Oeuvre commentée (1)
[empty]
Détail
Liste
Résultats : 1 texte(s)
1
p. 132-135
Discours sur les lettres & les arts, [titre d'après la table]
Début :
Discours sur les Lettres & sur les Arts. A Rome ; & se trouve à Paris, chez Fetil, [...]
Mots clefs :
Discours, Arts, Sciences, Hommes, Poésie
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours sur les lettres & les arts, [titre d'après la table]
Difcours fur les Lettres & fur les Arts . A
Rome ; & fe trouve à Paris , chez Fetil
, libraire , rue des Cordeliers près de
celle de la Comédie Françoife , in - 12 .
Prix 30 fols .
Ces difcours font au nombre de trois ;
l'auteur s'attache à répondre à celui de M
Rouffeau contre les fciences ; les lecteurs
trouveront peut- être que c'est s'y prendre
bien tard , & un grand nombre pourra juger
que cela étoit inutile ; on connoîr
l'adverfaire des fciences ; le Public appréciera
facilement leur défenfeur. Le premier
difcours a pour objet de montrer
combien les fciences & les arts influent
fur les moeurs d'une nation ; il n'étoit
peut-être pas néceffaire de prouver qu'ils
les rendent plus douces , plus polies , plus
décentes ; il fuffit d'ouvrir l'hiftoire & de
lire. Nous citerons ce morceau qui donJANVIE
R. 1770 .
133
">
"
>>
و د
39
nera une idée de la maniere de l'orateur.
« Les vaftes déferts de l'Amérique & , de
l'Afrique dépoferont fans doute en fa-
» veur de l'ignorance ... Quels horribles
» tableaux ils préfententà mon imagina-
» tion effrayée ! Là des hommes barbares
» fe difputent la chair d'un malheureux
» qui , lors même qu'il lutte contre la
» mort, ofe encore la braver par fes chants
de victoire ; ici la foibleffe d'un pere
» eft un crime que la mort feule peut expier.
Là on engraiffe les hommes com
» me autant de victimes ; ici des fem-
» mes , indignes du nom de mere , ne fouhiitent
de le devenir que pour fe ralfafier
de leurs propres enfans. Ainfi ces
» peuples inhumains fembloient vouloir
le difputer en cruauté aux animaux farouches
qui infeftent leurs déferts . Leurs
freres n'étoient pour eux que de vils
troupeaux deftinés à les nourrir. Voyez
» vous , dans cette ville immenfe , dont
les richetfes & la fplendeur ont étonné
» l'Europe , ces tours formées des offe-
» mens blanchis des victimes humaines ,
"
4
$
و د
و د
و د
immolées fur un autel déteſtable ; ces
» tours qui ne s'élèvent vers le ciel que
pour l'outrager , & pour y porter l'orgueilleux
témoignage de l'aveuglement
» du peuple qui ofa les conftruire. » >
"
ן כ
134 MERCURE DE FRANCE .
La poëfie est l'objet da ſecond difcours.
L'auteur prend un autre ton ; il entreprend
de développer comment on doit étudier
les poëtes , comment on peut , fans avaler
le poifon qu'ils cachent quelquefois
fous les fleurs , goûter la nourriture agréa
ble & folide qu'ils nous préfentent . Son
raifonnement eft bien fimple ; il faut ne
lire que ce qui peut l'être fans danger &
éviter tour le refte. Le dernier difcours
eft le plus intéreffant ; il traite de l utilité
de l'établiſſement des écoles de deffin en
faveur des métiers relatifs aux arts. « Un
» magiftrat , digne d'entrer dans les vues
» du grand Colbert , a fenti ce qui man-
» quoit à fon ouvrage ; l'exécution des
» loix dont les détails font confiés à fes
» foins , l'ont accoutumé à examiner fans
préjugé , cette partie de la nation qui ,
» placée aux derniers rangs de l'état , en
» porte tout le fardeau ; il a pu fe con-
» vaincre aifément combien elle renfer-
» me de talens déplacés , combien de
"9
grands hommes , combien d'arriftes fu-
» blimes fe confondent dans la foule &
» meurent ignorés , il a connu toute l'é-
» tendue du mal , & cette connoiffance ,
» loin de le rebuter , n'a fervi qu'à l'exciter
à en découvrir le remede. ' Que
» d'autres cherchent dans les projets qu'ils
"
30
30
JANVIE R. 1770. 135
99
adoptent un éclat paffager qui puiffe
rejaillir fur leurs noms , une ame tou-
» jours guidée par le bien public, ofe adop-
» ter des projets qui ne font qu'utiles ; tel-
» les font les écoles de deffin , établies
» dans l'enceinte de la capitale . Afyles heu-
» reux , deſtinés à l'enfance des arts , où
» l'émulation échauffe le génie , dévelop-
» pe & cultive les talens trop fouvent
» étouffés par la pauvreté , toujours alte-
» rés par une éducation groffiere. » Nous
ne nous arrêterons pas davantage fur ces
difcours , qui ne font pas fans mérite , &
dont le dernier fur- tout roule fur unfujet
intéreffant.
Rome ; & fe trouve à Paris , chez Fetil
, libraire , rue des Cordeliers près de
celle de la Comédie Françoife , in - 12 .
Prix 30 fols .
