Titre
REPONSE A L'EGLOGUE DE MADAME DES HOULIERES.
Titre d'après la table
Eglogue,
Fait partie d'une livraison
Page de début
11
Page de début dans la numérisation
18
Page de fin
16
Page de fin dans la numérisation
23
Incipit
Tout ce qui part de l'illustre Madame des Houlieres / Tircis, le plus solitaire
Texte
Tout ce qui part de l'illuftre Madame des Houlieres eft fi achevé, qu'il ne fe
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
peutquevous n'ayez efté fortement frapée de l'Eglogue,
où elle fait parler Célimene,
fur les rigueurs de l'éloignement. Cette Eglogue eft dans
la feconde Partie de maLettre de Septembre. Rien n'eſt
plus touchant , ny plus finement tourné , que tout ce
qu'elle dit des inquiétudes de
cette aimable Bergere. Il faut
qu'àfontourle Bergerqu'elle
12 MERCURE
aime, vous faffe paroiſtre le
peu de fujet qu'elle a de craindre fon inconftance. C'eſtun
des plus beaux Efprits de
Bourgogne, qui fert d'interprete à fes fentimens.
25525-522SS SES222
REPONSE
A LEGLOGUE
DE MADAME
DES HOULIERES.
Tireis,leplusSolitaire De nos Bergers amoureux,
Tircis dont l'unique affaire
N'eftque d'aimer, &de plaire
GALANT. 13
Au cher Objet de fes vœux,
Eloigné de Célimene,
Viterrant de Plaine en Plaine,
Heureux, fi quelques Zephirs,
Pourfeconder fes defirs,
Vontporter à cette Belle,
Defes plus tendresfoupirs
L'haleine pure &fidelle;
Heureux , heureux millefor,
Quanddans ces triftesabois,
Couché fur l'herbefleurie,
Nulbruitfâcheux , nulle voix,
N'interromptfa refvérie.
Le fidellefouvenir
Defa Bergere charmante,
Suffitpour l'entretenir;
Afon ame qu'il enchante
Quelque autre quiſe préſente,
Il est preft à le bannir.
Ny Dorife , ny Lifette,
La Perfide , la Coquette,
14 MERCURE
Qu'il aimafi tendrement,
Son Troupeau , nyfa Houlette,
Nyfon Chien, nyfa Mufette,
Nepeuvent unfeul moment
Luyfervir d'amuſement.
Quetoutdance, que tout chante,
Quetout rie autourde luy,
Toûjours la Bergere abfente
Ferafon mortel ennuy.
La fidelle inquiétude
Dont il chérit l'habitude,
Des Lieux lesplusfréquentez).
Luy faitunefolitude.
Nuls attraits, nulles beautez,
Ne troublent lachere idée
Dontfon ame eftpoffedée,
Célimeneoccupe tout.
Ladouloureuſe fouffrance
D'une longue & dure abfence,
( Quelle épreuve àſaconſtance?)
Rien n'en peut venir àbont.
GALANT. 15
Satendreffe ingénieufe,
Sçait par d'invifiblesfoins
Tromperde mille Témoins
L'attention curieuſe.
s
Toutce qui rend vers les lieux ·
Où Célimene refpire,
Le Bergerlefuit desyeux.
Quene voudroit- ilpointdire!
Quandles oifeaux de nos Bois,
Desdouxaccens deleur voix,
Font entendre le ramage.
Ne chantez pas davantage,
Leur dit-il, petits Oifeaux,
Allez tous vers ma Maîtreffe,
Inventez des Airs nouveaux.
Allez tous chanter fans ceffe
Parlez-luy de ma trifteffe,
Allez tous de la tendreffe
Ranimer les fentimens,
Peut-eftre bien languiffans.
Belles Eaux de nos Fontaines,
"
16 MERCURE
Coulez dans ces vaſtes Plaines;
Allez dans ce beau fejour,
Aucher Objet de mes peines
Allez faire voftre cour.
Allez par l'ordre de Flore,
Allez naître fous les pas
De la Belle que j'adore.
Fleurs riantes, vos appas
Nefuffiront pas encore.
C'est ainsi quedu Berger
L'ame vivementbleffée,
Laiffanterrerfa pensée,
Tâche defe foulager.
Ileftfidelle il eft tendre;
Mais eft. ilfage d'attendre,
Que Célimene aujourd'huy
Soitfenfible comme lay?
Non, non , l'amour qui l'enflâme
Le devroismoins occuper,
Puis que Célimene eft Femme,
C'est affez pourle womper..
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Résumé
Le texte présente une églogue de Madame des Houlières, située dans la seconde partie de la 'Lettre de Septembre'. Cette églogue met en scène Célimène, une bergère tourmentée par l'éloignement de son bien-aimé. L'œuvre est appréciée pour sa sensibilité et sa finesse. Tircis, un berger amoureux de Célimène, répond à cette églogue en exprimant son amour et son attente. Malgré les plaisirs de la nature et les distractions, Tircis reste obsédé par Célimène et ne trouve de réconfort que dans le souvenir de sa bergère. Il souhaite que les oiseaux et les eaux des fontaines portent ses messages d'amour à Célimène. La douleur de l'absence et l'amour constant de Tircis sont soulignés, mettant en avant la profondeur de ses sentiments.
Constitue la réponse à un autre texte
Est adressé ou dédié à une personne
Provient d'un lieu
Fait partie d'un dossier