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p. 93-104
ANNONCES DE LIVRES.
Début :
MÉMOIRES sur les Matières domaniales, ou Traité du Domaine, Ouvrage [...]
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texteReconnaissance textuelle : ANNONCES DE LIVRES.
ANNONCES DE LIVRES.
MÉMOIRES sur les Matières domaniales,
ou Traité du Domaine, Ouvrage
poſthume de feu M. le Fevre de laPlanche,
Avocat du Roi au Bureau des Finan
ccs, ordinaire en la Chambre du Do
maine ; avec une Préface & des Notes
de l'Editeur.A Paris, chez Deſaint &
o4 MERCURE DE FRANCE.
Saillant , rue S. Jean de Beauvais , &
chez Vincent , rue S. Severin ; avec
Approbation & Privilége du Roi, 1764,
Tome premier in-4°.
Voici le premier Tome d'un Ouvra
ge qui ſera ſuivi de deux autres volu
mes que l'on imprime préſentement,
& qui ſeront délivrés dans le courant
de l'année. Le prix total eſt de 3o liv.
c'eſt-à-dire de 1o liv. chaque volume
en feuille. Les Libraires reçoivent 15
livres en délivrant le premier volume,
& donnent leur engagement de remet
tre à la fin de l'année, pour pareilie
ſomme, les Tomes 2. & 3. Aucun Au
teur n'avoit encore donné ſur les Ma
tières Domaniales des ſecours qui ré
pondiſſent aux deſirs des Juriſconſultes ;
on a lieu de croire par conſéquent que
ce Livre recevra de leur part un ac
cueil favorable. Il contient une érudi
tion abondante; & l'Editeur y a joint
une Préface & des Notes dans leſquel
les il s'eſt propoſé de ſuppléer à ce qui
manquoit pour donner à l'Ouvrage
§ la perfection dont il eſt ſuſcep
tlble.
| INsTRUCTIoNs pour les jeunes Da
mes qui entrent dans le monde ; ſe mar
J U I N. 1764.
95
rient ; leurs devoirs dans cet état & en
vers leurs enfans ; pour ſervir de ſui e
, au magazin des adoleſcentes ; par Ma
dame Leprince de Beaumont ; à Lon
dres , chez Jean Nourſe , libraire du
Roi ; & à Paris , chez Deſaint & Sail
|
lant , rue S. Jean de Beauvais , vis-à-
vis le K ol'ége ; 1764 ; quatre volumes
in-12. petit fcrmat.
·
Madame Leprince de Beaumont tra
vaille depuis douze ans a inſtruire les
enfans & les adoleſcentes ; & tout le
monde ſçait le ſuccès de ſes I ivres auſ
quels elle a toujours donné le titre de
· Magazin. Celui ci qui eſt fait dans le
· même goût, nourroit être intitulé le Ma
gaſin des filles à marier , & ne mérite
pas moins oue les précédens , l'ac
·cueil favorable du Public.
.
, LETTREs d'un A8ionnaire ſur le
Commerce de la Con p gnie des In
des ; à Avignon , 17b4 ; Brochure in
12. de 64 pages.
-
,-
,
-
Ces Lettres traitent 1 °. de l'utilité du
Commerce de la Cempagnie des In
des. 2°. Du parti qu'ont pris quelques
A8tionnaires d'en demander la diſſolu
tion. 3°. De la queſtion s'il ne ſeroit pas
plus avantageux de rendre le Commer
/
-
-
96 MERCURE DE FRANCE.
ce libre, que d'en accorder le privilége
excluſif à une Compagnie. 4°: Sur la
poſſibilité de remonter ce commerce
pour le rendre avantageux à l'Etat &
utile aux citoyens.
LEs Métamorphoſes, Poëme héroï
comique , traduit de l'Allemand de
M. Zacharie. A Paris , chez Four
nier, Libraire , rue de Hurepoix , à
la Providence , 1764; brochure in-12 ,
petit format.
On lit dans la Préface, que le Poëme
dont on donne la traduction, eſt le coup
d'eſſai d'un Auteur que l'Allemagne
met au nombre de ceux qui lui font le
· plus d'honneur. M. Zacharie avoit à
peine dix-huit ans , lorſqu'il publia ces
Métamorphoſes ; & elles furent reçues
avec un applaudiſſement univerſel. C'eſt
une ſatyre enjouée & délicate contre les
Coquettes & les Petits-Maîtres. L'Au
teur a ſçu y répandre le badinage le plus
ingénieux, des alluſions hardies, mais
qui plaiſent par leur vérité , & un co
mique riant, que reléve le contraſte ſin
gulier de ſes comparaiſons.
· LETTRE de Valcour, Officier Fran
gois, à Zetla, jeune Sauvage eſclave à
Conſtantinople ,
(
|
l
J U I N. 1764..
97
Conſtantinople, précédée d'une Lettre
à Madame ***. en France ; 1764, bro
chure in-8°. de 24 p. avec deux petites
vignettes, chez Cailleau , Libraire, rue
Saint Jacques.
-
Nous avons annoncé dans un de nos
Mercures précédens une Lettre de Zéila à
Valcour, par M. Dorat. Un jeune Au
teur qui n'écrit pas encore en proſe &
en vers auſſi-bien que M Dorat, a fait
une réponſe à cette Lettre : mais il n'é-
gale ſon modèle ni par le mérite litté
raire, ni par la dépenſe faite pour l'exé
cution typographique.
