Titre d'après la table
Recueil des Pieces du Chevalier Thomas Brown, Docteur en Medecine,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
1610
Page de début dans la numérisation
145
Page de fin
1612
Page de fin dans la numérisation
147
Incipit
RECUEIL de diverses Pieces, composées par le Chevalier Thomas Brown,
Texte
RECUEIL de diverfes Pieces , compo
fées par le Chevalier Thomas Brown ,
Docteur en Medecine . A Londres , 1684.
in 8 ° . de 215 pages .
8
Dans le Difcours , l'Auteur parle des
Oifeaux de Chaffe & de la Fauconnerie
ancienne & moderne.
Cette Chaffe n'étoit prefque point connuë
des Anciens . A proprement parler
Julius Firmicus qui a vécu fous le regne
de l'Empereur Conftance , eft le premier
qui en ait fait mention.
Après cet Auteur , on peut confulter
Démétrius de Conftantinople & Albert
le Grand . Ces Ecrivains n'employent
qu'un petit nombre de termes d'Art. Ils
expriment d'une maniere fimple les maladies
des Oifeaux , & les remedes qu'on
y apportoit . Les François qui font les plus
habiles
JUILLET . 1730. 161F
و
habiles Fauconniers de l'Europe , ont introduit
un grand nombre de termes d'Art.
Cependant , dit l'Auteur , ils n'ont aucun
mot dans leur langue , qui fignifie en general
le mot Anglois , Hawk. Les Anciens
Ecrivains ne nous ont rien dit de la viteffe
des Oifeaux de chaffe . Heresbachius
nous apprend que Guillaume Duc de
Cléves , en avoit un qui alla en un jour
de Weftphalie en Pruffe. M. Brown affure
qu'un de ces Oifeaux , dans la Province
de Norfolk , pourfuivit une Beccaffe
pendant près de 30 milles en une heure.
On ne fait point certainement avec quelle
viteffe volent les Faucons , les Emerillons
, &c. qui viennent en Angleterre par
un vent du Nord - Weft . M. Brown dit
qu'il en a vu arriver fur les côtes de ce
pays , & qu'ils étoient fi fatiguez , qu'on
fes prenoit avec des Chiens , & qu'on les
tuoit à coups de baton & de pierre . Les
Fauconniers de nos jours , continue l'Auteur
, font mille fermens & mille imprécations
; mais Démétrius nous apprend
qu'autrefois ces Chaffeurs commençoient
feur chaffe par invoquer Dieu. Le fçavant
Rigault a cru que fi les Romains avoient
connu la chaffe , dont il s'agit icy , ils au
roient eu moins d'ardeur pour les diver
tiffemens du Cirque.
Ariftote connoiffait fi peu la Faucon✩
nerie ,
1612 MERCURE DE FRANCE
nerie , qu'il croyoit que les Faucons nė
mangeoient point le coeur des Oifeaux.
Ce Philofophe affure que les Faucons &
les autres Oifeaux de Proye ne boivent ja
mais. L'Auteur remarque à cette occafion
qu'il a eu chez lui pendant deux ans une
Aigle qui fe nourriffoit de petits Chats ,
de petits Chiens & de Rats, fans boire une
feule goute.
M. Brown , dans le 6 Difcours , parle
des Cymbales ; des Vers qu'on nomme
Rhopalici ; des Langues , & particulierement
de la Saxonne; de certaines éminences
que l'on voit en divers lieux d'Angleterre
; de Troas , & de la fituation de
Sodôme , de Gomorrhe, &c . de la Réponfe
que l'Oracle de Delphes fit à Crafus ,
Roy de Lydie , &c.
fées par le Chevalier Thomas Brown ,
Docteur en Medecine . A Londres , 1684.
in 8 ° . de 215 pages .
8
Dans le Difcours , l'Auteur parle des
Oifeaux de Chaffe & de la Fauconnerie
ancienne & moderne.
Cette Chaffe n'étoit prefque point connuë
des Anciens . A proprement parler
Julius Firmicus qui a vécu fous le regne
de l'Empereur Conftance , eft le premier
qui en ait fait mention.
