Résultats : 4 texte(s)
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1
p. 295-296
III. TRIOLET.
Début :
VOus jasez comme une Pie, [...]
Mots clefs :
Pie
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texteReconnaissance textuelle : III. TRIOLET.
III.
TRIOLET.
Vous
Baudet.
Ous jafez comme une Pie ,
Et vous n'eftes qu'un
Eftes - vous en compagnie ?
Bb iiij
296 Extraordinaire
Vous jafez comme une Pie.
Je vous le dis franc & net ,
Vous déplaifez à Sylvie.
Vous jafez comme une Pie ,
Et vous n'eftes qu'un Baudet.
DE SOUVERAS.
TRIOLET.
Vous
Baudet.
Ous jafez comme une Pie ,
Et vous n'eftes qu'un
Eftes - vous en compagnie ?
Bb iiij
296 Extraordinaire
Vous jafez comme une Pie.
Je vous le dis franc & net ,
Vous déplaifez à Sylvie.
Vous jafez comme une Pie ,
Et vous n'eftes qu'un Baudet.
DE SOUVERAS.
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2
p. 1758-1761
TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
Début :
Des Fleurs, des Fleurs à pleines mains, [...]
Mots clefs :
Juin, Fleurs, Mois, Baronne d'Igé
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texteReconnaissance textuelle : TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
Des Fleurs , des Fleurs à pleines mains,
Juin va paroître fur la Scene ;
Qu'on en jonche tous les chemins.
Des Fleurs ,des Fleurs à pleines mains,
Depuis leTybre des Romains
Jufqu'aux Rivages de la Seine :
Des Fleurs, des Fleurs à pleines mains ,
Juinva paroître fur la Scene.
Les Elemens font tous d'accord;
Il n'eft Frimats ni Canicule;
Paifible eft le Tyran du Nord,
Les Elemens font tous d'accord:
La nuit paroît, & fuit d'abord ,
Tout
AOUT. 1727. 1759
Tout eft Soleil ou Crépuscule :
Les Elemens fonttous d'accord>
Il n'eft Frimas ni Canicule.
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peintavec face cornuë,
Pour baifer fon Berger cheri ,
Cette Déeffe fans Mari;
Ce fut dans cemois favori
Qu'elle defcendit de la Nuë,
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peint avec face cornuë.
L'Aurore fit le même tour ;
La Belle enverfe encor des larmes;
Pour fonCéphale au point du jour,
L'Aurore fit le même tour;
Malheur auVieillard que l'Amour
Embarque avecde jeunes charmes !
L'Aurore fit le même tour ,
LaBelle enverfe encor deslarmes
Ce joli Juin tant celebré,
Eft un Compere fort alerte;
C
1760 MERCURE DEFRANCE.
Il fçait prendre le temps en gré,
Ce joli Juin tant celebré;
S'il rencontre Bergere au Pré,
Il lui donne la cotte verte ,
Cejoli Juin tant celebré
Eft un Comperefort alerte.
Les deux beaux mois font bien unis,
Ils n'entrent jamais en difpute:
Comme Corfaires de Tunis ,
Les deux beaux mois font bien unis:
Leur accord eft d'un beau vernis,
May deffine & Juin execute,
Les deux beaux mois font bien unis
Et n'entrentjamais en difpute.
Mettez , Belles , vos Bagnolets ,
Voici le temps qu'on court aux Fraiſes;
Couvrez vos gorges de colets ,
Mertez , Belles , vos Bagnolets ;
On vous fricaffe des poulets,
Amours, fans briffer, font fadaiſes,
Mettez, Belles, vos Bagnolets ,
Voici letemps qu'on court auxFraiſes.
Sur
A OUT. 1717. 1761
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Ne comptez point, je vous en prie;
Duppe eft l'Amant qui fait fon plan
Sur les herbes de la Saint Jean:
Quatre onces d'or, fix marcs d'argent,
C'eft la fine forcellerie ,
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Necomptez point , je vous en prie.
Des Fleurs , des Fleurs à pleines mains,
Juin va paroître fur la Scene ;
Qu'on en jonche tous les chemins.