PRoSPEcTUs de trois Ouvrages pro
poſés par ſouſcription, dont l'un eſt in
titulé Guide du Commerce : le ſecond ,
Meppemondes , ou Tables pour trouver
la correſpondance des poids , des au
nages & des meſures de continence, qui
ſont en uſage dans l'Europe, l'Aſie ,
l'Afrique & l'Amérique. Le troiſiéme ,
l'Arithmétique démontrée, opérée & ex
pliquée, par M. G*** de L***, né
gociant à Nantes, avec approbation &
privilége du Roi. Le premier formera
deux volumes, l'un in folio & l'autre
in-4°. Le ſecond ſera un volume in-8°,
ainſi que le troiſiéme.
E
93 MERCURE DE FRANCE.
| On aura une connoiſſance exacte de
ce que contiennent ces trois Ouvrages,
en liſant le Proſpectus qui ſe diſtribue à
Paris chez Deſpilly, Libraire , rue S.
Jacques, à la Croix d'or; & à Nantes,
chez la veuve Vatar, haute grande rue.
Nous dirons ſeulement ici, qu'ils nous
paroiſſent devoir intéreſſer tous les Com
merçans,les Banquiers & les Financiers :
ils liront dans le Proſpectus les condi
tions propoſées aux Souſcripteurs, le
prix des Livres, & le tems où ils pour
.ront être délivrés , &c.
HIsToIRE de la Maiſon de Montmo
rency, par M. Déſormeaux ; à Paris ,
. chez Deſaint & Saillant, Libraires, rue
S. Jean de Beauvais, & chez Ducheſne,
rue S. Jacques , 1764, avec approba
tion & privilége du Roi, cinq volumes
, In - I 2.
En attendant que nous faſſions un
ou pluſieurs extraits de cette Hiſtoire
curieuſe , intéreſſante & bien écrite,
nous ne ferons qu'indiquer aujourd'hui
ce que contient chacun des volumes
dont elle eſt compoſée. Le premier ren
ferme la Généalogie de la Maiſon de
Montntcrency, & ſon Hiſtoire depuis
l'année 96o , juſqu'en 1531. Le ſe
cond, la vie du Connétable Anne , &
-
, J U I N. 1764:
99
celle de François, Maréchal de France,
depuis 1494, juſqu'en 1579. Le troi
ſiéme, la Vie de Henri I, Connétable
de France , celle de Charles , Duc d'Am
ville, grand Amiral de France, & celle
de Henri II , Duc de Montmorenci ,
depuis 1 547, juſqu'en 1632. Le qua
· triéme, la Vie de François-Henri de
Montmorenci , Maréchal , Duc de
Luxembourg, depuis 1628 , juſqu'en
1679. Le cinquiéme, la ſuite de cette
-Vie, juſqu'en 1695.
DE l'exportation & de l'inportation
des grains , Mémoire lû à la Société
-Royale d'Agriculture de Soiſſons, par
M. Dupont, l'un des Aſſociés , avec
cette épigraphe : fluunt imbres , naſci
turaurum. F. Q. A Soiſſons, & ſe trouve
à Paris , chez P. G. Simon , Imprimeur
du Parlement, rue de la Harpe, à l'Her
cule ; avec approbation & privilége du
Roi, 1764; brochure in-8°. de 175
pages.
Il s'agit de prouver les avantages im
menſes que la Nation trouveroit dans
la liberté générale, abſolue & irrévo
cable du commerce extérieur des grains.
Cet écrit nous paroît auſſi ſolide & auſſi
convainquant, que nous le trouvons
E ij
1oo MERCURE DE FRANCE,
clair , précis & méthodique. Par-tout
l'Auteur s'y montre comme un citoyen
zélé, dont toutes les vues n'ont pour
objet que le bien public.
HIsToIRE d'Angleterre, depuis la
deſcente de Jules-Céſar, juſqu'au Trai
té d'Aix-la-Chapelle en 1748, par M.
T. Smolett, M. D. traduite de l'Anglois
par M. Targe, Correſpondant de l'Aca
démie Royale de Marine, & Profeſſeur
de Mathématique à l'Ecole Royale mili
taire; à Orléans, chez J. Rouzeau-Mon- .
taut, & à Paris , chez Deſaint & Sail
lant, rue S. Jean de Beauvais, & chez
Deſpilly , rue S. Jacques, dix-neuf vo
lumes in-12 , avec approbation & pri
vilége du Roi.
On a rendu compte dans le Mercure
du mois de Décembre 176o des quatre
premiers volumes de cet Ouvrage, ce
qu'on auroit continué de faire, ſi on en
avoit eu plutôt la ſuite : il a eu le ſuccès
le plus étonnant dans ſa langue origi
nale. Après pluſieurs éditions qui ont
conſommé plus de dou7e mille exem
plaires , les Libraires de Londres en
annoncent deux nouvelles ſous diffé
rens formats. Cette Hiſtoire eſt la ſeule
qui conduiſe les événemens juſqu'à
J U I N. 1764.
- IO I
notre temps. On continuera à la don
ner pour le prix de quarante-huit livres
reliée, juſqu'à la fin de la préſente an
née , après lequel temps elle ſe vendra
trois livres le volume. On en trouve
des exemplaires à Lyon , chez Bruiſet
Ponthus , & à Rouen , chez la veuve
Dumeſnil.
VIE de Michel de L'Hôpital, Chan
celier de France , à Londres, chez Da
vid Wilſon , & à Paris, chez Debure,
pere, quai des Auguſtins, à l'image S.