Après cet Auteur , on peut confulter
Démétrius de Conftantinople & Albert
le Grand . Ces Ecrivains n'employent
qu'un petit nombre de termes d'Art. Ils
expriment d'une maniere fimple les maladies
des Oifeaux , & les remedes qu'on
y apportoit . Les François qui font les plus
habiles
JUILLET . 1730. 161F
و
habiles Fauconniers de l'Europe , ont introduit
un grand nombre de termes d'Art.
Cependant , dit l'Auteur , ils n'ont aucun
mot dans leur langue , qui fignifie en general
le mot Anglois , Hawk. Les Anciens
Ecrivains ne nous ont rien dit de la viteffe
des Oifeaux de chaffe . Heresbachius
nous apprend que Guillaume Duc de
Cléves , en avoit un qui alla en un jour
de Weftphalie en Pruffe. M. Brown affure
qu'un de ces Oifeaux , dans la Province
de Norfolk , pourfuivit une Beccaffe
pendant près de 30 milles en une heure.
On ne fait point certainement avec quelle
viteffe volent les Faucons , les Emerillons
, &c. qui viennent en Angleterre par
un vent du Nord - Weft . M. Brown dit
qu'il en a vu arriver fur les côtes de ce
pays , & qu'ils étoient fi fatiguez , qu'on
fes prenoit avec des Chiens , & qu'on les
tuoit à coups de baton & de pierre . Les
Fauconniers de nos jours , continue l'Auteur
, font mille fermens & mille imprécations
; mais Démétrius nous apprend
qu'autrefois ces Chaffeurs commençoient
feur chaffe par invoquer Dieu. Le fçavant
Rigault a cru que fi les Romains avoient
connu la chaffe , dont il s'agit icy , ils au
roient eu moins d'ardeur pour les diver
tiffemens du Cirque.
Ariftote connoiffait fi peu la Faucon✩
nerie ,
1612 MERCURE DE FRANCE
nerie , qu'il croyoit que les Faucons nė
mangeoient point le coeur des Oifeaux.
Ce Philofophe affure que les Faucons &
les autres Oifeaux de Proye ne boivent ja
mais. L'Auteur remarque à cette occafion
qu'il a eu chez lui pendant deux ans une
Aigle qui fe nourriffoit de petits Chats ,
de petits Chiens & de Rats, fans boire une
feule goute.
M. Brown , dans le 6 Difcours , parle
des Cymbales ; des Vers qu'on nomme
Rhopalici ; des Langues , & particulierement
de la Saxonne; de certaines éminences
que l'on voit en divers lieux d'Angleterre
; de Troas , & de la fituation de
Sodôme , de Gomorrhe, &c . de la Réponfe
que l'Oracle de Delphes fit à Crafus ,
Roy de Lydie , &c.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Domaine
Résumé
Le texte est un recueil de pièces du Chevalier Thomas Brown, Docteur en Médecine, publié à Londres en 1684. Brown y discute des oiseaux de chasse et de la fauconnerie ancienne et moderne. La chasse aux oiseaux de proie était peu connue des Anciens. Julius Firmicus, Démétrius de Constantinople et Albert le Grand ont écrit sur les maladies des oiseaux et les remèdes. Les Français, reconnus comme les meilleurs fauconniers d'Europe, ont introduit de nombreux termes techniques mais n'ont pas de mot équivalent à 'Hawk'. Les Anciens n'ont pas décrit la vitesse des oiseaux de chasse. Heresbachius mentionne un oiseau capable de voler de Westphalie à la Prusse en une journée. Brown rapporte qu'un oiseau de Norfolk a poursuivi une bécasse sur près de 30 milles en une heure. Il note également la vitesse des faucons et des émerillons arrivant en Angleterre par un vent du nord-ouest. Les fauconniers modernes utilisent des serments et des imprécations, contrairement aux anciens qui invoquaient Dieu. Aristote croyait que les faucons ne mangeaient pas le cœur des oiseaux et ne buvaient jamais. Brown contredit cette croyance en mentionnant une aigle observée pendant deux ans, se nourrissant de petits animaux sans boire. Dans un autre discours, Brown aborde divers sujets comme les cymbales, certains vers, les langues, notamment la saxonne, et des lieux en Angleterre, ainsi que des réponses d'oracles antiques.