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Titre

A Monsieur DE LA BRUERE, chargé du Mercure de France.

Titre d'après la table

A M. De la Bruere,

Fait partie d'une section
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53
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772
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773
Incipit

Ayant sçu, Monsieur, que le Mercure est entre vos mains, tous les Gens de

Texte
A Monsieur DE LA BRUERE , chargé
du Mercure de France.
A
Yant ſçu , Monfieur , que le Mercure
eſt entre vos mains , tous les Gens de
Lettres ont conçu la juſte eſperance qu'un
eſprit qui ſçait fi bien faire , ſçauroit toujours
bien choiſir , & que le Mercure feroit
un des meilleurs Journaux de l'Europe. Nous
nous flattons tous , Monfieur , que nous n'y
trouverons que des choſes dignes du public
éclairé , & plus il y en aura de vous , plus
le Public fera content. Nous ſeron délivrés
de cette foule de vers indignes de l'impreſfion
, de ces puérilités qui entretiennent le
mauvais gout des Provinces , de ces extraits
infideles des Pieces de Théatre , dans lefquels
on traitoit également l'ouvrage détef
table qui avoit été fiflé , & le bon qui avoit
eu un juſte ſuccès .
C'eſt dans cette confiance que j'ai l'honneur
de vous envoyer , Monfieur , l'Ouvrage
ci - joint qui fut compoſé ſous mes
yeux il y a deux ans par un jeune homme
qui donnoit les plus grandes eſpérances ; il
étoit plein de la lecture des Ouvrages de
M. de Voltaire. Vous vous apercevrez aifé-
C iij
34 MERCURE DE FRANCE.
ment qu'il aprochoit de fon modele. Je ne
ſçai ſi je me trompe , mais il me ſemble que
depuis la fondation des Prix , il n'y a jamais
eu de meilleure Piece que celle que je vous
envoye . C'eſt aux Connoiffeurs comme
vous à enjuger. Je me contente de rendre
au Public le ſervice de publier cet Ouvrage
, & de payer ce tribut à la mémoire du
jeune Auteur qui eft mort il y a quelques
mois. C'eſt une perte bien déplorable pour
les Lettres dans ce tems d'indigence , ou
plutôt d'abondance ſtérile où nous ſommes.
Il avoit commencé une Tragédie écrite
auſſi-bien que la petite Piece que je vous
envoye. Ses vers étoient pleins de génie &
corrects. Ce n'étoit pas une bonne tirade
ſuivie d'une mauvaiſe , une penſée fauſſe à
côté d'une vérité , un foleſciſme auprès d'un
bon vers , des choſes triviales en rimes de
recherche. Mais , Monfieur vous fentirez
mieux que moi le prix de ſon ſtile prix
bien rare , & bien rarement eſtimé ce qu'il
vaut. Il me fuffit de vous donner ce témoignage
de mon eſtime , & de mon ardeur
pour les Lettres.
Je ſuis,
A Strabourg ce premier
Décembre 1744..
Signature

A Strasbourg ce premier Décembre 1744.

Collectivité
Faux
Lieu
Date, calendrier grégorien
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Mots clefs
Est adressé ou dédié à une personne
Provient d'un lieu
Remarque

Sur ce texte et le suivant, voir Myrtille Méricam-Bourdet, Voltaire et le Mercure de France. Publier « avec approbation et privilège » dans la presse périodique du XVIIIe siècle, Paris, Hermann, 2025, p. 101.

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