçavez employer ſi heureuſe
ment pour faire ces portraits admira
bles dont la vérité nous ſurprend &
nous enchante , & qui vous ont acquis
la réputation ſi juſtement méritée de
premier Peintre en ce genre. Les glaces.
de France ſont cependant les plus bel
les du monde, & il faut convenir que
ceux qui ſont à la tête de cette Manu
facture n'épargnent ni ſoins ni dépenſe
pour parvenir à les rendre parfaites ;
mais c'eſt un vice propre à la ſoude
-
J U I N. 1764.
15g
d'Eſpagne de produire un verre ſombre
& verdâtre, & c'eſt grand dommage
qu'on n'ait pu juſqu'à préſent em
ployer à la confection de nos glaces
françoiſes , les mêmes ou ſemblables
matières qui ſervent à former ce beau
verre d'Angleterre qui ſe fait ſans ſoude
d'Eſpagne , & qu'on appelle ſur le
lieu Flint-Glaſſ Expreſſion que nous
pourrions traduire par celle de verre de
pierre à fuſil, parce que apparemment
c'eſt un caillou de cette eſpéce qui tient
lieu de ſable dans la compoſition de ce
| Verre.
· Cet inconvénient fait que vous re
cherchez les glaces les moins épaiſſes.
Mais ſi vous gagnez par là quelque
choſe du côté de la couleur de ces glaces,
vous perdez davantage du côté de leur
force, & vous avez à craindre que trop
minces & trop foibles, elles ne ſoient
fracaſſées au moindre choc, & que leurs
éclats ne détruiſent en un moment un
chef-d'œuvre ſouvent précieux à toute
une famille, précieux par lui-même, &
dont la perte eſt d'autant plus ſenſi
ble encore, qu'elle eſt irréparable.
J'ai vu d'autres Artiſtes ſe retourner du,
côté du verre appellé ici communément
verre de Boheme, mais qui ſe tire de la
verrerie de Saint Quirin , dans le païs
160 MERCURE DE FRANCE.
Meſſin. Ce verre eſt beau & porte in
finiment peu de couleur ; mais les ſur
faces n'en étant pas droites , on y ap
perçoit une eſpéce d'ondulation dé
ſagréable & fatigante pour la vue , qui
defigure le tableau qu'on voit à travers ,
& ſouvent dans de certaines pofitions
empêche entièrement de l'appercevoir.
Me ſeroit-il permis de vous propoſer
quelques moyens quej'ai imaginés pour
remédier à ces inconvéniens ? Je penſe
que tout Citoyen ſe doit à la Patrie ;
qu'avec une intention pure de la ſer
vir il ne peut être blâmable en cher
chant à remplir ce devoir; & que lorſ
qu'il n'a ni le talent ni l'occaſion de la
ſervir dans les grands objets, il doit
toujours ſe trouver très-flatté de l'aider
dans les petits. Je croi que vous m'ac
cordez cela ; en conſéquence voici ce
dont il s'agit.
· Vous connoiſſez ma manufacture de
glaces & verres courbés; vous ſçavez
qu'on
peut y rendre réguliérement
courbe une glace priſe droite ; de là
vous pouvez inférer qu'on peut auſſi
y rendre plus droit un carreau de verre
qu'on aura pris l'étant moins. En effet
un verre gauche & ondulé étant mis
dans un de mes fours, ſur un moule
N
J U I N. 1764.
161
convenable , y devient parfaitement
droit, & par-là ceſſe d'avoir ces ondu
lations dont je viens de parler ;
il ac
quiert ces deux perfections ſans rien
erdre de ſa tranſparence & de ſon éclat;
à travers un tel verre un portrait paroît
exactement tel que l'Artiſte l'a fait, &
ſans qu'aucune de ſes couleurs ſoit al
térée ou chargée.