Paul , avec permiſſion, 1764, un vol.
in-12. prix , 2 liv. 8 ſols broché.
A juger par l'impreſſion qu'a fait ſur
nous la lecture de cet Ouvrage, nous
croyons qu'on le lira avec le † grand
intérêt. L'Auteur nous repréſente le
Chancelier de L'Hôpital comme un des
perſonnages les plus eſtimables qu'ait
roduit la Nation. Le bien public fut
† qui occupa tous les inſtans de ſa
vie; & pour rendre ſes concitoyens plus
heureux, il ne voulut que les rendre
plus raiſonnables. C'eſt ſous ce point de
vue que l'Hiſtorien enviſage ſon Héros ;
& les détails qu'il offre à ſes Lecteurs
ſont également curieux & inſtructifs.
E iij
',
no2 MERCURE DE FRANCE.
D1ssERTATION adreſſée à nos Sei
gneurs les Evêques, où les jeunes Ex
Jéſuites prouvent qu'ils peuvent en hon
rieur & en ſûreté de conſcience, prêter
les ſermens que les Parlemens exigent
d'eux, brochure in-12 de ſoixante-huit
pages, dont on trouve quelques exem
plaires à Lyon, chez les Libraires aſſo
ciés, & à Paris chez Bauche, quai des
Auguſtins , 1764.
On expoſe d'abord la formule du ſer
ment; on la partage enſuite en pluſieurs
articles ; on fait voir qu'il n'y en a aucun
que les jeunes Jéſuites , c'eſt-à-dire,
ceux qui n'ont pas fait les derniers vœux,
ne puiſſent ſigner. On propoſe les diffé
rentes objections que l'on peut faire
contre cette opinion ; & il nous a paru
qu'on les réfutoit aſſez bien.
RÉFLExIoNs générales ſur l'iſle de
Minorque, ſur ſon climat, ſur la ma
nière de vivre de ſes habitans , & ſur
les maladies qui y regnent , par M.
Claude-François Paſſerat de la Cha
pelle , Conſeiller du Roi, Medecin ci
devant de l'Armée de France dans cette
iſle, Aſſocié-Correſpondant de la So
ciété Royale des Sciences de Montpel
lier , à Paris, chez la veuve d'Houry ,
J U I N. 1764.
: c3
Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'Or
léans, rue S. Severin, près la rue S.
Jacques , avec approbation & permiſ
fion , 1764 , brochure in-12 de 139
pages.
-
A
L'Auteur n'avoit d'abord fait ces ob
ſervations que pour ſa propre inſtruc
· tion ; mais les avantages qu'il en retira
pour fa pratique, lui perſuaderent qu'el
les pourroient être utiles à ceux qui lui
· ſuccéderoient dans la place qu'il occu
poit. Il les rédigea donc par écrit : il y
joignit les réfléxions qu'il avoit faites
ſur les maladies qui lui avoient paru
régner plus particuliérement dans ce
pays, & dépendre de l'expoſition des
lieux, de la nature du ſol & de la ma
nière de vivre de ſes habitans. Il forma
de tout cela l'Ouvrage que nous an
nonçons, & que nous croyons très
utile.
TARIF de la réduction des mon
noies de France & de Lorraine; à Nan
cy, chez Charlot, fils, Imprimeur des
Cours Souveraines , rue S. Nicolas ,
1763 , & à Paris, chez Brocas & Hum
blot, rue S. Jacques , au ChefS. Jean,
petit in-32 de 4o pages.
Ce Livret peut convenir aux Négo
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
cians de France qui ſont dans le cas de
faire le commerce avec les Lorrains.
DIssERTATIoN ſur les dépôts du
ſinus maxillaire , par M. Bourdet, Den
tiſte du Roi , Chirurgien ordinaire ,
Opérateur de Sa Majeſté, &c. A Paris,
de l'imprimerie de Jean-Thomas Hériſ
ſant, Imprimeur du Cabinet du Roi,
avec approbation & permiſſion, 1764,
brochure in-12 de quarante-huit†
M. Sue ,
Chirurgien & Cenſeur
Royal, dit dans ſon Approbation , que
l'Ecrit de M. Bourdet , ſon confrère ,
contient pluſieurs obſervations qui lui
ont paru intéreſſantes & utiles au Pu
blic. Nous nous en tenons à cette déci
ſion d'un homme de l'Art.
MÉMOIRES sur les Matières domaniales,
ou Traité du Domaine, Ouvrage
poſthume de feu M. le Fevre de laPlanche,
Avocat du Roi au Bureau des Finan
ccs, ordinaire en la Chambre du Do
maine ; avec une Préface & des Notes
de l'Editeur.A Paris, chez Deſaint &
o4 MERCURE DE FRANCE.
Saillant , rue S. Jean de Beauvais , &
chez Vincent , rue S. Severin ; avec
Approbation & Privilége du Roi, 1764,
Tome premier in-4°.