Des Fleurs ,des Fleurs à pleines mains,
Depuis leTybre des Romains
Jufqu'aux Rivages de la Seine :
Des Fleurs, des Fleurs à pleines mains ,
Juinva paroître fur la Scene.
Les Elemens font tous d'accord;
Il n'eft Frimats ni Canicule;
Paifible eft le Tyran du Nord,
Les Elemens font tous d'accord:
La nuit paroît, & fuit d'abord ,
Tout
AOUT. 1727. 1759
Tout eft Soleil ou Crépuscule :
Les Elemens fonttous d'accord>
Il n'eft Frimas ni Canicule.
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peintavec face cornuë,
Pour baifer fon Berger cheri ,
Cette Déeffe fans Mari;
Ce fut dans cemois favori
Qu'elle defcendit de la Nuë,
Cette Déeffe fans Mari,
Qu'on peint avec face cornuë.
L'Aurore fit le même tour ;
La Belle enverfe encor des larmes;
Pour fonCéphale au point du jour,
L'Aurore fit le même tour;
Malheur auVieillard que l'Amour
Embarque avecde jeunes charmes !
L'Aurore fit le même tour ,
LaBelle enverfe encor deslarmes
Ce joli Juin tant celebré,
Eft un Compere fort alerte;
C
1760 MERCURE DEFRANCE.
Il fçait prendre le temps en gré,
Ce joli Juin tant celebré;
S'il rencontre Bergere au Pré,
Il lui donne la cotte verte ,
Cejoli Juin tant celebré
Eft un Comperefort alerte.
Les deux beaux mois font bien unis,
Ils n'entrent jamais en difpute:
Comme Corfaires de Tunis ,
Les deux beaux mois font bien unis:
Leur accord eft d'un beau vernis,
May deffine & Juin execute,
Les deux beaux mois font bien unis
Et n'entrentjamais en difpute.
Mettez , Belles , vos Bagnolets ,
Voici le temps qu'on court aux Fraiſes;
Couvrez vos gorges de colets ,
Mertez , Belles , vos Bagnolets ;
On vous fricaffe des poulets,
Amours, fans briffer, font fadaiſes,
Mettez, Belles, vos Bagnolets ,
Voici letemps qu'on court auxFraiſes.
Sur
A OUT. 1717. 1761
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Ne comptez point, je vous en prie;
Duppe eft l'Amant qui fait fon plan
Sur les herbes de la Saint Jean:
Quatre onces d'or, fix marcs d'argent,
C'eft la fine forcellerie ,
Sur les herbes de la Saint Jean ,
Necomptez point , je vous en prie.
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Résumé : TRIOLETS POUR LE MOIS DE JUIN.
Le texte célèbre le mois de juin à travers une série de triolets. Juin est décrit comme un mois où les fleurs abondent et où les éléments naturels sont en harmonie, sans extrêmes de température. Une déesse sans mari, probablement Proserpine, descend des cieux en juin. L'aurore est comparée à une belle pleurant son bien-aimé Céphale. Juin est présenté comme un compagnon alerte et opportuniste, capable de séduire une bergère. Les mois de mai et juin sont décrits comme unis et sans conflit. Le texte conseille aux belles de se couvrir et de profiter de la saison des fraises. Il met également en garde contre les superstitions liées aux herbes de la Saint-Jean, affirmant que compter sur elles est vain.
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3
p. 1764-1769
EGLOGUE EN TRIOLETS. LE BAIN.
Début :
Daphnis. Tircis. / D. Veut-on renouveller ce jeu, [...]
Mots clefs :
Tircis, Daphnis, Eau, Chaleur, Baronne d'Igé
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texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE EN TRIOLETS. LE BAIN.
EGLOGUE EN TRIOLETS.
LE BAIN.
Daphnis.
1
Tircis.
D. Veut-on renouveller ce jeu,
Quimit dujour le Char en cendres?
Août violent , fous ton aveu,
Veut-onrenouveller ce jeu?
