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p. 43-49
ETRENNES.
Début :
Ceux qui se souviennent de la dispute fameuse qui s'eleva [...]
Mots clefs :
Étrennes, Début du siècle, Nouvel an, Poésie, Versification
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texteReconnaissance textuelle : ETRENNES.
ETRENNES.
Ceux qui se souviennent de la dispute fameuse qui s'eleva l'an
milseptcens,sçavoir si
cette annéeétoit la fin
du seiziéme siecle ou le
commencement du dixseptiéme, me pardonne-
ront de faire une autre
question qui n'est pas
moinsinutile;scavoir d
le Mercure des Etrènnes
doit estre celuy de Decembre qui [e donne au
premier jour de l'an, ou
le Mercure de Janvier
qui contient le premier
jour de l'an: ce doute ne
vaut pas la peined'estre
éclaircy ; mais il sufit
pour autoriser un reste
d'Etrenne qu'on m'aenvoyé.1
L'Anonime éruditionné.
S'IUS demandez de l'érudition sur les Etrennes
;
de tous
temps lespeuplesontoffert aux
Dieux cv* aux hommes les
premices de toutes choses, ces
Etrennes ont été établies pour
offrir les premices de l'année
nouvelle; certain peuple d'Afrique celebroit la premiere année du siecle, le premier mois
de tannEe) le premier jour du
mois, &' U premiers heure
du jour
ETRENNE.
Par Monsieur de L. T.
Surl'air d'unVaudeville connu.
Au nouvel an milsept cens
doae.,
Puissiez-vous devenir l'Epouse
&un jeune Epoux tendre cy
charmant
,
.f<!!i ne soit point d'humeur
jalouse,
jamais Mary toujours Amant
Pendant tout l'anmilsept cens
douze.
REPONSE.
yu/qu';' l'an milsept cens treize
Je chercheray la rime à treize>
Et ce Mary toujours Amant
Dans l'univers en est-il frei'{!,
On trouvera plus seurement
Rime riche à milsept cens
treize.
IMPROMPTU.
Le premier jour de l'an à un
homme de qualité, par
Monsieur M. D. M.
Ne pas donner à plus riche
que soy,
A vôtre égard, c'est maxime
pourmoy.
Cettemaxime efi vraye,~& riofsensepersonne ;
Mais ce qu'on peut donner a#
Pape comme au Roy
,
c'ejl bonjour ~& bon an, Sei
gneursje*votts ledonne^-
Le mesme à une Dlle, en luy
envoyant un de ces petits cœurs
qui renfermentune Devise.
Tel quiJefiequey Iris ,pour
vous d'estresincere,
Vous dit qu'il vous ouvre son
coeur
Mais il efi quelque fois injidul
& trompeur.
Celuy-cy dont la forme efi fragile & legere,
^uoy qu'un ouvrage de l'Art
,
n'estpoint un imposteur.
il renferme unsecret myflere,
Pour contenter un desir curieux,
Ouvrez, ce cællr, qui s'offre à
vos beauxyeux,
Tout autre en pouroit craindre
un regard homicide,
Pourêtre heureuxou malheureux
Souvent c'est moins le choix#
,
que lesort qui decide.
Ceux qui se souviennent de la dispute fameuse qui s'eleva l'an
milseptcens,sçavoir si
cette annéeétoit la fin
du seiziéme siecle ou le
commencement du dixseptiéme, me pardonne-
ront de faire une autre
question qui n'est pas
moinsinutile;scavoir d
le Mercure des Etrènnes
doit estre celuy de Decembre qui [e donne au
premier jour de l'an, ou
le Mercure de Janvier
qui contient le premier
jour de l'an: ce doute ne
vaut pas la peined'estre
éclaircy ; mais il sufit
pour autoriser un reste
d'Etrenne qu'on m'aenvoyé.1
L'Anonime éruditionné.
S'IUS demandez de l'érudition sur les Etrennes
;
de tous
temps lespeuplesontoffert aux
Dieux cv* aux hommes les
premices de toutes choses, ces
Etrennes ont été établies pour
offrir les premices de l'année
nouvelle; certain peuple d'Afrique celebroit la premiere année du siecle, le premier mois
de tannEe) le premier jour du
mois, &' U premiers heure
du jour
ETRENNE.
