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1
p. 188-198
Discours curieux sur le grand ouvrage de M. l'Abbé Terrasson contre Homere. [titre d'après la table]
Début :
Le grand Ouvrage de Monsieur l'Abbé Terrasson contre Homere [...]
Mots clefs :
Homère, Abbé Terrasson, Homère, Iliade, Critique, Ouvrages, M. de la Motte
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texteReconnaissance textuelle : Discours curieux sur le grand ouvrage de M. l'Abbé Terrasson contre Homere. [titre d'après la table]
Le grand Ouvrage de
Meneur l'Abbé Terrasson
contre Homere
,
annoncé par
Madame Dacier si inofficleusement
dans son Livre, de la
Corruption du Goust
, parut le
13. de cc mois, il a pour titre
Dissertation Critiquesurl'Iliade
d'Homere. le pere des Poëtes
y fubitun dur examen, Madame
Dacier & quelques autres
disciples zelezde l'accusé
font citez en jugement;&: je
vois sur leur compte bien des
choses dont le public aura
peine à les absoudre.
On trouvera peu de nouveaux
chefs d'accusation qui
soient échappez à M. de la
Motte, premier dénonciateur,
mais ils ont icy uneforme
systematique
,
chaque chef
est détaillé, circonstancié,
prouvé; & le tout avec un serieux
digne d'une matiere aussi
grave. Il ne s'agit pas moins
icy que de briser 1 Idole du
préjugé
,
il y va du bien des
Lettres de fixer le vray merite
d'Homere& de decelcr la
stupidité du peuple scoliaste
qui l'adore; c'est ce que M.
l'Abbé Terrasson se propose
dans la partie critique de son
Livre; & je luy fuis garand
d'un grand succés à cet
égard. M l'Abbé Terrasson
ne s'en tient pas-là. aprés
avoir decredité les Docteurs
du préjugé
,
il se croit comptable
à la jeunesse
,
d'une
poëtique dictée par la droite
raiton,il promeneson esprit
vrayement Philosophique sur
tous les genres de Pocfies successivement
,
& donne sur
chacun de ces genres des preceptes
excellens que nous discuterons
le mois prochain
dans un extraie étendu de son
Livre.
Quelques gens ont cité en
reproche contre M. l'Abbé
Terrasson la Preface de M. de
la Motte sur l'Itiade,où l'on
trouve le germe , pour ainsi
dire, de la nouvelle critique;
je suis caution à ces Messieurs,
que le dernier Censeur n'a
rien pris au premier, la ressemblance
qui se trouve entr'eux,
vient dece que les fautes d'Homere
sont si énormes qu'elles
ne peuvent échapper à personne
; livrez l'Iliade à vingt
critiques dévoüez,non au prejugé,
mais à la droite raison,
ils s'accorderont tous à condamner
lesmêmes fautes,&
ne differeront que par l'art de
les caracteriser en indiquant
les principes fixes
,
les regles
immuables contre lesquelles
l'Auteur a failli.
Je
Je ne crois donc pas qu'il y
ait moins d'injustice à accuser
M. l'AbbéTerrasson,d'avoir
copié M. de la Moue, qu'il
n'yen auroit d'accuser M.de
la Motte d'avoir copié Desmarest,
je crois la choseparfaitement
égale, M. de la Motte
asseure qu'il n'a jamais lû la
critique de Desmarest, on n'a
aucune peine à le croire, sans
doute que M.l'Abbé Terrasson
n'a point lû ce que M. de
laMotte a écrit sur Homere
il aura voulu prevenir le reproche
de larcin, il aura craint
mêmeces presents que lamemoire
fait souvent aux Auteurs
;&- dont ces mêmesAutcurs
ne manquent jamais de
rendre graces à leur propre genie. mais à quoy bon ,
me direz vous, faire cette bizarre
supposition,M. l'Abbé
Terrasson pourroit avoir lû
M de la Motte ; & n'être pas
équitablement soupçonné
d'en avoir rien emprunté?
cela est vray; & j'ay remarque
quela forme de son Livre
est si differente de celle que
M. dela Motte a donnée au
sien
,
qu'on peut dire que l'un
& l'autrequoyqu'un peu
ressemblans pour le fonds l
fontajucerequitablcment
a même point originaux. -
Ce n'est donc point pour
justifier M. l'Abbé Terrafloa
de larcin
, que je suppose
qu'il n'a point lû les ouvrages
de M. de la Motte sur Homere,
je previens un autre reproche,
dont il ne peut éethiper
qu'à la faveur de ma fuppefition.