Voici le premier Tome d'un Ouvra
ge qui ſera ſuivi de deux autres volu
mes que l'on imprime préſentement,
& qui ſeront délivrés dans le courant
de l'année. Le prix total eſt de 3o liv.
c'eſt-à-dire de 1o liv. chaque volume
en feuille. Les Libraires reçoivent 15
livres en délivrant le premier volume,
& donnent leur engagement de remet
tre à la fin de l'année, pour pareilie
ſomme, les Tomes 2. & 3. Aucun Au
teur n'avoit encore donné ſur les Ma
tières Domaniales des ſecours qui ré
pondiſſent aux deſirs des Juriſconſultes ;
on a lieu de croire par conſéquent que
ce Livre recevra de leur part un ac
cueil favorable. Il contient une érudi
tion abondante; & l'Editeur y a joint
une Préface & des Notes dans leſquel
les il s'eſt propoſé de ſuppléer à ce qui
manquoit pour donner à l'Ouvrage
§ la perfection dont il eſt ſuſcep
tlble.
| INsTRUCTIoNs pour les jeunes Da
mes qui entrent dans le monde ; ſe mar
J U I N. 1764.
95
rient ; leurs devoirs dans cet état & en
vers leurs enfans ; pour ſervir de ſui e
, au magazin des adoleſcentes ; par Ma
dame Leprince de Beaumont ; à Lon
dres , chez Jean Nourſe , libraire du
Roi ; & à Paris , chez Deſaint & Sail
|
lant , rue S. Jean de Beauvais , vis-à-
vis le K ol'ége ; 1764 ; quatre volumes
in-12. petit fcrmat.
·
Madame Leprince de Beaumont tra
vaille depuis douze ans a inſtruire les
enfans & les adoleſcentes ; & tout le
monde ſçait le ſuccès de ſes I ivres auſ
quels elle a toujours donné le titre de
· Magazin. Celui ci qui eſt fait dans le
· même goût, nourroit être intitulé le Ma
gaſin des filles à marier , & ne mérite
pas moins oue les précédens , l'ac
·cueil favorable du Public.
.
, LETTREs d'un A8ionnaire ſur le
Commerce de la Con p gnie des In
des ; à Avignon , 17b4 ; Brochure in
12. de 64 pages.
-
,-
,
-
Ces Lettres traitent 1 °. de l'utilité du
Commerce de la Cempagnie des In
des. 2°. Du parti qu'ont pris quelques
A8tionnaires d'en demander la diſſolu
tion. 3°. De la queſtion s'il ne ſeroit pas
plus avantageux de rendre le Commer
/
-
-
96 MERCURE DE FRANCE.
ce libre, que d'en accorder le privilége
excluſif à une Compagnie. 4°: Sur la
poſſibilité de remonter ce commerce
pour le rendre avantageux à l'Etat &
utile aux citoyens.
LEs Métamorphoſes, Poëme héroï
comique , traduit de l'Allemand de
M. Zacharie. A Paris , chez Four
nier, Libraire , rue de Hurepoix , à
la Providence , 1764; brochure in-12 ,
petit format.
On lit dans la Préface, que le Poëme
dont on donne la traduction, eſt le coup
d'eſſai d'un Auteur que l'Allemagne
met au nombre de ceux qui lui font le
· plus d'honneur. M. Zacharie avoit à
peine dix-huit ans , lorſqu'il publia ces
Métamorphoſes ; & elles furent reçues
avec un applaudiſſement univerſel. C'eſt
une ſatyre enjouée & délicate contre les
Coquettes & les Petits-Maîtres. L'Au
teur a ſçu y répandre le badinage le plus
ingénieux, des alluſions hardies, mais
qui plaiſent par leur vérité , & un co
mique riant, que reléve le contraſte ſin
gulier de ſes comparaiſons.
· LETTRE de Valcour, Officier Fran
gois, à Zetla, jeune Sauvage eſclave à
Conſtantinople ,
(
|
l
J U I N. 1764..
97
Conſtantinople, précédée d'une Lettre
à Madame ***. en France ; 1764, bro
chure in-8°. de 24 p. avec deux petites
vignettes, chez Cailleau , Libraire, rue
Saint Jacques.
-
Nous avons annoncé dans un de nos
Mercures précédens une Lettre de Zéila à
Valcour, par M. Dorat. Un jeune Au
teur qui n'écrit pas encore en proſe &
en vers auſſi-bien que M Dorat, a fait
une réponſe à cette Lettre : mais il n'é-
gale ſon modèle ni par le mérite litté
raire, ni par la dépenſe faite pour l'exé
cution typographique.
PRoSPEcTUs de trois Ouvrages pro
poſés par ſouſcription, dont l'un eſt in
titulé Guide du Commerce : le ſecond ,
Meppemondes , ou Tables pour trouver
la correſpondance des poids , des au
nages & des meſures de continence, qui
ſont en uſage dans l'Europe, l'Aſie ,
l'Afrique & l'Amérique. Le troiſiéme ,
l'Arithmétique démontrée, opérée & ex
pliquée, par M. G*** de L***, né
gociant à Nantes, avec approbation &
privilége du Roi. Le premier formera
deux volumes, l'un in folio & l'autre
in-4°. Le ſecond ſera un volume in-8°,
ainſi que le troiſiéme.
E
93 MERCURE DE FRANCE.
| On aura une connoiſſance exacte de
ce que contiennent ces trois Ouvrages,
en liſant le Proſpectus qui ſe diſtribue à
Paris chez Deſpilly, Libraire , rue S.
Jacques, à la Croix d'or; & à Nantes,
chez la veuve Vatar, haute grande rue.
Nous dirons ſeulement ici, qu'ils nous
paroiſſent devoir intéreſſer tous les Com
merçans,les Banquiers & les Financiers :
ils liront dans le Proſpectus les condi
tions propoſées aux Souſcripteurs, le
prix des Livres, & le tems où ils pour
.ront être délivrés , &c.
