→ Vous voyez ici les données brutes du contenu. Basculez vers l'affichage optimisé.
Titre

LETTRE à l'Auteur du Mercure.

Titre d'après la table

LETTRE à l'Auteur du Mercure.

Fait partie d'une section
Page de début
99
Page de début dans la numérisation
106
Page de fin
103
Page de fin dans la numérisation
106
Incipit

COMME M. Pierre Rousseau s'est servi de la voie publique de son Journal

Texte
LETTRE à l'Auteur du Mercure.
COMME M. Pierre Rouſſeau s'eft fervi
de la voie publique de fon Journal ,
pour me donner des Avis au fujet de
la nouvelle édition de mon DICTIONNAIRE
des Théâtres , j'efpére que vous
voudrez bien , Monfieur me faire la
grâce d'inférer dans le vôtre une courte
réponse que j'aurois prié M. Rouffeau
lui-même de publier, fi la partialité qu'il
montre à mon égard ne me faifoit trop
voir que je n'ai aucune indulgence à
attendre de ce Journaliste , qui paroît
être à la fois & ma partie & mon juge.
J'ai eu le malheur , quoique très -innocemment
, de déplaire fans doute à M.
Rouffeau il n'a pu s'empêcher de le
faire paroître , & de fe plaindre de ce
que je n'ai peut- être pas affez loué fes
Eij
100 MERCURE DE FRANCE.
Piéces de Théâtre . Comme ceci eft perfonnel
à M. Rouffeau , & que je ne veux
abfolument faire de peine à perfonne ,
je viens de changer tous les articles qui
le regardent & les ai rédigés d'une façon
dont il devra certainement être fatisfait
, puifque j'adopte fon propre jugement
fur toutes fes piéces. Venons à
ce qui eft général .
M. Kouleau m'accufe de n'avoir fait
que copier les ouvrages ffuurr lleess IThéatres,
qui ont paru avant le mien : les trois
quarts , & les meilleurs de ceux qu'il
cite , n'ont été publiés qu'après la compofition
de mon dictionnaire ou fa première
édition : qu'on juge par ce feul
mot de la vérité de cette imputation .
,
Si M. Rouffeau n'eût pas voulu me
faire une mauvaife chicane , il auroit vu
que dans l'Article AGAMEMNON , il y
avoit une obmiffion Ou une faute
d'impreffion au fujet des Vers de feize
fyllabes ; il n'auroit pas dit que , dans
une note au bas de la page , j'annonçois
d'Affezan comme le véritable Auteur
de la Piéce attribuée a Boyer ;
ce qui détruit la fau Tété qu'il reproche
à mon anecdote. Au fujet de la première
repréſentation du même Agamemnon
de Briffet , j'ai dit que felon des Auteurs,
OCTOBRE. 1763. ΙΟΙ
elle avoit été donnée en 1584 , & fuivant
d'autres ( termes que M. Rouſſeau
a fouftraits ) en 1589 , eft- ce là manquer
d'exactitude ?
M. Rouſſeau dit auffi qu'il ignore
dans quelle fource j'ai puifé la fable
que je raconte au fujet de l'Agamemnon
de M. d'Affezan ; & cependant à
la fin de l'Article , il écrit que c'est une
mauvaise plaifanterie de M. de Beauchamps
, qui n'eft certainement pas le
feul qui l'ait faite ,
Quelle a été l'intention de M. Rouffeau
, j'ofe le lui demander à lui -même,
quand il rapporte avec affectation ces
mots Soit dans les vies des Auteurs
Dramatiques & l'expofé de leurs talens ,
ainfi qu'il s'exprime ? N'est- ce pas de
faire voir que je ne connois pas la force
des termes ; & que le mot talent ( mot
que M. Rouffeau fouligne & reléve encore
avec complaifance dans un autre
endroit ) ne convenoit pas aux Auteurs .
S'il eût copié fidélement le titre de ce
qu'il appelle ma compilation inutile ,
on auroit vu que j'ai mis : Conte-
NANT LE NOM ET LES PARTICULARITÉS
INTÉRESSANTES DE LA
VIE DES AUTEURS , MUSICIENS ET
ACTEURS , AVEC LE CATALOGUE
~
E iij
102 MERCURE DE FRANCE.
DE LEURS OUVRAGES , ET L'EXPOSÉ
DE LEURS TALENS. Eft- il difficile de
connoître que ce dernier mot regarde
les Acteurs ? Et pourquoi avoir retranché
, ainfi que dans plufieurs autres endroits
, ce qui donnoit un fens clair , &
devroit empêcher l'application ridicule
que M. Rouffeau vouloit qu'on en fit ?
Eft-ce en faifant de pareilles critiques
qu'il veut empêcher , comme ille dit ,
que l'Etranger ne foit la dupe de mon
travail ?
Je ne répondrai pas , Monfieur , aux
autres articles de la critique de M.
Rouffeau. Le Public & les journaliſtes
défintéreffés doivent feuls décider fi
j'ai fait un bon Ouvrage , comme M.
Rouffeau prétend que je me l'imagine :
c'eft à eux à qui je rendrai compte , s'il
eft néceffaire , des fources où j'ai puifé
mes articles. M. Rouffeau . me reproche
de n'avoir écrit que d'après les autres :
& que doit faire autre chofe un Hiftorien
, pourvu qu'il ne copie ni les auni
les expreffions de ceux qui
l'ont précédé ? & c'eft ce que j'ai tâché
de faire ; j'ai de plus ajouté à mon Dictionnaire
plus de mille articles qui ne
fe trouvent dans aucuns de mes Prédéceffeurs.
tres ,
OCTOBRE . 1763. 103
Pour répondre à la bonté qu'a M.
Rouffeau de diffiper mon illufion fur.
le mérite de mon Ouvrage , je lui demande
pardon d'avoir dit qu'il étoit à
la tête du Journal Encyclopédique
dont il avoit fait l'entreprife. Je fçai
ainfi que lui que fon Journal n'eft pas
un édifice , ni une entreprise dans les
armées. Je le remercie auffi , de la part
du Prote de l'Imprimeur qui a exécuté
mon Dictionnaire , des louanges qu'il
veut bien lui donner, que ne peut - il fans
abufer le Citoyen & l'Etranger , en faire
de pareils à celui de l'Imprimeur de M.
Roufeau ?
J'ai l'honneur d'être , & c.
LERIS.
Signature

LERIS.

Nom
Genre
Collectivité
Faux
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Est rédigé par une personne
Soumis par eljorfg le