DE LONDRES, le 2 Décembre.
Les Seigneurs présenterent le 26 du mois dernier
au Roi leur adresse, laquelle porte :
»Que la justice, aussi bien que la reconnoissance,
» les oblige de lui témoigner, combien ils sont
„sensibles au bonheur inestimable, dont la Gran-
»de Bretagne jouit sous le Regne de Sa Majesté;
„que la continuation de la tranquillité publique
„P'heureuse situation du Royaume, l'etat floris-
nsant du Commerce, & la facilité que ces cir-
»constances ont donnée pour réduire l'intérêt des
„dettes nationnales, sont dus aux sages mesures
„ que le Roi, sous la protection du Tout-Puissant
»a prises, tant au dedans qu'au dehors, pour l'a-
uvantage de son Peuple; que les Seigneurs sont
„persuadés que ces mesures n'ont pas eté restrain-
»tes aux objets présens, mais qu'elles se sont
Ȏtendues aux maux & aux dangers futurs, que
»c'est dans ce point de vue qu'ils regardent le
zed by Goo
JANVIER.
1752.
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o Traité que Sa Majest é a conclu depuis peu avec
»le Roi de Pologne Electeur de Saxe, & dont ils
„ esperent que les bons effets répondront aux gran-
des & salutaires vsles du Roi; que la moit du
Prince de Nassau, Prince allié de si près à S. M. &
„dont la perte interesse si particulietement la Cause
„commune, les a sensiblement touchés, mais
»que c'est pour eux une consolation, que ce
»triste évenement n'ait eu aucune suite facheuse
pour les affaires de la République des Provinces-
„Unies, dont ils regardent la lureté comme inti-
„ mement liée avec celle de la Grande Bretagne
que le maintien du Gouvernement de ladite Ré-
»publique, sur le pied où il a été heureusement
„ établi, & les assurances que le Roi a reçses de
„ la part des Etats Généraux, causent anx Pairs
de la Grande Bretagne le plus grand plaisir, &
»les conbirment dans la résolution où ils sont de-
»puis long. tems d'entretenir l'union la plus étroi-
te avec leurs Hautes Puissances; qu'on ne peut
„ tendre trop d'actions de graces à Sa Majesté pour
nPattention paternelle qu'elle a montrée à l'égard
nde son peuple, en faitant éclatter son ressenti-
„ment contre l'audace des vols & des attentats
i qui au mépris des Loix se multiplient à un point
si étonnant, surtout dans les environs de cette
»capitale; que les Seigneurs ne négligeront rien
„ de ce qui pourra rendre plus efficaces les Loix
„ établies pour réprimer ces brigandages, & pour
remédier aux progrès de l'irteligion, à la fai-
néantise, à la passion efftenée pour les jeux de
nhasard, & aux autres déréglemens, qui sont les
»principales causes de tant de désordres. Le Roi
répondit à cette Adresse, » Mylords, Je vous re-
»mercie des assurances que vous me donnez de
„votre affection & de votre fidelité. La satisfaction
»que vous témoiguez des mesures que j'ai prises
192 MERCURE DEFRANCE.
»tant au dedans qu'au dehors, pout la conserva-
tion de la Paix, & pour l'interêt de mon Peu-
nple, m'est très-agréable, & elle ne peut man-
nquer de produire de bons effets pour ces deux
nobjets importans. L'Adresse de la Chambre des
Communes est remplie des mêmes protestations
de reconnoissance & de zele que celle des Sei-
neurs, & la Chambre joint à ces protestations une
promesse d'accorder au Roi des Subsides, qui
puissent le mettre en état de remplir ses enga-
gemens, & de satisfaire aux différens objets, qui
seront jugés nécessaires pour le bien public.
Indépendamment de ces deux Adresses, les deux
Chambres en ont présenté de particulieres à Sa
Majesté & à la Princesse Douairiere de Galles,
pour les féliciter sur la naissance de la Princesse,
dont la Princesse Douairiem de Galles est accou-
chée depuis la mort du Prince son époux. Le 29.
la Chambre des Communes résolut d'accorder un
Subside au Roi.
On parle toujours d'envoyer aux Indes Orien-
tales une Escadre sous les ordres du sieur Edge-
cumbe. Il y a eu dans les mers du Nord une hor-
rible tempête, qui a fait périr plusieurs Bâtimens
de diverses Nations.