HIsToIRE de la Maiſon de Montmo
rency, par M. Déſormeaux ; à Paris ,
. chez Deſaint & Saillant, Libraires, rue
S. Jean de Beauvais, & chez Ducheſne,
rue S. Jacques , 1764, avec approba
tion & privilége du Roi, cinq volumes
, In - I 2.
En attendant que nous faſſions un
ou pluſieurs extraits de cette Hiſtoire
curieuſe , intéreſſante & bien écrite,
nous ne ferons qu'indiquer aujourd'hui
ce que contient chacun des volumes
dont elle eſt compoſée. Le premier ren
ferme la Généalogie de la Maiſon de
Montntcrency, & ſon Hiſtoire depuis
l'année 96o , juſqu'en 1531. Le ſe
cond, la vie du Connétable Anne , &
-
, J U I N. 1764:
99
celle de François, Maréchal de France,
depuis 1494, juſqu'en 1579. Le troi
ſiéme, la Vie de Henri I, Connétable
de France , celle de Charles , Duc d'Am
ville, grand Amiral de France, & celle
de Henri II , Duc de Montmorenci ,
depuis 1 547, juſqu'en 1632. Le qua
· triéme, la Vie de François-Henri de
Montmorenci , Maréchal , Duc de
Luxembourg, depuis 1628 , juſqu'en
1679. Le cinquiéme, la ſuite de cette
-Vie, juſqu'en 1695.
DE l'exportation & de l'inportation
des grains , Mémoire lû à la Société
-Royale d'Agriculture de Soiſſons, par
M. Dupont, l'un des Aſſociés , avec
cette épigraphe : fluunt imbres , naſci
turaurum. F. Q. A Soiſſons, & ſe trouve
à Paris , chez P. G. Simon , Imprimeur
du Parlement, rue de la Harpe, à l'Her
cule ; avec approbation & privilége du
Roi, 1764; brochure in-8°. de 175
pages.
Il s'agit de prouver les avantages im
menſes que la Nation trouveroit dans
la liberté générale, abſolue & irrévo
cable du commerce extérieur des grains.
Cet écrit nous paroît auſſi ſolide & auſſi
convainquant, que nous le trouvons
E ij
1oo MERCURE DE FRANCE,
clair , précis & méthodique. Par-tout
l'Auteur s'y montre comme un citoyen
zélé, dont toutes les vues n'ont pour
objet que le bien public.
HIsToIRE d'Angleterre, depuis la
deſcente de Jules-Céſar, juſqu'au Trai
té d'Aix-la-Chapelle en 1748, par M.
T. Smolett, M. D. traduite de l'Anglois
par M. Targe, Correſpondant de l'Aca
démie Royale de Marine, & Profeſſeur
de Mathématique à l'Ecole Royale mili
taire; à Orléans, chez J. Rouzeau-Mon- .
taut, & à Paris , chez Deſaint & Sail
lant, rue S. Jean de Beauvais, & chez
Deſpilly , rue S. Jacques, dix-neuf vo
lumes in-12 , avec approbation & pri
vilége du Roi.
On a rendu compte dans le Mercure
du mois de Décembre 176o des quatre
premiers volumes de cet Ouvrage, ce
qu'on auroit continué de faire, ſi on en
avoit eu plutôt la ſuite : il a eu le ſuccès
le plus étonnant dans ſa langue origi
nale. Après pluſieurs éditions qui ont
conſommé plus de dou7e mille exem
plaires , les Libraires de Londres en
annoncent deux nouvelles ſous diffé
rens formats. Cette Hiſtoire eſt la ſeule
qui conduiſe les événemens juſqu'à
J U I N. 1764.
- IO I
notre temps. On continuera à la don
ner pour le prix de quarante-huit livres
reliée, juſqu'à la fin de la préſente an
née , après lequel temps elle ſe vendra
trois livres le volume. On en trouve
des exemplaires à Lyon , chez Bruiſet
Ponthus , & à Rouen , chez la veuve
Dumeſnil.
VIE de Michel de L'Hôpital, Chan
celier de France , à Londres, chez Da
vid Wilſon , & à Paris, chez Debure,
pere, quai des Auguſtins, à l'image S.
Paul , avec permiſſion, 1764, un vol.
in-12. prix , 2 liv. 8 ſols broché.
A juger par l'impreſſion qu'a fait ſur
nous la lecture de cet Ouvrage, nous
croyons qu'on le lira avec le † grand
intérêt. L'Auteur nous repréſente le
Chancelier de L'Hôpital comme un des
perſonnages les plus eſtimables qu'ait
roduit la Nation. Le bien public fut
† qui occupa tous les inſtans de ſa
vie; & pour rendre ſes concitoyens plus
heureux, il ne voulut que les rendre
plus raiſonnables. C'eſt ſous ce point de
vue que l'Hiſtorien enviſage ſon Héros ;
& les détails qu'il offre à ſes Lecteurs
ſont également curieux & inſtructifs.
E iij
',
no2 MERCURE DE FRANCE.
D1ssERTATION adreſſée à nos Sei
gneurs les Evêques, où les jeunes Ex
Jéſuites prouvent qu'ils peuvent en hon
rieur & en ſûreté de conſcience, prêter
les ſermens que les Parlemens exigent
d'eux, brochure in-12 de ſoixante-huit
pages, dont on trouve quelques exem
plaires à Lyon, chez les Libraires aſſo
ciés, & à Paris chez Bauche, quai des
Auguſtins , 1764.
