Titre
LA Convalescence du ROI.
Titre d'après la table
La Convalescence du Roi, Ode par M. Roy,
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
2133
Page de début dans la numérisation
648
Page de fin
2135
Page de fin dans la numérisation
650
Incipit
ILS sont passés ces jours de douleur & d'effroi,
Texte
LA Convalescence du Ro1.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
ILs font paffés ces jours de douleur & d'effroi ,
Et l'empire François renaît avec fon Roi.
Avions- nous mérité que le courroux Céleste
Fit fubir à nos coeurs cette épreuve funeſte ?
Nous perdions pour jamais ce tréfor précieux ,
Au moment qu'il étoit le plus cher à nos yeux.
Nos coeurs tournés vers lui dès fa plus tendre enfance
,
S'étoient liés encor par la reconnoiffance ;
Nos befoins en tout tems remplis , ou prevenus ;
Le Commerce affermi , nos voifins foutenus ;
Nos Champs fertilifés par une paix profonde ;
Tout immortalifoit le bienfaiteur du monde .
Mais enfin l'Univers s'eſt laffé d'être heureux ;
La Diſcorde s'éveille ; elle exhale fes feux ;
La grandeur du Héros bien- tôt fe développe ;
Le danger l'encourage , il fait trembler l'Europe :
Des rives de l'Escaut , il vole aux bords du Rhin.
A la fureur impie il va donner un frein......
Ciel ! Quelle affreuſe ſcéne à nos regards offerte !
Là , le Char de Triomphe , ici , la Tombe ouverte
De funébres clameurs s'élèvent jufqu'aux Cieux.
Ceffez bruyans Concerts d'an camp victorieux ;
La foudre va tomber ; l'inftant fatal s'avance ','
Et le coup retentit aux deux bouts de la France .
Lévi2134
MERCURE DE FRANCE.
Lévites , Magiftrats , Citoyens confternés ,
Et tout fexe , & tout âge aux Autels profternés ,
Attendent le ſecours que leur ferveur implore :
Le jour meurt , & renaît ; ils gémiffent encore.
La vieilleffe s'épuiſe en foûpirs languiffans ;
L'enfance étouffe & perd ſes timides accens.
Un peuple qu'adopta la Sageffe éternelle ,
Heureux , favorisé , tant qu'il reſta fidéle ,
Dans fes Temples profcrits reclame les bontés
D'un Dieu , qui dès long-tems les a deshérités :
Il femble qu'à Louis ils s'empreffent de rendre
L'hommage , qu'autrefois reçut d'eux Alexandre
Des Mortels féparés , & de culte & de loix ,
Un intérêt fi cher a réuni les voix.
Des Remparts de Paris & Vierge tutélaire ,
De tes concitoyens n'es- tu donc plus la Mere ?
Et ce Roi dans les Cieux couronné de nos Lys ,
Ne reconnoît- il plus fes fujets & fon Fils ?
Quelle nouvelle horreur nous frape , & nous ac
cable !
L'objet le plus augufte & le plus déplorable
Une Epouſe ... Elle part... Quel ſpectacle l'attend ?
Et toi , digne foutien de ce Trône flotant ,
Tu la fuis... Faudra t'il craindre auffi pour ta vie
Ton défeſpoir , tes pleurs te l'ont presque ravie.
Volez , volez tous deux à fes embraffemens ;
Recevez-les... Hélas ! Peut- être il n'eſt plus tems.
La
SEPTEMBRE . 1744: 2135
La Nature s'éteint ; l'Art n'a plus de reffource ;
Nouvel Ezéchias , au milieu de fa courſe ,
Il tombe ; courageux fans fafte & ſans effort ,
Il nous plaint , & ne craint , ni ne brave la mort.
Grand Dieu , qui nous êtois toute ombre d'eſpé
rance ,
Tu voulois au miracle affûrer l'évidence ;
Tu te voiles fouvent fous les fecours humains ;
Ici tu fais briller l'Ouvrage de tes mains.
LOUIS refpire enfin , objet de tant d'allarmes ,
Une feconde fois racheté pat nos larmes.
Que fes premiers périls nous en firent verſer ,
Quand cer Aftre naiffant fut près de s'éclipfer !
Les plus ardens tranfports, les Fêtes les plus belles;
Signalerent la fin de nos frayeurs mortelles .
Plus fortunés encor , & plus reconnoiſſans ,
Allons offrir au Ciel nos voeux & notre encens :
Le Sénat a donné le fignal d'allegreffe ;
L'organe de nos Loix , l'eft de notre tendreffe.
France , adore la main , qui rend en ce grand
jour ,
Un Héros à ta gloire , un Pere à ton amour.
Par M. Roy , Chevalier de l'Ordre de
Saint Michel.
Signature
Par M. Roy, Chevalier de l'Ordre de Saint Michel.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine
Est rédigé par une personne
Concerne une oeuvre
Fait partie d'un dossier