ODE ENIGMATIQUE.
par lemême.
VIenranimer
la verdure,
Aimable Dieu du Printemps;
C'est par toi que la nature
Reprend ses vrais agremens.
De vos jeux, belles Bergeres,
Naissent les plaisirs charmans :
Epris de vos doux misteres,
Je fuis un de vos Amans.
Parmi les vertes fougeres
Les fleurs naissent fous vos pas;
Mais fit vos danses legeres
Vous ne les fletrissezpas.
L'or, le rubis environne
Le diadème des Rois;
Celui que Flore vous donne
Est plus brillant mille fois.
Les ris, les plaisirs folâtres
Vousengagent tour à tour :
Tous vos champs font les theâtte,
Des jeuxcharmans de l'Amour.
Mais toi, que l'on voit si fiet
D'habiter dans les Palais;
Triste objet de ma colere f
Justes Dieux! que je te hais.
Tu dois toute ta parure
A l'art dont tu fuis la loi,
Rien du tout à la nature
1 Avare & juste envers toi.
Si quelque mortel t'adore
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Plus tu ressens ses bienfaits,
Etplustafureurdévore
Tous les dons qui te font (aiu,
Tu ne peux fixer la flâme,
178 MERCURE DE FRANCE
Qui brûle toujours ton coeur.
Sans fentimens & fans ame
Tu prodigues ton ardeur.
Dès que le maître qui t'aime
Loin de toi porte fes pas,
Son valet à l'inftant même
Vafe voir entre tes bras..
Helene près du Scamandre-
Brûla les bords Phrigiens ,
Ainfi tu mettrois en cendre
Ceux qui te comblent de biens .
Que pour regler la furie.
Qui te déchire le fein ,
Ainfi que d'une en nemie
De fers on charge ta main !
QU
Sur toi mon dépit extrême
Ne s'épuiſeroit jamais.
Lecteur , tu fçais ce que j'aime ,
Bevine ce que je haïs.