Tunousfaits vivre dans le feu,
Nous prens-tu pour des Salamandes?
Veut-on renouveller cejeu ,
Qui mit du jourle Char en cendres?
T. Vous vous en ſeriezbien paſſez,
Bergers de la paifible Sône,
D'Aftres nouveaux auCiel placez ,
Vousvousenferiez bien paffez.
Point nevous auroit fricaffez,
Le Chien enragé d'Erigone ;
Vous vous enferiez bien paffez,
Bergers de la paifible Sône.
D.
AOUT. 1727 1769
D. Courons,Tircis , courons aubain
Pourynoyer la Canicule;
Conte d'enfans, qu'ilſoit mal fain ,
Courons, Tircis, courons au bain.
Quandona leremedeen main,
Il faut en ufer fans fcrupule;
Courons, Tircis, courons aubain,
Poury noyer la Canicule.
T. O ciel!nous fommesprévenus !
N'apperçois-tu pas nos Bergeres?
Outoute la Cour deVenus ?
O ciel ! nousfommes prévenus!
Que de charmans corps demi-nuds ,
Font honte aux Ondes les plus claires↓
O ciel! nous fommes prévenus!
N'apperçois-tu pas nos Bergeres ?
Voi les cheveux noirs de Philis ,
Qui s'échappentſousſa coëffure;
L'eau ne les a point ramollis,
Voi les cheveux noirs de Philis;
Sur uncolplus blanc que les Lis,
Contrafte leur brune frifure:
Ciiij Voy
1766 MERCURE DE FRANCE
Voilescheveux noirs dePhilis,
Qui s'échappent fous fa coëffure.
D. Qui pourroit ne pas fuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
Si ce mouchoir pouvoit tomber !
Qui pourroit ne pasfuccomber?
Mais quoi? Pour nous ledérober,
Le jaloux contr'elle fe cole!
Qui pourroit ne pasfuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
La minaudiere Mégiſto
Fait-elle pas mourir de rire?
C'eft la Chouette du Hameau ;
La minaudiere Mégiſto ;`
Elle trempe fes pieds dans l'eau,
La trouvefroide & feretire,
La minaudiere Mégiſto ,
Fait-elle pas mourir de rire?
T. D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart
Gardant les habits d'un air triſte ,
L'efprit diftrait & l'oeil hagard,
D'où
A OUT. 17277 1767
D'où vient qu'Aminthe eſt à l'écart ?
N'auroit-elle point pris de part
Al'avanture de Califte? *
D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart,
Gardant les habits d'un air triſte ?
D. Quel eft cefpectacle nouveau?
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Quels cris aubout de cebateau?
Quel eft ce fpectacle nouveau?
C'eſt la jeune Eglé qui craint l'eau,
Et qu'Iris fait plonger par force,
Quel est ce spectacle nouveau ,
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Admire un peu, mon cher Tircis
L'enjoûment de ce badinage!
Aumilieu de la Troupe affis,
Admireun peu, mon cher Tircis;
Aux Graces, les Jeux & lesRis
*
Jettent de l'eau par le viſage :
Admire un peu, mon cher Tircís,
L'Enjoûment de ce badinage!
Califto, Nymphe de Diane, reconnuëgroße
dans unbain,
CY La
1768 MERCURE DE FRANCE.
La nuit afort grande raiſon ,
Denepointmontrer fes étoiles;
Foible pour la comparaiſon
La nuit a beaucoup de raiſon ;
Elle étend fur notre horiſon
Toute l'épaiffeur de ſes voiles ,
Lanuit abeaucoup de raiſon,
De nepoint montrer les étoilles.
T. Lebeſoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes's
Acteon doit nous inſpirer
Lebefoin de nous retirer.
Evitons de nous attirer
La colere de nos Dianes:
Le befoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes.
D. Août, pour temperer ta chaleur,
Oùpeu s'en faut que l'on ne fonde>
Nous accourions, hauts en couleur ,
Août, pour temperer ta chaleur ;
Nous avons trouvé par malheur ,
Desflammes dans lefeinde l'Onde;
Août,
A OUT 1727. 1769
Août, pour temperer ta chaleur,
Où peu s'en faut que l'on ne fonde.