Par Monsieur de L. T.
Surl'air d'unVaudeville connu.
Au nouvel an milsept cens
doae.,
Puissiez-vous devenir l'Epouse
&un jeune Epoux tendre cy
charmant
,
.f<!!i ne soit point d'humeur
jalouse,
jamais Mary toujours Amant
Pendant tout l'anmilsept cens
douze.
REPONSE.
yu/qu';' l'an milsept cens treize
Je chercheray la rime à treize>
Et ce Mary toujours Amant
Dans l'univers en est-il frei'{!,
On trouvera plus seurement
Rime riche à milsept cens
treize.
IMPROMPTU.
Le premier jour de l'an à un
homme de qualité, par
Monsieur M. D. M.
Ne pas donner à plus riche
que soy,
A vôtre égard, c'est maxime
pourmoy.
Cettemaxime efi vraye,~& riofsensepersonne ;
Mais ce qu'on peut donner a#
Pape comme au Roy
,
c'ejl bonjour ~& bon an, Sei
gneursje*votts ledonne^-
Le mesme à une Dlle, en luy
envoyant un de ces petits cœurs
qui renfermentune Devise.
Tel quiJefiequey Iris ,pour
vous d'estresincere,
Vous dit qu'il vous ouvre son
coeur
Mais il efi quelque fois injidul
& trompeur.
Celuy-cy dont la forme efi fragile & legere,
^uoy qu'un ouvrage de l'Art
,
n'estpoint un imposteur.
il renferme unsecret myflere,
Pour contenter un desir curieux,
Ouvrez, ce cællr, qui s'offre à
vos beauxyeux,
Tout autre en pouroit craindre
un regard homicide,
Pourêtre heureuxou malheureux
Souvent c'est moins le choix#
,
que lesort qui decide.
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Résumé : ETRENNES.
Le texte aborde la tradition des étrennes, des cadeaux échangés au début de l'année. Il commence par une discussion sur la classification de l'année 1700 et la période de publication du Mercure des Étrennes, justifiant ainsi la réception d'un reste d'étrenne. L'auteur souligne que, depuis toujours, les peuples offrent aux dieux et aux hommes les prémices de toutes choses, les étrennes marquant les prémices de l'année nouvelle. Un peuple d'Afrique célébrait ainsi la première année du siècle, le premier mois de l'année, le premier jour du mois et la première heure du jour. Le texte inclut également des poèmes et des impromptus liés aux étrennes. Un poème souhaite à une personne de devenir l'épouse d'un jeune époux tendre et charmant. Une réponse à ce poème cherche une rime pour l'année 1713. Un impromptu conseille de ne pas donner à plus riche que soi et suggère que le meilleur cadeau est un 'bonjour' et 'bon an' pour les seigneurs et les demoiselles. Un petit cœur contenant une devise est envoyé à une demoiselle, symbolisant un cœur sincère et non trompeur.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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2
p. 7-26
ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
Début :
Les anciens auteurs ne sont pas d'accord entre eux de [...]
Mots clefs :
Étrennes, Superstition, Romains, Coutumes, Strena, Tradition, Symbolisme, Dons, Nouvel an, Cérémonie
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texteReconnaissance textuelle : ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
ERUDITION SUR LES
Etrenes.
Par M. ÏAbbèROF* * *
LEs anciens auteurs
ne
sont pas d'accord entre
eux de l'origine du nom
d'étrenes. Lesunsappellentétrenes
ce qu'on
donnedansunjourconsacré
pour souhaiter
quelque bonheur,& la
superstition des autres
tire ce bonheur de la su.
perstition des nombres.
Quetcjues-uns ne souhaitoientd'heureux
que le
troisiéme jour, &c ce
nombre de trois comprenait,
selon eux, tous
les jours su i vans. Âinsi
écrenes, selon eux,c'est
troisiémes,comme si tous
les jours de l'année dépendoient
du troisième.
