Destinataire du texte (1)
[empty]
Détail
Liste
Pas de résultat.
Pas de résultat.
Résultats : 1 texte(s)
1
p. 5-7
EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
Début :
PRINCE, dont la grandeur sur la vertu se fonde, [...]
Mots clefs :
Prince
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
EPITRE
Préfentée à M. le Prince de Soubife , par le
fieur Baratte , foldat au Régiment de Penthievre
Infanterie.
PRINCE, RINCE , dont la grandeur fur la vertu fe
fonde ,
Qui partage avec tant d'éclat
Pour être exact , il faudroit dire qui partages;
mais c'eft une licence permife à un poëtefoldat qui
verfifie militairement.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Les auguftes faveurs du plus grand Roi dumonde
:
Digne héros , pere du vrai foldat ,
Soubife , ta bonté m'anime & m'encourage.
J'ofe efperer que tes regards
Ne
dédaigneront pas l'hommage
D'un jeune nouriffon de Bellone & de Mars..
Je ne fuis pas une Mufe polie ,
Admife à la table des Dieux :
Et le Nectar & l'ambroifie
Sont des mets délicats inconnus à mes yeux ..
Je fuis une Mufe guerriere ,
Qui fe plait au milieu du tumulte & des cris ,
Et qui n'ofa jamais paroître à la lumiere ,
Crainte d'effuyer des mépris.
Ami fecret de Virgile & d'Horace ,
Avec eux je paffe mes jours ,
Sans prétendre arriver par de fâcheux détours
jufques au fommet du Parnaſſe.
Lorfque je fuis en faction
Sur la pointe triangulaire
D'un rédoutable baftion ,
Et mon fufil en bandoliere ,
Je me crois fur le double mont.
L'onde fale & marécageuſe ,
Qui remplit le foffé profond ,
Eft pour moi la fontaine heureuſe
Qui baigne le facré vallon.
Quand au Pégale qui me meine
OCTOBRE. 1755. 7.
Près de ce nouvel Hypocrene ,
Et fur ce Parnaſſe charmant :
C'eft un Caporal Allemand.
A tourner un fufil , briller à l'exercice ,
Marcher différens pas , tons au fon du tambour !
M'occuper la nuit & lejour
A bien m'acquitter da fervice ;
Préférer le bruit du canon
Aux fons harmonieux des enfans d'Apollon ,
L'odeur du foufré & du falpêtre
A celle des lauriers plantés fur l'Hélicon ;
Je l'avouerai , telle doit être
Ma plus chere occupation.
Ne crains donc pas qué d'un ftyle emphatique ;
Et le plus fouvent ennuyeux ,
J'aille d'un long panégyrique
Etourdir ton oreille ou fatiguer tes yeux.
Pour un Auteur le champ fans doute eft magnifique
;
Et je n'aurois qu'à répéter
Tout ce que dit la voix publique ;
Mais la raifon me force à m'arrêter.
L'honneur de parcourir cette noble carriere
Eft réservé pour de plus grands efprits ;
Je n'ofe paffer la barriere ,
Et crains de t'ennuyer par mes foibles écrits .
Cette entreprife eft digne de Voltaire .
Pour moi fans me charger d'un emploi fi hardi :
Te voir , t'admirer , & me taire ,
Voilà mon plus fage parti.
Préfentée à M. le Prince de Soubife , par le
fieur Baratte , foldat au Régiment de Penthievre
Infanterie.
PRINCE, RINCE , dont la grandeur fur la vertu fe
fonde ,
Qui partage avec tant d'éclat
Pour être exact , il faudroit dire qui partages;
mais c'eft une licence permife à un poëtefoldat qui
verfifie militairement.
A iij
6 MERCURE DE FRANCE.
Les auguftes faveurs du plus grand Roi dumonde
:
Digne héros , pere du vrai foldat ,
Soubife , ta bonté m'anime & m'encourage.
J'ofe efperer que tes regards
Ne
dédaigneront pas l'hommage
D'un jeune nouriffon de Bellone & de Mars..
Je ne fuis pas une Mufe polie ,
Admife à la table des Dieux :
Et le Nectar & l'ambroifie
Sont des mets délicats inconnus à mes yeux ..
Je fuis une Mufe guerriere ,
Qui fe plait au milieu du tumulte & des cris ,
Et qui n'ofa jamais paroître à la lumiere ,
Crainte d'effuyer des mépris.
Ami fecret de Virgile & d'Horace ,
Avec eux je paffe mes jours ,
Sans prétendre arriver par de fâcheux détours
jufques au fommet du Parnaſſe.
Lorfque je fuis en faction
Sur la pointe triangulaire
D'un rédoutable baftion ,
Et mon fufil en bandoliere ,
Je me crois fur le double mont.
L'onde fale & marécageuſe ,
Qui remplit le foffé profond ,
Eft pour moi la fontaine heureuſe
Qui baigne le facré vallon.
Quand au Pégale qui me meine
OCTOBRE. 1755. 7.
Près de ce nouvel Hypocrene ,
Et fur ce Parnaſſe charmant :
C'eft un Caporal Allemand.
A tourner un fufil , briller à l'exercice ,
Marcher différens pas , tons au fon du tambour !
M'occuper la nuit & lejour
A bien m'acquitter da fervice ;
Préférer le bruit du canon
Aux fons harmonieux des enfans d'Apollon ,
L'odeur du foufré & du falpêtre
A celle des lauriers plantés fur l'Hélicon ;
Je l'avouerai , telle doit être
Ma plus chere occupation.
Ne crains donc pas qué d'un ftyle emphatique ;
Et le plus fouvent ennuyeux ,
J'aille d'un long panégyrique
Etourdir ton oreille ou fatiguer tes yeux.
Pour un Auteur le champ fans doute eft magnifique
;
Et je n'aurois qu'à répéter
Tout ce que dit la voix publique ;
Mais la raifon me force à m'arrêter.
L'honneur de parcourir cette noble carriere
Eft réservé pour de plus grands efprits ;
Je n'ofe paffer la barriere ,
Et crains de t'ennuyer par mes foibles écrits .
Cette entreprife eft digne de Voltaire .
Pour moi fans me charger d'un emploi fi hardi :
Te voir , t'admirer , & me taire ,
Voilà mon plus fage parti.
Fermer
Résumé : EPITRE Présentée à M. le Prince de Soubise, par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthievre Infanterie.
L'épître est adressée au Prince de Soubise par le sieur Baratte, soldat au Régiment de Penthièvre Infanterie. Baratte s'excuse pour les libertés poétiques prises et exprime son admiration pour le prince, qu'il considère comme un héros et un père des soldats. Il se décrit comme une muse guerrière, éloignée des muses classiques. Baratte avoue être un ami secret de Virgile et d'Horace, mais ne cherche pas à atteindre le sommet du Parnasse. Lors de ses factions, il trouve inspiration dans des éléments militaires plutôt que dans des sources poétiques classiques. Il préfère l'exercice militaire et le bruit du canon aux sons harmonieux des enfants d'Apollon. Baratte craint d'ennuyer le prince avec un style emphatique et ennuyeux et reconnaît que l'honneur de décrire la carrière du prince est réservé à des esprits plus grands, comme Voltaire. Il choisit donc de se taire et de simplement admirer le prince.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Fermer
Pas de résultat.