Titre d'après la table
Trait comique.
Fait partie d'une livraison
Page de début
277
Page de début dans la numérisation
295
Page de fin
283
Page de fin dans la numérisation
301
Incipit
Nous tirons à la fin, Mademoiselle, & je vous invite
Texte
Nous tirons à la fin, Mademoiselle
,
& je vous invite
serieusement à voir de quelle
maniere je vais m'y prendre
pour arriver au dénoüement
de ma piece, C'est là ordinairement
ou l'on attend tous les
Auteurs. Li fez..
J'ay jusqu'à present montré
tant de zele pour Messieurs les
Comediens, & je me sens un sigrandfond de tendressepour
eux, que je ne puis pas me rcfoudre
à laisser échapcr la
moindre occasion que j'ay d'en
parler. Quoique le sujet ne soit
pas fort interessant de luy même,
je suisincorrigible là desfus.
On parle volontiers de ce
- que l'on aime. Cela
est dans le coeur.
Un Samedy 20 dece mois
on presenta dans la Salle de la
Comedie, la Tragédie d'Andronic
,
qui fut suivie de la
premiere reprefenration de la
fausse Veuve, ou du Jalouxsans
;
jaloujte.
Cette Tragédie quiest
vrayement belle,& rempliede
toute la majesté du Cotburnc,
fit rire à gorge:déployée tous
les Spectateurs, je ne sçay
pourquoy *,
mais je pense que
la comique distrinbution des
rôles contribua parfaitement
à ces éclats. Andronic fit tout
ce qu'un grand Acteur peut
faire, & fut toujours applaudi
; mais l'Empereur son pere
ne le fut pas; au contraire, on
ne luy voulut jamais accorder
le titre d'Empereur. Il
faut avouer que le Parterre
est bien malinde ne pas se
prêter quelquefois aux Acteurs.
Cependant cetEmpereur
alla son train jusqu'à la
fin de la piece. La Tragédie
finie, on luy dit d'annoncer,
ce qu'il fit en ces termes.
MESSIEURS,
Nous aurons l'honneur de
vous donner demain leJoiieur&
leGrondeur:je souhaite que la
petite Pieceque vous aUe7, voir9
vousfasje rire autant que vous
alle rià la grande.
Mille applaudissemens suivirentcette
faillie,& chacun luy
sçût bon gré de n'avoir pas plû
dans la Tragedie. La petite
piece enfin commena; mais
le
le souhait de l'Acteur ne fut
pas rempli. On y rit quelquefois
par ricochet & par cantons.
Le succés infortuné de cette
Comedie, n'oste que peu de
choseou rien, du merite de
son Auteur. Ilest homme de
beaucoupd'esprit, & sa muse
est mere de cinq enfans, dont
l'aîné qui est le Curieux impertinent
,
est celuy qui fent le
plus son bien. La chûte de
cette petite picce fit soupirer
le Public apréslesSpectacles
de la Foire S. Laurent qui fut
enfinouverte le 2.5. de ce mois.
Dés ce même jour, la Comedie
& l'Opéra furent desertez,
comme de raison. Chacun
courut en foule chez les Sieurs
Dominique & Baxter. La réputation
des Auteurs qui travaillent
pour eux, avoit déja
promis à tout le monde des
plaisirsinteressans à la Foire.
Mille & mille personnes de
tout âge, sexe, qualitez&
condition y furent en iffet, y
resterent avec toute la satisfactionimaginable,&
onsortirent
charmées des nouveautcz qu'-
elles venoient d'y voir. - Au
Jeu de Betair sur tout, les saillies
continuelles, la fine critique,
les bons mots, la conduite
& la propreté du Spectacle,
répandirent sur toute
!'aHemb!ee un air de serenité&
de gayeté qu'on ne voitpoint
ailleurs.
,
& je vous invite
serieusement à voir de quelle
maniere je vais m'y prendre
pour arriver au dénoüement
de ma piece, C'est là ordinairement
ou l'on attend tous les
Auteurs. Li fez..
J'ay jusqu'à present montré
tant de zele pour Messieurs les
Comediens, & je me sens un sigrandfond de tendressepour
eux, que je ne puis pas me rcfoudre
à laisser échapcr la
moindre occasion que j'ay d'en
parler. Quoique le sujet ne soit
pas fort interessant de luy même,
je suisincorrigible là desfus.
On parle volontiers de ce
- que l'on aime. Cela
est dans le coeur.
Un Samedy 20 dece mois
on presenta dans la Salle de la
Comedie, la Tragédie d'Andronic
,
qui fut suivie de la
premiere reprefenration de la
fausse Veuve, ou du Jalouxsans
;
jaloujte.
Cette Tragédie quiest
vrayement belle,& rempliede
toute la majesté du Cotburnc,
fit rire à gorge:déployée tous
les Spectateurs, je ne sçay
pourquoy *,
mais je pense que
la comique distrinbution des
rôles contribua parfaitement
à ces éclats. Andronic fit tout
ce qu'un grand Acteur peut
faire, & fut toujours applaudi
; mais l'Empereur son pere
ne le fut pas; au contraire, on
ne luy voulut jamais accorder
le titre d'Empereur. Il
faut avouer que le Parterre
est bien malinde ne pas se
prêter quelquefois aux Acteurs.
Cependant cetEmpereur
alla son train jusqu'à la
fin de la piece. La Tragédie
finie, on luy dit d'annoncer,
ce qu'il fit en ces termes.
MESSIEURS,
Nous aurons l'honneur de
vous donner demain leJoiieur&
leGrondeur:je souhaite que la
petite Pieceque vous aUe7, voir9
vousfasje rire autant que vous
alle rià la grande.
Mille applaudissemens suivirentcette
faillie,& chacun luy
sçût bon gré de n'avoir pas plû
dans la Tragedie. La petite
piece enfin commena; mais
le
le souhait de l'Acteur ne fut
pas rempli. On y rit quelquefois
par ricochet & par cantons.
Le succés infortuné de cette
Comedie, n'oste que peu de
choseou rien, du merite de
son Auteur. Ilest homme de
beaucoupd'esprit, & sa muse
est mere de cinq enfans, dont
l'aîné qui est le Curieux impertinent
,
est celuy qui fent le
plus son bien. La chûte de
cette petite picce fit soupirer
le Public apréslesSpectacles
de la Foire S. Laurent qui fut
enfinouverte le 2.5. de ce mois.
Dés ce même jour, la Comedie
& l'Opéra furent desertez,
comme de raison. Chacun
courut en foule chez les Sieurs
Dominique & Baxter. La réputation
des Auteurs qui travaillent
pour eux, avoit déja
promis à tout le monde des
plaisirsinteressans à la Foire.
Mille & mille personnes de
tout âge, sexe, qualitez&
condition y furent en iffet, y
resterent avec toute la satisfactionimaginable,&
onsortirent
charmées des nouveautcz qu'-
elles venoient d'y voir. - Au
Jeu de Betair sur tout, les saillies
continuelles, la fine critique,
les bons mots, la conduite
& la propreté du Spectacle,
répandirent sur toute
!'aHemb!ee un air de serenité&
de gayeté qu'on ne voitpoint
ailleurs.
Langue
Vers et prose
Type d'écrit journalistique
Courrier des lecteurs
Faux
Domaine