[Jean-Jacques Rousseau] : [estampe] (1771)
Données de base
Type de notice et de document: Monographie : ImageTitre et date: [Jean-Jacques Rousseau] : [estampe] (1771) Mention de responsabilité: De la Tour pinx. / Ficquet Sculp.Édition, état: [État décrit dans l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle]Adresse: [S.l.]Description matérielle: 1 est. ; gravure en taille-douce ; 12 x 7,4 cm.Bibliothèque nationale de France: Notice no 44556608, https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb44556608sSource: Catalogue général de la Bibliothèque nationale de FranceRelations
Remarques et validité
Remarque du Catalogue général de la Bibliothèque nationale de France:
Date : [1771]. / En buste, de tr. q. à dr., assis sur une chaise de bois à boules, la main dr. passée dans l'ouverture du gilet. Bordure ovale ornée d'une guirlande de chêne et d'une guirlande de fleurs, sur un fond rectangulaire comprenant au bas, à dr., un livre ouvert avec l'inscription : "Vitam // impendere // vero" / Ficquet avait pris pour modèle et gravé, sans l'inverser, le pastel exécuté par La Tour à la demande du Genevois Coindet, admirateur de Jean-Jacques Rousseau. C'était la seconde réplique de l'œuvre exposée au Salon de 1753 ; elle appartient aujourd'hui au musée d'art et d'histoire de Genève [information 1962] (Cf. Wildenstein, "La Tour", N° 440, et fig. 83 ; Hippolyte Buffenoir, "Les portraits de Jean-Jacques Rousseau", t. I, p. 67-73). Selon un passage de la correspondance de Grimm cité par Buffenoir (p. 67), la gravure aurait été achevée dès le 15 juillet 1764. Pourtant, le 27 mars 1769, "l'Avant-Coureur" (p. 194) ne parle encore de ce portrait que comme d'un ouvrage en cours d'exécution. Le 17 juillet, le même périodique (p. 450) publiait une lettre d'un nommé Guichard "à l'Auteur de l'Avantcoureur", d'où il résulte que le "Rousseau de Genève" allait paraître "incessamment." Et c'est seulement en 1771, dans le N° du 21 octobre (p. 657), que paraît l'annonce de la mise en vente, au prix de 3 livres, "aux adresses ordinaires de gravures". Elle passe ensuite au "Mercure" de novembre 1771 (p. 162), et enfin au "Journal des Beaux-Arts" d'avril 1772 (II, p. 188), en même temps que celle du "Crébillon fils" ; on y voit que les bordures de ces deux portraits, "composées d'éléments allégoriques", ont été "dessinés et gravés par M. Choffart" / Buffenoir explique le retard mis à publier l'œuvre par le mécontentement de Rousseau, qui n'avait pas été consulté par Coindet et se serait opposé à la mise en vente. On lit dans "Rousseau jugé par Jean-Jacques" (2.e dialogue, éd. 1819, p. 153) ce passage qui, eu égard au caractère de l'auteur, n'est pas absolument incompatible avec l'hypothèse de Buffenoir : "C'est alors que parut le portrait grimacier de Fiquet, qu'on avait longtemps tenu en réserve, jusqu'à ce que le moment de le publier fût venu, afin que la mine basse et risible de la figure répondit à l'idée que l'on voulait donner de l'original." / Un peu plus haut (p. 148), il accusait Ficquet de lui avoir prêté la figure "d'un petit Crispin grimacier". Il faut avouer que, abstraction faite de sa perfection technique et de son velouté si goûté des amateurs, l'œuvre de Ficquet trahit fâcheusement le pastel de La Tour et mérite, en somme, le jugement de Rousseau" / D'autres différences de la gravure avec le pastel sont à noter : le buste y est plus largement montré, et laisse voir le bras droit replié horizontalement ; surtout, le dossier de la chaise, au lieu d'être à peine indiqué et arrondi comme dans le pastel, montre nettement un montant de bois tourné terminé par une boule. A propos de ce détail, il faut citer le passage suivant de l'"Éloge du Salon" de 1753 par Fréron : "M. Jean-Jacques Rousseau se trouve aussi parmi les illustres dont les images décorent le Salon. Les traits, sans être vivants, font plaisir à la vue ; tout ce que l'art imite parfaitement plaît aux yeux. Je ne sais si c'est une plaisanterie, mais on m'a assuré que l'austère Genevois avait fait une querelle à M. de La Tour de ce qu'il l'avait représenté assis sur une chaise mollement garnie de paille, et "dont les bâtons avaient des pommes". Un banc, une pierre, ou même la terre, voilà le siège que notre philosophe demandait." (Fréron, "Éloge du Salon"). La gravure de Ficquet a dû copier la "pomme" d'un de ces "bâtons" dans un état antérieur du pastel exécuté pour Coindet, et qui aura été modifié à la suite de la "querelle" dont fait état Fréron. S'il en est ainsi, l'écho rapporté dans l'"Éloge du Salon" n'était pas, comme le hasarde l'auteur, une "plaisanterie" / Notice chargée sans modification à partir de l'Inventaire du fonds français, graveurs du XVIIIe siècle.
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