[Dessins des entrées pour : le Grand Bal de la douairière de Billebahaut, Ballet dansé par sa Majesté, Paris, 1626] : [dessin] (1626)

Données de base

Type de notice et de document: Monographie : ImageTitre et date: [Dessins des entrées pour : le Grand Bal de la douairière de Billebahaut, Ballet dansé par sa Majesté, Paris, 1626] : [dessin] (1626) Mention de responsabilité: [Atelier de Daniel Rabel]Description matérielle: 34 dessins ; plume, gouache et aquarelle.Matière: Costume de danseBibliothèque nationale de France: Notice no 45018984, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45018984nSource: Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France

Relations

Remarques et validité

Remarque du Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France:
Date : [1626]. / Ballet burlesque en 5 parties composant 34 entrées, dansé par le roi Louis XIII, 12 seigneurs de sa cour et des danseurs professionnels. Le ballet a été commandé à grands frais, inventé et offert au roi par le comte de Nemours, Henri Ier de Savoie, chargé de régler les spectacles de la cour après la mort du duc de Luynes en décembre 1621. La trame du récit est celle de la réception des noces ridicules d'une douairière c'est-à-dire une veuve que son mari a fait hériter d'une rente confortable et d'un Fanfan de Sotteville, terme populaire utilisé normalement par les pères pour carresser leurs femmes et leurs enfants. Les sources ne donnent pas de date précise mais ce ballet est datable du 24 février, jour qui marqua le début du carême et fut probablement dansé dans la grande salle du Louvre, puis quelques heures plus tard à l'Arsenal, avant sa réitération dans la nuit du 24 au 25 février à l'Hôtel de Ville de Paris, afin de fêter la signature de la paix entre le roi et les chefs protestants le 5 février 1626. Cette reprise du spectacle quelques heures après sa première représentation nécessita une réorganisation des machines et du décor et l'aménagement de ces salles. Le roi ordonna que l'assistance soient nombreuses, fit venir violons et autres musiciens et commanda un banquet / La plupart des costumes reposait sur un savoir-faire et sur un imaginaire exotique voire fantaisiste, de l'animalier réalisé grâce à des machines et de l'étrangeté (dans le double sens de étrange et de étranger). A cela s'ajoute la forte présence visuelle d'une culture populaire, le goût pour la déformation des corps par le costume et les effets comiques et de dérision qui jalonnent et fondent le coeur du ballet. / Chaque partie était l'occasion d'un ballet-mascarade distinct précédé d'un récit et composé d'entrées sur un thème commun. Ce ballet s'inspirait d'un jeu à la mode, le Jeu du monde, en mettant en scène chacune des 5 parties du monde connu, et s'inscrivait dans la lignée des ballets des Nations, valorisant les défilés d'étrangers venant porter un hommage universel au roi de France. Ce ballet jouait sur les effets de ridicule et de grotesque et la mise en dérision par le contraste entre un idéal et sa présentation de manière dérisoire et comique, très prisés à l'époque dans les ballets de Louis XIII, dont les costumes sont les reflets vestimentaires. A cela s'ajoute le goût de l'antithèse, du paradoxe et de l'ambiguïté. La dimension burlesque reposait surtout sur les danses qui participaient à des récits eux-mêmes railleurs, insistant sur l'ambiguïté des performances des danseurs et usant d'expressions familiaires et de proverbes pour renforcer ce contraste entre bon et mauvais. Enfin, la dimension satirique ajoute aux cibles traditionnelles (cocus, gueux chapardeurs, etc.) des cibles plus politiques telles Gaston d'Orléans, frère du roi. Selon Margaret McGowan, ce ballet serait une satire du Grand bal de la Reine Marguerite donné au Louvre en l'honneur du duc de Patrana pour fêter l'alliance matrimoniale franco-espagnole de 1612. La douairière serait une figure ridicule de la Reine Marie de Médicis. Cependant, toutes les nations représentées dans le ballet subissent la dérision et la charge du rire. Organisé et dansé par les courtisans eux-mêmes, ce ballet est avant tout une critique de l'aliénation croissante de la noblesse auprès du pouvoir royal face auquel elle tentait de s'affirmer difficilement, provoquant son avilissement (Franko, p.235-241), un regard désabusé et fortement politique sur leur propre condition / Titre complet du ballet : il n'existe aucun livret connu de ce ballet mais une relation incluant les récits en proses, les descriptions des entrées et les vers destinés aux personnages (Grand bal de la Douairière de Billebahaut. Ballet dansé par sa Majesté, s.l.n.d. (exemplaire de la BnF Tolbiac Impr. YF-815 avec ajout manuscrit "en février 1626, dans la salle du Louvre puis en la salle de l'Hôtel de ville de Paris") ), une réimpression parue chez Mathurin Henault pour le grand public mais au contenu fortement réduit et diverses publications séparées (Canova-Green, p. 99) / Cet ensemble a été rassemblé par Fevret de Fontette, conseiller au Parlement de Dijon, et acquis avec les dessins du ballet des Fées de la Forest de S. Germain et du Ballet du Chasteau de Bicestre en 1772 par le Cabinet du Roi (1774 selon L'inventaire du cabinet du Roy commencé par Joly en 1779, inclus parmi les numéros 1542 à 1594). Le Catalogue chronologique de la collection de Fevret de Fontette indique "Ballet des 4 parties du monde dansé par le Roi à St Germain en Laye le 17 janvier et jours suivants en 31 pièces, dessinées et enluminées" et inclus de manière erronée dans l'année1629. (Le comptage des dessins est donc erroné ou bien d'autres ont été ajoutés par la suite et le ballet a été mal identifié comme l'indiquent les ratûres sur la page de montage "Grand bal de la Douairière de Billebahaut" - 1626 /(Ballet des Quatre Parties du Monde dansé par Louis XIII à St Germain / le 17 janvier 1629 (rayé) et les jours suivants.) )" / La réalisation des costumes a été supervisée par Daniel Rabel, ingénieur ordinaire du roi Louis XIII. L'aspect des costumes est connu grâce à des ensembles de dessins réalisés par Rabel et son atelier, dont trois, quasi identiques, sont connus à ce jour : le premier est conservé au département des Arts Graphiques du Louvre, et généralement considéré par les chercheurs comme étant constitué des dessins originaux du fait de leur qualité supérieure (numéros d'inventaire : INV 32618 à 32645, 32647, 32648, 32692, 32606 à 32607) (McGowan ; Leconte) ; un second, conservé au Département des Estampes et de la Photographie de la BnF, contient des copies rassemblées par Fevret de Fontette afin de former un des 53 tomes de Recueil. Documents sur l'Histoire de France (cote RESERVE QB-3-FOL) ; le dernier, découvert en1985 dans une bibliothèque privée en Allemagne, est un ensemble composite de dessins de costumes de ballet, qui auraient servi d'esquisses préparatoires à Daniel Rabel et son atelier. Dessins conservés au Theatre Museum du Victoria & Albert Museum de Londres (Margaret McGowan)." / René Bordier est l'auteur principal des récits et des vers, associé à d'autres poètes restés anonymes ; Horace Morel, Michel Bourdin et Tomaso Francini étaient chargés de la scénographie et des artifices. La musique qui accompagnait les entrées est de Antoine Boësset, assisté par François Richard et Paul Auget (Leconte, p. 88)" / A noter que Boucher et M. Germain Bapst identifient de manière erronée ces deux ballets, inversant leur attribution.


Mentions dans d'autres contenus

Aucune mention.