LE BAIN.
Daphnis.
1
Tircis.
D. Veut-on renouveller ce jeu,
Quimit dujour le Char en cendres?
Août violent , fous ton aveu,
Veut-onrenouveller ce jeu?
Tunousfaits vivre dans le feu,
Nous prens-tu pour des Salamandes?
Veut-on renouveller cejeu ,
Qui mit du jourle Char en cendres?
T. Vous vous en ſeriezbien paſſez,
Bergers de la paifible Sône,
D'Aftres nouveaux auCiel placez ,
Vousvousenferiez bien paffez.
Point nevous auroit fricaffez,
Le Chien enragé d'Erigone ;
Vous vous enferiez bien paffez,
Bergers de la paifible Sône.
D.
AOUT. 1727 1769
D. Courons,Tircis , courons aubain
Pourynoyer la Canicule;
Conte d'enfans, qu'ilſoit mal fain ,
Courons, Tircis, courons au bain.
Quandona leremedeen main,
Il faut en ufer fans fcrupule;
Courons, Tircis, courons aubain,
Poury noyer la Canicule.
T. O ciel!nous fommesprévenus !
N'apperçois-tu pas nos Bergeres?
Outoute la Cour deVenus ?
O ciel ! nousfommes prévenus!
Que de charmans corps demi-nuds ,
Font honte aux Ondes les plus claires↓
O ciel! nous fommes prévenus!
N'apperçois-tu pas nos Bergeres ?
Voi les cheveux noirs de Philis ,
Qui s'échappentſousſa coëffure;
L'eau ne les a point ramollis,
Voi les cheveux noirs de Philis;
Sur uncolplus blanc que les Lis,
Contrafte leur brune frifure:
Ciiij Voy
1766 MERCURE DE FRANCE
Voilescheveux noirs dePhilis,
Qui s'échappent fous fa coëffure.
D. Qui pourroit ne pas fuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
Si ce mouchoir pouvoit tomber !
Qui pourroit ne pasfuccomber?
Mais quoi? Pour nous ledérober,
Le jaloux contr'elle fe cole!
Qui pourroit ne pasfuccomber
Aux traits du fein naiffant d'Iole ?
La minaudiere Mégiſto
Fait-elle pas mourir de rire?
C'eft la Chouette du Hameau ;
La minaudiere Mégiſto ;`
Elle trempe fes pieds dans l'eau,
La trouvefroide & feretire,
La minaudiere Mégiſto ,
Fait-elle pas mourir de rire?
T. D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart
Gardant les habits d'un air triſte ,
L'efprit diftrait & l'oeil hagard,
D'où
A OUT. 17277 1767
D'où vient qu'Aminthe eſt à l'écart ?
N'auroit-elle point pris de part
Al'avanture de Califte? *
D'où vient qu'Aminthe eft à l'écart,
Gardant les habits d'un air triſte ?
D. Quel eft cefpectacle nouveau?
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Quels cris aubout de cebateau?
Quel eft ce fpectacle nouveau?
C'eſt la jeune Eglé qui craint l'eau,
Et qu'Iris fait plonger par force,
Quel est ce spectacle nouveau ,
Parmi ces Beautez , quel divorce?
Admire un peu, mon cher Tircis
L'enjoûment de ce badinage!
Aumilieu de la Troupe affis,
Admireun peu, mon cher Tircis;
Aux Graces, les Jeux & lesRis
*
Jettent de l'eau par le viſage :
Admire un peu, mon cher Tircís,
L'Enjoûment de ce badinage!
Califto, Nymphe de Diane, reconnuëgroße
dans unbain,
CY La
1768 MERCURE DE FRANCE.
La nuit afort grande raiſon ,
Denepointmontrer fes étoiles;
Foible pour la comparaiſon
La nuit a beaucoup de raiſon ;
Elle étend fur notre horiſon
Toute l'épaiffeur de ſes voiles ,
Lanuit abeaucoup de raiſon,
De nepoint montrer les étoilles.
T. Lebeſoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes's
Acteon doit nous inſpirer
Lebefoin de nous retirer.
Evitons de nous attirer
La colere de nos Dianes:
Le befoin de nous retirer
Nous rappelle dans nos Cabanes.
D. Août, pour temperer ta chaleur,
Oùpeu s'en faut que l'on ne fonde>
Nous accourions, hauts en couleur ,
Août, pour temperer ta chaleur ;
Nous avons trouvé par malheur ,
Desflammes dans lefeinde l'Onde;
Août,
A OUT 1727. 1769
Août, pour temperer ta chaleur,
Où peu s'en faut que l'on ne fonde.
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Résumé : EGLOGUE EN TRIOLETS. LE BAIN.
L'églogue 'Le Bain' est un poème en triolets écrit en août 1727 et réédité en 1769. Elle présente un dialogue entre les bergers Daphnis et Tircis. Daphnis suggère de se baigner pour échapper à la chaleur estivale, mais Tircis observe la présence de bergères, dont Philis et Iole. Daphnis admire la beauté des bergères et note la tristesse d'Aminthe. Il décrit également la joie des bergères se baignant ensemble. Tircis conseille de se retirer pour éviter la colère des déesses, évoquant Actéon. Daphnis conclut en soulignant la difficulté de trouver du réconfort dans l'eau face à la chaleur intense d'août. Le texte a été publié dans le Mercure de France en 1766 et 1768.
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4
p. 2016-2022
LE VENDANGEUR. TRIOLETS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE, DIALOGUE. Cupidon, Chasseur. Septembre, Vendangeur.
Début :
Cupidon. Te voilà plaisamment bâti, [...]
Mots clefs :
Cupidon, Septembre, Vendangeur, Vin, Beau, Gibier, Lieux, Amour, Emploi, Mets
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texteReconnaissance textuelle : LE VENDANGEUR. TRIOLETS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE, DIALOGUE. Cupidon, Chasseur. Septembre, Vendangeur.
LE VENDANGEUR.
TRIOLETS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE,
DIALOGUE.
Cupidon, Chaffeur. Septembre , Vendangeur,
Cupidon.
Te voilà plaiſamment bati ,
Fils aîné de la riche Automne !
Avec ton Sur- tout de Couti ,
Te voilà plaiſamment bâti !
Vas-tu , d'Arlequin Apprenti ,
Joüer quelque Scene bouffonne ?
Te voilà plaiſamment bati ,
Fils aîné de la riche Autonne !
Septen bre.
L'emploi que j'exerce eſt plus beau ,
Que le tien , de chaſſer aux Cailles ,
De coucher en joüe un Perdreau ;
L'emploi que j'exerce eſt plus beau :
Je vais preſſer du Vin nouveau ,
Pour remplir mes vieilles futailles :
✓ L'Emploi que j'exerce eft plus beau
Que le tien , de Chaffer aux Cailles.
Cupidon
SEPTEMBRE. 1727. 2017
Cupidon
Ami, c'eſt un mets excellent ,
Qu'un Gibier dodu , jeune &tendre ,
Bien en ſaiſon , bien fucculent ,
Ami , c'eſt un mets excellent ;
Sur tout , s'il eſt pris en, volant ,
Après quelque peine à le prendre :
Ami , c'eſt un mets excellent ,
Qu'un Gibier dodu , jeune &tendre.
Septembre.
い
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Lorſque tu commences , j'acheve ;
Sans rôder par monts & par vaux ,
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Et tel entame les Gâteaux ,
Qui ſouvent n'en a pas la féve:
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Lorſque tu commences ,j'acheve
י
Cupidon.
1
Ol qu'il nous donne de plaiſirs !
Un jeune objet quand il s'engage ,
Qu'il nous rend foupirs pour soupirs ,
O! qu'il nous donne de plaifirs
Dvj Portant
2018 MERCURE DE FRANCE,
Portant pour cacher ſes defirs ,
Belle main, fur- plus beau visage cit
O ! qu'il nous donne de plaiſirs ,
Un jeune objet, quand il s'engage.
e
Septembre.