Il eſt un ſecond moyen de corriger
les irrégularités de ces verres; c'eſt de
leur donner une courbure régulière, &
· je penſe que ce moyen ſeroit le meil
leur dans le cas dont il s'agit ; car com
me on ne veut pas que le paſtel touche
au verre qui le couvre, on eſt obligé de
donner beaucoup d'épaiſſeur à la bor
dure pour laiſſer entre le paſtel & le
verre une eſpace vuide qu'il faut faire
d'autant plus grand qu'on remarque
plus de hauteur dans les inégalités du
verre ;
il en réſulte que le tableau eſt
fort enfoncé , qu'il faut être prèſque
en face pour le voir; & que le tout forme
une grande ſaillie ſur le mur de l'appar
tement.
*
Sil'on employoit un verre bombé, la
bordure n'auroit des deux côtés que l'é-
paiſſeur ordinaire des tableaux à l'huile ;
le portrait ſeroit vu comme un por
162 MERCURE DE FRANCE.
trait à l'huile ſans être enfoncé dans ſa
bordure ; & le verre qui ſeroit par
deſſus, étant bombé , en ſeroit infini
ment plus fort & plus capable de réſiſ
ter aux accidens. Il ſuffiroit de donner
8 à 1o lignes d'élévation au milieu
d'un verre fait pour couvrir les plus
grandes toiles à paſtel.
Vous ſentez auſſi combien ces verres
bombés peuvent être avantageux pour
couvrir des médaillons en plâtre fin, en
cire , & en autres matières qu'on veut
préſerver des mouches, de la fumée,
& de la pouſſière.
:
J'ai l'honneur d'être &c.
Paris, ce 12 Mai 1764.
Nota. Le Bureau de cette Manufactu
res , eſt rue des Prouvaires , la pre
mière porte Cochere à gauche en entrant
par la rue Saint Honoré.
des Ponts & Chaussées, à M.
DELATOUR.
I L y a longtemps , Monſieur, que je
vous ai entendu vous plaindre de ce
que les plus belles Glaces, ayant tou
jours un peu de couleur, altérent celles
que vous ſçavez employer ſi heureuſe
ment pour faire ces portraits admira
bles dont la vérité nous ſurprend &
nous enchante , & qui vous ont acquis
la réputation ſi juſtement méritée de
premier Peintre en ce genre. Les glaces.
de France ſont cependant les plus bel
les du monde, & il faut convenir que
ceux qui ſont à la tête de cette Manu
facture n'épargnent ni ſoins ni dépenſe
pour parvenir à les rendre parfaites ;
mais c'eſt un vice propre à la ſoude
-
J U I N. 1764.
15g
d'Eſpagne de produire un verre ſombre
& verdâtre, & c'eſt grand dommage
qu'on n'ait pu juſqu'à préſent em
ployer à la confection de nos glaces
françoiſes , les mêmes ou ſemblables
matières qui ſervent à former ce beau
verre d'Angleterre qui ſe fait ſans ſoude
d'Eſpagne , & qu'on appelle ſur le
lieu Flint-Glaſſ Expreſſion que nous
pourrions traduire par celle de verre de
pierre à fuſil, parce que apparemment
c'eſt un caillou de cette eſpéce qui tient
lieu de ſable dans la compoſition de ce
| Verre.
· Cet inconvénient fait que vous re
cherchez les glaces les moins épaiſſes.
Mais ſi vous gagnez par là quelque
choſe du côté de la couleur de ces glaces,
vous perdez davantage du côté de leur
force, & vous avez à craindre que trop
minces & trop foibles, elles ne ſoient
fracaſſées au moindre choc, & que leurs
éclats ne détruiſent en un moment un
chef-d'œuvre ſouvent précieux à toute
une famille, précieux par lui-même, &
dont la perte eſt d'autant plus ſenſi
ble encore, qu'elle eſt irréparable.
J'ai vu d'autres Artiſtes ſe retourner du,
côté du verre appellé ici communément
verre de Boheme, mais qui ſe tire de la
verrerie de Saint Quirin , dans le païs
160 MERCURE DE FRANCE.
Meſſin. Ce verre eſt beau & porte in
finiment peu de couleur ; mais les ſur
faces n'en étant pas droites , on y ap
perçoit une eſpéce d'ondulation dé
ſagréable & fatigante pour la vue , qui
defigure le tableau qu'on voit à travers ,
& ſouvent dans de certaines pofitions
empêche entièrement de l'appercevoir.
