REFLEXIONS
sur la médijAnct.
LA médisanceest la feule
injusticecontrelaquelle on
ne sçauroit jamais gagner
son procés sans dépens: elle
casse les Arrêts du Parlement.
Les mouvemens qu'-
on se donne pour se justifier
ne fervent qu'à augmenter
le branle de la mé-,
difance. Quand l'air est agité
, tous les corpsqu'on
tneuc en augmententl'agitation
; ilfaut le laisser le
reposer delui-même, Se
mprendure egarrde.de le re-t aplusde
La médisanceaplusde
talent pour persuader que
l'éloquence & la raisonjon
ne croit aisément le mal
qu'on nous dit dautrui^
que parce qu'on s'enient
capable. ? -Une bonne c hose dans
la bouche d'un homme
d'esprit devient une forifa
dans l'oreille d'un sot. i>
."h Pourquoy voulez',;"",vous
que leshommes ménagent
vos défauts, quand vousne
ménagez pas leur maligni- e&qu'au contraire vous
l'augmentez par vôtre imprudence?
Celui qui commence
l'embrasement, & celui qui
le nourrit sont également
coupables
.- Il faut moins d:çlprit
pour être malin que pour
z.icre bon , quand onest
malicieux dans le coeur. Il
faut plus d'esprit pour découvrir
les bons endroits
.ties hommes, comme plus
tares &plus difficiles, que
es mauvais, qui fautent aux
yeux.
Nous devons sçavoir gré
lux médisans, de nous don-1
ties tout le plaisir qu'il y a, irire de son prochain.
Le Tasserépondit un
jour, sur ce qu'on lui dit
dqiur'auint certain homme méde
lui par-tout:LaisfeXjéfaire,
dit-il en riant,
encore ,({J.au'.-il bien mieux
qu'il dise mal de moy à tout
le monde, que tout le monde
lui en dije de moy. •
;: Comme on disoit un
joijr àNicandre que les 4*-
giensparloient mal de lui
LaiffeZ-les faire, dit-il,il
fbnt A.D?{punk de parler ma
dun homme de bien.
Unhomme accusé à tort
devant Auguste, après skétre
justifié : Une Autre fiisJ
dit-il, ne IfJOIU enqueréz des
honnêtes gens qu'à ceux qui
leur rejjembltnt. *
Le mensonge & l'envie
pere Ôc meredela calomnie,
& la curiosité sa nour.
rice,habitét chez l'oisivété.
Elle s'exerce continuellement
à renverser les bâtimens
de la societé, commence
par enenlever les
piliers , & en mine peu à
peulavoûte. Quandelle ne
peut blesser la vertu, elle
fenfume)lx.-la facilite à se
faire croire par un Juge
qui examine tout, & qui
est toujours disposé à coniUwncr,