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p. 73-86
ASTRONOMIE, par M. DE LALANDE, de l'Académie des Sciences, &c. ; à Paris, chez Desaint & Saillant, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes in-4o, avec approbation & privilége du Roi ; 1764.
Début :
Ce livre, qui par son étendue surpasse tous les ouvrages d'astronomie qui avoient [...]
Mots clefs :
Astronomie, Livre, Joseph Jérôme Lefrançois de Lalande, Temps, Planètes, Tables, Méthode, Terre, Calculs, Observations, Étoiles, Théorie, Instruments
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texteReconnaissance textuelle : ASTRONOMIE, par M. DE LALANDE, de l'Académie des Sciences, &c. ; à Paris, chez Desaint & Saillant, rue Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes in-4o, avec approbation & privilége du Roi ; 1764.
ASTRONOMIE, parM. DE LALANDE,
de l'Académie des Sciences , &c. ; à
Paris, chez Defaint & Saillant , rue
Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes
in-4° , avec approbation & privilège du
Roi ; 1764.
CElivre, quipar fonétendue furpaſſe
tous les ouvragesd'aſtronomie qui avoient
paru juſqu'ici, lesfurpaſſe encore pluspat
le grand nombre d'objets nouveaux que
l'Auteur y a mis ; c'eſt cette partie de
l'ouvrage que nous allons expoſer au pu
blic: onverradanschaque article, oudes
marques du progrès que les ſciences font
chaquejour,oude nouveauxſecoursofferts
àceux quiveulenty pénétrer. Le livre eſt
diviſéenvingt-quatre traités ſurlesdiffé
rentesbranchesdel'aſtronomie ; mais nous
nousréduiſons auxobjets quicaractériſent
ſpécialement l'ouvrage deM. de Lalande.
Vol. II.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
La préface contient d'abord un éloge
pompeux de l'aſtronomie ; on y trouve
tout cequ'on adit & ce qu'on peut dire
pour exalter ladignité & les avantagesde
cetteſcience, tous les faits hiſtoriques, les
paſſagesdespoëtes anciens& modernesde
touteslesnations, lecasquelesplusgrands
Princes en ont fait, les établiſſemens qui
ont fervi à ſesprogrès, &ledétailde tous
les obſervatoires de l'Europe , dans lef
quels ſe ſont faites & ſe font actuelle
mentlesmeilleures obſervations. Elle finit
par un catalogue raiſonné des inſtrumens
d'aſtronomie,téleſcopes, lunettes , &c. &
de leurs prix en France &enAngleterre ;
tout cela eſt propre à inſpirer le goût de
l'aſtronomie.
Les quatre premiers livres renferment
les élémensd'aſtronomie, l'hiſtoirede cette
ſcience , depuis fon origine,& l'énumé
ration des conſtellations; cette partie n'é
toitpas ſuſceptiblede nouveauté : mais on
ytrouve 1º, une méthode claire & facile
quiconduit leLecteurdepuis les premiers
objetsquiſe remarquentdansleciel, juf
qu'aux conféquences les plus fublimes
qu'on entire; 2°. beaucoup àdiſtinguer
dans l'histoire de l'aſtronomie ancienne ,
les temps& les lieuxqu'on avoittrop con
fondusjuſqu'ici ; 3°.unenouvellemanière
deconnoître les étoiles parde ſimples ali
AVRIL 1765. 75
gnemens, fans avoirde maître,ni même
deglobe ou decartes céleſtes.
Lecinquiemelivretraitedesſyſtemesdu
monde; onn'ytrouvequequelques mots
fur les ſyſtêmesde Ptolémée & de Tycho:
mais M. deLalande explique& démontre
leſyſtèmede Coperniccommelefeulqu'on
puiffeadmettre.Touteslesobjectionsqu'on
yavoit faites font expoſées & réſolues de
la manière la plus fatisfaiſante. Le Père
Riccioli avoit propoſé foixante-dix- ſept
argumenscontrelemouvementdelaterre;
mais comme le plusgrand nombre n'étoit
quelarépétitiondesprincipaux argumens,
retournéschacun fousdix ouvingtformes
différentes , M.deLalande s'eſt attaché aux
fondemens des objections tirées , oude la
phyſique , oude l'aſtronomie , oude l'é
criture fainte ; il les aéclairés de manière
àlever tous les doutes pour ceux qui ne
font pas prévenus &obſtinés. Ala finde
ce cinquieme livre on trouve un article
fur le retourdes planètes à même ſitua
tion par rapport à la terre, c'est-à-dire ,
furles périodes qui ramènent lesplanètes
àunmême lieu apparent , & dont les
Aftronomesn'ontjamaisfaituſage comme
ils lepouvoientpour faciliter leurscalculs;
par exemple , mercure dans l'eſpace de
Leize ans& roisjours,fait lenombre com
Dij
MERCURE DE FRANCE.
pletde cinquante-quatre révolutions ; la
76
terre en faittreize, & l'un & l'autre ſe
retrouve à-peu près comme treize ans au
paravant : ainſi le premier Janvier 1748
1
&le 3 Janvier 1761, mercure paffoit éga
lement au méridien à dix heures deux
ſecondesdu matin ; & le calcul, qui en
eſt extrêmement long, ſe trouve tout fait
parcette comparaiſon.