M. l'AbbéTerrassonne
dit pas un mot dans tout fonLivre
decesouvragesquifontsi
fort dans sa matiere,luy qui ne
| manque aucune occasion de
loüer son Collegue sur des
ouvrages d'un autre genre ; si
M. l'Abbé Terrasson avoitlû
l'Iliade Françoise
,
il se seroit
applaudi& le seroit fait galamment
honneur d'un goust conforme
à celui de M. de laMotte,
qui dans son imitation hardie
supprime, corrige,adoucit
tout au gré de ses censures,
Je ne veux donc point croire
que M. l'Abbé Terrassor
ayant appliqué à l'examen du
Poëme François cetesprit Philosophique
qui l'a si bien servi
conrre Homere, il ait juge
que la feule maniere de bien
traiter le Poëme de M. de la
Motte ,fut de n'en point
parler, je croiray moins volontiers
encore qu'aprés avoir
senti le merite de cet ouvrage,
il ait eu assez peu de courage
-
pour n'oser le deffendre de
frontcontrel'aveugle prévention
de nos Scoliastes & la basse
jalousie de nos verfificateurs.
Quel moyrn donc de
(ouïr M. l'Abbé Terrasson
d'embarras ? quel moyen? il
n'avoit point lû, je vous jure,
les Ouvrages deM delaMotte
sur Homere pour les raisons
delicates que j'ay indiquées.
auparavant de travailler à l'extrait
du Livre, il estoit bon
d'éclaircirles questions étrangeres
au Livre même.L'Autcur
m'est encore plus cher
que son Ouvrage, tour excellent
qu'il est ,aussi cette discu
ssion preliminaire n'a-t- elle
queliy pour objet.
Meneur l'Abbé Terrasson
contre Homere
,
annoncé par
Madame Dacier si inofficleusement
dans son Livre, de la
Corruption du Goust
, parut le
13. de cc mois, il a pour titre
Dissertation Critiquesurl'Iliade
d'Homere. le pere des Poëtes
y fubitun dur examen, Madame
Dacier & quelques autres
disciples zelezde l'accusé
font citez en jugement;&: je
vois sur leur compte bien des
choses dont le public aura
peine à les absoudre.
On trouvera peu de nouveaux
chefs d'accusation qui
soient échappez à M. de la
Motte, premier dénonciateur,
mais ils ont icy uneforme
systematique
,
chaque chef
est détaillé, circonstancié,
prouvé; & le tout avec un serieux
digne d'une matiere aussi
grave. Il ne s'agit pas moins
icy que de briser 1 Idole du
préjugé
,
il y va du bien des
Lettres de fixer le vray merite
d'Homere& de decelcr la
stupidité du peuple scoliaste
qui l'adore; c'est ce que M.
l'Abbé Terrasson se propose
dans la partie critique de son
Livre; & je luy fuis garand
d'un grand succés à cet
égard. M l'Abbé Terrasson
ne s'en tient pas-là. aprés
avoir decredité les Docteurs
du préjugé
,
il se croit comptable
à la jeunesse
,
d'une
poëtique dictée par la droite
raiton,il promeneson esprit
vrayement Philosophique sur
tous les genres de Pocfies successivement
,
& donne sur
chacun de ces genres des preceptes
excellens que nous discuterons
le mois prochain
dans un extraie étendu de son
Livre.
Quelques gens ont cité en
reproche contre M. l'Abbé
Terrasson la Preface de M. de
la Motte sur l'Itiade,où l'on
trouve le germe , pour ainsi
dire, de la nouvelle critique;
je suis caution à ces Messieurs,
que le dernier Censeur n'a
rien pris au premier, la ressemblance
qui se trouve entr'eux,
vient dece que les fautes d'Homere
sont si énormes qu'elles
ne peuvent échapper à personne
; livrez l'Iliade à vingt
critiques dévoüez,non au prejugé,
mais à la droite raison,
ils s'accorderont tous à condamner
lesmêmes fautes,&
ne differeront que par l'art de
les caracteriser en indiquant
les principes fixes
,
les regles
immuables contre lesquelles
l'Auteur a failli.
