Oeuvre commentée (1)
[empty]
Détail
Liste
1
p. 31-38
EGLOGUE du R. P. COUPERET Jesuite, sur le rétablissement de la santé du Roy. DAPHNIS. PALEMON.
Début :
DAPHNIS. / Quel sujet inconnu t'afflige & t'interesse ? [...]
Mots clefs :
Palemon, Louis, Daphnis, Roi, Grand, Berger, Bergers, Doux, Aimable
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EGLOGUE du R. P. COUPERET Jesuite, sur le rétablissement de la santé du Roy. DAPHNIS. PALEMON.
EGLOGUE
du R. P. COUPERET Jefuite ;
fur le rétabliſſement de la fanté
du Roy
DAPHNIS . PALEMON.
DAPHNIS.
Que vienescher Palemon , cette fombre
Uel fujet inconnu t'afflige & t'intereffe ?
trifteffe ?
>
Tes yeux de quelques pleurs paroiffent arrofez ›
Apprends-moi tes chagrins , & qui les a caufez.
PALEMON.
Quand je penfe , Daphnis , à ce grand coup de
foudre.
Qui fembloit déja prêt de nous reduire en poudre ,
Puis - je rendre le calme à mes fens agitez ,
Et me livrer fi - tôt à nos profperitez ?
Mais toi, qui me parois tranquille & fans allarmes
,
Ne fçais -tu pas encor le fajet de nos larmes
Ne partages tu pas nos peines , nos dangers ?
Et nos malheurs pour toi font-ils donc étrangers?
Ciiij DAPH
32 LE MERCURE
DAPHNIS.
Eloigné de ces lieux par un deftin fevere ,
Comment aurois - je pû fçavoir votre mifere ?
Mais c'est trop irriter mes defirs empreffez ,
Berger, raconte - moi tes déplaifirs paffez.
PALEMON..
Ecoute , & tu verras fi de fi juftes craintes
N'ont pas bien merité nos foupirs & nos plaintes,
Ce Prince jeune & fage iffu du fang des Dieux ,
Ce Roy de leurs boutez le gage precieux ,
Nous l'avons penfé perdre , & la cruelle Parque
Eût frappé fans refpect cet augufte Monarque ,.
Si quelque Dieu paiffant par un heureux fecours.
Dans un fi grand péril n'eût défendu les jours.
DAPHNIS.
'Ah Berger, que dis tu ! ce Roy qui dès l'enfance
Fut de tous fes Sujets l'amour & l'efperance ,.
LOUIS , a qui Mopfus . a prédit tant de fois
Quil feroit le plus jufte & le plus grand des Rois,
Eût fubi la rigueur de cette Loy commune ,
Qui de tous les humains égale la fortune ; '
Ainfi donc cet efprit qu'il a reçu des Cieux ,
Ce coeur , cette bonté , cet accueil gracieux ,
Ce courage élevé , ces graces raviffantes ,
Tant d'attraits enchanteurs , tant de vertus naiffantes
,
Qui des Peuples charmez font l'efpoir le plus
doux ,
Tour
DE SEPTEMBRE. 33
Tout par un coup fatal étoit perdu pour nous !
Ne fuffifoit - il pas à la Parque homicide
D'avoir tranché les jours de notre grand Alcide !
De nous avoir ravi nos Princes , nos Heros ,
Qui devoient imiter fes glorieux travaux :
GrandsDieux, dont le pouvoir regle nos deftinées ;
N'étes- vous pas contens des pleurs de tant d'années
?
Ne pourrons -nous jamais fléchir votre couroux ??
Et nos malheurs paffez vous femblent - ils trop
doux .
PALEMON.
Nous euffions plus perdu que tu ne fçaurois
croire ,
Si tu fçavois , Daphnis, notre nouvelle gloire !
O Dieux ,quelle bonté ! cet aimable Heros
Envoya l'autre jour vifiter nos hameaux ,
De ces Bergers , dit il , raffurez la tendreffe ,
Je fçais combien pour moy fear amour s'intereffe ,
Qu'ils calment leur douleur & ne s'allarment plus,,
Le peril eft paffé , leurs pleurs font fuperflus.
DAPHNI S.
Berger, que ton recit eft pour moi plein de char--
mes!
