LOGOGRYPHE.
Au changement par la Nature ,
Je fuis fans ceffe deſtiné ;
Et de même mon nom imitant ma figure ,
En diverfes façons peut être combiné.
Qu'on le divife en deux parties ,
Et que de la premiere on retranche la fin ,
On trouvera le nom d'un infigne coquin ,
Dont maintes Maifons font forties.
Otez-en le chef à fon tour ,
Et vous mettrez foudain des fubftances au
jour ,
Qui ne font point aneanties.
De la derniere part les ufages divers ,
Rap
SEPTEMBRE. 1728. 2011
Rappellent le nom d'une Ville ,
Et d'un Pape auffi faint qu'habile :
Mais lorsqu'au rebours on l'enfile ,
On trouve l'heureux jour qui fauva l'Univers .
Sans chef, la premiere partie ,
La fin de l'autre part pour la fienne prétend ;
De cette maniere affortie ,
Elle eſt un mot Hebreu que tout le monde en
tend :
De la moitié de la premiere ,
Et des trois quarts de la derniere ,
Vous compofez encor le nom d'un fruit vanté ,
Que l'on feme en hyver , & qu'on mange en
été.
Enfin de rares affemblages ,
Me font le Dieu des Vents & la Nymphe des
Bois.
L'endroit où les enfans vont recevoir des loix,
Et la Fête des Mariages ;
On me trouve chez l'Epicier ,
Je galoppe avec le Courier ,
Je fuis le Compagnon du Maître d'Eliſée ,
Terme de Géometre , Acteur dans la Médée ,
Un fer utile & meurtrier.
Ami Lecteur, quoique tu tentes ,
E Toutes
2012 MERCURE DE FRANCE
}
Toutes ces formes differentes ,
Prouvent que tu perdrois de ta peine les fruits ,
Si tu voulois me voir toûjours tel que je fuis,
Par M. Medy de Seon , de Marfeille.