122
Paroli , mon cher Cupidon ,
L
A tes ſoupirs & tes oeillades,
Quand ma bonne & groffe Dondon ,
Paroli , mon cher Cupidon.
Dans l'attente d'un autre don,
Me rend razades pour razades
Faroli , mon cher Cupidon ,
A tes foupirs & tes oeillades.
1
Cupidon.
Si ton ufage étoit conftant
J'aurois du vin l'ame charmée ;
J'ain ercis, à boire d'autant ,
Si ton uſage étoit conftant ;
Mais ton vin vieux eſt ſans montant
Et ton nouveau peche en fumée :
Si ton iſage étoit conſtant,
J'aurois du vin l'ame charmée.
10
T
(
1
SepSEPTEMBRE.
1727. 2019
Septembre.
Satisfais-moi ſur ces deux points ,
Qui tiennent mon choix en balance ,
A tes enſeignes je me joins;
Satisfais-moi fur ces deux points :
Nouvelle amour veut trop de foins
Vieille amour a trop d'indolence : .
Satisfais-moi ſur ces deux points ,
Qui tiennent mon choix en Balance.
Cupidon.
Groffier , il te feroit beau voir ,
Barbouillé d'écume & de lie,
Poiffé de Raifin blanc & noir ,
Groffier , il te feroit beau voir
Te mettre en amoureux devoir ,
Près d'une Bacchante jolie ;
Groffier, il te feroit beau voir ,
Barbouillé d'écume & de lie !
Septembre.
Sans ma Liqueur , dans un Feſtin ,
Onne connoît point l'allégreffe ;
Tes douceurs font du Chicotin ,
1
Sans
2020 MERCURE DE FRANCE:
Sans ma Liqueur dans un Feſtin :
L'Amour n'y tient point lieu de vin
Le vin y tient lieu de tendreſſe :
Sans ma liqueur , dans un Feſtin ,
Onne connoît point l'allegreſſe.
Cupidon.
Le Palais de Perſépolis , ( a )
Par toi fume encor ſous fa cendre;
C'eſt l'un de tes exploits jolis ,
Le Palais de Perſépolis ;
Nous devons ſes murs démolis ,
Aux fureurs du vin d'Alexandre :
Le Palais de Perſépolis ,
Par toi fume encor ſous ſa cendre.
Septembre.
De votre modération ,
Parle en tous lieux la voix publique
Fable , Hiſtoire, font mention
De votre modération ;
Et l'embraſement d'Ilion , ( 6 )
En eft foul la preuve autentique
(a) Brulé dans une débauche d'Alexandre.
(b) Troye ruinée au sujet des amours de
Paris pour Helene.
De
SEPTEMBRE. 1727. 2023
De votre moderation ,
Parle en tous lieux la voix publique.
Cupidon.
Tu m'as payé. Juſqu'à revoir :
Tous deux nous voilà quitte-à-quitte,
Si ſur ton toît j'ai fait pleuvoir ,
Tu m'as payé. Juſqu'à revoir.
O ! que vous avez le cul noir ,
Diſoit la Poële à la Marmite!
Tum'as payé. Juſqu'à revoir ;
Tous deux nous voilà quitte- à- quitte.
Septembre.
Tous deux nous avons nos accès ,
Temperez de quelque intervale 3
Ne nous faiſons point de procès ,
Tous deux nous avons nos accès :
L'Amour & le vin fans excès ,
C'eft la Pierre Philoſophale :
Tous deux nous avons nos accès,
Temperez de quelque intervale.
Cupidon.
Je cherche des lieux découverts ,
Où je puiſſe approcher ma chaffe ,
Fu
2022 MERCURE DE FRANCE.
L
Fût-ce dans le fond des Deſerts ,
Je cherche des lieux découverts :
Dans ces grands Paniers je me perds , *
Comme un Perdreau ſous la Tiraffe :
Je cherche des lieux découverts ,
Où je puiſſe approcher ma Chaffe.
Septembre.