Finiffons nos regrets , banniffons nos allarmes
Que chacun pour fon Roy fignale fon amour ,
Qu'au milieu de la nuit on rallume le jour ,
Pour celebrer LOUIS que tous fe réuniffent ,
de nos concerts les échos retentiffent .
Et que
PALEMON
*34*
LE MERCURE
PALEMON.
Tel eft nôtre deffein , déja dans nos forests
D'une fi belle fête on a fait les apprêts ,
Tu verras dès ce foir toute notre jeuneſſe
Par des fignes certains marquer fon allegreffe ,
Tu verras Coridon , Licidas & Moeris ,
Bergers de LOUIS même , & connus & cheris ,
Etaler à nos yeux une magnificence
Qui témoigne leur zele & leur reconnoiſſance ,
Reparer par des feux l'abfence du foleil ,
Et nous faire oublier les douceurs du fommeil :
Tu verras dans la nuit de nouvelles étoiles
Qui d'un rapide effor perçant fes fombres voiles ,
Par l'effet furprenant d'un art induſtrieux ,
Sembleront fe confondre avec celles des Cieux.
DAPHNIS..
Le foleil a bien-tôt terminé fa carriere ,
Et dans le fein des eaux va plonger fa lumiere ,
En attendant la nuit , Berger , que ferons nous?:
PALEMON.
Chantons , je ne vois point d'amuſemens plus
doux ,
Mais à nôtre Roy feul confacrons notre lire ,
Que pour le feul LOUIS dans le jour on foupire,
Choifir d'autres fujets ce feroit l'offenfer .
DAPHNI S.
L'amour m'infpirera , tu n'as qu'à commencer.
* Les Penfionnaires du College de Louis le Grand.
PALEMON.
DE SEPTEMBRE. 35
PALEMON.
Calmez,Nimphes , calmez vos frayeurs inquiertes ,
Danfez fur l'herbe tendre au fon de nos mufettes,
Des plus brillantes fleurs couronnez vos cheveux,
LOUIS vit, & les Dieux one exaucé vos voeux.
DAPHNIS.
Bergers,qui vous livrez à des douleurs mortelles ,
Dillipez vos chagrins & vos peines cruelles ,
Ceffez de redouter les deftins ennemis :
Tous vos maux font paffez , le. Ciel , vous rend
LOUIS
PALEMON.
Je vis ces jours paſſez au pied de ces montagnes
Un lis jeune & brillant , l'honneur de nos cam
pagnes,
Je le revis hier languiffant , deffeché ཧཿ
Un orage cruel l'avoit prefque arraché ,
Mon coeur en foupira , le Berger Philaminte
Me vit , me demanda le fujet de ma plainte ,
Je lui dis , ce beau lis que tu vois fe ternir ,
Rappelle à mon efprit un trifte fouvenir..
DAPHNIS..
Fortunez habitans de nos fombres bocages ,
En faveur de LOUIS redoublez vos ramages .
Si vous fûtes témoins de nos triftes . foupirs ,
Soyez en ce moment témoins de nos plaifirs ;
Joignez vous à nos chants ,› partagez notre joye,,
Etchantez le bonheur que le Ciel nous envoye..
PALEMON..
33
LE
MERCURE
PALEMON.
Nos bois & nos jardins étoient fans ornement ,
Nos ruiffeaux tariffoient, & couloient triftement,
Mais nos bois ont repris leur aimable verdure ,
Nos jardins leur éclat , nos ruiffeaux leur murmure
;
Il n'en faut point douter , LOUIS , le feul
LOUIS ,
A caufé parmi nous ces effets inouis .
DAPHNI S.
Le fougueux Aquilon qui par fa violence
Ravage nos moiffons , détruit notre esperance ;
Nous allarme encor moins que le dernier malheur
Qui detous nos Bergers a caufé la douleur.
PALEMON.
Le gracieux zephir qui foufflant dans la plaine
Du moiffonneur brûlant vient foulager la peine ,
A des charmes bien doux , mais moins que le
bonheur
Qui de tous nos Bergers a calmé la douleur.
DAPHNI S.