Lefixieme livre, quitraitedelathéorie
de cinq planettes principales , mercure ,
•vénus ,mars,jupiter&faturne, renferme
un grand nombre d'obſervations & de
recherches nouvelles ; onyvoit fur-tout
la découverte d'une inégalité ou d'un dé
rangement fingulier que M. de Lalande a
obſervé dans le mouvement de ſaturne ,
qui n'avoit point encore été remarqué,
quoiqu'il produiſedes différences deplus
detroisjours ſurladuréede la révolution
de cetteplanette. Cette inégalité eſt d'au
tant plus étonnante , qu'elle ne fauroit
êtreproduitepar l'attraction de jupiter , ni
par celledes autres planettes connues. On
trouveauſſidans ce ſixiemelivre la théorie
d'un changementdans les inclinationsdes
orbitesplanétaires , changementqu'onn'a
voitpasmêmeſoupçonnéjuſqu'ici , &qui
eſt cependant très-ſenſible ; il eſt produit
par l'attraction mutuelledes planettes les
L
AVRIL 1765.
77
unes fur les autres. Ce livre eſt terminé
par une tabledesdiſtances des diamètres
&desgroffeursdes planettescalculées fur
les obſervationslesplusrécentes, de même
que toutes les autres circonstances de la
théorie &du mouvementdes planettes.
Le ſeptieme livre qui contient lathéo
rie de la lune, d'après l'obſervation & la
conſtructiondes tables, renferme fur-tout
deuxdémonstrations importantes que per
ſonnen'avoitdonnées , l'une pour calculer
la ſeconde inégalitédela lune ſansluifup
poſeruneexcentricité variable&unbalan
cement de l'apogée, l'autre pour calculer
l'inégalité des latitudes ſans employer une
inclinaiſon variable & unbalancementdu
nœud ; le huitieme livre traitedu calen
drier , des cycles , des heures , ſemaines,
mois&années,delachronologie, dulever
cofmiquedes étoiles,& fur-toutduſyrius;
ony trouve une differtation curieuſe ſur
cette étoilede lacanicule, ſi célèbre dans
l'ancienneEgypte,&quiaconſervéjuſqu'a
notre temps ſa réputation aſtronomique.
Leneuvieme&ledixiemelivre traitent
du calcul des éclipſes & de la recherche
des parallaxes , qui font la partie la plus
difficile & lapluseffentielledeces calculs;
on y trouve une méthode nouvelle de
M.deLalandepour le calculdes éclipſes,
Dinj
78 MERCURE DE FRANCE.
plus courte&plus exacte que cellesqu'on
avoit données juſqu'alors , dans laquelle
il a détaillé tous les casde manière àne
laiſſer même aux commençans aucune
incertitude. La méthode des projections
qu'on emploie pour calculer graphique
ment uneéclipfe, n'avoitjamaisétéexpli
quée dans aucun livre de manière à en
faire comprendrel'eſprit& lesfondemens,
nonplus que la méthode pourcalculer la
routede l'ombre ſur la ſurfacedela terre.
La méthodedunonagefime y eſt rendue
très-facile par une table calculée ſur une
forme nouvelle pour la latitude de Paris,
&qu'on peut calculer en une matinée
pourtoute autre latitude. La formule de
ta parallaxe en longitude n'avoit été dé
montrée dans aucun traité d'aſtronomie
avant M. de Lalande; elle ſe trouve ici
accompagnéedesexemples les plusdétail
lés, de même que les corrections qu'elle
exigepour l'applatiſſementdelaterre, que
M.delaCailleavoitdonnéesſans tables&
fans démonstrations.
Alafindecepremiervolumeontrouve
les tables du foleil de M. de la Caille ,
&celles de la lunede M. Mayer, mais
M. de laLande les a étendues pour des
fiécles éloignés ; il y a corrigé l'équation
du temps,l'obliquité de l'écliptique, le
AVRIL 1765.
55
diamètredu ſoleil:il aajouté les tables
dumouvementhorairedelalune, la table
des réfractionsdeM. Bradley, qui n'avoit
point encore paru, le catalogue d'étoiles
deM.l'AbbédelaCaillequ'on nepouvoir
plus trouver ; il y a joint des exemples
detaillés : enforte que ces tables font les
plus exactes& les plus commodes qu'on
aiteuesjuſqu'àcejour,&que les Aſtrono
mesnepourroient les trouver ailleurs que
dans l'ouvragedont nous parlons.
Le ſecond volume commence par le
onzieme livre, où l'on traite des paſſages
de vénus & de mercure ſur le ſoleil ; ce
fujet, qui a eu beaucoup de célébrité en
1761 , par le grand nombre de voyages
qu'il a occafionnés , en aura encore autant
en 1769. Le paffage de vénus que l'on
attend pour cette année-là eſt le ſeulqui
ſe verrad'ici à centdixans : on ſepropoſe
de l'obſerver en Amérique , en Laponie ,
&s'il eſt poſſible aux Terres Auſtrales.