Me ſeroit-il permis de vous propoſer
quelques moyens quej'ai imaginés pour
remédier à ces inconvéniens ? Je penſe
que tout Citoyen ſe doit à la Patrie ;
qu'avec une intention pure de la ſer
vir il ne peut être blâmable en cher
chant à remplir ce devoir; & que lorſ
qu'il n'a ni le talent ni l'occaſion de la
ſervir dans les grands objets, il doit
toujours ſe trouver très-flatté de l'aider
dans les petits. Je croi que vous m'ac
cordez cela ; en conſéquence voici ce
dont il s'agit.
· Vous connoiſſez ma manufacture de
glaces & verres courbés; vous ſçavez
qu'on
peut y rendre réguliérement
courbe une glace priſe droite ; de là
vous pouvez inférer qu'on peut auſſi
y rendre plus droit un carreau de verre
qu'on aura pris l'étant moins. En effet
un verre gauche & ondulé étant mis
dans un de mes fours, ſur un moule
N
J U I N. 1764.
161
convenable , y devient parfaitement
droit, & par-là ceſſe d'avoir ces ondu
lations dont je viens de parler ;
il ac
quiert ces deux perfections ſans rien
erdre de ſa tranſparence & de ſon éclat;
à travers un tel verre un portrait paroît
exactement tel que l'Artiſte l'a fait, &
ſans qu'aucune de ſes couleurs ſoit al
térée ou chargée.
Il eſt un ſecond moyen de corriger
les irrégularités de ces verres; c'eſt de
leur donner une courbure régulière, &
· je penſe que ce moyen ſeroit le meil
leur dans le cas dont il s'agit ; car com
me on ne veut pas que le paſtel touche
au verre qui le couvre, on eſt obligé de
donner beaucoup d'épaiſſeur à la bor
dure pour laiſſer entre le paſtel & le
verre une eſpace vuide qu'il faut faire
d'autant plus grand qu'on remarque
plus de hauteur dans les inégalités du
verre ;
il en réſulte que le tableau eſt
fort enfoncé , qu'il faut être prèſque
en face pour le voir; & que le tout forme
une grande ſaillie ſur le mur de l'appar
tement.
*
Sil'on employoit un verre bombé, la
bordure n'auroit des deux côtés que l'é-
paiſſeur ordinaire des tableaux à l'huile ;
le portrait ſeroit vu comme un por
162 MERCURE DE FRANCE.
trait à l'huile ſans être enfoncé dans ſa
bordure ; & le verre qui ſeroit par
deſſus, étant bombé , en ſeroit infini
ment plus fort & plus capable de réſiſ
ter aux accidens. Il ſuffiroit de donner
8 à 1o lignes d'élévation au milieu
d'un verre fait pour couvrir les plus
grandes toiles à paſtel.
Vous ſentez auſſi combien ces verres
bombés peuvent être avantageux pour
couvrir des médaillons en plâtre fin, en
cire , & en autres matières qu'on veut
préſerver des mouches, de la fumée,
& de la pouſſière.
:
J'ai l'honneur d'être &c.
Paris, ce 12 Mai 1764.
Nota. Le Bureau de cette Manufactu
res , eſt rue des Prouvaires , la pre
mière porte Cochere à gauche en entrant
par la rue Saint Honoré.
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Résumé : LETTRE de M. BERNIERE, Contrôleur des Ponts & Chaussées, à M. DELATOUR.