Ainfi qu'un calme heureux precedé par l'orage
Paroît beaucoup plus doux & plaît bien davan
tage ,
Ainfi que de la nuit la fombre obfcurité
Du beau jour qui la fuit releve la clarté ;
Ainfi notre douleur dont l'image eft récente ,.
Rend de notre bonheur la douceur plus touchante.
PALEMON
DE SEPTEMBRE.
37,
PALEMON.
Paillez tranquillement, paiſſez , tendres moutons,
Rien ne pourra troubler la paix de ces cantons ,
Vous n'entendrez jamais les bruiantes trompettes,
Le fceptre de LOUIS bien mieux que nos houlettes
•
Eloignera de vous l'ennemi dangereux ,
Et vous ne craindrez rien fous fon empire heureux
DAPHNI S.
Nourriffons de Phoebus , troupe jeune & fidelle ,
Ce Prince près de lui quelquefois vous appelle ;
Quel préfage pour vous ! déja dans fon loifir
Il affifte à vos jeux * & s'en fait un plaifir ,
Pour chanter fes bontez , fes vertus heroïques ,
Mufes, préparez lui des concerts magnifiques .
PALEMON .
Tel que par fon éclat brillant & radieux
Vefper femble effacer tous les aftres des cieux ,
Tel par ſa majeſté , fon efprit , ſa ſageffe ,
LOUIS brille au milieu d'une aimable jeuneffe ,
DAPHNIS,
Tel qu'un chefne élevé bravant les Aquilons ,
Surpaffe l'arbriffeau caché dans les vallons ;
Tel glorieux un jour dans la paix , dans la guerre,
LOUIS furpaffera tous les Rois de la terre .
* Les incommoditez de la Grandeur , petite Piece reprefentée
au Louvre , en prefence de Sa Maj ft , par
quelques Penfionnaires du College de Louis le Grand,
PALEMON
38
LE
MERCURE
PALEMON.
N'efperons pas, Berger, par nos foibles effa's
De l'aimable LOUIS exprimer tous les traits ;
Retirons - nous , déja le jour paroît plus fombre ,
Le crepufcule obfcur nous couvre de fon ombre.
DAPHNI'S.
Qu'entends - je ? un bruit confus de flutes , de
hautbois ,
Quels cris ?
PALEMON.
De nos Bergers je reconnois la voix ,
Marchons vers le côteau, que rien ne nous arrête,
Celebrons avec eux une fi belle fête ;
Chantons un Prince aimable, un Prince genereux,
Un Roy dont les bontez nous rendront tous
heureux.
du R. P. COUPERET Jefuite ;
fur le rétabliſſement de la fanté
du Roy
DAPHNIS . PALEMON.
DAPHNIS.
Que vienescher Palemon , cette fombre
Uel fujet inconnu t'afflige & t'intereffe ?
trifteffe ?
>
Tes yeux de quelques pleurs paroiffent arrofez ›
Apprends-moi tes chagrins , & qui les a caufez.
PALEMON.
Quand je penfe , Daphnis , à ce grand coup de
foudre.
Qui fembloit déja prêt de nous reduire en poudre ,
Puis - je rendre le calme à mes fens agitez ,
Et me livrer fi - tôt à nos profperitez ?
Mais toi, qui me parois tranquille & fans allarmes
,
Ne fçais -tu pas encor le fajet de nos larmes
Ne partages tu pas nos peines , nos dangers ?
Et nos malheurs pour toi font-ils donc étrangers?
Ciiij DAPH
32 LE MERCURE
DAPHNIS.
Eloigné de ces lieux par un deftin fevere ,
Comment aurois - je pû fçavoir votre mifere ?
Mais c'est trop irriter mes defirs empreffez ,
Berger, raconte - moi tes déplaifirs paffez.
PALEMON..
Ecoute , & tu verras fi de fi juftes craintes
N'ont pas bien merité nos foupirs & nos plaintes,
Ce Prince jeune & fage iffu du fang des Dieux ,
Ce Roy de leurs boutez le gage precieux ,
Nous l'avons penfé perdre , & la cruelle Parque
Eût frappé fans refpect cet augufte Monarque ,.
Si quelque Dieu paiffant par un heureux fecours.
Dans un fi grand péril n'eût défendu les jours.
DAPHNIS.
'Ah Berger, que dis tu ! ce Roy qui dès l'enfance
Fut de tous fes Sujets l'amour & l'efperance ,.