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Qui n'a ni Panier ni Fontange ,
Mais le corps droit , l'eſprit reglé ;
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Dontde pied blanc & potelé ,
Foule mon coeur & ma Ven lange :
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Qui n'a ni Panier ni Fontange.
* Mode trop connuë , & trop long- temps.
DE SENECE'.
TRIOLETS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE,
DIALOGUE.
Cupidon, Chaffeur. Septembre , Vendangeur,
Cupidon.
Te voilà plaiſamment bati ,
Fils aîné de la riche Automne !
Avec ton Sur- tout de Couti ,
Te voilà plaiſamment bâti !
Vas-tu , d'Arlequin Apprenti ,
Joüer quelque Scene bouffonne ?
Te voilà plaiſamment bati ,
Fils aîné de la riche Autonne !
Septen bre.
L'emploi que j'exerce eſt plus beau ,
Que le tien , de chaſſer aux Cailles ,
De coucher en joüe un Perdreau ;
L'emploi que j'exerce eſt plus beau :
Je vais preſſer du Vin nouveau ,
Pour remplir mes vieilles futailles :
✓ L'Emploi que j'exerce eft plus beau
Que le tien , de Chaffer aux Cailles.
Cupidon
SEPTEMBRE. 1727. 2017
Cupidon
Ami, c'eſt un mets excellent ,
Qu'un Gibier dodu , jeune &tendre ,
Bien en ſaiſon , bien fucculent ,
Ami , c'eſt un mets excellent ;
Sur tout , s'il eſt pris en, volant ,
Après quelque peine à le prendre :
Ami , c'eſt un mets excellent ,
Qu'un Gibier dodu , jeune &tendre.
Septembre.
い
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Lorſque tu commences , j'acheve ;
Sans rôder par monts & par vaux ,
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Et tel entame les Gâteaux ,
Qui ſouvent n'en a pas la féve:
Ton Gibier vient à mes Appeaux ,
Lorſque tu commences ,j'acheve
י
Cupidon.
1
Ol qu'il nous donne de plaiſirs !
Un jeune objet quand il s'engage ,
Qu'il nous rend foupirs pour soupirs ,
O! qu'il nous donne de plaifirs
Dvj Portant
2018 MERCURE DE FRANCE,
Portant pour cacher ſes defirs ,
Belle main, fur- plus beau visage cit
O ! qu'il nous donne de plaiſirs ,
Un jeune objet, quand il s'engage.
e
Septembre.
122
Paroli , mon cher Cupidon ,
L
A tes ſoupirs & tes oeillades,
Quand ma bonne & groffe Dondon ,
Paroli , mon cher Cupidon.
Dans l'attente d'un autre don,
Me rend razades pour razades
Faroli , mon cher Cupidon ,
A tes foupirs & tes oeillades.
1
Cupidon.
Si ton ufage étoit conftant
J'aurois du vin l'ame charmée ;
J'ain ercis, à boire d'autant ,
Si ton uſage étoit conftant ;
Mais ton vin vieux eſt ſans montant
Et ton nouveau peche en fumée :
Si ton iſage étoit conſtant,
J'aurois du vin l'ame charmée.
10
T
(
1
SepSEPTEMBRE.
1727. 2019
Septembre.
Satisfais-moi ſur ces deux points ,
Qui tiennent mon choix en balance ,
A tes enſeignes je me joins;
Satisfais-moi fur ces deux points :
Nouvelle amour veut trop de foins
Vieille amour a trop d'indolence : .
Satisfais-moi ſur ces deux points ,
Qui tiennent mon choix en Balance.
Cupidon.
Groffier , il te feroit beau voir ,
Barbouillé d'écume & de lie,
Poiffé de Raifin blanc & noir ,
Groffier , il te feroit beau voir
Te mettre en amoureux devoir ,
Près d'une Bacchante jolie ;
Groffier, il te feroit beau voir ,
Barbouillé d'écume & de lie !
Septembre.
