Dom Armand Jean Le Bouthillier de Rancé Abbé de la Trappe : [estampe] (1703)
Données de base
Type de notice et de document: Monographie : ImageTitre et date: Dom Armand Jean Le Bouthillier de Rancé Abbé de la Trappe : [estampe] (1703) Mention de responsabilité: Hyac Rigault Pinxit / J. Crespy Sculp.Adresse: [S.l.]Description matérielle: 1 est. ; gravure en taille-douce ; 12,8 x 7,5 cm.Bibliothèque nationale de France: Notice no 44544020, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb445440209Source: Catalogue général de la Bibliothèque nationale de FranceRelations
Remarques et validité
Remarque du Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France:
Date : [1703]. / Buste de tr. q. à dr. Bordure ovale contenant la légende, sur fond rectangulaire / Sur la tablette : "Il marchera devant lui dans // l'esprit et la vertu d'Elie..." / Se trouve en tête de la "Vie de Armand-Jean Le Boutillier de Rancé",... par l'abbé de Marsollier ("Paris, J. de Nully", 1703, in-4°) [Impr., Ln27. 16959] / Le portrait de l'abbé de Rancé (nous parlons de l'original) a une curieuse histoire. Rigaud le fit de mémoire à la demande de Saint-Simon, qui relate en détail les circonstances de son exécution ("Mémoires", Grands Ecrivains, III, p. 253-264). Le duc aimait "Monsieur de la Trappe" et désirait "extrêmement pouvoir conserver sa ressemblance après lui". Mais il savait que l'humble moine ne consentirait jamais à poser. Pour arriver à ses fins il prit un biais. Il y avait à ce moment un artiste qui, selon lui, était "le premier peintre de l'Europe pour la ressemblance des hommes et pour une peinture forte et durable". C'était Rigaud. Saint-Simon décida de l'emmener à la Trappe. Mais comment introduire l'artiste chez l'abbé qui, en raison de son état de santé, ne recevait plus guère ? Il le fit passer pour un officier de sa connaissance désireux de voir une fois dans sa vie le réformateur de la Trappe. Pour détourner tout soupçon, il insinua au moine que son ami "étoit fort bègue et ne l'importuneroit pas de ses discours, mais qu'il comptoit bien s'en dédommager par ses regards". Rancé ne fit pas difficulté de recevoir l'ami de Saint-Simon. Rigaud avait disposé dans une pièce voisine "tout ce qu'il falloit pour l'exécution" du portrait. La visite terminée, le peintre alla sans tarder "jeter sur sa toile les images et les idées dont il s'étoit si bien rempli". L'abbé ne s'était douté de rien. Mais la visite du lendemain l'étonna. Et le surlendemain, quand Rigaud exigea une nouvelle séance pour mettre au point son travail, Rancé refusa net. Il trouvait étrange qu'un homme qu'il ne connaissait point et qui parlait si peu, mît tant d'insistance à le voir. Ce ne fut que sur les instantes prières de Saint-Simon qu'il consentit à se prêter au jeu une fois de plus et, quand ce fut fini, il ne put dissimuler sa surprise "d'avoir été tant et si longtemps regardé, et par une espèce de muet". Rigaud ne revit pas Rancé, mais, avant de quitter la Trappe, il fit encore au crayon le croquis d'un moine qui prit place au bureau que l'abbé occupait habituellement. C'était, nous dit-on, "pour l'attitude, les habits et le bureau même, tel qu'il étoit" / Rigaud reprit seul le chemin de Paris, emportant la tête exécutée de mémoire, mais "si bien attrapée et si parfaitement rendue" qu'elle fut considérée comme un chef-d'œuvre. Le peintre "l'adapta sur une toile en grand et y joignit le corps, le bureau et le reste". C'était, au dire de Saint-Simon, un admirable portrait. "La ressemblance dans la dernière exactitude, la douceur, la sérénité, la majesté de son visage, le feu noble, vif, perçant de ses yeux, si difficile à rendre, la finesse et tout l'esprit et le grand qu'exprimoit sa physionomie, cette candeur, cette sagesse, paix intérieure d'un homme qui possède son âme, tout étoit rendu, jusqu'aux grâces qui n'avoient point quitté ce visage exténué par la pénitence, l'âge et les souffrances" / Saint-Simon n'avait pas osé avouer à l'abbé de Rancé ce qu'il appelle son "larcin". En partant, il laissa une lettre où il sollicitait son pardon. Il aurait voulu que sa pieuse fraude restât secrète. Mais il avait compté sans son compère. Le peintre, fier de son tour de force, ne put tenir sa langue. Avant que le tableau ne fût remis à son propriétaire, il l'exhiba à tout venant et bientôt la cour et la ville furent au courant de l'histoire. On voulut des copies. Rigaud ne s'y refusa point et cette affaire lui rapporta 25.000 livres. Saint-Simon ne fut pas content. Il reprocha au peintre son "infidélité", mais il lui commanda d'autres copies, dont il distribua "quantité". Il légua l'original à la Trappe, après y avoir joint la note explicative suivante : "Monsieur de la Trappe avoit depuis quelques années la main droite ouverte et ne s'en pouvoit servir : dès que j'eus mon original, où il est peint la plume à la main, assis à son bureau, je fis écrire cette circonstance derrière la toile pour qu'à l'avenir elle ne fît point erreur, et surtout la manière dont il fut peint de mémoire, pour qu'il ne fût pas soupçonné de la complaisance de s'y être prêté". Cette inscription, assez fruste et en partie effacée, fut recouverte en 1865. Le tableau figura en 1878 à l'Exposition des portraits historiques organisée au Trocadéro (n° 232). Il appartient encore à la Trappe / Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle.
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