Titre
ODE sur la mort du Roy.
Titre d'après la table
Ode sur la mort du Roy.
Fait partie d'une livraison
Page de début
26
Page de début dans la numérisation
31
Page de fin
36
Page de fin dans la numérisation
41
Incipit
Quelle douleur succede à tes vives allarmes ?
Texte
ODE 200
fur la mort du Roy
Quelle douleur fuccede à tes
vives allarmes ?
France, tupers Lois ton appui
dans tes maux
Qu'àtes pleurs l'univers vienne
د meslerſes Larmes
Lamort lui ravitſon Heros.
Son regne dont l'éclat plus de
deux foisſept lustres
GALANT. 27
Jusqu'aux climats brulans fit refpecter
les Lys
Fut moins long par les ans , que
par les faits illuftres
Dontſesfastesferontremplis.
CeHerosenluiſeul a réüni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertſes ayeux ;
Etfon regne àjamais
3
vir d'histoire
pourrafer.
De tous les regnesglorieux.
Lepenchant genereux qu'il reçut
en partage
Des Rois & des Etats lefit le
protecteur ;
Etfon grand nom le fruit de fon
Cij
28 MERCURE
noble courage ,
٦٠
L'enfit malgré luy la terreur.
Tout àses coups alors cedafans
resistance ,
La victoireſembloit aßervic afes
loix,
Ettantdefois vainqueur jamais
asapuißance
Loüis n'égala ſes exploits.
A bornerses progrés il trouva
plus de charmes ;
Au coeur de ce Monarque il en
pent trop coûté 2.
Defignater encor la force de ſes
rmes
Aux dépens de ſon équité.
Maisfoit qu'il triomphât de la
GALANT. 29
fortune altiere ,
Soit qu'il la vit partoutſeconder
ſes projets ,
Il fut plus grand dans l'une &
dans l'autre carriere
Quefa gloire &quefesfuccés.
En vain pour nous punir le
Ciebdans fa colere
Trancha le cours heureux de nos
profperitez;
Lois qu'il nous laiſſoit dans un
fort fi contraire
Nous répondoit deſes bontez.
Contre tous les reversfa grande
ame affermie
Dans l'excés de nos maux fut
nêtre unique appuy ,
Ciij
30 MERCURE
Et ce que nous oſtoit la fortune
ennemie
Nous le retrouvions tout en
luy.
Sa vertufçut bientoſt diſſiper
ces tempêtes ,
Et nous faire admirer ces beaux
jours retracez
Où l'avenir verra par unmois
de conquêtes
Des regnes fameux effacez.
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toûjours extrêmes
Fougueux dans les perils, laches
dans le repos ;
Illeur faut des combats , trop
foibles par cux mêmes
GALANT. 31
Pour pouvoir mourir en Heros.
Louis de ses beaux jours fent
approcher leperme
Tel qu'on le vit cent fois affronviouti
par le trépas :
Tout tremble &s'attendrit,Louis
٢٠
tranquile&ferme
il
Louis feul ne s'allarme pas.
Rien n'échape à ſes ſoins
parle,erfa fagiſſe
Datrône au jeuneRoy peint les
vécueils divers ;
Aux leçons quepour toy luy dicte
לייfa tendreffe ,
France, connois ce que tupers.
Pourquoyparſes leçons luy dé.
couvrir l'usage
Ciij
32 MERCURE
Que doit faire un grand coeur du
Souverain pouvoir
Qu'à ses yeux pour l'inftruire il
retrace l'image ১৯২
Du regne qu'il nous afaitvoir.
Pour la Religion que ne fit
ploaintfonzele?
C'est elle qui luy rend ce qu'elle
tient de luy;
Il fut fon protecteur , par un
retourfidele
Il trouve en elle unferme appuy.
Il meurt,mais plus beros qu'en
cesjours qu'on admire
Où Maîtreffe du fort de tousſes
ennemis
La France triomphantea vûfous
GALANT. 33.
for empire
L'Univers tremblantoufoumis.
Sagloire qu'il porta juſqu'au
degré fuprême
L'avoir mis au-deſſus du reſte des
humains ,
La mort pour s'élever au- deſſus
de luy- même
A fçûluyfrayer les chemins.
Des temps les plus heureux
découvrons les vestiges,
Quelfiecle raffembla tantde traits
Quel fiecle a- t- il du noftre égalé
les prodiges ?
Quand il n'eût produit que Loüis.
Mais deviez- vous belasfourdà
34 MERCURE
noftre priere
Acette épreuve encor , ô Ciel ,
nous referver ?
Falloit il nous montrerſa vertu
24 toute entiere
Si vouliez nous l'enlever.
Vains efforts il n'est plus ,ô
tristeße mortelle !
Pout foûtenir nos coeurs par ce
coup abbatus ,
Confervons-y toûjours leſouvenir
fidelle
De ſes heroïques vertus.
Souvenir accablant , impuif-
Santereffource,
Dans l'excés de nos maux foible
Soulagement,
GALANT. 35
Qui de nôtre douleur nous découvrant
lasource
En irrite leſentiment.
Dignefang de Louis ,aprés ce
coup funeste ,
Vous estes aujourd'huy nôtre espoir
le plus doux :
Profitezdes bienfaits de la bonté
celeste
Pourlefaire revivre envous.
Recueillez les vertusde vôtre
auguste race,
D'unpere &d'un ayeulles regnes
nous font dûs :
Prince ,il faut que ſous vous un
feul regne remplace
Tous ceux que nous avons perdus.
36 MERCURE
Duberos dont les loix reglent
nos destinées,
Et que de mille dans le Ciel prit
Soin d'orner
Les exemplessçauront bien mieux
que les années
Vous montrer l'art degouverner.
