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Titre

IMITATION De la onziéme Ode d'Horace, Livre II. Eheu fugaces Posthume Posthume labuntur anni, &c.

Titre d'après la table

Ode d'Horace, Imitation,

Fait partie d'une section
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447
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26
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450
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29
Incipit

Helas ! de tes plaisirs quel sera le retour ?

Texte
IMITATION
De la onzième Ode d'Horace , Livre IL
Eheu fugaces Pofthume Posthume
labuntur anni , &c.
HElas !
Elas ! de tes plaifirs quel fera le retour ?
Tu vieilliras , Pofthume, & tu mourras un jour.
Leplus beau de tes ans s'écoule avec vîteſſe
Et tu fens ralentir les feux de ta jeuneffe ;
Ton culte envers le Ciel , ton encens , ni tes
voeux ,
Ne pourront t'exempter d'une lente vicilleffe ,
Ils n'arrêteront pas le temps qui fuit fans ceffe,
Et qui de jour en jour vient blanchir tes cheveux.
Quand tu devrois immoler cent Victimes ,
Au Dieu terrible des Enfers
Au Dieu dont le pouvoir par des droits legitimes
,
Comprend tout ce vafte Univers ,
Tu ne flechiras point fon coeur inexorable.
C'eſt une Loi pour tous inévitable ,
Qu'il faut que chacun à fon tour ,
Le Riche, l'Indigent , le Berger , le Monarque,
Paffent confufément , fans efpoir de retour ,
Dans la funefte Barque ,
B En
448 MERCURE DE FRANCE.
En vain l'on voudroit prolonger ,
Le foible cours de nos années ,
Le terme en eft marqué , les Dieux les ont boşnées
:
En vain l'on tâche à ménager ,
De nos tranquiles jours les douces deſtinées ,
En ne s'expofant pas aux funeftes hazards
De Bellone & de Mars .
En vain l'art d'un Pilote & le vent favorable ;
Conduiront fur les flots d'une Mer redoutable ,
Notre Navire jufqu'au Port .
En vain , pour éloigner la mort qui nous
étonne ,
Nous voudrons éviter dans la faifon d'Automne
,
D'un vent froid & mal fain l'impetueux effort.
Il faut fubir les coups de la Parque fatale ,
Et payer tôt ou tard le tribut à Caron ;
Voir le trifte Cocyte & le noir Acheron ;
Habiter de Pluton la demeure infernale :
Là , parmi les horreurs d'une obfcure prifon ,
La race Danaïde & l'orgueilleux Typhon
Syfiphe , Ixion & Tantale.
Eprouvent éternellement ,
De leurs forfaits divers le jufte châtiment.
II
MARS. 1730. 449
Al te faudra quitter tes Maifons de Campagne ,
Tes meubles fomptueux , tes fuperbes Palais ,
Abandonner & perdre pour jamais ,
Ton Epouſe fi chere & ta douce Compagne ;
Tu périras toi- même , & la mort fans pitié ,
Prendra d'un tout fi beau, l'une & l'autre moitié.
Que deviendront alors ces lieux pleins de dé
lices ,
De tes plaifirs fecrets confidens & complices
?
Ces bois fombres & frais ; ces Jardins toûjours
verds ,
Où pendant la rigueur d'une ſaiſon rebelle ,
Par ton art & tes foins Flore fe renouvelle ,
Et conferve un printemps au milieu des hyvers.
Ces Oeillets , ces Lys & ces Rofes ,
Que dès l'Aurore on voit éclofes ,
Et qui ne durent qu'un matin ,
Sont de tes foibles jours une vive peinture ,
Qui fans ceffe t'apprend quel fera ton deftin.
De tant d'arbres , dont la verdure ,
Découvre à tes yeux mille attraits ,
Quand tu fatisferas aux Loix de la Nature a
Il ne te reftera que les triftes Cyprès.
Bij
Alors
450 MERCURE DE FRANCE.
Alors un heritier & prodigue & peu fage ,
Croira de tes grands biens faire un meilleur
ufage ;
Bientôt on le verra fe livrant aux plaiſirs ,
Les répandre par tout au gré de ſes defirs .
Il boira largement fans nulle prévoyance ,
Tes vins les plus exquis & les plus eſtimez ,
Vins qu'avec tant de foin & tant de vigilance,
Ta tenois fous cent clefs dans ta cave enfer
mez.
శ్రీ శ్రీ
Moreau de Mautour.
Signature

Moreau de Mautour.

Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Résumé
Le texte imite la onzième Ode d'Horace, Livre II, et médite sur la fugacité du temps et l'inévitabilité de la mort. L'auteur souligne que les années passent rapidement et que nul ne peut échapper au vieillissement et à la mort, même par des prières ou des sacrifices. Le temps avance inexorablement, apportant la vieillesse et blanchissant les cheveux. Les efforts pour prolonger la vie ou éviter les dangers sont vains face à la mort inévitable. L'auteur évoque la nécessité de subir les coups du destin et de payer le tribut à Caron, le passeur des âmes. Il décrit les supplices éternels des damnés dans les enfers, comme Sisyphe, Ixion et Tantale. Le texte se conclut par une réflexion sur la perte des biens matériels et des êtres chers, ainsi que sur la vanité des plaisirs terrestres, comparés à des fleurs éphémères.
Est rédigé par une personne
Soumis par kipfmullerl le