Ainsi troisièmes c'est trenæ-'
auquel motajoûtant
la,lettreS,selon un ufa~
geancïcn, cela faitfirc-
D'autres font deriver
ce mot de la Déesse Stretinie
ou Strenuë. De la
forêt consacrée à cette
Décile sont venuës les
vervenes qui servoient
de présages à la nouvelle
année.Plusîeursauteurs
doutent que cette vervene
fût la même chose
que le gui chez nos Gaulois,
appelle le gui-l'anneuf.
Les Gentils ont fait
cette DeClle, qu'on as
adorée enfuire à Rome
fous le nom de Strenna,
après luy avoir élevé un
Temple dans lavoye sacrée
, vers le quarriéme
quartier de la ville, qui
regardoit la citadelle,
c'est à dire à peu prés ou
font situez à present les
Carmes,assez proche de
l'Amphiteatre Flavien
& du Temple de Vesta
, à côté de la colinc
du Mont Palatin.
On invoquoit Strenna
pour rendre la jeunesse
Romainecourageuse
; comme la Déesse
Agenorie pour l'exciter
à agir, & Stimule pour
lui inspirer la ruse &
ladresse : & en même
temps ils bannirent hors
-de la ville la Déesse du
repos, de peur quelle
n'inspirât la paresse aux
habitans.
Ils appelloicntceux
qur donnent des êtrenés
muneraires, comme
ceux qui faisoient represencer
& donnoient
des spectacles aux peupte:;.
Quintilien fait Augure
auteur de ce mot.
Les muneraires s'appelloient
avant lui les maîtres
des Jeux.
Ce qui distingue furtout
les presens consacrez
à Strenna, & qui
leur rend propre le nom
d'étrenes, c'cft quand on
se fait réciproquement
ces presens : cependant
on se donnoit en quelques
autres temps de
l'année des presens de
part & d'autre.
Ces étrenes commencerent
fous l'Empire des
Rois & des Consuls Romains.
Rome leur a donné
l'origine; & l'on donne
mal à propos le nom
d'étrenesaux dons des
Indiens, des Mages, des
Xemis, des Grecs, &Cc:
On a donne dans tous
les temps : mais l'idée
etrenes a commence
chez les Romains.
En Perse on appelle
les presens qu'on faisoit
aux Grands,saluts, parce
qu'en allant au devant
des Rois on leur
portoit de l'argent à pleines
mains. On honoroit
les Princes à force d'argent
en Judée, en Egypte
, &c. & on leur en
porto.it aussi à la nai-fsance
de leurs enfans,
sans que cela portât l'idée
detrenes.
Polidore écrit, parlant
des Romains &C des
Italiens, que les grands
Seigneurs ont coûtume
de donner au menu peuple
, les Papes auxPrinces
, aux Cardinaux &
auxEvesques. Peculus
Marius témoigne que
dans toutes les villes de
l'Italie, le premier de
Janvier les jeunes gens
faisoient de petits ouvrages
d'esprit par émulation,
comme nos écoliers,
à la loüange de
leurs parens, maîtres, protecteurs, &c. & leur
souhaitant la bonne année
en recevoient des
presens.
Marcellien, Donatus ,
& d'autres auteurs parlant
de Ferdinand Roy
deSicile &C deNaples,
dit qu'il dispensa au peuple
,aux jeunes étudians (
8C1
&.auxapprentifs lesmesmes
étrenes que ses predecesssurs
donnoient &
aux Princes & aux
Grands de la Cour, Se
que par cette nouvelle
manière de distribuer les
étrenes il s'acquit l'amitié
de ses peuples, qui
auparavant étoient furchargez
par les exactions
qu'on levoit sur
eux,pour donner des
étrenes magnifiques aux
grands Seigneurs..
Fjbrice de Padouë)
Philosophe & Medecin,
rapporte aussi que tous
les Italiens donnoient
les étrenes à leurs ensans
, les Medecins à
leurs malades, les Maîtres
à leursécoliers, 5C
tous à leurs domestiques,
en leur souhaitant la
bonne année,&qu'ily
avoit une autre sortede
presens quis'appelloient
la mancia ; d'où est venu
puut-estre ce que
nous appellons donner lamance.
