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Titre et contenu
Titre:AVERTISSEMENT De l'Auteur du Mercure sur la réponse de M. Rousseau à la Lettre de M. de Voltaire.
Premiers mots: Nous avons inséré dans le Mercure de Novembre, page 63, [...] Domaines: PhilosophieMots clefs: Rousseau, VoltaireForme et genre
Langue: FrançaisForme: ProseAuteur et provenance du texte
Est rédigé par: L'auteur du Mercure (Louis de Boissy)Remarque
Directeur du Mercure, Louis de Boissy réagit ici à une lettre de Jean-Jacques Rousseau, datée de Paris, le 4 novembre 1755 : « Quand je vis, Monsieur, paroître dans le Mercure sous le nom de M. de Voltaire, la Lettre que j'avois receue de lui, je supposai que vous aviez obtenu pour cela son consentement ; et comme il avoit bien voulu me demander le mien pour la faire imprimer je n'avois qu'à me loüer de son procédé, sans avoir à me plaindre du vôtre. Mais que puis-je penser du galimathias que vous avez inséré dans le Mercure suivant sous le titre de ma réponse ? Si vous me dites que vôtre copie étoit incorrecte, je demanderai qui vous forçoit d'employer une Lettre visiblement incorrecte, qui n'est remarquable que par son absurdité ? Vous abstenir d'insérer dans vôtre Ouvrage des Ecrits ridicules, est un égard que vous devez, sinon aux Auteurs, du moins au public. / Si vous avez cru, Monsieur, que je consentirois à la publication de cette Lettre, pourquoi ne pas me communiquer vôtre copie pour la revoir ? Si vous ne l'avez pas cru, pourquoi l'imprimer sous mon nom ? S'il est peu convenable d'imprimer les Lettres d'autrui sans l'aveu des Auteurs, il l'est beaucoup moins de les leur attribuer sans être sur qu'ils les avouent, ou même qu'elles soient d'eux, et bien moins encore lorsqu'il est à croire qu'ils ne les ont pas écrites telles qu'on les a. Le Libraire de M. de Voltaire qui avoit à cet égard plus de droit que personne, a mieux aimé s'abstenir d'imprimer la mienne que de l'imprimer sans mon consentement, qu'il avoit eu l'honnêteté de me demander. Il me semble qu'un homme aussi justement estimé que vous ne devroit pas recevoir d'un Libraire des leçons de procédés. J'ai d'autant plus, Monsieur à me plaindre du vôtre en cette occasion, que, dans le même volume où vous avez mis, sous mon nom, un Ecrit aussi mutilé, vous craignez avec raison d'imputer à M. de Voltaire des vers qui ne soient pas de lui. Si un tel égard n'étoit dû qu'à la considération, je me garderois d'y prétendre ; mais il est un acte de justice, et vous la devez à tout le monde. / Comme il est bien plus naturel de m'attribuer une sote Lettre qu'à vous un procédé peu régulier, et que par conséquent je resterois chargé du tort de cette affaire, si je négligeois de m'en justifier ; je vous supplie de vouloir bien insérer ce désaveu dans le prochain Mercure, et d'agréer, Monsieur, mon respect et mes salutations. » (Jean-Jacques Rousseau, Correspondance complète, éd. Ralph A. Leigh, Genève, Institut et Musée Voltaire ; Oxford, Voltaire Foundation, 1972-1998, no 331). Seize jours plus tard, Rousseau évoque cette affaire auprès d'un autre correspondant : « J'ai appris avec déplaisir qu'on a imprimé et de[figuré] dans le Mercure ma réponse à M. de Voltaire sans son consentement ni le mien. J'en ai écrit mon sentiment à M. de Boissi le priant d'insérer ma Lettre dans le Mercure suivant. Comme elle est un peu vive il m'a fait parler par un ami commun pour en être dispensé et j'y ai consenti a condition qu'il dira ce qu'il faut de lui même. » (Jean-Jacques Rousseau à Jean Jallabert, Paris, 20 novembre 1755, Correspondance complète, éd. cit., no 336). En 1763, il évoquera encore ses échanges avec Voltaire et Boissy auprès de son libraire Duchesne, qui prépare une édition de ses oeuvres : « Vous pouvez Suppléer a ces retranchemens par les augmentations ci-après / 1. Une lettre que M. de Voltaire m'ecrivit le 30 Aoust 1755 et ma reponse. Ces deux lettres ont ete mises dans quelqu'un des Mercures de la même année, mais si deffectueuses que je me plaignis à M. de Boissi de les avoir fait imprimer, et si mal, sans le consentement de M. de Voltaire ni le mien. La lettre de M. de Voltaire a été imprimée plus correcte et plus ample avec son Orphelin de la Chine, et c'est là que vous la pourrez prendre quand vous en serez là. A l'égard de ma réponse, je la chercherai et je vous l'enverrai quand vous me marquerez en avoir besoin. Je crois qu'il faut garder tout ce qui est Lettres pour la fin du recueil. » (Jean-Jacques Rousseau à Nicolas Bonaventure Duchesne, Môtiers, 6 mars 1763, Correspondance complète, éd. cit., no 2527).
Résumé (IA)
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