M.de la Lande nousdonne là-deſſus un
traité complet, où l'hiſtoire, les métho
des, lesréſultats , ſontdétaillésdemanière
àne rienlaiſſer à defirer. Il fait voirde
quelle manière le paſſage de 1769 nous
apprendra la vraie diſtance du ſoleil & de
toutes les planettes à la terre,plus exacte
mentqueceluide 1761 ; eneffet, celui-ci
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
nous a laiſſé une incertituded'environ un
dixieme du total , à cauſe des obſtacles
qu'ont apportés le mauvais temps & les
malheursde la guerre aux obſervationsde
diversAſtronomes.
Ledouziemea pourobjetles réfractions
aſtronomiques, les méthodesqui ſervent à
les déterminer, & les effets qu'elles pro
duiſent ; on y trouve unepartie nouvelle
&curieuſe , c'eſt la démonſtration d'une
loi fondamentale de réfraction qui s'étend
juſqu'à l'horifon : M. Bradley l'avoit
communiqué à ſes amis ; M. de la Lande
l'apporta d'Angleterre en 1763 , mais per
fonne avant lui n'en avoit donné la dé
monftration.
Le treizieme & le quatorzieme livre
ontpourobjetla pratiquede l'aſtronomie ,
la connoiffance detous les inftrumens , &
la manière de s'en ſervir pour faire de
bonnes obſervations ; on defiroit depuis
long-temps un ſemblable traité d'aſtrono
miepratique : feu M. de la Caille enavoit
formé le projet , M. deLalandel'a exécuté
avec beaucoup d'étendue ; il donne la
figure de chaque inftrument, ſon applica
tion à chaque genre d'obſervation , les
vérifications qu'elles ſuppoſent, les réduc
tions qu'elles exigent , les précautions
qu'on yapporte onytrouve,non-feule
81
ment les inſtrumens dans leur dernier état
AVRIL 1765.
deperfection en France& enAngleterre,
mais encore des vues nouvelles pour les
perfectionnerdeplusen plus. Les lunettes
achromatiques, dontnous n'avions encore
aucunedeſcription, y font expliquées, de
même que les héliomètres , inſtrumens
nouveaux d'une très-grande utilité.
Lequinzieme livre , où M. de Lalande
expliquelagrandeur& lafiguredelaterre,
contientunextraitélémentaire& méthodi
quedetous les ouvragesfaits fur cettema
tière, &des voyagesdont elleaétél'objet;
mais on ytrouvedes anecdotes qui n'é
toient point connues au ſujetde ces voya
ges & de ces opérations.
Les livres ſeize &dix-fept renferment
la théorie des étoiles fixes, c'est-à-dire ,
despetits mouvemens de préceſſion, d'a
berration &de nutationqu'on y obſerve;
fur chacun de ces objets M. de Lalande
donnedesformulesnouvelles,oudémontre
cellesqueM. de laCailleavoitdonnéesſans
démonstration : il donne une manière de
concevoir le phénomène de l'aberration ,
plus naturelle que celle de l'inventeur
même, quequelquesAuteurs avoient ju
gée inintelligible & infuffiſante.
Ledix-huitieme livre, qui eſt l'aſtrono
mie des fatellites, contient fur- tout des
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
recherches nouvelles & des explications
qu'aucunAuteurn'avoitdonnées ſur leurs
éclipfes , leurs parallaxes, leurs inclinai
fons , leurs nœuds & la conſtruction de
leurs tables; l'effet de l'applatiſſement de
jupiter, parrapportauxéclipſesdeſesſatel
lites , n'avoitjamais étéconfidéré& intro
duitdansle calcul.M. deLalandefaitvoir
quecettenouvelleconſidérationyajouteune
nouvelle exactitude ſans y ajouter aucune
difficulté. Il explique fort au longla façon
detrouver les temps où l'ondoitvoir les
immerfions & les émerſions du ſecond
fatellite ; il ydonne la figure &la defcrip
tiond'un inſtrument pourtrouverlescon
figurations des fatellites en rout temps,
inſtrument qui n'étoit juſqu'ici qu'entre
les mainsd'unpetit nombred'Aſtronomes.
Le dix-neuvieme livre, où ils'agit des
comètes, raffemble l'hiſtoire de celles qui
ont eu quelque choſe de remarquable , la
démonftration de leur mouvement, & la.
détermination de leurs orbites par obfer
vation. M. deLalandeydémontre, d'une
manière ſimple & nouvelle, que lavîteſſe
parabolique d'une comète eſt égale à la ra
einededeux,quandonprendpourunitéla
vîteſſecirculaireàpareillediſtance;ilexpli
queune méthodegraphique,par laquelle
onsabrégera conſidérablementle calculdes
AVRIL 1765. 83
comètes obſervées pourla première fois,
problême le plus difficile de l'aſtronomie
ordinaire.
;
Le vingtieme livre, dela rotation des
planettes &de leurs taches, renferme une
théorie de la libration de la lune ,qui
étoit juſqu'ici inconnue auxAſtronomes,
n'ayant été donnée quedans unmémoire
allemandde M. Mager. Ony trouveauſſi
uneméthodepourcalculer par trois obfer
vationsdes taches du ſoleil, la ſituation
de fon axe &de fon équateur, avec la
durée de ſa rotation, ce qui n'avoit été
traité juſqu'ici que d'une manière très
incomplette;enfinM. deLalandeydonne
une méthode abfolument nouvelle pour
prédire les phaſes de l'anneaude ſaturne,
qui eſt une des choſes lesplus fingulières
detoute l'aſtronomie.
Le vingt-unieme livre eſtun traité ana
lytiquedelagéométrietranſcendante, des
courbes & des infinimentpetits , appro
prié à l'aſtronomie, dans lequel M. de
Lalande démontre plufieurs propoſitions
&pluſieurs lemmes qui ne ſe trouvent
pointdansles livres ordinaires , quoiqu'on
en faffe uſagedans les calculs de l'attrac
tion; par exemple, que les ſections d'un
fphéroïde elliptique, faites perpendiculai
sement àl'équateur, ſontdesellipſes fem
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
blables à celle duméridien; que la foli
ditédu ſphéroide entier eſt égale auxdeux
tiers du produit de fon grand axe par la
furfaceduméridien. Ilydonne l'intégrale
detoutes les formules différentielles qui
ſe préſententdans ces fortesde recherches.
Levingt-deuxiemelivre , auquelle pré
cédent fert d'introduction , étoit undes
plus néceſſaires à ceuxqui veulent appro
fondir la partie géométrique de l'aſtrono
mie; legrand principede l'attractionuni
verſelle , fource de tant dedécouvertes ,
&furlequel ilreſte encoretantde calculs
àfaire, yeſt préſenté ſousuneforme fim
ple & élémentaire , qu'aucun Géomètre
n'avoit pris la peine de luidonner ; les
ouvrages faits juſqu'à ce jour ſur l'attrac
tion étoient un labyrinthe impénétrable
pourla plupartdes Lecteurs. M. deLalande
enadonné la clef, il en a expliqué l'ori
gine, la découverte&les principes ; il en
donne l'applicationpour les inégalitésdes
planettes, lemouvementdes nœuds, l'ap
platiſſementde la terre& la préceſſiondes
équinoxes ; ce dernier problême, le plus
difficile de tous , & fur lequel on abeau
coupdifputé , y eſt développédans toutes
ſes parties de manière à neplus laiſſer au
cune incertitude.
Levingt-troiſieme livrecontient la tri
AVRIL 1765. 85
gonométrie ſphérique &pluſieurs propo
fitions de trigonémétrie, rectiligne dont
on abeſoindansl'aſtronomie, &qui n'é
toient pointdémontréesdans lesAuteurs ,
par exemple , la valeur de la tangente de
la moitiéd'un angle, enyemployant ſes
cotés ; les formules différentielles que
M.delaCaille avoitdonnéesfansdémonf
trationpour lespetitesvariationsdes trian
glesſphériques, ſontdémontréesdans l'ou
vrage de M. deLalande ; &cevingt-troi
ſieme livre eft terminé par uneméthode
pourréſoudre tous les triangles ſphériques
avec la règle & le compas,dont onpeut
faireunuſage commodeenbiendesocca
fions.
Le vingt-quatrième & dernier livre eſt
untraité du calcul aſtronomique , plus
étendu & plusdétaillé qu'aucun ouvrage
que l'on ait eu ; ony apprend àcalculer
toute forted'obſervations, à les réduire,
àentirerlesconféquences néceſſaires pour
qu'on puiffe faire uſage de ces obferva
tions: ces fortes de calculs, que tous les
Aſtronomes favent. par tradition , ou par
lequel ils ſefontdes méthodes aubeſoin,
n'avoient jamais été mis à la portée du
public, & raffemblés , comme l'a fait M.
de Lalande, pour completter fon ouvrage.
L'article qui concerne les longitudes en
36 MERCURE DE FRANCE.
mereſt ledernier de tous ; ildevoitnatuu
rellement couronner unouvragedontl'ob
jetleplus effentiel, oudu moins l'appli
cationlaplus importante, eſt la marine
M. deLalande avoitdéja traité cettema
tièredans fon expoſition du calcul aftro
nomique en 1762 , mais il a donnédans
cet ouvrageciune comparaiſondes diffé
rentes méthodes, &unenouvellemanière
de trouver les réfractions& les parallaxes
de diſtance plus courte que celles qui
étoient connuesjuſqu'à préſent. Tout ce
quenousvenons dediredes vingt-quatre
livres de cette aſtronomie ne donnera
qu'une légère idée de la multitude des
matières quiy fonttraitées ; nous n'avons
fait qu'indiquer les endroits remarquables
parleurnouveauté:nous finironsendiſant
que ſur les objets que M. de Lalanden'a
puapprofondirdansl'eſpacededeux volu
mes in-40, il aindiquétous lesAuteurs,
enforteque fon ouvrage contient ou un
extraitou une indicationde tout ce qu'on
a fait de bon juſqu'à cejour ſur toutes
les partiesde l'aſtronomie.
de l'Académie des Sciences , &c. ; à
Paris, chez Defaint & Saillant , rue
Saint-Jean-de-Beauvais ; deux volumes
in-4° , avec approbation & privilège du
Roi ; 1764.
