Titre
CONTE MORAL.
Titre d'après la table
CONTE Moral.
Fait partie d'une livraison
Fait partie d'une section
Page de début
34
Page de début dans la numérisation
703
Page de fin
35
Page de fin dans la numérisation
704
Incipit
ANNETTEE un jour s'en alloit à grands pas
Texte
CONTE MORAL.
ANNNNEETTTTEE un jour s'en alloit à grands pas
Vendre au marché la marchandiſe ;
Son petit coeur battoit , & defiroit tout bas
D'être auprès du Berger dont fon âme eft éprile,
Et qui brûle pour les appas.
L'ardeur de le revoir lui fourniffoit des aîles ;.
Mais la force manquoit.
Amour ! Auteur de deux flâmes fi belles ,
N'entendois- tu pas fon fouhait ?
Annette , éperdue , harallée ,
Maudiffant fon deftin ,
Et jufqu'au fon i du coeur bleffée ,
Ne peut pourfuivre fon chemin ! ...
Paſſe alors un lefte équipage
Où plus brillante que le jour ,
Une Dame de haut parage
Alloit étaler à la Cour
Son fafte ; & des paffans attiroit tout l'hommage.
Qn'on eft heureux de pouvoir à fon-gré ,
Sans embarras comme fans peine ,
Dans un beau cabinet doré ,
S'écrie Annette en per tant prefque haleine ,
Etre ainfi par tout voituré ! ...
Annette , en parlant de la forte ,
SEPTEMBRE. 1763. 35
Suivoit le char de tous les yeux ;
Lorfque d'un choc la fecouffe trop forte,
Préfage un deftin malheureux .
Le Char verfe & fe rompt ; une fraieur fubite
Animant les chevaux , ils déchirent leurs mords ,
S'élancent , & d'un pas que la peur précipite ,
Traînent la Dame à travers mille morts.
Annette alors , rentrant en elle- même ,
Et béniffant l'Etre Suprême ,
}
Difoit , oublie , ô Ciel ! ce dont je t'ai prić :
Mieux vaut encore aller à pied ,
Qu'avec apparence fi belle ,
Rifquer la mort la plus cruelle.
Par M. de Vis... le fils.
ANNNNEETTTTEE un jour s'en alloit à grands pas
Vendre au marché la marchandiſe ;
Son petit coeur battoit , & defiroit tout bas
D'être auprès du Berger dont fon âme eft éprile,
Et qui brûle pour les appas.
L'ardeur de le revoir lui fourniffoit des aîles ;.
Mais la force manquoit.
Amour ! Auteur de deux flâmes fi belles ,
N'entendois- tu pas fon fouhait ?
Annette , éperdue , harallée ,
Maudiffant fon deftin ,
Et jufqu'au fon i du coeur bleffée ,
Ne peut pourfuivre fon chemin ! ...
Paſſe alors un lefte équipage
Où plus brillante que le jour ,
Une Dame de haut parage
Alloit étaler à la Cour
Son fafte ; & des paffans attiroit tout l'hommage.
Qn'on eft heureux de pouvoir à fon-gré ,
Sans embarras comme fans peine ,
Dans un beau cabinet doré ,
S'écrie Annette en per tant prefque haleine ,
Etre ainfi par tout voituré ! ...
Annette , en parlant de la forte ,
SEPTEMBRE. 1763. 35
Suivoit le char de tous les yeux ;
Lorfque d'un choc la fecouffe trop forte,
Préfage un deftin malheureux .
Le Char verfe & fe rompt ; une fraieur fubite
Animant les chevaux , ils déchirent leurs mords ,
S'élancent , & d'un pas que la peur précipite ,
Traînent la Dame à travers mille morts.
Annette alors , rentrant en elle- même ,
Et béniffant l'Etre Suprême ,
}
Difoit , oublie , ô Ciel ! ce dont je t'ai prić :
Mieux vaut encore aller à pied ,
Qu'avec apparence fi belle ,
Rifquer la mort la plus cruelle.
Par M. de Vis... le fils.
Signature
Par M. de VIS... le fils.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Genre littéraire
Domaine