Je
Je ne crois donc pas qu'il y
ait moins d'injustice à accuser
M. l'AbbéTerrasson,d'avoir
copié M. de la Moue, qu'il
n'yen auroit d'accuser M.de
la Motte d'avoir copié Desmarest,
je crois la choseparfaitement
égale, M. de la Motte
asseure qu'il n'a jamais lû la
critique de Desmarest, on n'a
aucune peine à le croire, sans
doute que M.l'Abbé Terrasson
n'a point lû ce que M. de
laMotte a écrit sur Homere
il aura voulu prevenir le reproche
de larcin, il aura craint
mêmeces presents que lamemoire
fait souvent aux Auteurs
;&- dont ces mêmesAutcurs
ne manquent jamais de
rendre graces à leur propre genie. mais à quoy bon ,
me direz vous, faire cette bizarre
supposition,M. l'Abbé
Terrasson pourroit avoir lû
M de la Motte ; & n'être pas
équitablement soupçonné
d'en avoir rien emprunté?
cela est vray; & j'ay remarque
quela forme de son Livre
est si differente de celle que
M. dela Motte a donnée au
sien
,
qu'on peut dire que l'un
& l'autrequoyqu'un peu
ressemblans pour le fonds l
fontajucerequitablcment
a même point originaux. -
Ce n'est donc point pour
justifier M. l'Abbé Terrafloa
de larcin
, que je suppose
qu'il n'a point lû les ouvrages
de M. de la Motte sur Homere,
je previens un autre reproche,
dont il ne peut éethiper
qu'à la faveur de ma fuppefition.
M. l'AbbéTerrassonne
dit pas un mot dans tout fonLivre
decesouvragesquifontsi
fort dans sa matiere,luy qui ne
| manque aucune occasion de
loüer son Collegue sur des
ouvrages d'un autre genre ; si
M. l'Abbé Terrasson avoitlû
l'Iliade Françoise
,
il se seroit
applaudi& le seroit fait galamment
honneur d'un goust conforme
à celui de M. de laMotte,
qui dans son imitation hardie
supprime, corrige,adoucit
tout au gré de ses censures,
Je ne veux donc point croire
que M. l'Abbé Terrassor
ayant appliqué à l'examen du
Poëme François cetesprit Philosophique
qui l'a si bien servi
conrre Homere, il ait juge
que la feule maniere de bien
traiter le Poëme de M. de la
Motte ,fut de n'en point
parler, je croiray moins volontiers
encore qu'aprés avoir
senti le merite de cet ouvrage,
il ait eu assez peu de courage
-
pour n'oser le deffendre de
frontcontrel'aveugle prévention
de nos Scoliastes & la basse
jalousie de nos verfificateurs.
Quel moyrn donc de
(ouïr M. l'Abbé Terrasson
d'embarras ? quel moyen? il
n'avoit point lû, je vous jure,
les Ouvrages deM delaMotte
sur Homere pour les raisons
delicates que j'ay indiquées.
auparavant de travailler à l'extrait
du Livre, il estoit bon
d'éclaircirles questions étrangeres
au Livre même.L'Autcur
m'est encore plus cher
que son Ouvrage, tour excellent
qu'il est ,aussi cette discu
ssion preliminaire n'a-t- elle
queliy pour objet.
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2
p. 1379-1388
Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Début :
M. l'Abbé Terrasson ayant été lû par l'Académie [...]
Mots clefs :
Abbé Terrasson, Académie française, Académie des sciences, Académie des belles-lettres, Langue, Éloquence, Académicien, Archevêque de Sens
Afficher :
texteReconnaissance textuelle : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
M. l'Abbé Terrasson ayant été élû par
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
l'Académie Françoise , à la place du feu
Comte de Morville , y prit séance le Jeudi 29. May , et prononça un Discours ,
auquel M. l'Archevêque de Sens répondit au nom de l'Académie. Ils parlerent
tous deux , sans doute , avec éloquence ;
cela est également aisé à croire et à dire;
mais ce qui est très - difficile , c'est
d'extraire de ces Discours ce qui peut en
II. Vol.
Fij donner
180 MERCURE DE FRANCE
donner une juste idée , sans que les Lecteurs et les Auteurs y perdent.