On expoſe d'abord la formule du ſer
ment; on la partage enſuite en pluſieurs
articles ; on fait voir qu'il n'y en a aucun
que les jeunes Jéſuites , c'eſt-à-dire,
ceux qui n'ont pas fait les derniers vœux,
ne puiſſent ſigner. On propoſe les diffé
rentes objections que l'on peut faire
contre cette opinion ; & il nous a paru
qu'on les réfutoit aſſez bien.
RÉFLExIoNs générales ſur l'iſle de
Minorque, ſur ſon climat, ſur la ma
nière de vivre de ſes habitans , & ſur
les maladies qui y regnent , par M.
Claude-François Paſſerat de la Cha
pelle , Conſeiller du Roi, Medecin ci
devant de l'Armée de France dans cette
iſle, Aſſocié-Correſpondant de la So
ciété Royale des Sciences de Montpel
lier , à Paris, chez la veuve d'Houry ,
J U I N. 1764.
: c3
Imprimeur-Libraire de Mgr le Duc d'Or
léans, rue S. Severin, près la rue S.
Jacques , avec approbation & permiſ
fion , 1764 , brochure in-12 de 139
pages.
-
A
L'Auteur n'avoit d'abord fait ces ob
ſervations que pour ſa propre inſtruc
· tion ; mais les avantages qu'il en retira
pour fa pratique, lui perſuaderent qu'el
les pourroient être utiles à ceux qui lui
· ſuccéderoient dans la place qu'il occu
poit. Il les rédigea donc par écrit : il y
joignit les réfléxions qu'il avoit faites
ſur les maladies qui lui avoient paru
régner plus particuliérement dans ce
pays, & dépendre de l'expoſition des
lieux, de la nature du ſol & de la ma
nière de vivre de ſes habitans. Il forma
de tout cela l'Ouvrage que nous an
nonçons, & que nous croyons très
utile.
TARIF de la réduction des mon
noies de France & de Lorraine; à Nan
cy, chez Charlot, fils, Imprimeur des
Cours Souveraines , rue S. Nicolas ,
1763 , & à Paris, chez Brocas & Hum
blot, rue S. Jacques , au ChefS. Jean,
petit in-32 de 4o pages.
Ce Livret peut convenir aux Négo
E iv
1o4 MERCURE DE FRANCE.
cians de France qui ſont dans le cas de
faire le commerce avec les Lorrains.
DIssERTATIoN ſur les dépôts du
ſinus maxillaire , par M. Bourdet, Den
tiſte du Roi , Chirurgien ordinaire ,
Opérateur de Sa Majeſté, &c. A Paris,
de l'imprimerie de Jean-Thomas Hériſ
ſant, Imprimeur du Cabinet du Roi,
avec approbation & permiſſion, 1764,
brochure in-12 de quarante-huit†
M. Sue ,
Chirurgien & Cenſeur
Royal, dit dans ſon Approbation , que
l'Ecrit de M. Bourdet , ſon confrère ,
contient pluſieurs obſervations qui lui
ont paru intéreſſantes & utiles au Pu
blic. Nous nous en tenons à cette déci
ſion d'un homme de l'Art.
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2
p. 104-109
« ARMORIAL général de la France, par MM. d'Hozier, tome huitieme, [...] »
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ARMORIAL général de la France, par MM. d'Hozier, tome huitieme, [...]
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ARMORIAL général de la France,
par MM. d'Hozier, tome huitieme,
vol. in folio.
Nous croyons ne pouvoir rien faire
de mieux, que de placer ici l'Avertiſſe
ment qui eſt à la tête de ce nouveau vo
lume. Ce ſont les Auteurs eux-mêmes
qui rendent compte au Public de l'in
terruption & de la repriſe de leur tra
vail.
» Après avoir ſuſpendu pendant quel
J U I N. 1764.
1o5
» ques années l'impreſſion de l'Armo
» rial Général, nous en publions enfin
» le huitiéme volume. Au reſte ſi nous
» avons un peu différé de ſatisfaire l'em
» preſſement qu'on a témoigné de voir
» la ſuite de cette collection, ce n'étoit
» pas que nous euſſions perdu de vuë
» les engagemens que nous avions con
» tractés vis-à-vis du public ; la guerre
» que Sa Majeſté vient de terminer à
» la ſatisfaction de ſes peuples , n'a
» prèſque point permis à la Nobleſſe,
» occupée du ſervice militaire, de s'em
» ployer à la recherche de ſes titres ,
» recherche qui néceſſairement deman
» de beaucoup de loiſir , & eſt fort
» diſpendieuſe. Telle a été l'unique
» cauſe de cette interruption & de nos
» délais.
» Nous ne diſſimulerons cependant
» pas que nous nous les reprochons en
» quelque ſorte , parce qu'un tas de
» compilateurs ſans goût, comme ſans
» caractère & ſans aveu, ont profité de
» notre filence pour infeſter le Public
» de productions généalogiques qui por
» tent l'empreinte d'une ignorance craſ
» ſe , ou de la plus honteuſe adulation.
» Ces Ecrivains téméraires ignorent ſans
» doute que les nobiliaires, regiſtres ,
E v
: C6 MERCURE DE FRANCE.
» catalogues héraldiques, & les autres
» ouvrages qui ont trait à la nobleſſe,
» ſont eſſentiellement réſervés aux fonc
» tions du Juge d'Armes, officier créé
» par Louis XIII, à la ſollicitation des
» Etats - Généraux , pour réprimer les
» uſurpations des faux nobles, & pour
» être ordinairement à la ſuite du Roi,
» afin de lui certifier la nobleſſe de ſes
» Sujets.