Ces difcours font au nombre de trois ;
l'auteur s'attache à répondre à celui de M
Rouffeau contre les fciences ; les lecteurs
trouveront peut- être que c'est s'y prendre
bien tard , & un grand nombre pourra juger
que cela étoit inutile ; on connoîr
l'adverfaire des fciences ; le Public appréciera
facilement leur défenfeur. Le premier
difcours a pour objet de montrer
combien les fciences & les arts influent
fur les moeurs d'une nation ; il n'étoit
peut-être pas néceffaire de prouver qu'ils
les rendent plus douces , plus polies , plus
décentes ; il fuffit d'ouvrir l'hiftoire & de
lire. Nous citerons ce morceau qui donJANVIE
R. 1770 .
133
">
"
>>
و د
39
nera une idée de la maniere de l'orateur.
« Les vaftes déferts de l'Amérique & , de
l'Afrique dépoferont fans doute en fa-
» veur de l'ignorance ... Quels horribles
» tableaux ils préfententà mon imagina-
» tion effrayée ! Là des hommes barbares
» fe difputent la chair d'un malheureux
» qui , lors même qu'il lutte contre la
» mort, ofe encore la braver par fes chants
de victoire ; ici la foibleffe d'un pere
» eft un crime que la mort feule peut expier.
Là on engraiffe les hommes com
» me autant de victimes ; ici des fem-
» mes , indignes du nom de mere , ne fouhiitent
de le devenir que pour fe ralfafier
de leurs propres enfans. Ainfi ces
» peuples inhumains fembloient vouloir
le difputer en cruauté aux animaux farouches
qui infeftent leurs déferts . Leurs
freres n'étoient pour eux que de vils
troupeaux deftinés à les nourrir. Voyez
» vous , dans cette ville immenfe , dont
les richetfes & la fplendeur ont étonné
» l'Europe , ces tours formées des offe-
» mens blanchis des victimes humaines ,
"
4
$
و د
و د
و د
immolées fur un autel déteſtable ; ces
» tours qui ne s'élèvent vers le ciel que
pour l'outrager , & pour y porter l'orgueilleux
témoignage de l'aveuglement
» du peuple qui ofa les conftruire. » >
"
ן כ
134 MERCURE DE FRANCE .
La poëfie est l'objet da ſecond difcours.
L'auteur prend un autre ton ; il entreprend
de développer comment on doit étudier
les poëtes , comment on peut , fans avaler
le poifon qu'ils cachent quelquefois
fous les fleurs , goûter la nourriture agréa
ble & folide qu'ils nous préfentent . Son
raifonnement eft bien fimple ; il faut ne
lire que ce qui peut l'être fans danger &
éviter tour le refte. Le dernier difcours
eft le plus intéreffant ; il traite de l utilité
de l'établiſſement des écoles de deffin en
faveur des métiers relatifs aux arts. « Un
» magiftrat , digne d'entrer dans les vues
» du grand Colbert , a fenti ce qui man-
» quoit à fon ouvrage ; l'exécution des
» loix dont les détails font confiés à fes
» foins , l'ont accoutumé à examiner fans
préjugé , cette partie de la nation qui ,
» placée aux derniers rangs de l'état , en
» porte tout le fardeau ; il a pu fe con-
» vaincre aifément combien elle renfer-
» me de talens déplacés , combien de
"9
grands hommes , combien d'arriftes fu-
» blimes fe confondent dans la foule &
» meurent ignorés , il a connu toute l'é-
» tendue du mal , & cette connoiffance ,
» loin de le rebuter , n'a fervi qu'à l'exciter
à en découvrir le remede. ' Que
» d'autres cherchent dans les projets qu'ils
"
30
30
JANVIE R. 1770. 135
99
adoptent un éclat paffager qui puiffe
rejaillir fur leurs noms , une ame tou-
» jours guidée par le bien public, ofe adop-
» ter des projets qui ne font qu'utiles ; tel-
» les font les écoles de deffin , établies
» dans l'enceinte de la capitale . Afyles heu-
» reux , deſtinés à l'enfance des arts , où
» l'émulation échauffe le génie , dévelop-
» pe & cultive les talens trop fouvent
» étouffés par la pauvreté , toujours alte-
» rés par une éducation groffiere. » Nous
ne nous arrêterons pas davantage fur ces
difcours , qui ne font pas fans mérite , &
dont le dernier fur- tout roule fur unfujet
intéreffant.
Fermer
Résumé : Discours sur les lettres & les arts, [titre d'après la table]
Le document présente trois discours publiés à Rome et disponibles à Paris chez le libraire Fétis, en réponse aux critiques de Jean-Jacques Rousseau contre les sciences. Le premier discours explore l'impact des sciences et des arts sur les mœurs d'une nation, affirmant qu'ils contribuent à adoucir et à polir les mœurs. L'auteur illustre les horreurs de l'ignorance en citant des exemples de barbarie. Le deuxième discours se concentre sur la poésie, offrant des conseils sur la manière de lire les poètes tout en évitant les passages dangereux. Le troisième discours, considéré comme le plus intéressant, aborde l'utilité des écoles de dessin pour les métiers artistiques. Un magistrat, inspiré par Colbert, a reconnu le potentiel des talents méconnus au sein des classes populaires. Il propose la création d'écoles pour développer ces talents, souvent étouffés par la pauvreté et une éducation rudimentaire.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer