Titre d'après la table
Prelude où l'Auteur se met au vert.
Fait partie d'une livraison
Page de début
3
Page de début dans la numérisation
9
Page de fin
9
Page de fin dans la numérisation
15
Incipit
On se plaint (& l'on a apparemment ses raisons
Texte
N se plaint( & l'on a
apparemment ses raisons
pour cela) de ce
que je prends ( illustre,tréssage,
& trés-éclairé Public)la
liberté de vous adresser la parole,
fous le titre de Messieurs,
de Mesdames, & de Mefdemoitcllcs.
J'ay déja eu,douze
fois au moins, l'honneur de
.vous dire que je ne suivois la
methode de personne, que les
principes des autres n'étoient
pas les miens, & que je donnois
tout aux caprices, & peu
dechose
, ou rien,aux regles.
Si cela ne suffit pas pour me
justifier auprésde vous, écoutez
un supplement de bonnes
& de mauvaises raisons, j'en
ay pour tout le monde.
En suis-jeplusaudacieux,
Pour suivre une route nouvelle?
Avons-nous besoin de modele
Pournousfaireunnomglorieux?
D'ailleurs ce qu'il y a en Europe
de plusgrand en hommes
& en femmes, a adopté
les termes que l'on veut me
supprimer ;la Cour en a ri ,&
ce n'est pas peu que de la faire
rire: la Ville n'a pas été plus
difficile que la Cour, jusqu'icy
cela ne va pas mal; mais un tas
de Sçavants antiques, & qua- -
tre Modernes qui ne m'aiment
pas,s'en font scandalisez. Voila
bien de quoym'arrêter.
Au reste,Messieurs, & je
parle avec respect à tout le
monde,en vertu du droit que
j'ay de le faire, permettezmoy
de vous dire que vousne
connoissez guere vôtre Mercure.
Il eu cependant bon que
vous le connoissiez plûtôt que
plus tard, & voicy encore une,
fois son portrait
Je ne suis ni bon
,
ni méchant
,/ii flatteur, ni cinique,
quand je trouvema belle à dire
du bien,je ne m'épargne pas;
j'attaque cependant mon Livre
& mapersonne,comme j'attaquerois
encore, si c'étoit à
refaire, le VertGalant, les
Captifs, & tout ce qui leur ressemble.
Loin de me piquer d'être
(pavane; je traite la science
en Grenadier, & je croy , en
un mo* ,
qu'il ne me manque
pour valoir quelque chose,
que l'usage exquis des finances
, & le bon sens de nos plus
sages contemporains. J'ajoute
à cela que je vous donne mon
Livre,comme je vous donnerois
une Lettre; que je souhaite,
ardemment me corriger de
mes dcffauts
,
s'il est vray queje
ne fois pas incorrigible, que
pour ne pas meriter l'honneur
de passer pour sçavant ; les Lan
gues & les Pays que je connois
le mieux, font ceux donc
je parle le moins;qu'enfin l'on
me verra toûjours exact à répondre
à tout le monde, &
prompt à piller de tous lescôtez
ce qui pourra serviràvous
amuser.Voilamesintentions,
Messieurs
J
contribuez à me
fournir des matieres, & vous
verrez que je vous meneray
peut être plus loin qu'aucun
des deffunts Mercures ne vous
amenez. Aureste,passez moy
bien des choses, il y va de vôtre
interêt de me ménager, &
du mien de vous plaire ;mais
si vous êtes trop difficiles, tant
pis pour vous.
Dispensez moy de la peine
de vousaller deterrer de belles
expressions, pour corriger en
quelque façon la franchise de
mOIT compliment. Ce seroit
peine & tems perdu.
apparemment ses raisons
pour cela) de ce
que je prends ( illustre,tréssage,
& trés-éclairé Public)la
liberté de vous adresser la parole,
fous le titre de Messieurs,
de Mesdames, & de Mefdemoitcllcs.
J'ay déja eu,douze
fois au moins, l'honneur de
.vous dire que je ne suivois la
methode de personne, que les
principes des autres n'étoient
pas les miens, & que je donnois
tout aux caprices, & peu
dechose
, ou rien,aux regles.
Si cela ne suffit pas pour me
justifier auprésde vous, écoutez
un supplement de bonnes
& de mauvaises raisons, j'en
ay pour tout le monde.
En suis-jeplusaudacieux,
Pour suivre une route nouvelle?
Avons-nous besoin de modele
Pournousfaireunnomglorieux?
D'ailleurs ce qu'il y a en Europe
de plusgrand en hommes
& en femmes, a adopté
les termes que l'on veut me
supprimer ;la Cour en a ri ,&
ce n'est pas peu que de la faire
rire: la Ville n'a pas été plus
difficile que la Cour, jusqu'icy
cela ne va pas mal; mais un tas
de Sçavants antiques, & qua- -
tre Modernes qui ne m'aiment
pas,s'en font scandalisez. Voila
bien de quoym'arrêter.
Au reste,Messieurs, & je
parle avec respect à tout le
monde,en vertu du droit que
j'ay de le faire, permettezmoy
de vous dire que vousne
connoissez guere vôtre Mercure.
Il eu cependant bon que
vous le connoissiez plûtôt que
plus tard, & voicy encore une,
fois son portrait
Je ne suis ni bon
,
ni méchant
,/ii flatteur, ni cinique,
quand je trouvema belle à dire
du bien,je ne m'épargne pas;
j'attaque cependant mon Livre
& mapersonne,comme j'attaquerois
encore, si c'étoit à
refaire, le VertGalant, les
Captifs, & tout ce qui leur ressemble.
Loin de me piquer d'être
(pavane; je traite la science
en Grenadier, & je croy , en
un mo* ,
qu'il ne me manque
pour valoir quelque chose,
que l'usage exquis des finances
, & le bon sens de nos plus
sages contemporains. J'ajoute
à cela que je vous donne mon
Livre,comme je vous donnerois
une Lettre; que je souhaite,
ardemment me corriger de
mes dcffauts
,
s'il est vray queje
ne fois pas incorrigible, que
pour ne pas meriter l'honneur
de passer pour sçavant ; les Lan
gues & les Pays que je connois
le mieux, font ceux donc
je parle le moins;qu'enfin l'on
me verra toûjours exact à répondre
à tout le monde, &
prompt à piller de tous lescôtez
ce qui pourra serviràvous
amuser.Voilamesintentions,
Messieurs
J
contribuez à me
fournir des matieres, & vous
verrez que je vous meneray
peut être plus loin qu'aucun
des deffunts Mercures ne vous
amenez. Aureste,passez moy
bien des choses, il y va de vôtre
interêt de me ménager, &
du mien de vous plaire ;mais
si vous êtes trop difficiles, tant
pis pour vous.
Dispensez moy de la peine
de vousaller deterrer de belles
expressions, pour corriger en
quelque façon la franchise de
mOIT compliment. Ce seroit
peine & tems perdu.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier