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Titre

EXTRAIT d'une Lettre écrite de Provence au mois de Juillet dernier, au sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye trouvée à Marseille.

Titre d'après la table

Ancienne Monnoye, trouuvée à Marseille, &c.

Fait partie d'une section
Page de début
2188
Page de début dans la numérisation
323
Page de fin
2192
Page de fin dans la numérisation
327
Incipit

Le 16. du mois passé des Massons travaillant à faire creuser une Cave

Texte
EXTRAIT d'une Lettre écrite de
Provence au mois de Juillet dernier, an
sujet d'une quantité d'ancienne Monnoye
trouvée à Marseille.
LaE 16. du mois passé des Massons
travaillant à faire creuser une Cavę
dans une Maison nouvellement alignée et
qu'on
OCTOBRE. 1732. 2189
qu'on rebâtit à Marseille dans la ruë de
Rome près de la Fontaine Longue , trouverent un vase de terre fait en forme de
bouteille à l'Angloise , et l'ayant cassé,
il en sortit de l'eau avec une quantité
de petite Monnoye d'argent , toute de
la même qualité en grandeur , qui est à
peu près comme celle de nos Liards. Sept
Ouvriers se partagerent entre eux ces Especes. Le sieur Fortoul Bourgeois et Proprietaire de la Maison , en fut averti et
prétendit se les faire restituer ; le Receveur du Domaine agit aussi de son côté
et établit des Gardes sur les Lieux , mais
ces Travailleurs , à ce qu'on assure , en
avoient déja vendu à des Changeurs pour
quatre ou 500. livres , et ce qui étoit
encore entre les mains de quelques- uns
fût déposé à la Police , le tout ensemble
pouvant valoir environ mille livres. On
a depuis continué à creuser au même endroit , où l'on prétend que les Templiers
avoient eu une Maison , ce qui d'abord
avoit fait présumer quelque trésor enfoui , &c. mais on n'a plus rien trouvé.
J'ai trouvé le moyen d'avoir de la
Monnoye quelques-unes de ces Pieces. On y voit d'un côté la tête d'un
Comte de Provence et pour Legende Co.
MES PROVINCIE, et de l'autre MASSIL
>
CI-
2190 MERCURE DE FRANCE
CIVITAS. en caracteres du temps >
c'est-à-dire fort gothiques. M. de Ruffy
le Pere a fait graver une pareille Monnoye dans le x. Liv. de son Histoire de
Marseille , page 444. publiée en 1642. ce
que son fils a obmis dans la seconde Edition. Cette Monnoye s'appelloit dans les
Titres Solidi minuti Massilienses , et vulgairement Menus Marseillois. Elle pese
suivant l'essai que j'en ai fait faire à la
Monnoye sur une Piece des plus entieres , un denier douze grains , et est au
titre de onze deniers de fin.
Comme le nom du Comte de Provence
n'y est pas exprimé , on ne peut pas sçavoir précisément à quel Prince on doit
la rapporter. Elle peut être de Charles
d'Anjou, frere de S. Louis, avant qu'il fut
Roy de Sicile ; mais aussi elle pourroit
bien être de quelqu'un des Berengers , ce
qui me paroît assez difficile à déterminer.
Il est parlé de cette Monnoye dans les
Chapitres de Paix , où le fameux Traité
fait en 1257. entre Charles d'Anjou et
la Ville de Marseille , lorsque cette Ville
se donna et se soumit à ce Prince.
Avant que d'avoir reçû la Lettre dont
on vient de lire l'Extrait , qui est d'une
Personne de consideration et fort intelligente , on nous avoit envoyé de Marseille
S.
OCTOBR E. 1732. 2191
,
5. ou 6. de ces mêmes Pieces ; nous n'aurions pas pû en faire une description plus
exacte , ni donner là-dessus des Remarques plus justes. Nous ajoûterons seulement ici que sur le côté de cette Monnoye où se lit Massil civitas, on voit comme le Frontispice d'un Bâtiment avec
une Croix au sommet. M. de Ruffy * le
fils , veut que ce soit la Ville même
ayant ses Clochers élevez , ce qui , en tout
cas , est fort grossierement représenté.
Nous observerons encore que les cinq
Pieces qui nous ont été envoyées sont
de differens coins , et ont été frappées
sous differens Princes. Deux même de
ces Têtes ont une Coëffure et un air de
femme , ce qui peut donner lieu à des
conjectures et à des recherches ' curieuses;
matiere que nous laissons volontiers à
éclaircir à M" de la nouvelle Académie
de Marseille , qui ont formé le dessein
d'en écrire l'Histoire. L'Article des Monnoyes frappées dans cette Ville , et de son
autorité , par un droit anciennement acquis et exercé pendant plusieurs siecles ,
ne sera pas le moins important , et il
mérite d'autant plus d'attention que ce
sujet paroît confusément traité par les
* Hist. de Marseille , Liv. XIII. pag. 324. 58-
CordeEdition 1696.
Ecrivains
2192 MERCURE DE FRANCE
Ecrivains qui ont précedé nos Académiciens.
Collectivité
Faux
Lieu
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Résumé
En juillet de l'année précédente, des maçons à Marseille ont découvert un vase contenant des pièces de monnaie ancienne en argent, similaires aux liards. Sept ouvriers se sont partagé les pièces, et certaines ont été vendues à des changeurs pour environ 400 à 500 livres. Le propriétaire de la maison et le receveur du domaine ont tenté de récupérer les pièces, mais une partie avait déjà été vendue. Les pièces restantes, d'une valeur totale d'environ mille livres, ont été déposées à la police. Cette monnaie, appelée 'Solidi minuti Massilienses' ou 'Menus Marseillois', porte l'effigie d'un comte de Provence et des inscriptions en caractères gothiques. L'analyse de son poids et de sa pureté a révélé un titre de onze deniers de fin. L'origine exacte de cette monnaie reste incertaine, pouvant appartenir à Charles d'Anjou ou à un membre de la famille des Bérengers. Des pièces similaires avaient été trouvées auparavant, confirmant les descriptions et les remarques faites. Les pièces proviennent de différents coins et princes, certaines montrant des traits féminins, ce qui ouvre des perspectives pour des recherches historiques. L'Académie de Marseille prévoit d'écrire l'histoire de cette monnaie, un sujet confusément traité par les écrivains précédents.
Provient d'un lieu
Soumis par delpedroa le