LOUIS , a qui Mopfus . a prédit tant de fois
Quil feroit le plus jufte & le plus grand des Rois,
Eût fubi la rigueur de cette Loy commune ,
Qui de tous les humains égale la fortune ; '
Ainfi donc cet efprit qu'il a reçu des Cieux ,
Ce coeur , cette bonté , cet accueil gracieux ,
Ce courage élevé , ces graces raviffantes ,
Tant d'attraits enchanteurs , tant de vertus naiffantes
,
Qui des Peuples charmez font l'efpoir le plus
doux ,
Tour
DE SEPTEMBRE. 33
Tout par un coup fatal étoit perdu pour nous !
Ne fuffifoit - il pas à la Parque homicide
D'avoir tranché les jours de notre grand Alcide !
De nous avoir ravi nos Princes , nos Heros ,
Qui devoient imiter fes glorieux travaux :
GrandsDieux, dont le pouvoir regle nos deftinées ;
N'étes- vous pas contens des pleurs de tant d'années
?
Ne pourrons -nous jamais fléchir votre couroux ??
Et nos malheurs paffez vous femblent - ils trop
doux .
PALEMON.
Nous euffions plus perdu que tu ne fçaurois
croire ,
Si tu fçavois , Daphnis, notre nouvelle gloire !
O Dieux ,quelle bonté ! cet aimable Heros
Envoya l'autre jour vifiter nos hameaux ,
De ces Bergers , dit il , raffurez la tendreffe ,
Je fçais combien pour moy fear amour s'intereffe ,
Qu'ils calment leur douleur & ne s'allarment plus,,
Le peril eft paffé , leurs pleurs font fuperflus.
DAPHNI S.
Berger, que ton recit eft pour moi plein de char--
mes!
Finiffons nos regrets , banniffons nos allarmes
Que chacun pour fon Roy fignale fon amour ,
Qu'au milieu de la nuit on rallume le jour ,
Pour celebrer LOUIS que tous fe réuniffent ,
de nos concerts les échos retentiffent .
Et que
PALEMON
*34*
LE MERCURE
PALEMON.
Tel eft nôtre deffein , déja dans nos forests
D'une fi belle fête on a fait les apprêts ,
Tu verras dès ce foir toute notre jeuneſſe
Par des fignes certains marquer fon allegreffe ,
Tu verras Coridon , Licidas & Moeris ,
Bergers de LOUIS même , & connus & cheris ,
Etaler à nos yeux une magnificence
Qui témoigne leur zele & leur reconnoiſſance ,
Reparer par des feux l'abfence du foleil ,
Et nous faire oublier les douceurs du fommeil :
Tu verras dans la nuit de nouvelles étoiles
Qui d'un rapide effor perçant fes fombres voiles ,
Par l'effet furprenant d'un art induſtrieux ,
Sembleront fe confondre avec celles des Cieux.
DAPHNIS..
Le foleil a bien-tôt terminé fa carriere ,
Et dans le fein des eaux va plonger fa lumiere ,
En attendant la nuit , Berger , que ferons nous?:
PALEMON.
Chantons , je ne vois point d'amuſemens plus
doux ,
Mais à nôtre Roy feul confacrons notre lire ,
Que pour le feul LOUIS dans le jour on foupire,
Choifir d'autres fujets ce feroit l'offenfer .
DAPHNI S.
L'amour m'infpirera , tu n'as qu'à commencer.
* Les Penfionnaires du College de Louis le Grand.
PALEMON.
DE SEPTEMBRE. 35
PALEMON.
Calmez,Nimphes , calmez vos frayeurs inquiertes ,
Danfez fur l'herbe tendre au fon de nos mufettes,
Des plus brillantes fleurs couronnez vos cheveux,
LOUIS vit, & les Dieux one exaucé vos voeux.
DAPHNIS.
Bergers,qui vous livrez à des douleurs mortelles ,
Dillipez vos chagrins & vos peines cruelles ,
Ceffez de redouter les deftins ennemis :
Tous vos maux font paffez , le. Ciel , vous rend
LOUIS
PALEMON.