-
-
» Ayant donc en vue ces deux ob
» jets
, principaux devoirs de notre
» Charge , nous entreprîmes il y a plu
» ſieurs années l'Armorial Général de
» la France , ſur le plan que nous traça
» M. le Cardinal de Fleury par ordre
» de Sa Majeſté même. Nous ſentions
» toute la peſanteur du fardeau que l'on
» nous impoſoit, & nous fumes effrayés
» de l'étendue des obligations que nous
» allions contracter; mais enfin, notre
» courage & notre zèle nous animant,
» nous nous trouvâmes bientôt en état
» de faire paroître les ſept premiers vo
» lumes que nous eumes l'honneur de
» préſenter ſucceſfivement à Sa Ma
» jeſté : Elle voulut bien nous témoi
» gner qu'elle étoit ſatisfaite de notre
» travail ; & la Nation entière le reçut
» avec intérêt & reçonnoiſſance. Nous
-
J U I N. 1764.
1o7
» eſpérons que le huitiéme volume ne
» ſera pas moins bien accueilli que
» l'ont été les précédens.
» appuyées , ſoit ſur les
•
•
.
» Conformément à ce qu'avoit preſ
» crit M. le Cardinal de Fleury , on
»,y détaille degrés par degrés les filia
» tions , les ſervices, les graces reçues,
» les priviléges, les diſtinctions & les
» dignités dont les preuves ſe trouvent
titres #
» naux , ſoit ſur des Arrêts du Conſeil
» ou des Commiſſaires Généraux, ſoit
» ſur des Jugemens & Ordonnances des
» Commiſſaires députés dans les diffé
» rentes Généralités , des Arrêts des
» Cours Supérieures, des Sentences des
» Elections ,
des Procès-verbaux de
» Malthe, des invitations & admiſſions
» aux Etats dans les Provinces où ces
» aſſemblées ſe trouvent établies ; ſoit
» enfin ſur des preuves déja agréées par
» le Roi pour les établiſſemens qui en
» éxigent.
*.
» Quant à ce qui concerne les divers
» réglemens portés par nos Rois pour
» mettre un frein à la liberté que des
» Particuliers ſe donnent de s'arroger
» des titres , des qualifications & des
» armoiries qui ne leur appartiennent
» pas, nous renvoyons ceux qui deſi
|
-
•
-
*
-
. •
·
•
• •
• •
-
-
• • •
• •
. E vi.
"
• •
,º-
-
Io8 MERCURE DE FRANCE.
» reront en être inſtruits, au précis que
» nous en avons publié à la fin du ſe
» cond Tome de notre Armorial. La
» lecture & l'exécution de ces ſages Or
» donnances deviennent d'autant plus
» néceſſaires , que la licence à cet égard
» eſt portée aujourd'hui à un tel excès,
» qu'il ſemble que toutes les condi
» tions ſoient confondues , & qu'un
» homme fraîchement annobli ſe croye
» en droit de trancher de l'homme de
» qualité, & de s'annoncer ſous les dé
» nominations les plus diſtinguées ;
» comme ſi l'on ignoroit qu'on ne peut
» les prendre légitimement ces déno
» minations, qu'autant qu'elles ſont re
» vêtues du ſceau du Souverain & de
» l'enregiſtrement dans ſes Cours ! Il
» ſeroit inutile de répondre que la plû
» part de ces Réglemens ayant été faits
» dans des temps reculés , on peut ſe
» permettre de ne les plus obſerver. On
» ne preſcrit point contre des Loix de
» cette nature ; & c'eſt s'abuſer que de
» penſer que leur vétuſté ſoit un pré
» texte ſuffiſant pour juſtifier leur inob
» ſervance. Auſſi peut-on ſe promettre
» que le zèle des Cours Supérieures ſe
· » ranimera à ce ſujet. Dépoſitaires du
» pouvoir de Sa Majeſté, verroient- .
» elles avec indlfférence léſer ſes droits
J U I N. 1764.
1o9
» par des , uſurpations qu'on pourroit
» avec raiſsn taxer d'attentats & d'en
» trepriſes ſur l'autorité du Monarque.
» Dans des temps où les abus en ce
» genre étoient beaucoup moins mul
» tipliés qu'ils ne le ſont de nos jours,
» le premier Parlement du Royaume
» rendit le 13 Août 1663 un Arrêt
» pour les proſcrire. Puiſſe ſa vigilance
» ſe porter encore vers cet objet ! »
par MM. d'Hozier, tome huitieme,
vol. in folio.
Nous croyons ne pouvoir rien faire
de mieux, que de placer ici l'Avertiſſe
ment qui eſt à la tête de ce nouveau vo
lume. Ce ſont les Auteurs eux-mêmes
qui rendent compte au Public de l'in
terruption & de la repriſe de leur tra
vail.
» Après avoir ſuſpendu pendant quel
J U I N. 1764.
1o5
» ques années l'impreſſion de l'Armo
» rial Général, nous en publions enfin
» le huitiéme volume. Au reſte ſi nous
» avons un peu différé de ſatisfaire l'em
» preſſement qu'on a témoigné de voir
» la ſuite de cette collection, ce n'étoit
» pas que nous euſſions perdu de vuë
» les engagemens que nous avions con
» tractés vis-à-vis du public ; la guerre
» que Sa Majeſté vient de terminer à
» la ſatisfaction de ſes peuples , n'a
» prèſque point permis à la Nobleſſe,
» occupée du ſervice militaire, de s'em
» ployer à la recherche de ſes titres ,
» recherche qui néceſſairement deman
» de beaucoup de loiſir , & eſt fort
» diſpendieuſe. Telle a été l'unique
» cauſe de cette interruption & de nos
» délais.