Sans ma Liqueur , dans un Feſtin ,
Onne connoît point l'allégreffe ;
Tes douceurs font du Chicotin ,
1
Sans
2020 MERCURE DE FRANCE:
Sans ma Liqueur dans un Feſtin :
L'Amour n'y tient point lieu de vin
Le vin y tient lieu de tendreſſe :
Sans ma liqueur , dans un Feſtin ,
Onne connoît point l'allegreſſe.
Cupidon.
Le Palais de Perſépolis , ( a )
Par toi fume encor ſous fa cendre;
C'eſt l'un de tes exploits jolis ,
Le Palais de Perſépolis ;
Nous devons ſes murs démolis ,
Aux fureurs du vin d'Alexandre :
Le Palais de Perſépolis ,
Par toi fume encor ſous ſa cendre.
Septembre.
De votre modération ,
Parle en tous lieux la voix publique
Fable , Hiſtoire, font mention
De votre modération ;
Et l'embraſement d'Ilion , ( 6 )
En eft foul la preuve autentique
(a) Brulé dans une débauche d'Alexandre.
(b) Troye ruinée au sujet des amours de
Paris pour Helene.
De
SEPTEMBRE. 1727. 2023
De votre moderation ,
Parle en tous lieux la voix publique.
Cupidon.
Tu m'as payé. Juſqu'à revoir :
Tous deux nous voilà quitte-à-quitte,
Si ſur ton toît j'ai fait pleuvoir ,
Tu m'as payé. Juſqu'à revoir.
O ! que vous avez le cul noir ,
Diſoit la Poële à la Marmite!
Tum'as payé. Juſqu'à revoir ;
Tous deux nous voilà quitte- à- quitte.
Septembre.
Tous deux nous avons nos accès ,
Temperez de quelque intervale 3
Ne nous faiſons point de procès ,
Tous deux nous avons nos accès :
L'Amour & le vin fans excès ,
C'eft la Pierre Philoſophale :
Tous deux nous avons nos accès,
Temperez de quelque intervale.
Cupidon.
Je cherche des lieux découverts ,
Où je puiſſe approcher ma chaffe ,
Fu
2022 MERCURE DE FRANCE.
L
Fût-ce dans le fond des Deſerts ,
Je cherche des lieux découverts :
Dans ces grands Paniers je me perds , *
Comme un Perdreau ſous la Tiraffe :
Je cherche des lieux découverts ,
Où je puiſſe approcher ma Chaffe.
Septembre.
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Qui n'a ni Panier ni Fontange ,
Mais le corps droit , l'eſprit reglé ;
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Dontde pied blanc & potelé ,
Foule mon coeur & ma Ven lange :
Moi , je rejoins ma chere Eglé ,
Qui n'a ni Panier ni Fontange.
* Mode trop connuë , & trop long- temps.
DE SENECE'.
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Résumé : LE VENDANGEUR. TRIOLETS POUR LE MOIS DE SEPTEMBRE, DIALOGUE. Cupidon, Chasseur. Septembre, Vendangeur.
Le texte présente un dialogue sous forme de triolets entre Cupidon, dieu de l'amour, et Septembre, le vendangeur. Chacun vante les mérites de ses activités respectives. Cupidon se félicite de la chasse au gibier et des plaisirs amoureux, soulignant que ces activités procurent des joies intenses. Septembre, quant à lui, met en avant la beauté de son métier de vendangeur et la production de vin nouveau, affirmant que sans vin, il n'y a pas de joie dans les festins. Il insiste également sur le fait que l'amour ne remplace pas le vin. Le dialogue révèle une interaction où Cupidon reconnaît que le gibier vient aux appâts de Septembre lorsque l'amour commence, mais il insiste sur les plaisirs que l'amour procure. Septembre, de son côté, affirme que sans vin, les festins perdent de leur joie et que l'amour ne peut pas remplacer le vin. Le dialogue se termine par une reconnaissance mutuelle de leurs accès respectifs, tempérés par des intervalles, et par la recherche de lieux appropriés pour leurs activités. Cupidon préfère les lieux découverts pour chasser, tandis que Septembre rejoint sa chère Églé, appréciant sa simplicité et sa régularité.
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