Popinia parlant des
Suisses, dit qu'ils donnent
pour étrenes a leurs
enfans des gâteaux &
des pains molets, qu'ils
appellent hersetton ÔC
helsscggen, & que les
Paroissiens en font à
leurs Pasteurs qu'ils appellentlestuchin.
En Allemagne les superieurs
donnent les étrenes
à leurs inferieurs,
les inférieurs aux Cupe:
rieurs, & leségaux à
leurs égaux,& ils ont
entr'eux en ce temps-là
un grand commerce de
liberalitez 6c de reconnaissances.
Le peuple
fait ces fortes de presens
d'ordinaire precisément
au premier jour de l'an.
Au second ce font les
Magistrats, les Princes,
les Pasteurs, les Precepteurs
qui donnent les
étrenes aux parens de
ceux qu'ils élevent.
Au troisiéme jour ce
font les collegues qui
donnent à leurs collegnes
les étrenes, lesépoux
les donnent à leurs
épouses, les amis à leurs
amis;& ilsemble qu'ils
fassent attention à l'excellence
du troisiéme
jour, quisondoitlasuperstition
ancienne sur
les étrenes, pour le celebrer
par les étrenes du
coeur marquées dans les
societez, le mariage 6c
1l» 'a•ml itié.
La solemnité des étrenes
étoit commune aux
grands, aux moyens &
aux petits: mais lanature
des dons étoit differente
par rapport à la
difference des personnes
& à celle des temps. Elles
consistoient en quelqucs
fruits & herbages,
comme Emmach nous
le montre dans son dixiémelivre,
où il estdit
que T. Tabruz en donna
auxbraves Romains
&. Sabins; & c'étoit
alors une simple branche
de verveine, qui se
donnoient d'abord commeherbages
simples,
&qui devinrent un symbole
de la valeur & de
la victoire. Ensuite on fit succeder aux fruits
cruds les friandises &
fruitsconfits;ce qui subllifta
long-temps aprés sa
premiere institution: &
quand ils joignirent à
cela des palmes & du
miel, ils les donnoient
comme un symbole de
la paix publique & de
la paix, pour ainsidire,
privée, marquant par
le miel la douceur des
moeurs, qui cfl le plus
grand present que les
Dieux nous puissent faire
pour la societé.
L'usage del'or & de
l'argent, qui a succedé
à mesure que l'avarice
&
& l'ambition a gagné le
coeur des hommes, a
duré jusquànous. Cette
coûtume commence à
s'abolir parmi nous, non
pas par la diminution
de ces deux passions
mais , par la négligence
& la paresse où nous
sommes tombez sur tous
les devoirs gênans; & ce
ceremonial de la societé
en devient à la verité
plus aisé,plus commode,
mais aussi moins
affectueux &c moins
tendre; car ces petits
presens ne laissoient pas
de faire souvenir de l'amitié,
durespect &: de
l'attention que les hommes
doivent avoir les
uns pour les autres.
Article des Enigmes.
Etrenes.
Par M. ÏAbbèROF* * *
LEs anciens auteurs
ne
sont pas d'accord entre
eux de l'origine du nom
d'étrenes. Lesunsappellentétrenes
ce qu'on
donnedansunjourconsacré
pour souhaiter
quelque bonheur,& la
superstition des autres
tire ce bonheur de la su.
perstition des nombres.
Quetcjues-uns ne souhaitoientd'heureux
que le
troisiéme jour, &c ce
nombre de trois comprenait,
selon eux, tous
les jours su i vans. Âinsi
écrenes, selon eux,c'est
troisiémes,comme si tous
les jours de l'année dépendoient
du troisième.
Ainsi troisièmes c'est trenæ-'
auquel motajoûtant
la,lettreS,selon un ufa~
geancïcn, cela faitfirc-
D'autres font deriver
ce mot de la Déesse Stretinie
ou Strenuë. De la
forêt consacrée à cette
Décile sont venuës les
vervenes qui servoient
de présages à la nouvelle
année.Plusîeursauteurs
doutent que cette vervene
fût la même chose
que le gui chez nos Gaulois,
appelle le gui-l'anneuf.
Les Gentils ont fait
cette DeClle, qu'on as
adorée enfuire à Rome
fous le nom de Strenna,
après luy avoir élevé un
Temple dans lavoye sacrée
, vers le quarriéme
quartier de la ville, qui
regardoit la citadelle,
c'est à dire à peu prés ou
font situez à present les
Carmes,assez proche de
l'Amphiteatre Flavien
& du Temple de Vesta
, à côté de la colinc
du Mont Palatin.
On invoquoit Strenna
pour rendre la jeunesse
Romainecourageuse
; comme la Déesse
Agenorie pour l'exciter
à agir, & Stimule pour
lui inspirer la ruse &
ladresse : & en même
temps ils bannirent hors
-de la ville la Déesse du
repos, de peur quelle
n'inspirât la paresse aux
habitans.
Ils appelloicntceux
qur donnent des êtrenés
muneraires, comme
ceux qui faisoient represencer
& donnoient
des spectacles aux peupte:;.
Quintilien fait Augure
auteur de ce mot.
Les muneraires s'appelloient
avant lui les maîtres
des Jeux.
Ce qui distingue furtout
les presens consacrez
à Strenna, & qui
leur rend propre le nom
d'étrenes, c'cft quand on
se fait réciproquement
ces presens : cependant
on se donnoit en quelques
autres temps de
l'année des presens de
part & d'autre.
Ces étrenes commencerent
fous l'Empire des
Rois & des Consuls Romains.
Rome leur a donné
l'origine; & l'on donne
mal à propos le nom
d'étrenesaux dons des
Indiens, des Mages, des
Xemis, des Grecs, &Cc:
On a donne dans tous
les temps : mais l'idée
etrenes a commence
chez les Romains.
En Perse on appelle
les presens qu'on faisoit
aux Grands,saluts, parce
qu'en allant au devant
des Rois on leur
portoit de l'argent à pleines
mains. On honoroit
les Princes à force d'argent
en Judée, en Egypte
, &c. & on leur en
porto.it aussi à la nai-fsance
de leurs enfans,
sans que cela portât l'idée
detrenes.
Polidore écrit, parlant
des Romains &C des
Italiens, que les grands
Seigneurs ont coûtume
de donner au menu peuple
, les Papes auxPrinces
, aux Cardinaux &
auxEvesques. Peculus
Marius témoigne que
dans toutes les villes de
l'Italie, le premier de
Janvier les jeunes gens
faisoient de petits ouvrages
d'esprit par émulation,
comme nos écoliers,
à la loüange de
leurs parens, maîtres, protecteurs, &c. & leur
souhaitant la bonne année
en recevoient des
presens.
Marcellien, Donatus ,
& d'autres auteurs parlant
de Ferdinand Roy
deSicile &C deNaples,
dit qu'il dispensa au peuple
,aux jeunes étudians (
8C1
&.auxapprentifs lesmesmes
étrenes que ses predecesssurs
donnoient &
aux Princes & aux
Grands de la Cour, Se
que par cette nouvelle
manière de distribuer les
étrenes il s'acquit l'amitié
de ses peuples, qui
auparavant étoient furchargez
par les exactions
qu'on levoit sur
eux,pour donner des
étrenes magnifiques aux
grands Seigneurs..
Fjbrice de Padouë)
Philosophe & Medecin,
rapporte aussi que tous
les Italiens donnoient
les étrenes à leurs ensans
, les Medecins à
leurs malades, les Maîtres
à leursécoliers, 5C
tous à leurs domestiques,
en leur souhaitant la
bonne année,&qu'ily
avoit une autre sortede
presens quis'appelloient
la mancia ; d'où est venu
puut-estre ce que
nous appellons donner lamance.
Popinia parlant des
Suisses, dit qu'ils donnent
pour étrenes a leurs
enfans des gâteaux &
des pains molets, qu'ils
appellent hersetton ÔC
helsscggen, & que les
Paroissiens en font à
leurs Pasteurs qu'ils appellentlestuchin.
