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Titre d'après la table

Prélude où l'Auteur laisse adroitement entrevoir la crainte qu'il a de ne pas recevoir les Etrennes que ses devanciers qui n'étaient pas meilleurs faiseurs de Mercure que luy, recevoient au commencement de chaque année. Ses inquietudes, ses exclamations & ses propos interrompus sont des situations interessantes dans le Préambule, dont le resultat est un Conte de Fées.

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Incipit

Viginti talentis unam orationem vendidit Isocrates.* Isocrate reçut d'un

Texte
Igintitalentis unam
orationem njendidit
Isocrates. *
Isocrate reçut d'un cer-,
tain Prince dix mille écus
pour une harangue. Aretin
reçut d'un autre une chaîne
d'orpour se taire. On payoic
alors les gens pour les obli-
* Plutarque.
ger à garder le silence, ou à parler. Dans ces temps
l'éloquence avoit des licences
que de justes droits
ont supprimées
: mais aussi
d'un autre côté elle meritoit
lX trouvoit souvent des
recompenses.
Chez les Grecs & chez
les Romains on voyoit des
peuples assemblez sous des
portiques & des tribunes.
prêter attentivement l'oreille
aux discours d'un seul
homme, decider sur l'harmonie
de fès paroles, des
interêts du monde,sûmet.
tre l'Europe,ravager l'Afrique&
l'Asie, dérrôner des
Rois,disposer des Empires,
& doner des loix à l'univers.
On couronnoit ensuite de
lauriers rorateur ,
dont on
avoirapprouvé les conseils,
& il retournoit à sa maison,
comme en triomphe,
au milieu des acclamations
du peuple. Alors les plus
grands hommes de Rome
& d'Athenes étoient les
plus éloquens. Lesenfans
des Senateurs, des Consuls
& des Dictateurs n'étoient
distinguez des autres dans
les Ecoles publiques, que
par le nombre des prix qu'-
ils remportoient. Tout le
monde enfin aimoit & cultivoit
les beaux arts.
Les hommes aujourd'hui
ont au moins autant de
goût <5cdespris que nos anciens
: mais les succés de
leurétude ne seressemblent
pas.
Isocratereçut, dis- je,
un present de vingt talens
pour une harangue. Que la
Rethorique épuise maintenant
toutes les figures &
toutes les beautez naturelles
de son art, nul ne lui
en tiendra compte, si ses
merveilles coûtentplus
d'un remerciment. Cette
.indifference a rendu les Auteurs
modernes plus negligens
qu'ils ne feroient.
* Ploravere suis non respondere
favorem
Speratum meritis.
Piquez d'être traitez avec
, tant d'injustice,
Et que chacun les dédaignoit,
* ~Mf. J?~. I. X.x.
Ils ont deleurs talens faits
de prompts sacrifîces
Aux mépris qu'on leur témoignoit.
Cette froideur de ces
mortels élevez,qui sembloient
devoir être les prorecteurs
des partisans des
Muses,a engendréles plaintes,
les murmures & les salm
tyres.
Juvenal en courroux a cherché
dans les hommes
Mille défauts qu'en nous on
n'auroit pas trouvez,
Si son esprit de bile & de
fiel abreuvé
Ne nous avoit dépeints
pires que nous ne
familles.
Ceux à qui lanature a depuis
accordé des talens du
côté de l'esprit, & que la
fortune a maltraitez
, ont
tenu le même langage que
lui, & ilsont presque tous avoüé
que leur verve s'est allumée
contre le mépris qu'-
on a fait de leurs ouvrages.
* Facit indignatio njerjuw.
* Juvenal.Sat.
Mais il faut convenir
aussi que chacun a voulu
avoir des Mecenes, avant
de prendre la peine d'examiners'il
en meritoit.
Pour moy, Meilleurs,
voila le cas où je suis maintenant
; & faute d'en avoir
méritéjusqu'à present pour
mon Livre, c'est le Public
lui même que je prie d'être
le mien. Je fuis en possession
de lui parler tous
lesmois, & cet usage m'apprend
que les Auteurs sont
dans l'erreur,lors qu'ils refusent
de le croire plus indulgent
que les particuliers
ausquelsilss'attachent. Si
nous lui plaisons
,
ses suffrages
nous encouragent;
& s'il ne nous épargne pas
sur nos défauts, il nous ouvre
du moinsles yeux,
& sessifflersnousaident
souventà nous en corriger.
En un mot, quelque lue-"
ces qu'ayent ma priere Se
mes intentions, je lui promets
po" éf trenes, au commencement
de cette année,
de lui faireexactement
confidence de tout ce qui
me tombera entre les
mains ,&qui me paroitra
digne de lui être offert
; je
lui promets de sacrifier mon
livre & ma personne à son
amusement, & de lui communiquer
sincerementjusqu'aux
ouvrages de Prose
& de Poësie dont me me
nacent ceux a qui je n'ai
pas eu l'honneur de plaire.
Enfin je m'en ga ge à lui tenir
toutes les paroles que
je lui ai données dans ma
premiere Preface, mieux
que je ne l'ai fait jusqu'à
present. Je suis persuadé
qu'il est trop équitable pour
ne pas avouer qu'il a bonne
part aux fautes que j'ai commises,
&qu'il n'a tenu qu'à
lui de m'envoyer assez de
bonnes pieces pour remedier
à l'inconvenient de
m'entendre raisonner à ma
fantaisieaussi souvent que
j'ai été obligé de le faire.
En un mot, Messieurs
,
toute la grace que je vous
demande pour vôtre latisfaction,
& pour la
mienne, ne roule que sur
une chose. Que tous ceux
d'entre vous qui se mêlent
d'écrire me fassent part de
leurs ouvrages, aprés en
avoir affranchi le porc,ôç
qu'ils me les envoyent, de
quelques matieres qu'ils
traitent, je tâcherai de
rendre corrects ceux qui
ne le feront pas, & je vous
assurequeje traiterai mieux
les Auteurs, qu'ils n'oseroient
le traiter eux -
mêmes
, s'ils se faisoient imprimer
à part.
.;
J'avois resolu
Activité
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
Le texte examine la valeur accordée à l'éloquence et à la rhétorique dans l'Antiquité et la compare à l'époque contemporaine. Dans l'Antiquité, l'éloquence était extrêmement prisée. Par exemple, Isocrate reçut une somme importante pour une harangue, tandis qu'Aretin fut récompensé pour se taire, illustrant les différentes manières dont les orateurs étaient valorisés. Chez les Grecs et les Romains, l'éloquence permettait d'influencer des décisions majeures, telles que ravager des continents ou destituer des rois. Les orateurs célèbres étaient couronnés de lauriers et acclamés par le peuple. Les enfants des dignitaires étaient également distingués par leurs talents oratoires. De nos jours, bien que le goût pour les arts soit toujours présent, les succès littéraires ne sont plus récompensés de la même manière. Les auteurs modernes se plaignent souvent de l'indifférence et du mépris qu'ils rencontrent, ce qui les pousse à critiquer sévèrement la société. Cependant, chacun souhaite obtenir des mécènes avant de prouver sa valeur. L'auteur s'adresse au public, le priant de devenir son mécène et promettant de partager avec lui des œuvres littéraires variées. Il reconnaît ses erreurs passées et s'engage à améliorer ses publications futures. Enfin, il invite les écrivains à lui envoyer leurs œuvres pour les corriger et les publier correctement.
Est rédigé par une personne
Fait partie d'un dossier
Soumis par kipfmullerl le