Dans sa lettre à M. Delatour, M. Bernière, Contrôleur des Ponts & Chaussées, aborde les problèmes liés à la qualité des glaces utilisées pour les portraits. Les glaces françaises, bien que de bonne qualité, présentent une légère teinte due à la soude d'Espagne, ce qui altère les couleurs des portraits. Les glaces anglaises, connues sous le nom de 'Flint-Glass', ne possèdent pas ce défaut mais ne sont pas disponibles en France. Les artistes explorent des alternatives, comme le verre de Bohême provenant de Saint-Quirin, mais celui-ci présente des ondulations indésirables. Pour pallier ces inconvénients, Bernière propose deux solutions. La première consiste à redresser les verres ondulés en les chauffant dans un four sur un moule approprié, ce qui élimine les ondulations sans compromettre la transparence. La seconde solution est de donner une courbure régulière aux verres, ce qui permettrait de réduire l'épaisseur de la bordure des cadres et d'éviter l'enfoncement des tableaux. Les verres bombés seraient également plus résistants et mieux adaptés pour protéger des médaillons en divers matériaux. Bernière conclut en offrant ses services pour améliorer la qualité des glaces utilisées dans les portraits.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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65
p. 166-169
CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
Début :
Le 15 avril 1766, on me mande à la salle des accouchées, pour examiner un enfant [...]
Mots clefs :
Enfant, Chirurgie, Tumeur, Coeur, Nouveau né
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
CHIRURGIE.
OBSERVATION d'un enfant nouveau né ;
par M. COSME D'ANGERVILLE , premier
gagnant- maîtrise de l'Hôtel- Dieu
de Paris.
Le 15 avril 1766 , on me manda à la falle
des accouchées , pour examiner un enfant
vivant qui venoit de naître avec une tumeur
à l'ombilic. Cette tumeur étoit d'un volume
confidérable , recouverte en partie par
la peau & par les membranes qui entourent
le cordon ombilical ; mais ce qui a
caufé à mon étonnement , ce fut d'appercevoir
à la partie fupérieure de la tumeur ,
un battement femblable à celui du coeur.
Ayant eu la curiofité de toucher cet en-.
droit , je m'apperçus qu'en ralentiſſant le
mouvement, l'enfant tomboit en fyncope ;
JUIN 1768. 167
je ne doutai pas que ce ne fût le coeur qui
produifoit ce mouvement, & je n'eus garde
de répéter mon expérience. Cet enfant ne
vécut qu'environ une heure & demie ; &
la tumeur me parut fi fingulière que j'ai
crus en devoir faire l'ouverture , qui fut
faite en préfence de Meffieurs Moreau &
Cabany,accompagnés de MM. Dubertrand
& Pean , Maîtres en chirurgie.
J'ai trouvé , par l'examen de cette tumeur
, l'anneau ombilical dilaté au point
d'avoir permis aux inteftins de fe gliffer
entre les membranes du cordon ombilical
qu'ils avoient dilaté de façon à pouvoir
contenir auffi le foye ; ce dernier vifcère
occupoit la même direction qu'il a ordinairement.
A la partie fupérieure du foie ,
il y avoit une dépreffion confidérable dans
laquelle le coeur étoit logé ; il y a toute apparence
que cet enfoncement provenoit en
partie de la compreffion que le coeur y
faifoit forcément , tant par le fardeau exrérieur,
que par fon mouvement de diaf
role. Je trouvai encore une fingularité ,
c'eft que fa pointe , qui naturellement eft
à gauche , fe portoit du côté droit.
D'après ce détail , je crois que l'on peut
caractérifer cette tumeur de hernie ombilicale
; mais je fuis embarraffé d'en affi
gner la caufe, Au premier afpect , il feme
4 914
168 MERCURE DE FRANCE.
bleroit qu'on devroit la regarder comme
un vice de mauvaiſe conformation ; dans
ce cas , c'eſt de ces vices qu'on ne fait
ni prévenir ni prévoir : néanmoins quelques
circonftances qui ont accompagné la
groffeffe m'ont donné fujet de faire quelques
réflexions que je vais expofer.