L'Abbé Terrasson , loue d'abord d'une
maniere assez neuve, et sans pousser la modestie tropioin sur le choix desa personne,
'Académie Françoise, celle des Sciences et
des Belles Lettres, et le Cardinal de Richedieu. C'est , sans doute , une des plus grandes preuves de son intelligence , dit-il ,d'avoir conçu qu'il feroit sortir tous les genres
de Literature du soin qu'il prendroit d'abord
de la Langue. Il a senti que cet objet general
qu'on croyoit borné à la superficie des choses,
Jes embrassoit toutes. L'Académie des Sciences , fondée la premiere , r'auroit peut- être
donné lieu , ni à celle qui cultive l'érudition
litteraire , ni à la vôtre. Mais la vôtre s'ézant remplie dès ses commencemens d'excellens hommes de tout ordre, a fait comprendre
qu'il pouvoit seformer diverses Compagnies
d'habiles gens , qui sçachant toutes qu'elles
toient instituées sur votre modele , non- seulement porteroient au plus haut point leur
valent propre, mais s'efforceroient encore de
préter aux matieres les plus épineuses , cette
clarté et cette élegance dont vous leur avez
donné Pexemple.
On auroit en tort de craindre que la po
Litesse du style , à laquelle vos prédecesseurs
s'appliquoient avestant de soin , ne fit pré
ferer JI, Vol.
JUIN. 1732. #381*
ferer l'agrément à la solidité du Discours.
L'Experience a fait voir que le choix des
paroles amenoit celui des pensées , que l'éloquence ne plaisoit principalement que par
les choses , et que le pouvoir bien approfondi
des mots mis en leur place , n'étoit le plus
souvent que le pouvoir des idées et des rai.
sons mises dans leur ordre , &c.
Nous sentons que la difficulté d'abreger
augmente à mesure que nous avançons ,
par le danger presque inévitable de ne pas
alterer un Discours ou plutôt un précisdéja réduit avec beaucoup d'art , aux plus
justes bornes de l'éloquence ; en décom
posant , pour ainsi-dire , un morceau si
bien ordonné , tâchons de conserver lestraits heureux ,les expressions fines et déficates , et les pensées solides et brillantes,
L'Abbé Terrasson termine l'Eloge de
Louis XIV. par les instructions que ce
grand Prince donna à son Petit- Fils , et
poursuit ainsi. Mais quel sera l'Instituteur
du Roy Enfant , capable de faire germer le
fruit renfermé dans cette importante Leçon ?
où le Ministre capable de la suivre sous ses
yeux , lorsqu'elle sera devenue l'inclination
et la volonté propre du Roy , plus avancé
en âge ? Nous sommes trop heureux , Messieurs , que ces deux fonctions se soient suivies dans un seul homme ; et vous êtes , josé
II. Vol. Fiij Le
1382 MERCURE DE FRANCE
le dire, trop glorieux que cet homme unique soit un de vous , &c.
Les travauxguerriers ont un grand éclat,
et quand ils ne seroient pas toujours suivis
du succès , l'entreprise seule accroît sagloire...
L'entretien d'une longue Paix , bien plus
difficile que les conquêtes et les conventions
les plus avantageuses , n'a aucun terme où
le Ministre recueille la gloire de ses efforts ,
parce qu'ils ne finissent jamais , leur durée
mêne les prive de ces acclamations et de ces
triomphes , dont on fixe le jour ; et qu'une
sage politique autorise pour animer les hommes ordinaires. Disons encore que l'abondance procurée aux Citoyens n'est un objet
quepourceuxqui veulent le voir , et qu'ainsi
l'héroïsme de l'administration consiste à entreteniret à faire croître le bonheur des Peuples
au milieu de leur insensibilité , et sur tout
àpréparer la continuation de ce bonheurpar
un partage de sa propre autorité , d'autant
plus genereux , que l'on choisit un plus digne Associé.
Le nouvel Académicien passe ensuite
à l'hommage dû à la memoire de M. le
Comte de Morville ; il en parle ainsi :
Né avec des inclinations vertueuses , il ent
de bonne heure cette bienseance , cette décence
qui sauve à laJeunesse ces dérangemens d'esprit et de mœurs , que le Public pardonne
II. Vol. encore
JUIN. 1732. 1383
encore plus volontiers à l'âge , lorsqu'il les
voit , que l'homme fait ne se les pardonne
à lui-même , lorsqu'il s'en ressouvient. Il
n'avoit parû jeune que par des amusemens
ingenieux et par ces graces de l'esprit qui
l'ont suivi jusques dans l'exercice des talens
superieurs et des grands emplois. Entré dans
Les fonctions publiques par cette partie de la
Magistrature qui demande une comparaison
continuelle des Loix primitives et generales
avec les circonstances présentes et particulieres , une équité severe dans le principe, et
une indulgence dans l'application ; une place
enfin plus propre que toutes les autres à faire
sentir que les interêts des Princes et des Sujets ne sont que la même chose ...
