MADRIGAUX.
Imitez de l'Italien du Guarini
› par
Mlle de Malcrais de la Vigne , dn´
Croisic en Bretagne.
LA SEDE D'AMORE. Madrig. IV,
Dov'hai tu Nido , Amore ,
Nel viso di Madonna , o nel mio core ?
S'ia miro come splendi ,
Se' tutto in quel bel volto ;
Ma se poi come impiaghi , e come accendi ,
Se tutto in me raccolto.
V
Deb ! se mostrar le meraviglie vuoi ,
Del tuo poter in noi ;
Tal'hor cangia ricetto ,
Ed entra , à me nel viso , à lei nel petto.
La Demeure de l'Amour. Imitation ,
Amour, qui sous tes loix tiens mon ame asservie
Où loges-tu , cruel Amour ?
Est-ce sur le tein de Sylvie ?
.
Ou bien as-tu choisi mon coeur pour ton séjourt
Si je pense aux beautez dont l'éclat t'environne ,
Tu dois sur son visage avoir fondé ton Tròne;
Quand je pense au flambeau dont on t'a peint
ping ,
2158 FRCURE
DE FRANCE
Je sens que mon coeur allumé ,
Est la triste denture où s'exerce ta rage ;
Daigne faire un change, Amour , en ma fæyeur
;
Vien te placer sur mon visage ,
Et va te loger dans son coeur,
MIRAR MORTALE Madrig. LV.
To mi sento Morir , quando non miro
Colei , ch'è la mia vita ;
Poi se la miro , anco morir mi sento,
Perche del mio tormento
Non ha pietà la cruda , e non m'aità ,
E sa pur si l'adoro ,
Cosi mirando e non mirando i' more.
La vie de sa Maîtresse le met en danger
de sa vie , Imitation .
Aussi- tôt que je ne vois pas ,
Celle pour qui je voudrois vivre ,
Je sens approcher le trépas.
Quand je la voi , les maux où sa rigueur me
livre ,
Me menacent du même sort.
Ainsi la Belle que j'adore ,
Et qu'en vain ma douleur à chaque instant implore
,
Ne peut me donner que la mort.
FEDE
OCTOBRE. 1733 2159
FEDE GIUSTIFICATA . Madrig. XI.
To disleale ! ah cruda ,
Voi negate la fede' ,
Per non mi dar mercede.
Se non basta il languire ,
Provate mi al morire ;
E se ciù ricusate ,
Per che la fede negate ?
Che provar non volete
O provate , o credete.
La FIDELITE' JUSTIFIE'E , Imitation.
Moi je suis un perfide ! outrage ! ah ! cruauté!
Pour ne point accorder à ma persévérance ,
Le løyer qu'elle a mérité ,
Vous faignez de douter de ma fidelité .
Ah ! si mes tendres feux , mes tourmens , ma
constance
?
Si ces garans certains ne vous ssuufffisent pas ,
Pour vous en mieux convaincre, ordonnez mon
trépas.
}
Mais ne m'objectez point que l'épreuve est trop
dure ,
Vous dont la barbarie insulte à la Nature ;
Et lasse de me voir souffrir ,
Ou croyez-moy de grace, ou laissez-moi mourir .