» Nous ne diſſimulerons cependant
» pas que nous nous les reprochons en
» quelque ſorte , parce qu'un tas de
» compilateurs ſans goût, comme ſans
» caractère & ſans aveu, ont profité de
» notre filence pour infeſter le Public
» de productions généalogiques qui por
» tent l'empreinte d'une ignorance craſ
» ſe , ou de la plus honteuſe adulation.
» Ces Ecrivains téméraires ignorent ſans
» doute que les nobiliaires, regiſtres ,
E v
: C6 MERCURE DE FRANCE.
» catalogues héraldiques, & les autres
» ouvrages qui ont trait à la nobleſſe,
» ſont eſſentiellement réſervés aux fonc
» tions du Juge d'Armes, officier créé
» par Louis XIII, à la ſollicitation des
» Etats - Généraux , pour réprimer les
» uſurpations des faux nobles, & pour
» être ordinairement à la ſuite du Roi,
» afin de lui certifier la nobleſſe de ſes
» Sujets.
-
-
» Ayant donc en vue ces deux ob
» jets
, principaux devoirs de notre
» Charge , nous entreprîmes il y a plu
» ſieurs années l'Armorial Général de
» la France , ſur le plan que nous traça
» M. le Cardinal de Fleury par ordre
» de Sa Majeſté même. Nous ſentions
» toute la peſanteur du fardeau que l'on
» nous impoſoit, & nous fumes effrayés
» de l'étendue des obligations que nous
» allions contracter; mais enfin, notre
» courage & notre zèle nous animant,
» nous nous trouvâmes bientôt en état
» de faire paroître les ſept premiers vo
» lumes que nous eumes l'honneur de
» préſenter ſucceſfivement à Sa Ma
» jeſté : Elle voulut bien nous témoi
» gner qu'elle étoit ſatisfaite de notre
» travail ; & la Nation entière le reçut
» avec intérêt & reçonnoiſſance. Nous
-
J U I N. 1764.
1o7
» eſpérons que le huitiéme volume ne
» ſera pas moins bien accueilli que
» l'ont été les précédens.
» appuyées , ſoit ſur les
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» Conformément à ce qu'avoit preſ
» crit M. le Cardinal de Fleury , on
»,y détaille degrés par degrés les filia
» tions , les ſervices, les graces reçues,
» les priviléges, les diſtinctions & les
» dignités dont les preuves ſe trouvent
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» naux , ſoit ſur des Arrêts du Conſeil
» ou des Commiſſaires Généraux, ſoit
» ſur des Jugemens & Ordonnances des
» Commiſſaires députés dans les diffé
» rentes Généralités , des Arrêts des
» Cours Supérieures, des Sentences des
» Elections ,
des Procès-verbaux de
» Malthe, des invitations & admiſſions
» aux Etats dans les Provinces où ces
» aſſemblées ſe trouvent établies ; ſoit
» enfin ſur des preuves déja agréées par
» le Roi pour les établiſſemens qui en
» éxigent.
*.
» Quant à ce qui concerne les divers
» réglemens portés par nos Rois pour
» mettre un frein à la liberté que des
» Particuliers ſe donnent de s'arroger
» des titres , des qualifications & des
» armoiries qui ne leur appartiennent
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» reront en être inſtruits, au précis que
» nous en avons publié à la fin du ſe
» cond Tome de notre Armorial. La
» lecture & l'exécution de ces ſages Or
» donnances deviennent d'autant plus
» néceſſaires , que la licence à cet égard
» eſt portée aujourd'hui à un tel excès,
» qu'il ſemble que toutes les condi
» tions ſoient confondues , & qu'un
» homme fraîchement annobli ſe croye
» en droit de trancher de l'homme de
» qualité, & de s'annoncer ſous les dé
» nominations les plus diſtinguées ;
» comme ſi l'on ignoroit qu'on ne peut
» les prendre légitimement ces déno
» minations, qu'autant qu'elles ſont re
» vêtues du ſceau du Souverain & de
» l'enregiſtrement dans ſes Cours ! Il
» ſeroit inutile de répondre que la plû
» part de ces Réglemens ayant été faits
» dans des temps reculés , on peut ſe
» permettre de ne les plus obſerver. On
» ne preſcrit point contre des Loix de
» cette nature ; & c'eſt s'abuſer que de
» penſer que leur vétuſté ſoit un pré
» texte ſuffiſant pour juſtifier leur inob
» ſervance. Auſſi peut-on ſe promettre
» que le zèle des Cours Supérieures ſe
· » ranimera à ce ſujet. Dépoſitaires du
» pouvoir de Sa Majeſté, verroient- .
» elles avec indlfférence léſer ſes droits
J U I N. 1764.
1o9
» par des , uſurpations qu'on pourroit
» avec raiſsn taxer d'attentats & d'en
» trepriſes ſur l'autorité du Monarque.
» Dans des temps où les abus en ce
» genre étoient beaucoup moins mul
» tipliés qu'ils ne le ſont de nos jours,
» le premier Parlement du Royaume
» rendit le 13 Août 1663 un Arrêt
» pour les proſcrire. Puiſſe ſa vigilance
» ſe porter encore vers cet objet ! »
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