Sur son Ambassade et ses négociations,
POrateur ajoûte : Mais quel effort de génie
y réussira mieux que cet esprit d'insinuation , tiré plutôt de la douceur du caractere ,
que d'une adresse étudiée. M. de Morville
fut ami des Hollandois , et leur fit aimer les
François en sa personne. Cefut aussi ce qui
engagea le Prince Regent , Grand- Maître
lui- même en l'art de gagner les coeurs , à lui
confier à son retour cette partie du Ministere , qui est en quelque sorte une naviga-nego.
tion continue .... Plein degoût pour toutes
les belles choses , il passoit agréablement des
objets qui occupent les Académies des Gens 11. worpent Vol.
Fij de
1384 MERCURE DE FRANCE
de Lettres , aux objets que cultivent les Académies qui tirent leur nom des Beaux Arts.
M. l'Archevêque de Sens répondit en
ces termes :
MONSIEUR ,
Il est glorieux , sans doute , d'être adopté
parmi nous par un concours rapide de tous
les suffrages. Mais c'est une autre sorte de
gloire qui n'est pas moins douce , d'avoir das
Rivaux et de l'emporter sur eux , la difficulté et l'incertitude rendent le succès plus
interessant ; et si un Concurrent d'un mérite connu a balancé les voix , la préference a quelque chose de bien flateur. C'est
ce qui vous est arrivé , Monsieur ; un Concurrent aimé de plusieurs , et estimé de tous:
par des Ouvrages connus , &c...... Le
Discours éloquent que vous venez de prononcer honore notre choix en même temps
qu'il justifie votre ambition.
L'éloquent Prélat parle ensuite des Ouvrages du nouvel Académicien , qui lui
ont frayé depuis long temps la route vers
l'Académie : Grande érudition , dit-il , stile
élegant , goût délicat , et surtout une justesse
de raison et de Philosophie , superieure au
goût , au stile et à l'érudition , &c....
Viennent ensuite les Eloges dûs à la Dissertation sur Homere et à l'Histoire de
11. Vol. Sethos
JUIN. 1752. 1385
Sethos. Celle- cy en mérite particulierement ,
dit l'Orateur , par le dessein que vous vous
y êtes proposé , non d'amuser,
non , mais d'instruire le Lecteur et deformer ses moeurs. Dans
ce siecle , livré peut être plus qu'aucun aux
bagatelles indécentes , aux liberte amüsantes , aux Satyres qui n'épargnent ni les hommes ni les Dieux , on est heureux de trouver encore quelques Ecrivains aussi sages
qu'ingénieux , qui veüillent bien s'étudier à
déguiser adroitement , sous ce frivole qu'on recherche et dont on ne s'amuse que trop; des
Leçons utiles de probité, de Religion , de mo- destie et de desinteressement.
Sur l'amitié et l'estime que l'Abbé Terrasson a mérité de ses Confreres dans l'A--
cadémie des Sciences , l'Archevêque de
Sens ajoûte L'Académie Françoise ne fait
pas moins de cas de la vertu et de la probité;
elle compte ces qualitez au nombre de celles
qu'elle cherche dans ceux dont ellefait choix.
Ciceron mettoit la probité au nombre des
qualitez de l'Orateur , il la plaçoit même la
premiere. L Académie Françoise adopte saz
maxime en imitant son éloquence , elle - méprise les talens quelques brillans qu'ils soient
si ce lustre leur manque ; et malgré les mur
mures du vulgaire , ces Ecrivains dont la
plume impie , médisante ou impure , attiroit
de frivoles applaudissemens, sont parmi nous
méconnus ou détestez. FY C'est
1386 MERCURE DE FRANCE
>
C'est par les vertus , si je l'ose dire , de societé et de commerce , que vous nous devez
dédommager de la perte que nous avonsfaite
de M. le C. de M. dont vous prenez la place. C'est par cet endroit seul que l'Académie a besoin d'être consolée , d'être dédomagée ; car pour la réputation et la gloire que
ses vertus lui ont acquise parmi nous , elle
subsistera toute entiere , et la mort n'ôte rien
ni à lui , ni à nous. C'est le privilege des
Societez comme la nôtre de s'enrichir chaque
jour de leurs propres pertes , et de conserver
à jamais la gloire dont chacun de ses Membres l'enrichit en y entrant.
A40. ans , M. de Morville avoit déja
épuisé tous les degrez de lafortune et tous ses
revers………. Orateur , Magistrat , Ambassadeur , Secretaire d'Etat , Ministre de la
Marine, Ministre des Affaires Etrangeres
enfin simple particulier 5 toujours égal dans
ces divers états , et toujours aimé.
>
On peutjuger de M. le C. de M. par les
négociations plus importantes et plus difficiles , dont il fut charge au bout de deux ans
en qualité de Plénipotentiaire au Congrès de
Cambray. Là , se conduisoit cette négocia
tion singuliere , qui sera un Problême pour
les siécles à venir: négociation qui sans paroître rien décider , opéroit dans toute l'Europe une paix plus durable que celle qui est
II. Vol. fixée
JUIN. 1732 1337
3
fixée par des Traitez, et qui prolongée pendant plusieurs années , suspenduë ensuite
transferée à Soissons , separée enfin comme
hazard , se trouve en apparence sans '
conclusion , et cependane sans rupture.
par
Ministre secret sans être rusé , caressant
sans s'avilir , franc et sincere sans imprudence , grave sans être fier : c'est trop pen
dire qu'il gagna l'estime de tant d'hommes
choisis de toutes les Nations , elle alloitjusqu'à la confiance et à l'amitié : et tous se sont
fait un plaisir de lui en conserver les marques , lorsque la Fortune toujours legere dans
ses caresses, s'offensa de ce qu'il sembloit vouloir la fixerpar l'égalité de son humeur et de
son caractere.
Elle lui préparoit une chûte aussi rapide
que son élevation , lorsqu'il sçût la prevenir
par une retraite genereuse , honoré de l'estime
et des graces de son Maître. Il n'avoit pas
couru après lafortune , elle étoit venuë comme d'elle-même s'effrir à lui , il lui ôta leplai- .
sir de consommer sur lui sa legereté ; il renonça de lui-même à son Empires et il montra:
par son choix qu'on peut être heureux sans
ses caresses , content sans ses trésors, et grand
sans ses bienfaits , & c.
Les Dignitez l'élevent au- dessus de nous ,
dit l'Orateur , en parlant du Cardinal de
Fleury , mais sa modestie len raproche, elle
II. Vola F vj lui
1388 MERCURE DE FRANCE
lui fait oublier tout ce que son rang a de
grandeu , et le plus puissant des Sujets est
aujourd'hui le plus simple , le plus modeste ,
le plus affable.
Et en parlant de notre Auguste Monarque: Heureux son peuple, si malgré le penchant qui le porte à murmurer toujours , à
critiquer et à se plaindre , il sçait connoître le
bonheur qu'il a d'obéir à un Roiffable dans
sa Cour, pacifique dans ses desseins , religieux dans ses devoirs , chaste dans ses plaisirs , moderé dans tous ses desirs.
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Résumé : Discours lûs à l'Académie Françoise, &c. [titre d'après la table]
Le 29 mai, l'Abbé Terrasson a été élu à l'Académie Française pour succéder au Comte de Morville. Lors de sa prise de fonction, Terrasson a prononcé un discours, auquel l'Archevêque de Sens a répondu au nom de l'Académie. Terrasson a loué l'Académie Française, ainsi que les Académies des Sciences et des Belles-Lettres, et a souligné l'importance de la langue dans la littérature. Il a également rendu hommage au Cardinal de Richelieu et a mentionné que l'Académie Française, grâce à ses membres éminents, a servi de modèle à d'autres institutions. Dans son discours, Terrasson a terminé par un éloge de Louis XIV, mentionnant les instructions données par le roi à son petit-fils. Il a ensuite rendu hommage à la mémoire du Comte de Morville, le décrivant comme un homme vertueux et distingué, ayant excellé dans divers rôles publics, notamment en tant que magistrat, ambassadeur et ministre. Morville était apprécié pour son esprit d'insinuation et sa capacité à gagner les cœurs. L'Archevêque de Sens a répondu en félicitant Terrasson pour son élection et en soulignant la difficulté et l'honneur de surpasser des concurrents de mérite. Il a également loué les œuvres de Terrasson, notamment son érudition, son style élégant et sa justesse de raison. L'Archevêque a mentionné la Dissertation sur Homère et l'Histoire de Sethos, saluant l'ambition de Terrasson d'instruire et de former les mœurs des lecteurs. L'Archevêque a souligné l'importance de la vertu et de la probité au sein de l'Académie Française, imitant Cicéron en plaçant la probité au premier rang des qualités de l'orateur. Il a conclu en soulignant que l'Académie se console de la perte de Morville grâce aux vertus de ses nouveaux membres.
Généré par Mistral AI et susceptible de contenir des erreurs.
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