ENIGM E.
Je fais pour qui je fers , d'un fort grand embarras , E
Et fatigue bientôt ceux à qui l'on m'attache ;
Mais je fuis fans reproche , & l'on ne dira pas`,
Que moi-même , jamais d'aucun je me détache,
Les ingrats au contraire , au mépris de mes foins
Me quittent fréquemment , dans leurs plus grands
befoins :
Auffi plus d'une fois , de cette indifférence ,
Un rapide trépas , eft devenu le prix ,
Quand très - ſouvent la vie eſt pour mes vrais amis
De leur amour pour moi , la jufte récompenſe.
Inutile à la Cour , très- néceſſaire au Camp,
Je ne fers qu'à cheval,& toujours en plein champ.
Ma mère fut la crainte , & ma fille et l'audace ;
Pour moi je ne connois ni courage , ni peur :
On n'en guérit jamais , dit-on , c'eſt une erreur ...
Le plus brave Guerrier convient que je la chaffe.
Mais pour la chaffer mieur , j'ai besoin de ma
foeur.
Par M. D. D'HENRIEREMONT , c. d. c.