CElivre, quipar fonétendue furpaſſe
tous les ouvragesd'aſtronomie qui avoient
paru juſqu'ici, lesfurpaſſe encore pluspat
le grand nombre d'objets nouveaux que
l'Auteur y a mis ; c'eſt cette partie de
l'ouvrage que nous allons expoſer au pu
blic: onverradanschaque article, oudes
marques du progrès que les ſciences font
chaquejour,oude nouveauxſecoursofferts
àceux quiveulenty pénétrer. Le livre eſt
diviſéenvingt-quatre traités ſurlesdiffé
rentesbranchesdel'aſtronomie ; mais nous
nousréduiſons auxobjets quicaractériſent
ſpécialement l'ouvrage deM. de Lalande.
Vol. II.
D
74 MERCURE DE FRANCE.
La préface contient d'abord un éloge
pompeux de l'aſtronomie ; on y trouve
tout cequ'on adit & ce qu'on peut dire
pour exalter ladignité & les avantagesde
cetteſcience, tous les faits hiſtoriques, les
paſſagesdespoëtes anciens& modernesde
touteslesnations, lecasquelesplusgrands
Princes en ont fait, les établiſſemens qui
ont fervi à ſesprogrès, &ledétailde tous
les obſervatoires de l'Europe , dans lef
quels ſe ſont faites & ſe font actuelle
mentlesmeilleures obſervations. Elle finit
par un catalogue raiſonné des inſtrumens
d'aſtronomie,téleſcopes, lunettes , &c. &
de leurs prix en France &enAngleterre ;
tout cela eſt propre à inſpirer le goût de
l'aſtronomie.
Les quatre premiers livres renferment
les élémensd'aſtronomie, l'hiſtoirede cette
ſcience , depuis fon origine,& l'énumé
ration des conſtellations; cette partie n'é
toitpas ſuſceptiblede nouveauté : mais on
ytrouve 1º, une méthode claire & facile
quiconduit leLecteurdepuis les premiers
objetsquiſe remarquentdansleciel, juf
qu'aux conféquences les plus fublimes
qu'on entire; 2°. beaucoup àdiſtinguer
dans l'histoire de l'aſtronomie ancienne ,
les temps& les lieuxqu'on avoittrop con
fondusjuſqu'ici ; 3°.unenouvellemanière
deconnoître les étoiles parde ſimples ali
AVRIL 1765. 75
gnemens, fans avoirde maître,ni même
deglobe ou decartes céleſtes.
Lecinquiemelivretraitedesſyſtemesdu
monde; onn'ytrouvequequelques mots
fur les ſyſtêmesde Ptolémée & de Tycho:
mais M. deLalande explique& démontre
leſyſtèmede Coperniccommelefeulqu'on
puiffeadmettre.Touteslesobjectionsqu'on
yavoit faites font expoſées & réſolues de
la manière la plus fatisfaiſante. Le Père
Riccioli avoit propoſé foixante-dix- ſept
argumenscontrelemouvementdelaterre;
mais comme le plusgrand nombre n'étoit
quelarépétitiondesprincipaux argumens,
retournéschacun fousdix ouvingtformes
différentes , M.deLalande s'eſt attaché aux
fondemens des objections tirées , oude la
phyſique , oude l'aſtronomie , oude l'é
criture fainte ; il les aéclairés de manière
àlever tous les doutes pour ceux qui ne
font pas prévenus &obſtinés. Ala finde
ce cinquieme livre on trouve un article
fur le retourdes planètes à même ſitua
tion par rapport à la terre, c'est-à-dire ,
furles périodes qui ramènent lesplanètes
àunmême lieu apparent , & dont les
Aftronomesn'ontjamaisfaituſage comme
ils lepouvoientpour faciliter leurscalculs;
par exemple , mercure dans l'eſpace de
Leize ans& roisjours,fait lenombre com
Dij
MERCURE DE FRANCE.
pletde cinquante-quatre révolutions ; la
76
terre en faittreize, & l'un & l'autre ſe
retrouve à-peu près comme treize ans au
paravant : ainſi le premier Janvier 1748
1
&le 3 Janvier 1761, mercure paffoit éga
lement au méridien à dix heures deux
ſecondesdu matin ; & le calcul, qui en
eſt extrêmement long, ſe trouve tout fait
parcette comparaiſon.
Lefixieme livre, quitraitedelathéorie
de cinq planettes principales , mercure ,
•vénus ,mars,jupiter&faturne, renferme
un grand nombre d'obſervations & de
recherches nouvelles ; onyvoit fur-tout
la découverte d'une inégalité ou d'un dé
rangement fingulier que M. de Lalande a
obſervé dans le mouvement de ſaturne ,
qui n'avoit point encore été remarqué,
quoiqu'il produiſedes différences deplus
detroisjours ſurladuréede la révolution
de cetteplanette. Cette inégalité eſt d'au
tant plus étonnante , qu'elle ne fauroit
êtreproduitepar l'attraction de jupiter , ni
par celledes autres planettes connues. On
trouveauſſidans ce ſixiemelivre la théorie
d'un changementdans les inclinationsdes
orbitesplanétaires , changementqu'onn'a
voitpasmêmeſoupçonnéjuſqu'ici , &qui
eſt cependant très-ſenſible ; il eſt produit
par l'attraction mutuelledes planettes les
L
AVRIL 1765.
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unes fur les autres. Ce livre eſt terminé
par une tabledesdiſtances des diamètres
&desgroffeursdes planettescalculées fur
les obſervationslesplusrécentes, de même
que toutes les autres circonstances de la
théorie &du mouvementdes planettes.
Le ſeptieme livre qui contient lathéo
rie de la lune, d'après l'obſervation & la
conſtructiondes tables, renferme fur-tout
deuxdémonstrations importantes que per
ſonnen'avoitdonnées , l'une pour calculer
la ſeconde inégalitédela lune ſansluifup
poſeruneexcentricité variable&unbalan
cement de l'apogée, l'autre pour calculer
l'inégalité des latitudes ſans employer une
inclinaiſon variable & unbalancementdu
nœud ; le huitieme livre traitedu calen
drier , des cycles , des heures , ſemaines,
mois&années,delachronologie, dulever
cofmiquedes étoiles,& fur-toutduſyrius;
ony trouve une differtation curieuſe ſur
cette étoilede lacanicule, ſi célèbre dans
l'ancienneEgypte,&quiaconſervéjuſqu'a
notre temps ſa réputation aſtronomique.
Leneuvieme&ledixiemelivre traitent
du calcul des éclipſes & de la recherche
des parallaxes , qui font la partie la plus
difficile & lapluseffentielledeces calculs;
on y trouve une méthode nouvelle de
M.deLalandepour le calculdes éclipſes,
Dinj
78 MERCURE DE FRANCE.
plus courte&plus exacte que cellesqu'on
avoit données juſqu'alors , dans laquelle
il a détaillé tous les casde manière àne
laiſſer même aux commençans aucune
incertitude. La méthode des projections
qu'on emploie pour calculer graphique
ment uneéclipfe, n'avoitjamaisétéexpli
quée dans aucun livre de manière à en
faire comprendrel'eſprit& lesfondemens,
nonplus que la méthode pourcalculer la
routede l'ombre ſur la ſurfacedela terre.
La méthodedunonagefime y eſt rendue
très-facile par une table calculée ſur une
forme nouvelle pour la latitude de Paris,
&qu'on peut calculer en une matinée
pourtoute autre latitude. La formule de
ta parallaxe en longitude n'avoit été dé
montrée dans aucun traité d'aſtronomie
avant M. de Lalande; elle ſe trouve ici
accompagnéedesexemples les plusdétail
lés, de même que les corrections qu'elle
exigepour l'applatiſſementdelaterre, que
M.delaCailleavoitdonnéesſans tables&
fans démonstrations.
Alafindecepremiervolumeontrouve
les tables du foleil de M. de la Caille ,
&celles de la lunede M. Mayer, mais
M. de laLande les a étendues pour des
fiécles éloignés ; il y a corrigé l'équation
du temps,l'obliquité de l'écliptique, le
AVRIL 1765.
55
diamètredu ſoleil:il aajouté les tables
dumouvementhorairedelalune, la table
des réfractionsdeM. Bradley, qui n'avoit
point encore paru, le catalogue d'étoiles
deM.l'AbbédelaCaillequ'on nepouvoir
plus trouver ; il y a joint des exemples
detaillés : enforte que ces tables font les
plus exactes& les plus commodes qu'on
aiteuesjuſqu'àcejour,&que les Aſtrono
mesnepourroient les trouver ailleurs que
dans l'ouvragedont nous parlons.
Le ſecond volume commence par le
onzieme livre, où l'on traite des paſſages
de vénus & de mercure ſur le ſoleil ; ce
fujet, qui a eu beaucoup de célébrité en
1761 , par le grand nombre de voyages
qu'il a occafionnés , en aura encore autant
en 1769. Le paffage de vénus que l'on
attend pour cette année-là eſt le ſeulqui
ſe verrad'ici à centdixans : on ſepropoſe
de l'obſerver en Amérique , en Laponie ,
&s'il eſt poſſible aux Terres Auſtrales.
M.de la Lande nousdonne là-deſſus un
traité complet, où l'hiſtoire, les métho
des, lesréſultats , ſontdétaillésdemanière
àne rienlaiſſer à defirer. Il fait voirde
quelle manière le paſſage de 1769 nous
apprendra la vraie diſtance du ſoleil & de
toutes les planettes à la terre,plus exacte
mentqueceluide 1761 ; eneffet, celui-ci
Div
80 MERCURE DE FRANCE.
nous a laiſſé une incertituded'environ un
dixieme du total , à cauſe des obſtacles
qu'ont apportés le mauvais temps & les
malheursde la guerre aux obſervationsde
diversAſtronomes.
Ledouziemea pourobjetles réfractions
aſtronomiques, les méthodesqui ſervent à
les déterminer, & les effets qu'elles pro
duiſent ; on y trouve unepartie nouvelle
&curieuſe , c'eſt la démonſtration d'une
loi fondamentale de réfraction qui s'étend
juſqu'à l'horifon : M. Bradley l'avoit
communiqué à ſes amis ; M. de la Lande
l'apporta d'Angleterre en 1763 , mais per
fonne avant lui n'en avoit donné la dé
monftration.
Le treizieme & le quatorzieme livre
ontpourobjetla pratiquede l'aſtronomie ,
la connoiffance detous les inftrumens , &
la manière de s'en ſervir pour faire de
bonnes obſervations ; on defiroit depuis
long-temps un ſemblable traité d'aſtrono
miepratique : feu M. de la Caille enavoit
formé le projet , M. deLalandel'a exécuté
avec beaucoup d'étendue ; il donne la
figure de chaque inftrument, ſon applica
tion à chaque genre d'obſervation , les
vérifications qu'elles ſuppoſent, les réduc
tions qu'elles exigent , les précautions
qu'on yapporte onytrouve,non-feule
81
ment les inſtrumens dans leur dernier état
AVRIL 1765.
deperfection en France& enAngleterre,
mais encore des vues nouvelles pour les
perfectionnerdeplusen plus. Les lunettes
achromatiques, dontnous n'avions encore
aucunedeſcription, y font expliquées, de
même que les héliomètres , inſtrumens
nouveaux d'une très-grande utilité.
Lequinzieme livre , où M. de Lalande
expliquelagrandeur& lafiguredelaterre,
contientunextraitélémentaire& méthodi
quedetous les ouvragesfaits fur cettema
tière, &des voyagesdont elleaétél'objet;
mais on ytrouvedes anecdotes qui n'é
toient point connues au ſujetde ces voya
ges & de ces opérations.
Les livres ſeize &dix-fept renferment
la théorie des étoiles fixes, c'est-à-dire ,
despetits mouvemens de préceſſion, d'a
berration &de nutationqu'on y obſerve;
fur chacun de ces objets M. de Lalande
donnedesformulesnouvelles,oudémontre
cellesqueM. de laCailleavoitdonnéesſans
démonstration : il donne une manière de
concevoir le phénomène de l'aberration ,
plus naturelle que celle de l'inventeur
même, quequelquesAuteurs avoient ju
gée inintelligible & infuffiſante.
Ledix-huitieme livre, qui eſt l'aſtrono
mie des fatellites, contient fur- tout des
Dv
82 MERCURE DE FRANCE.
recherches nouvelles & des explications
qu'aucunAuteurn'avoitdonnées ſur leurs
éclipfes , leurs parallaxes, leurs inclinai
fons , leurs nœuds & la conſtruction de
leurs tables; l'effet de l'applatiſſement de
jupiter, parrapportauxéclipſesdeſesſatel
lites , n'avoitjamais étéconfidéré& intro
duitdansle calcul.M. deLalandefaitvoir
quecettenouvelleconſidérationyajouteune
nouvelle exactitude ſans y ajouter aucune
difficulté. Il explique fort au longla façon
detrouver les temps où l'ondoitvoir les
immerfions & les émerſions du ſecond
fatellite ; il ydonne la figure &la defcrip
tiond'un inſtrument pourtrouverlescon
figurations des fatellites en rout temps,
inſtrument qui n'étoit juſqu'ici qu'entre
les mainsd'unpetit nombred'Aſtronomes.
Le dix-neuvieme livre, où ils'agit des
comètes, raffemble l'hiſtoire de celles qui
ont eu quelque choſe de remarquable , la
démonftration de leur mouvement, & la.
détermination de leurs orbites par obfer
vation. M. deLalandeydémontre, d'une
manière ſimple & nouvelle, que lavîteſſe
parabolique d'une comète eſt égale à la ra
einededeux,quandonprendpourunitéla
vîteſſecirculaireàpareillediſtance;ilexpli
queune méthodegraphique,par laquelle
onsabrégera conſidérablementle calculdes
AVRIL 1765. 83
comètes obſervées pourla première fois,
problême le plus difficile de l'aſtronomie
ordinaire.
;
Le vingtieme livre, dela rotation des
planettes &de leurs taches, renferme une
théorie de la libration de la lune ,qui
étoit juſqu'ici inconnue auxAſtronomes,
n'ayant été donnée quedans unmémoire
allemandde M. Mager. Ony trouveauſſi
uneméthodepourcalculer par trois obfer
vationsdes taches du ſoleil, la ſituation
de fon axe &de fon équateur, avec la
durée de ſa rotation, ce qui n'avoit été
traité juſqu'ici que d'une manière très
incomplette;enfinM. deLalandeydonne
une méthode abfolument nouvelle pour
prédire les phaſes de l'anneaude ſaturne,
qui eſt une des choſes lesplus fingulières
detoute l'aſtronomie.
Le vingt-unieme livre eſtun traité ana
lytiquedelagéométrietranſcendante, des
courbes & des infinimentpetits , appro
prié à l'aſtronomie, dans lequel M. de
Lalande démontre plufieurs propoſitions
&pluſieurs lemmes qui ne ſe trouvent
pointdansles livres ordinaires , quoiqu'on
en faffe uſagedans les calculs de l'attrac
tion; par exemple, que les ſections d'un
fphéroïde elliptique, faites perpendiculai
sement àl'équateur, ſontdesellipſes fem
Dvj
84 MERCURE DE FRANCE.
blables à celle duméridien; que la foli
ditédu ſphéroide entier eſt égale auxdeux
tiers du produit de fon grand axe par la
furfaceduméridien. Ilydonne l'intégrale
detoutes les formules différentielles qui
ſe préſententdans ces fortesde recherches.
Levingt-deuxiemelivre , auquelle pré
cédent fert d'introduction , étoit undes
plus néceſſaires à ceuxqui veulent appro
fondir la partie géométrique de l'aſtrono
mie; legrand principede l'attractionuni
verſelle , fource de tant dedécouvertes ,
&furlequel ilreſte encoretantde calculs
àfaire, yeſt préſenté ſousuneforme fim
ple & élémentaire , qu'aucun Géomètre
n'avoit pris la peine de luidonner ; les
ouvrages faits juſqu'à ce jour ſur l'attrac
tion étoient un labyrinthe impénétrable
pourla plupartdes Lecteurs. M. deLalande
enadonné la clef, il en a expliqué l'ori
gine, la découverte&les principes ; il en
donne l'applicationpour les inégalitésdes
planettes, lemouvementdes nœuds, l'ap
platiſſementde la terre& la préceſſiondes
équinoxes ; ce dernier problême, le plus
difficile de tous , & fur lequel on abeau
coupdifputé , y eſt développédans toutes
ſes parties de manière à neplus laiſſer au
cune incertitude.
Levingt-troiſieme livrecontient la tri
AVRIL 1765. 85
gonométrie ſphérique &pluſieurs propo
fitions de trigonémétrie, rectiligne dont
on abeſoindansl'aſtronomie, &qui n'é
toient pointdémontréesdans lesAuteurs ,
par exemple , la valeur de la tangente de
la moitiéd'un angle, enyemployant ſes
cotés ; les formules différentielles que
M.delaCaille avoitdonnéesfansdémonf
trationpour lespetitesvariationsdes trian
glesſphériques, ſontdémontréesdans l'ou
vrage de M. deLalande ; &cevingt-troi
ſieme livre eft terminé par uneméthode
pourréſoudre tous les triangles ſphériques
avec la règle & le compas,dont onpeut
faireunuſage commodeenbiendesocca
fions.
Le vingt-quatrième & dernier livre eſt
untraité du calcul aſtronomique , plus
étendu & plusdétaillé qu'aucun ouvrage
que l'on ait eu ; ony apprend àcalculer
toute forted'obſervations, à les réduire,
àentirerlesconféquences néceſſaires pour
qu'on puiffe faire uſage de ces obferva
tions: ces fortes de calculs, que tous les
Aſtronomes favent. par tradition , ou par
lequel ils ſefontdes méthodes aubeſoin,
n'avoient jamais été mis à la portée du
public, & raffemblés , comme l'a fait M.
de Lalande, pour completter fon ouvrage.
L'article qui concerne les longitudes en
36 MERCURE DE FRANCE.
mereſt ledernier de tous ; ildevoitnatuu
rellement couronner unouvragedontl'ob
jetleplus effentiel, oudu moins l'appli
cationlaplus importante, eſt la marine
M. deLalande avoitdéja traité cettema
tièredans fon expoſition du calcul aftro
nomique en 1762 , mais il a donnédans
cet ouvrageciune comparaiſondes diffé
rentes méthodes, &unenouvellemanière
de trouver les réfractions& les parallaxes
de diſtance plus courte que celles qui
étoient connuesjuſqu'à préſent. Tout ce
quenousvenons dediredes vingt-quatre
livres de cette aſtronomie ne donnera
qu'une légère idée de la multitude des
matières quiy fonttraitées ; nous n'avons
fait qu'indiquer les endroits remarquables
parleurnouveauté:nous finironsendiſant
que ſur les objets que M. de Lalanden'a
puapprofondirdansl'eſpacededeux volu
mes in-40, il aindiquétous lesAuteurs,
enforteque fon ouvrage contient ou un
extraitou une indicationde tout ce qu'on
a fait de bon juſqu'à cejour ſur toutes
les partiesde l'aſtronomie.
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