Cette malheureufe femme vint malade
à l'Hôtel-Dieu , & étant guérie y refta trois
mois comme convalefcente , terme qu'elle
avoit à parcourir avant d'accoucher. On
fait que ces fortes de femmes font obligées
de rendre quelque fervice aux malades de
la falle ; & ce fervice confifte à tranſporter
dix fois le jour des malades d'un lieu dans
un autre. Ce tranfport ne peut fe faire
qu'en appuyant fur le ventre; il doit faire
fur la poitrine de l'enfant , dont on fait
la fituation dans la matrice , une compreffion
qui , étant répetée plufieurs fois comme
je viens de le dire , eft capable de produire
petit à petitle défordre qui s'eft trouvé
dans l'enfant que j'ai fait voir à l'Académie
de chirurgie. Si cela eft ainfi , ce
tranfport des parties n'eft pas un vice de
conformation , mais une maladie contractée
dans le ventre de la mère.
L'obfervation fuivante va , ce me femble,
appuier cette opinion . En 1744, MM.
Moreau & Pean m'ont dit qu'il accoucha à
l'Hôtel-Dieu
JUIN 1768. 769
l'Hôtel -Dieu une fille dont l'enfant , qui
étoit auffi une fille , avoit apporté en naiffant
unetumeur très-confidérable à l'ombilic.Les
parties étoient contenues dans les propres
membranes du cordon ombilical qui s'étoit
dilaté au point qu'elles étoient fi minces
que l'on voyoit le mouvement périftaltique
des inteftins & celui du coeur , &
que l'on diftinguoit parfaitement ces deux
vifcères au travers .
Le coeur avoit fait un enfoncement au
foie , où il étoit logé comme il l'étoit à
l'autre enfant.
La cauſe de ces défordres dans l'enfant
qui fait le fujet de l'obſervation de Meffieurs
Moreau & Pean , n'eft pas la même
que celle qui fait celui de la mienne ;
mais je la crois bien auffi capable de produire
le même effet. La fille qui étoit groffe
de cet enfant , voulant cacher fa groffeffe ,
portoit jour & nuit un corps très - dur
qu'elle garniffoit de bufques de fer.
OBSERVATION d'un enfant nouveau né ;
par M. COSME D'ANGERVILLE , premier
gagnant- maîtrise de l'Hôtel- Dieu
de Paris.
Le 15 avril 1766 , on me manda à la falle
des accouchées , pour examiner un enfant
vivant qui venoit de naître avec une tumeur
à l'ombilic. Cette tumeur étoit d'un volume
confidérable , recouverte en partie par
la peau & par les membranes qui entourent
le cordon ombilical ; mais ce qui a
caufé à mon étonnement , ce fut d'appercevoir
à la partie fupérieure de la tumeur ,
un battement femblable à celui du coeur.
Ayant eu la curiofité de toucher cet en-.
droit , je m'apperçus qu'en ralentiſſant le
mouvement, l'enfant tomboit en fyncope ;
JUIN 1768. 167
je ne doutai pas que ce ne fût le coeur qui
produifoit ce mouvement, & je n'eus garde
de répéter mon expérience. Cet enfant ne
vécut qu'environ une heure & demie ; &
la tumeur me parut fi fingulière que j'ai
crus en devoir faire l'ouverture , qui fut
faite en préfence de Meffieurs Moreau &
Cabany,accompagnés de MM. Dubertrand
& Pean , Maîtres en chirurgie.
J'ai trouvé , par l'examen de cette tumeur
, l'anneau ombilical dilaté au point
d'avoir permis aux inteftins de fe gliffer
entre les membranes du cordon ombilical
qu'ils avoient dilaté de façon à pouvoir
contenir auffi le foye ; ce dernier vifcère
occupoit la même direction qu'il a ordinairement.
A la partie fupérieure du foie ,
il y avoit une dépreffion confidérable dans
laquelle le coeur étoit logé ; il y a toute apparence
que cet enfoncement provenoit en
partie de la compreffion que le coeur y
faifoit forcément , tant par le fardeau exrérieur,
que par fon mouvement de diaf
role. Je trouvai encore une fingularité ,
c'eft que fa pointe , qui naturellement eft
à gauche , fe portoit du côté droit.