Je vis ces jours paſſez au pied de ces montagnes
Un lis jeune & brillant , l'honneur de nos cam
pagnes,
Je le revis hier languiffant , deffeché ཧཿ
Un orage cruel l'avoit prefque arraché ,
Mon coeur en foupira , le Berger Philaminte
Me vit , me demanda le fujet de ma plainte ,
Je lui dis , ce beau lis que tu vois fe ternir ,
Rappelle à mon efprit un trifte fouvenir..
DAPHNIS..
Fortunez habitans de nos fombres bocages ,
En faveur de LOUIS redoublez vos ramages .
Si vous fûtes témoins de nos triftes . foupirs ,
Soyez en ce moment témoins de nos plaifirs ;
Joignez vous à nos chants ,› partagez notre joye,,
Etchantez le bonheur que le Ciel nous envoye..
PALEMON..
33
LE
MERCURE
PALEMON.
Nos bois & nos jardins étoient fans ornement ,
Nos ruiffeaux tariffoient, & couloient triftement,
Mais nos bois ont repris leur aimable verdure ,
Nos jardins leur éclat , nos ruiffeaux leur murmure
;
Il n'en faut point douter , LOUIS , le feul
LOUIS ,
A caufé parmi nous ces effets inouis .
DAPHNI S.
Le fougueux Aquilon qui par fa violence
Ravage nos moiffons , détruit notre esperance ;
Nous allarme encor moins que le dernier malheur
Qui detous nos Bergers a caufé la douleur.
PALEMON.
Le gracieux zephir qui foufflant dans la plaine
Du moiffonneur brûlant vient foulager la peine ,
A des charmes bien doux , mais moins que le
bonheur
Qui de tous nos Bergers a calmé la douleur.
DAPHNI S.
Ainfi qu'un calme heureux precedé par l'orage
Paroît beaucoup plus doux & plaît bien davan
tage ,
Ainfi que de la nuit la fombre obfcurité
Du beau jour qui la fuit releve la clarté ;
Ainfi notre douleur dont l'image eft récente ,.
Rend de notre bonheur la douceur plus touchante.
PALEMON
DE SEPTEMBRE.
37,
PALEMON.
Paillez tranquillement, paiſſez , tendres moutons,
Rien ne pourra troubler la paix de ces cantons ,
Vous n'entendrez jamais les bruiantes trompettes,
Le fceptre de LOUIS bien mieux que nos houlettes
•
Eloignera de vous l'ennemi dangereux ,
Et vous ne craindrez rien fous fon empire heureux
DAPHNI S.
Nourriffons de Phoebus , troupe jeune & fidelle ,
Ce Prince près de lui quelquefois vous appelle ;
Quel préfage pour vous ! déja dans fon loifir
Il affifte à vos jeux * & s'en fait un plaifir ,
Pour chanter fes bontez , fes vertus heroïques ,
Mufes, préparez lui des concerts magnifiques .
PALEMON .
Tel que par fon éclat brillant & radieux
Vefper femble effacer tous les aftres des cieux ,
Tel par ſa majeſté , fon efprit , ſa ſageffe ,
LOUIS brille au milieu d'une aimable jeuneffe ,
DAPHNIS,
Tel qu'un chefne élevé bravant les Aquilons ,
Surpaffe l'arbriffeau caché dans les vallons ;
Tel glorieux un jour dans la paix , dans la guerre,
LOUIS furpaffera tous les Rois de la terre .
* Les incommoditez de la Grandeur , petite Piece reprefentée
au Louvre , en prefence de Sa Maj ft , par
quelques Penfionnaires du College de Louis le Grand,
PALEMON
38
LE
MERCURE
PALEMON.
N'efperons pas, Berger, par nos foibles effa's
De l'aimable LOUIS exprimer tous les traits ;
Retirons - nous , déja le jour paroît plus fombre ,
Le crepufcule obfcur nous couvre de fon ombre.
DAPHNI'S.
Qu'entends - je ? un bruit confus de flutes , de
hautbois ,
Quels cris ?
PALEMON.
De nos Bergers je reconnois la voix ,
Marchons vers le côteau, que rien ne nous arrête,
Celebrons avec eux une fi belle fête ;
Chantons un Prince aimable, un Prince genereux,
Un Roy dont les bontez nous rendront tous
heureux.
Fermer