En Allemagne les superieurs
donnent les étrenes
à leurs inferieurs,
les inférieurs aux Cupe:
rieurs, & leségaux à
leurs égaux,& ils ont
entr'eux en ce temps-là
un grand commerce de
liberalitez 6c de reconnaissances.
Le peuple
fait ces fortes de presens
d'ordinaire precisément
au premier jour de l'an.
Au second ce font les
Magistrats, les Princes,
les Pasteurs, les Precepteurs
qui donnent les
étrenes aux parens de
ceux qu'ils élevent.
Au troisiéme jour ce
font les collegues qui
donnent à leurs collegnes
les étrenes, lesépoux
les donnent à leurs
épouses, les amis à leurs
amis;& ilsemble qu'ils
fassent attention à l'excellence
du troisiéme
jour, quisondoitlasuperstition
ancienne sur
les étrenes, pour le celebrer
par les étrenes du
coeur marquées dans les
societez, le mariage 6c
1l» 'a•ml itié.
La solemnité des étrenes
étoit commune aux
grands, aux moyens &
aux petits: mais lanature
des dons étoit differente
par rapport à la
difference des personnes
& à celle des temps. Elles
consistoient en quelqucs
fruits & herbages,
comme Emmach nous
le montre dans son dixiémelivre,
où il estdit
que T. Tabruz en donna
auxbraves Romains
&. Sabins; & c'étoit
alors une simple branche
de verveine, qui se
donnoient d'abord commeherbages
simples,
&qui devinrent un symbole
de la valeur & de
la victoire. Ensuite on fit succeder aux fruits
cruds les friandises &
fruitsconfits;ce qui subllifta
long-temps aprés sa
premiere institution: &
quand ils joignirent à
cela des palmes & du
miel, ils les donnoient
comme un symbole de
la paix publique & de
la paix, pour ainsidire,
privée, marquant par
le miel la douceur des
moeurs, qui cfl le plus
grand present que les
Dieux nous puissent faire
pour la societé.
L'usage del'or & de
l'argent, qui a succedé
à mesure que l'avarice
&
& l'ambition a gagné le
coeur des hommes, a
duré jusquànous. Cette
coûtume commence à
s'abolir parmi nous, non
pas par la diminution
de ces deux passions
mais , par la négligence
& la paresse où nous
sommes tombez sur tous
les devoirs gênans; & ce
ceremonial de la societé
en devient à la verité
plus aisé,plus commode,
mais aussi moins
affectueux &c moins
tendre; car ces petits
presens ne laissoient pas
de faire souvenir de l'amitié,
durespect &: de
l'attention que les hommes
doivent avoir les
uns pour les autres.
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Résumé : ERUDITION SUR LES Etrenes. Par M. l'Abbé Ros***
Le texte explore l'origine et les pratiques des étrennes, des cadeaux échangés principalement au début de l'année. L'étymologie du mot 'étrennes' est débattue parmi les anciens auteurs. Certains la lient à des jours consacrés pour souhaiter du bonheur, d'autres à des superstitions numériques, notamment le troisième jour de l'année, et d'autres encore à la déesse Strennua, associée aux présages de la nouvelle année. Les étrennes étaient des présents réciproques échangés le premier jour de l'année ou les jours suivants, selon des traditions spécifiques. Cette pratique débuta sous l'Empire des Rois et des Consuls Romains et différait des dons observés dans d'autres cultures, comme les Indiens, les Mages ou les Grecs. En Perse, ces présents étaient appelés 'saluts', tandis qu'en Judée ou en Égypte, ils consistaient en offrandes d'argent aux princes. En Italie, les jeunes gens offraient des œuvres littéraires en échange de présents. En Allemagne, les étrennes étaient échangées entre supérieurs et inférieurs, ainsi qu'entre égaux, impliquant un grand commerce de libéralités. Initialement, les étrennes consistaient en fruits, herbes, et symboles de valeur et de victoire, comme la verveine. Avec le temps, elles évoluèrent vers des friandises, des fruits confits, du miel, et des palmes, symbolisant la paix publique et privée. L'usage de l'or et de l'argent succéda à ces pratiques, mais cette coutume tend à disparaître en raison de la négligence et de la paresse modernes.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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