D'après ce détail , je crois que l'on peut
caractérifer cette tumeur de hernie ombilicale
; mais je fuis embarraffé d'en affi
gner la caufe, Au premier afpect , il feme
4 914
168 MERCURE DE FRANCE.
bleroit qu'on devroit la regarder comme
un vice de mauvaiſe conformation ; dans
ce cas , c'eſt de ces vices qu'on ne fait
ni prévenir ni prévoir : néanmoins quelques
circonftances qui ont accompagné la
groffeffe m'ont donné fujet de faire quelques
réflexions que je vais expofer.
Cette malheureufe femme vint malade
à l'Hôtel-Dieu , & étant guérie y refta trois
mois comme convalefcente , terme qu'elle
avoit à parcourir avant d'accoucher. On
fait que ces fortes de femmes font obligées
de rendre quelque fervice aux malades de
la falle ; & ce fervice confifte à tranſporter
dix fois le jour des malades d'un lieu dans
un autre. Ce tranfport ne peut fe faire
qu'en appuyant fur le ventre; il doit faire
fur la poitrine de l'enfant , dont on fait
la fituation dans la matrice , une compreffion
qui , étant répetée plufieurs fois comme
je viens de le dire , eft capable de produire
petit à petitle défordre qui s'eft trouvé
dans l'enfant que j'ai fait voir à l'Académie
de chirurgie. Si cela eft ainfi , ce
tranfport des parties n'eft pas un vice de
conformation , mais une maladie contractée
dans le ventre de la mère.
L'obfervation fuivante va , ce me femble,
appuier cette opinion . En 1744, MM.
Moreau & Pean m'ont dit qu'il accoucha à
l'Hôtel-Dieu
JUIN 1768. 769
l'Hôtel -Dieu une fille dont l'enfant , qui
étoit auffi une fille , avoit apporté en naiffant
unetumeur très-confidérable à l'ombilic.Les
parties étoient contenues dans les propres
membranes du cordon ombilical qui s'étoit
dilaté au point qu'elles étoient fi minces
que l'on voyoit le mouvement périftaltique
des inteftins & celui du coeur , &
que l'on diftinguoit parfaitement ces deux
vifcères au travers .
Le coeur avoit fait un enfoncement au
foie , où il étoit logé comme il l'étoit à
l'autre enfant.
La cauſe de ces défordres dans l'enfant
qui fait le fujet de l'obſervation de Meffieurs
Moreau & Pean , n'eft pas la même
que celle qui fait celui de la mienne ;
mais je la crois bien auffi capable de produire
le même effet. La fille qui étoit groffe
de cet enfant , voulant cacher fa groffeffe ,
portoit jour & nuit un corps très - dur
qu'elle garniffoit de bufques de fer.
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Résumé : CHIRURGIE. OBSERVATION d'un enfant nouveau né ; par M. COSME D'ANGERVILLE, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris.
Le 15 avril 1766, Cosme d'Angerville, premier gagnant-maîtrise de l'Hôtel-Dieu de Paris, examina un nouveau-né présentant une tumeur à l'ombilic. Cette tumeur, partiellement recouverte par la peau et les membranes du cordon ombilical, battait de manière similaire au cœur. En appuyant sur cette zone, d'Angerville observa que ralentir le mouvement provoquait une syncope chez l'enfant, qui ne survécut qu'une heure et demie. Lors de l'autopsie, en présence de plusieurs maîtres en chirurgie, d'Angerville découvrit que l'anneau ombilical était dilaté, permettant aux intestins et au foie de se glisser entre les membranes du cordon. Le cœur était logé dans une dépression du foie, avec sa pointe déplacée vers la droite. D'Angerville identifia cette tumeur comme une hernie ombilicale, mais resta incertain quant à sa cause. Il suggéra que des compressions répétées sur le ventre de la mère, dues à des tâches physiques effectuées pendant sa convalescence à l'Hôtel-Dieu, pourraient avoir causé cette malformation. Une observation similaire en 1744, rapportée par les maîtres Moreau et Pean, renforça cette hypothèse. Dans ce cas, la mère portait un corset très dur pour cacher sa grossesse, ce qui aurait également pu provoquer la tumeur.
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