A. BARRY , D. L C. D J.
fur la mort du Roy
Quelle douleur fuccede à tes
vives allarmes ?
France, tupers Lois ton appui
dans tes maux
Qu'àtes pleurs l'univers vienne
د meslerſes Larmes
Lamort lui ravitſon Heros.
Son regne dont l'éclat plus de
deux foisſept lustres
GALANT. 27
Jusqu'aux climats brulans fit refpecter
les Lys
Fut moins long par les ans , que
par les faits illuftres
Dontſesfastesferontremplis.
CeHerosenluiſeul a réüni la
gloire
Dont la guerre & la paix ont
couvertſes ayeux ;
Etfon regne àjamais
3
vir d'histoire
pourrafer.
De tous les regnesglorieux.
Lepenchant genereux qu'il reçut
en partage
Des Rois & des Etats lefit le
protecteur ;
Etfon grand nom le fruit de fon
Cij
28 MERCURE
noble courage ,
٦٠
L'enfit malgré luy la terreur.
Tout àses coups alors cedafans
resistance ,
La victoireſembloit aßervic afes
loix,
Ettantdefois vainqueur jamais
asapuißance
Loüis n'égala ſes exploits.
A bornerses progrés il trouva
plus de charmes ;
Au coeur de ce Monarque il en
pent trop coûté 2.
Defignater encor la force de ſes
rmes
Aux dépens de ſon équité.
Maisfoit qu'il triomphât de la
GALANT. 29
fortune altiere ,
Soit qu'il la vit partoutſeconder
ſes projets ,
Il fut plus grand dans l'une &
dans l'autre carriere
Quefa gloire &quefesfuccés.
En vain pour nous punir le
Ciebdans fa colere
Trancha le cours heureux de nos
profperitez;
Lois qu'il nous laiſſoit dans un
fort fi contraire
Nous répondoit deſes bontez.
Contre tous les reversfa grande
ame affermie
Dans l'excés de nos maux fut
nêtre unique appuy ,
Ciij
30 MERCURE
Et ce que nous oſtoit la fortune
ennemie
Nous le retrouvions tout en
luy.
Sa vertufçut bientoſt diſſiper
ces tempêtes ,
Et nous faire admirer ces beaux
jours retracez
Où l'avenir verra par unmois
de conquêtes
Des regnes fameux effacez.
Loin d'icy ces guerriers qu'on
voit toûjours extrêmes
Fougueux dans les perils, laches
dans le repos ;
Illeur faut des combats , trop
foibles par cux mêmes
GALANT. 31
Pour pouvoir mourir en Heros.
Louis de ses beaux jours fent
approcher leperme
Tel qu'on le vit cent fois affronviouti
par le trépas :
Tout tremble &s'attendrit,Louis
٢٠
tranquile&ferme
il
Louis feul ne s'allarme pas.
Rien n'échape à ſes ſoins
parle,erfa fagiſſe
Datrône au jeuneRoy peint les
vécueils divers ;
Aux leçons quepour toy luy dicte
לייfa tendreffe ,
France, connois ce que tupers.
Pourquoyparſes leçons luy dé.
couvrir l'usage
Ciij
32 MERCURE
Que doit faire un grand coeur du
Souverain pouvoir
Qu'à ses yeux pour l'inftruire il
retrace l'image ১৯২
Du regne qu'il nous afaitvoir.
Pour la Religion que ne fit
ploaintfonzele?
C'est elle qui luy rend ce qu'elle
tient de luy;
Il fut fon protecteur , par un
retourfidele
Il trouve en elle unferme appuy.
Il meurt,mais plus beros qu'en
cesjours qu'on admire
Où Maîtreffe du fort de tousſes
ennemis
La France triomphantea vûfous
GALANT. 33.
for empire
L'Univers tremblantoufoumis.
Sagloire qu'il porta juſqu'au
degré fuprême
L'avoir mis au-deſſus du reſte des
humains ,
La mort pour s'élever au- deſſus
de luy- même
A fçûluyfrayer les chemins.
Des temps les plus heureux
découvrons les vestiges,
Quelfiecle raffembla tantde traits
Quel fiecle a- t- il du noftre égalé
les prodiges ?
Quand il n'eût produit que Loüis.
Mais deviez- vous belasfourdà
34 MERCURE
noftre priere
Acette épreuve encor , ô Ciel ,
nous referver ?
Falloit il nous montrerſa vertu
24 toute entiere
Si vouliez nous l'enlever.
Vains efforts il n'est plus ,ô
tristeße mortelle !
Pout foûtenir nos coeurs par ce
coup abbatus ,
Confervons-y toûjours leſouvenir
fidelle
De ſes heroïques vertus.
Souvenir accablant , impuif-
Santereffource,
Dans l'excés de nos maux foible
Soulagement,
GALANT. 35
Qui de nôtre douleur nous découvrant
lasource
En irrite leſentiment.
Dignefang de Louis ,aprés ce
coup funeste ,
Vous estes aujourd'huy nôtre espoir
le plus doux :
Profitezdes bienfaits de la bonté
celeste
Pourlefaire revivre envous.
Recueillez les vertusde vôtre
auguste race,
D'unpere &d'un ayeulles regnes
nous font dûs :
Prince ,il faut que ſous vous un
feul regne remplace
Tous ceux que nous avons perdus.
36 MERCURE
Duberos dont les loix reglent
nos destinées,
Et que de mille dans le Ciel prit
Soin d'orner
Les exemplessçauront bien mieux
que les années
Vous montrer l'art degouverner.
A. BARRY , D. L C. D J.
Signature
A. BARRY, D. L C. D J.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Mots clefs
Domaine
Est rédigé par une personne