Je ne ſçay pourtant fi cet Idylle pourra perfuader à tout le mon- de que mourir pour renaiftre
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ne ſeroit pas un bonheur pour nous , je veux dire , à nous re- garder détachez des ſentimens
que nous donne la Religion. Du moins je ſcay bien qu'il paſſeroit pour un fort grand dans la Famille de Madamede
Torigny , dont la mort a laiſſfé un ſenſible regret à tous ceux qui laconnoiſſoient. Elle eſtoit de la Maiſon de Laubeſpine ,
Femmede M de Torigny Prefi- dent en la Chambre desComptes , & Sœur comme je croy vous l'avoir déja ditdans l'une de mes Lettres , de M² le Mar- quis de Verderonne Gendre de
feu M le Chancelier Daligre.
M. de Verderonne fon Pere
eſtoit Maiſtredes Requeſtes, &
Chancelierde Monfieur le Duc
d'Orleans Oncle du Roy. Il eſtoit Parent tres-proche defeu M. le
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Garde des Sceaux de Laubeſpi- ne Chaſteauneuf , &de M. de
Puylaurens , Favory de feu Son Alteſſe Royale. MadamedeVerderonne ſa Mere qui vit encore,
eft Fille de feu M. le Bret autrefois AvocatGeneral du Parlement, qui nous a laiſſe quanti- té de beaux Plaidoyers , & un Traité admirable de la Souveraineté. Ce grand Perſonnage eſt mort Doyen du Conſeil du Roy. M. le Bret de Flacourt fon petit Fils , aujourd'huy Maiſtre des Requeſtes , ſoûtient digne- ment le nom& la gloire que luy alaiſſée ſon illustre Ayeul. Je ne vous dis rien de M. de Torigny le Fils dont je vous parlay quand il fut reçeu Conſeiller au Parlement. Il eſt dans une eſtime generale , & marche ſur les pas des grands Hommes dont
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il eſt deſcendu , & c'eſt une des plus fortes loüanges qu'on luy puiſſe doriner. Feu Madame la Preſidente de Torigny fa Mere avoit dans ſa phiſionomie je ne ſçay quoy de fier & de modeſte tout enſemble qui attiroitla ve- neration detoutle monde. Elle
eſtoit civile , douce , honneſte,
fincere , obligeante , & la meil- leure &plus tendre Parente qui fut jamais. Rien n'approche du reſpect qu'elle a toûjours eu pourM. le Preſident ſon Mary.
Il eſtoit accompagné d'une ami- tié ſolide qui neluy laiſſoitgoû- ter de joye veritableque quand elle pouvoit eſtre avec luy. Je dis beaucoup , & ne dis point encor affez , puis qu'il y avoit mille charmes répandus en ſa Perſonne qui la rendoient un
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Trefor ineftimable d'eſprit &
d'honneur.