LOGOGRYPHES
Adressés à Mlle ***
· par A. X. Harduin
d'Arras.
I. EN VO I.
Non , je ne trouve point d'assés forte couleur ,
Pour exprimer quelle fut ma douleur ,
Quand j'aperçus qu'un instant de colere
M'avoit rendu , Philis , criminel à vos yeux.
Pour moi tous les plaisirs devinrent ennuyeux
Le jour même qui nous éclaire ,
Me parut un Bien superflu ;
Eft- il un bien qui puiffe plaire
Quand au beau Sexe on a déplû !
Mais quoi ! par un trait magnanime ,
Déja vous oubliez mon crime !
Ah ! votre générosité
Ne céde qu'à votre beauté.
Qu'un Lutin sans pitié me serre dans ses griffes ,
Si je deviens ingrat , après un tel pardon .
Pour prix de vos bontés , vous exigez un don ;
Il faut vous composer deux ou trois Logogryphes :
En voici toujours un , que je viens de forger ;
Heureux , s'il peut vous engager
A me demander le deuxième :
Diij
Phi
2178 MERCURE DE FRANCE
Philis , oui , pour vous obliger >
Je sçaurai , s'il le faut , aller jusqu'au dixième .
Qu
LOGOGRYPHE.
Vatre lettres en tout de vos combinaisons,
Feront aujourd'hui la matiere.
A les bien arranger livrez vous toute entiere
Les plaçant de quatre façons ,
Vous ferez quatre mots chacun de quatre lettres ;
Un terme fort connu parmi les Géometres ,
Un poids , un Divertiffement ,
Où l'on boit , mange , rit , chante , danse ample
ment ;
Et pour finir , un digne Patriarche ,
Dont les Neveux jadis habiterent dans l'Arche